24 novembre 2005

INFU DU SOIR, ESPOIR.

Une fois qu'on s'est rendu compte que l'on à éclaté le budget thé chez Mariage Frères, on se demande vite ce qu'on peut boire avant d'aller se coucher ; je suis actuellement en train de m'envoyer une infu dénommée "Caraïbes", de chez Lipton, c'est pas très bon, j'ai un peu l'impression de bouffer des fleurs fluo, curieuse impression. L'infusion, les soirs d'hiver ou on se les gèle sévère comme en ces jours, c'est bien.

J'ai l'impression d'avoir bloggé avant-hier, mais pourtant pas mal de jours ont passé depuis le dernier post. Et pas mal de trucs, aussi ; ma propre vie m'échappe... Pffff.

==>Jeudi dernier, au soir, conversation avec Bruce Bégout à la librairie, jeune philosophe moderne, dont l'oeuvre pourrait très bien se cacher non pas au rayon sciences humaines de votre librairie, mais quelque part dans les rayons d'un rayon littérature un chouia extravagant, mais curieux.
Bruce Bégout cite Debord comme Perrec, entre autre ("je suis un derridaien déçu", dit-il), et porte un regard très critique sur les philosophes et la philosophie du XXe, notamment cet acharnement commun à nombre d'entre eux : l'acharnement à triturer le cadavre de la métaphysique ; d'après Bégout, ils ont tourné dans le verbal, et se sont embourbés dans une déconstruction laborieuse, durable, lente... "Après tant de destruction, ils auraient du/pu réintégrer le réel, la réalité, le palpable", semble t'il dire. Et d'argumenter sur la quotidienneté (et le "processus de quotidiennisation") , le thème de son nouveau bouquin, qui tranche dans le forme comme dans le fond avec ses précédents ouvrages parus chez Allia, par exemple.
Le récent pavé soulève donc "le problème du quotidien ", mais ne succombe jamais à la facilité, ou, pire, à la berçeuse. Il redéfinit la zone sauvage (comme étant le non-civilisé, l'imprévu), le quotidien (comme nécessaire et "fatal"), et prouve que la quotidienneté rend l'existence non problématique, il ne fixe aucun concept, ne stigmatise pas le quotidien ; il ne s'arrête pas sur un objet (le piège tendu dans lequel énormément de philosophes sont tombés ces dernières décennies), et tripote le fond, sans complexes ni artifices.
En gros (en gros, hein) : la vie quotidienne comme ce qui se tient au beau milieu du familier et de l'étrangeté ; cet équilibre involontaire mais spontané ; une vie quotidienne authentique repose sur des repères obligatoires mais son essence, c'est ce qu'on nommait, en guise de notion d'équilibre, "médiocrité", au sens péjoratif, et non-moderne du terme.
Le petit Bruce Bégout se cachait dans les baignoires et les cabines de douche du magasin de ses parents, pour y observer calmement ses aînés contemporains... Déjà les prémices d'une étude sur la quotidienneté ?

==> Samedi dernier, après une matinée de boulot, cassage de dalle avec Michel chez Zo et Fred, puis run chez Feet ; tous mes potes habitent dans un cercle au rayon de 200 mètres maximum. Je commence à en avoir un peu marre de mon quartier pèpère, super isolé des copains, et loin de tout...
Le soir, Feet et moi avons warmupé pour TTC et Busdriver de passage dans le secteur ; il y aurait bien des choses à dire de cette soirée, qui fut quand même un putain de bon moment dans l'ensemble ; malheureusement, je dois signaler qu'à 21h, au moment de jouer, j'étais déjà un peu déchiré (je ne bois que très très très peu souvent, et le moinde écart m'est fatal, pensez bien...), et je ne suis pas sûr de la cohérence ni de la pertinence de ma vision des choses...

Tout ce que je sais, c'est que les gorets parisiens étaient bien vénères devant un parterre déjà tout acquis à leur cause, que les inédits ont tourné, et que Busdriver m'a mis une troisième claque, sur trois de ces concerts auxquels j'assiste. Le lundi, tout le monde ne me parlait que ce de ce mec capable de faire sonner l'instru de "One step beyond" de Madness comme d'un véritable hymne volcanique qui a mis tout monde d'accord ; je schématise : Busdriver a tout déchiré, malgré un son franchement pas au top (arrivés à la bourre, les zozos ont du faire une micro-balance au début de notre petit set, c'était chaud).



Pré-fin de soirée avec un festival de débiles (spécial big-up à Serge la Pute -mais Howie, t'es reperé aussi, sale tanche- et aux jurassiens), puis fin de soirée chez Feet, en comité restreint, pendant que "tout le monde" a fini dans une vraie boîte de merde, jusqu'à tôt le matin.
"C'était nul, mais bien", dixit Teki le lundi matin, "C'était mortel, mais à chier" du côté des bisontins présents. Mouais. Je vois.

Pour la route, une petite playlist des trucs embarqués :
- Push Button Objects "apple sauce" (Skam)
- Stacs of Stamina & Pilot Balloon "vampire tonic" (Sideshow)
- Kuma vs Yoo Klid "foreign" (Hipnotik)
- Mnemotrauma "leerstelle" (Offbeat)
- Villeneuve "graceland (Tacteel remix)" (Different)
- L'atelier (Fuckaloop) "all about Yves" (Institubes)
- Jackson "Utopia" (Barclay)
- K Hand "I just need" (Radikal)
- Dublab presents Prefuse 73 "Oh linda, you lit up my life with your voice and made me fall in love with you" (PlugResearch)
- eDIT "mop head" (Planet Mu)
- Dizzee Rascal "dream" (Xl)
- Mode Selektor feat. TTC "dancing box" (B-Pitch)
- Eight Frozen Modules "elephantitus of the man" (Planet Mu)
- Quasimoto "don't blink" (Stones Throw)
- Bit_Meddler "dermetfak" (Planet Mu)
- Airborn Audio "2010" (Ninja tune)
- Lab Waste feat. Busdriver "dancing ghoul" (Temporary)
- Osymyso "rabbit ot rabbit" (Noodles)
- Ghislain Poirier "close the news" (Hipnotik)
(Et un spécial shout out pour msieur Jeff, seul réel dealer de réel bon son sur Besançon par les temps qui courent) (lire : Laulau, reviens !!!) 8)

==> Le dimanche, glandage hardcore à la maison avec Drine, resté au pieu toute la journée : impeccable. Maté les quelques petits bouquins que mademoiselle à glané pour son nanniv' : "Schnitte" de Julie Doucet, "Baies des bois" d'Anna Sommer, "Meta-Maw" de Baladi, entre autre.

J'ai terminé quand même le ArtPress spécial bande dessinée, un numéro spécial avec quelques très bons moments, quelques très bons papiers signés Harry Morgan (comme d'hab), Bernard Joubert, Evariste Blanchet, Thierry Groensteen, Jean-Paul Jennequin, Patrick Marcel, soit, pour résumer, ce que la France peut sortir de mieux quand il s'agit de parler de bande dessinée, auxquelles s'ajoutent quelques pages signées Jean-Christophe Menu, tout ça fait bien costaud, vindzouss.
Bon, également pas mal d'articles sans intérêt dont je me demande encore ce qu'ils venaient foutre ici, mais dans l'ensemble, une bonne lecture.

Lu "Senses", une anthologie d'art séquentiel proposé par le département d'art du Savannah College of Art and Design ; John Lowe peut être fier de leur boulot, les étudiants de ce programme ont développé quelques qualités qui me font espérer qu'on devrait en recroiser certaines et certains dans un avenir proche. En tout cas, avec une thématique imposée, la contrainte ne se ressent pas comme un frein, loin de là : 200 pages de plutôt très bons boulots.

Lu aussi le dernier Adrenalin, celui avec Jeremy Fish en couverture ; comme d'hab, s'il ne fallait garder qu'un seul mag de surf/skate/snow, ce serait celui-ci.

Enfin, lu "You ain't no dancer", une petite compilation de récits courts, à l'italienne, publié par New Reliable Press et comprenant quelques très bonne choses, dont, surprise, 2 pages d'une très belle histoire signé Bannister, un gugusse de par chez nous dont je n'avais jamais entendu parler avant de lire ce bouquin dans les chiottes chez Fred ; ouais, les chiottes de Fred, c'est un peu un nid à bouquins aussi. Une très bonne confirmation, donc, avec des bouts de Jeffrey Brown ou de Hope Larson, entre autres auteurs. Pas reuch, et super valable.

==> Des nouvelles du copain Dyotte ? "L'aventure continue ! 3 mois au Laos, ca laisse des traces ... La preuve.

==> Début de semaine, lu aussi "Le local", du décidément très très bon Gipi, chez Gallimard, dans la nouvelle collection de Joann Sfar appelée "Bayou" ; pas de cailloux pour le moment (le "Skateboard et vahinés" de Morgan Navaro ne m'a pas emballé des masses, mais bon), mais donc un très bon bouquin de l'auteur italien de "Notes pour une histoire de guerre", un titre qui fait l'unanimité, et qui fait partie de mon petit top ten de l'année aussi, pour sûr.
Eh ben autant certains trucs attendus peuvent déçevoir, autant "Le local" ne fait que confirmer un truc qui était déjà établi (avec un long récit et deux autres plus courts pour tout repère...) de manière claire pour moi : Gipi est un putain de grand auteur, et ce bouquin devrait satisfaire tous ceux qui se sont enthousiasmés il y a quelques mois.
Un super traitement de l'histoire, des élements rapportés totalement crédibles, des personnages vivants, un dessin qui calme, le tout sous un plutôt beau bouquin... Un sacré bon moment de lecture.

Avant-hier au taf, visite éclair et suprise de Fred Bernard, qui sort un nouveau bouquin dans la collection Ecritures de Casterman cette année, ainsi qu'un troisième tome des aventures des Picquigny au Seuil. On espère revoir le monsieur très bientôt, il est cool le Fred Bernard.

Hier midi, cassage de dalle avec môôôssieur Guillaume Long, de passage par Besançon, et avec pas mal de bonnes nouvelles à développer ici, bientôt. Le Guillaume Long est un drôle d'animal, ce n'est pas un scoop mais il est toujours bon de le répèter.

Ce soir, je voulais lire le "Gogo Monsters" de Matsumoto, sorti cette semaine chez Delcourt ; un putain de bel objet, ce fac-similé de la version originale (pour l'avoir tripoté en VO) est une énième démonstration du talent du formidable japonais. Meilleur dessinateur que scénariste, certes, mais je boude pas mon plaisir. Je me dis qu'il me reste quelques heures pour savourer la bête avant de le refourguer au Panzer Cardinal, deuxième personne à l'acquérir avec cette enflure de Bob La Loutre.

En parlant de mes précieux collaborateurs de l'Affaire du Siècle tome 5, il y a désormais un magnifique site online, si, si ; il évoluera selon les sorties, car on y trouve tous les numéros du fanzine au format PDF, et si c'est pas la classe, je sais pas ce que c'est, mais ca y ressemble ; le dixième numéro sort la semaine prochaine (environ) et comportera des travaux de nouveaux gens, ouhlàlà ce que c'est excitant... 8)

==> Excitant aussi, la-coupe-de-cheveux-de-ma-chérie-quand-elle-passe-2-jours-dans-la-salle-de-bains, et utilisée pour l'un des personnages principaux du prochain bouquin (à paraître en 2006) d'un de mes auteurs favoris (and I mean, really)... 8)

==> ...et super-méga-excitant, si je blogge pas des masses dans les jours à venir, vous saurez pourquoi, uh uh uh...
J'ai ENFIN ça à la maison :

8))))))))))))
And as usual, biiiiiiig up to my man Feet Wan, bordel de merde...

Zou, j'y vais de ce pas, eh eh eh ! 8)

16 novembre 2005

LE DIMANCHE ON FAIT LES CONS.

(Keuk, June, Léo -pic by me-, somewhere dans le Jura, novembre 2005)

Wééééééé, dimanche, on a fait les cons.

Bon, la veille, le samedi, on avait bien commencé : genre 15 minutes pour monter à la gare juste après la fin de mon taf, où Drine et moi avons pris le train pour le Jura, ou tous mes frères et soeurs étaient venus nous chercher à la gare, ensemble. Ca faisait des années qu'on s'était pas retrouvés seuls ensemble, sans la maman, et ces quelques minutes avant la tempête furent grave coolissimes, tout comme la soirée d'anniversaire de Marco, qu'on a vite calmé pour ses 50 balais. Faut pas déconner, bordel.

Soirée bien gravissime, avec lâchage total de tout le monde (nous étions quelques uns chez la frangine, vindzouss'), mais surtout gros gros pétage de plomb des 2 refrès ; nb : ne jamais laisser trainer d'appareil photo à proximité : on a pris tout ce qu'on pouvait prendre de photos conceptuelles débiles, comme lors de ces trop rares lachages qui se font rares, et le résultat nous vaudrait d'être internés, direct.
Je tiens à signaler qu'habituellement, je ne bois pas, rien, jamais. Ou si peu, ou très rarement, voire les 2 à la fois, c'est dire.
Bref.

En tout cas, ca fait un bail que je m'étais pas marré autant en famille, je pensais même plus que ca allait arriver ; il se trouve que j'ai jamais été très famille, mais depuis que mes cadets se sont reproduits, l'ainé que je suis apprécie de faire le tonton de base.

Des heures plus tard, passé la nuit à l'hôtel (pas assez de place pour tout le monde à la maison de soeurette), c'est bien la première fois que je dors à l'hôtel à... Tavaux, bordel de merde. Ca calme, quand même, si on me l'aurait dit 3 ans en arrière, je l'aurais jamais cru... Encore un traumatisme psychologique, tiens.

Et comme Tavaux c'est un bled graaaaaave calme, Drine et moi étions seuls de seuls, dans un hôtel assez glauque et surtout complètement vide, les proprios en weekend (incroyab') ; là encore, je crois que si j'avais pas été avec Drine, j'aurais probablement fait le porc, ou le vandale, bref, le mec un peu raide que j'étais aurait probablement fait des bétises.
L'alcool, ce fléau.

Le lendemain, réveil puis sortie de l'hôtel pour tomber nez à nez avec du copaing tavellois de la grande époque (forcément, ca laisse des traces, ce genre de bled), puis bouffe avec la petite cellule familiale reconstituée, le beau-papa, la maman, les 3 frères et soeurs, les nièces et neveux, les chiens, les chats ; une fois de plus, partie de foot dans le carré d'herbe du coin, encore bien humide de la veille. On a rendu Léo, 4 ans, dans un état lamentable à ma soeur avant de se casser comme des voleurs, couverts de boue aussi ; entre temps, je me suis pris environ 22 buts à zéro, et un tacle de la part du beauf, plus sportif que moi, comme quoi, tout est possible.

Tombé de sommeil dans le train, la tête pleine bons moments de grosse décompression.
Arrivé à la maison, je lance "random play" pour me purger quand même les oreilles de la soupe que ma famille s'envoie ; et là, Sly Stone miaule "Family affair"... Ca s'invente pas, et c'est plutôt drôle...

Bon, et à part ca ?
Lu "Comment lire la bande dessinée" par Frédéric Pomier, édité chez Klincksieck ; un bouquin qui n'apprend pas des tonnes de choses mais qui à l'extrême mérite de proposer un instantanné de la situation actuelle, précise, de la bande dessinée aujourd'hui. Précis, détaillé, Pomier aborde pas mal de choses sur 160 pages et 50 questions. Méritoire, une synthèse comme j'aimerais en lire plus souvent.
Attaqué "Narayama" de Shichiro Fukazawa, en Folio, ainsi que "L'année du déluge" de Eduardo Mendoza, en Points.

-> Monsieur Cristalo, talentueux défricheur ayant marqué la scène drum française alors qu'elle donnait encore envie (et paf, comment se faire des potes en 3 mots...), reste non seulement un monsieur qui possède plein de bons disques, mais aussi un super copain qui ferait bien de pointer son cul un de ces 4 au vert ; en plus, Talo, j'ai toujours le mémoire de maâââdame, et ça, je sais, c'est la honte sur moi...
La preuve qu'il est sympa, il fait tourner un truc pour les fans de Shadow...
"Le projet de fin d'année d'un étudiant fan de Shadow. C'est un peu bancal mais ca reste du beau boulot...
Après on peut rêver et imaginer le projet prendre une forme plus "pro" avec shadow aux platines..."

Merci msieur Talo.

-> Je reviendrais pas sur la toute récente perfide et déplacée descente en régle d'un blog d'un copain (grand grand grand amateur de bande dessinée, d'art séquentiel, de narration graphique, mais aussi auteur amateur), par un trouduc cosmique aussi prétentieux que lamentable, mais pour illustrer (plus ou moins) le propos initial du thread-de-la-fin-du-monde, une énième preuve de la misère médiatique qui recouvre la bande dessinée : entendu hier soir (mardi) au journal de la nuit de France 3 :
"(...)une série formidable, entre polar et fantastique, signé par de fabuleux auteurs, la série s'appele "Phénoménum", est publiée chez Glénat, et c'est tout simplement for-mi-dable(...)"
Tu m'étonnes, après ce genre d'infos de merde, que le lectorat potentiel d'une bande dessinée intéressante se retrouve dépité et s'oriente vers autre chose que ce médium pourtant si riche, si varié, si large... Il se passes des milliards de choses terribles en bande dessinée, mais on ne nous sert que de la soupe, putain, y'a de quoi être gavé.

-> Flop, Tante Hortense, M Jo et David Scrima lancent un label qui va faire des envieux : les Disques Bien.
2 sorties coup sur coup, et en parlant de coups, il sera bientôt temps d'aller en boire quelques-uns :

Bienfaisance #1 -jeudi 17 novembre
CONCERT à Mains d'oeuvres
Les Disques Bien présentent Bienfaisance#1 avec Flóp + Tante Hortense
+ David Scrima + M Jo
à l´occasion du lancement du label Les disques bien
20h30 o 5 euros

...extrait du dossier de presse de 22656984 pages que les gens d'Universal sont encore en train de tenter de déchiffrer :
"Tante Hortense, David Scrima et M Jo sont des chanteurs français atypiques dont la qualité artistique est garantie par la subjectivité assumée du centre nodal des disques bien, omnidécisionnaire. Leur liberté artistique est totale et revendiquée. En effet, seul l´artiste décide du contenu de son disque bien, et aucune pression n´est exercée sur les artistes du label dans le but de leur faire "améliorer" leur oeuvre."

-> lecteurs en psycho-thérapie, vous serez ravis d'apprendre que le génial Marko Turunen sera de passage à Paris pour le salon du livre jeunesse, ainsi qu'au super-youpi-terrible-festoche d'Angoulême, qui s'annonce comme un sacré foutoir cette année.

-> Le 9ème numéro de l'Affaire du Siècle tome 5 est disponible dans toutes les bonnes officines.
Bon, ok, y'en a pas des masses pour le moment, des officines du genre, mais une grosse surprise à base de .pdf et de site web arrive incessament sous peu... Tiens, d'ici demain, si ca se trouve. Et pour les plus parisiens d'entre vous, une autre bonne nouvelle : un paquet est parti pour une bonne librairie du côté de chez vous... Rappelons que l'Affaire du Siècle tome 5 est un fanzine de bande dessinée, mensuel, made in Besançon, et, ce qui ne gâche rien, totalement gratos.

-> rappel pour moi-même :

- mercredi 16 : "Waterbomb" proposé par Attac!, salle Battant si je me souviens bien, toujours à Besançon.
- jeudi 17 : Bruce Bégout en rencontre nocturne à la lib. J'ai adoré ses 2 premiers petits bouquins chez Allia, il parait que le dernier est très bon. Et il est jeune, le bougre.
- samedi 19 : Feet et moi faisons le warm-up pour TTC & Busdriver en concert.
la fin de semaine va être longue !

ON AIR ON juneRADIO :

Le saviez-vous ? J'aurais vraiment voulu apprécier la virée de Philippe Zdar, mec devant lequel je me prosternais il y a encore quelques années, j'aurais donc voulu apprécier sa virée dans euh, la chanson française ; mais franchement, non, je peux pas. "Music kills me", signé avec Julien Baer (pourtant un joli prénom, avec un chouette nom derrière), est l'exemple parfait d'un énième truc super chiant à mes oreilles.
J'ai vraiment beaucoup de mal avec cette espèce d'obligation-pseudo-hype de renouer avec la chanson française ; Si M est un fieffé coquin qui s'approprie bien des univers et restitue un truc jamais original, toujours très inspiré, jamais inventif, mais toujours acceptable, peu nombreux sont les suiveurs dont les oeuvres me semblent supportables.
J'avais entendu un titre de Pauline Croze qui me semblait plutot très sympa, un truc assez soul à tendance low-funk, et rien que la dessus, j'ai voulu croire les interviewés qui disaient se retrouver dans une espèce de nouvelle scène, aux antipodes des pénibles Delerm, Biollay et consorts ; j'ai eu tort, le groupuscule Chedid Jr est chiant comme la pluie. Je persiste à croire qu'en matière de soul-funk inspirée, le fils Blanc-Francard, lui, avait dit bien des choses dans ses 2 seconds albums, avant de sombrer peu à peu dans une certaine vacuité, jusqu'aux dernieres bouses qui m'ont abimé les tympans.

Bon, donc :
- "Djekafo" Mamani Keita (No Format). Wé wé wé !
- un vieux mix de P'taah, avec plein de trucs jamais sortis, et pas dancefloor pour un sou. Enfoiré de west-coastien.
- Medeski Martin and Wood, le premier alboume je crois.
- Busdriver, pour me préparer au bonhomme, en live ce samedi soir.
- "Family affair" Sly and the family Stone (Epic/CBS), donc.

Allez, zou.

10 novembre 2005

BOUH !

J'ai rêvé ou je viens de désamorcer une tentative de grosse pub immonde en haut de blog ? Je suis allé secouer un peu la template, dites-moi si une énorme et horrible pub du format de votre écran s'affiche avant le reste du blog, situé dessous ; auquel cas, ca fait chier.

Vite fait, j'ai écrasé par inadvertance ma carte SIM, ce qui signifie qu'il y a de fortes chances que je n'ai plus vos coordonnées téléphoniques ; que ceux qui ont mon mail et lisent ces lignes me bombardent.
Sinon, ben tant pis, hein.

En parlant de phone, ma propre mère a joué au jeu du répondeur, sans succès je vous rassure, et c'est Ceranski qui gagne un panier garni de rubans de l'UMP pour avoir identifié Weezer (t'as vu, Fred, je me fout pas de ta gueule en citant ta première proposition, hein, chui sympa, hein).

Je crois que c'est tout pour ce petit jeudi de novembre bien froid, bien tristounet, bien hivernal.
Vivement le mois de juin.

8 novembre 2005

KLAS JUNE SERRE LES DENTS.

Incroyable, après plus d'une semaine de merdes flambantes dans les tiequar, j'ai entendu Chirac faire une déclaration, je l'avais presque oublié, celui-là.
Comme d'habitude, ce genre de situation est toujours révélatrice, et je constate une fois de plus avec stupeur que mon environnement proche compte davantage de réacs à tendance facho que j'aurais pu imaginer, et je suis suffisamment naif pour en être encore surpris ; oui, cette malsaine machine fonctionne à merveille et ne servira, bien évidemment, que la politique ultrasécuritaire du dangereux nain fourbe et de ses amis qui sont en train de se tailler une belle route pour l'année prochaine ; et pendant ce temps, je me pose toujours de drôles de questions sur la démocratie, et surtout sur vers qui se tourner pour le premier et évidemment pour le second tour. Beuark.

Notes pour moi-même :

- lundi 7 (hier) : tirage de L'affaire du Siècle tome 5, numéro 9. 20 pages, c'est allé vite, reste encore 2 ou 3 détails, il devrait être chaud d'ici le milieu de la semaine.

- lundi soir : on est allés voir avec Drine et son frangin Dom le nouveau Cronenberg, "a history of violence". Assurément un film réussi : histoire beaucoup plus classique que la majorité des films du monsieur, avec quelques pointes, dans le traitement et dans les plans, de cronenbergisme de bon alloi ; une mise en scène adaptée (parfois même, Cronenberg se la joue discret et laisse tomber les artifices qui ont fait sa renommée), un casting particulièrement bien établi (Viggo Mortentruc joue bien, Maria Bello joue bien, Ed Harris fait son Ed Harris, William Hurt n'en finit plus d'être heureux de jouer, et le mec qui joue le gosse de Viggo et Maria est carrément bluffant aussi), bref, tous les éléments pour servir une petite figure de style fort agréable. Non, ce n'est peut-être pas le meilleur Cronenberg, mais c'est en tout cas sa meilleure incursion dans le film "classique", sans trop de déviance, sans trop de vice (mis à part quelques scènes ou Cronenberg se rappele à notre bon souvenir : tiens, dans ta face...)... Impeccable.

- mardi 8 : c'est l'anniversaire de Drine, et celui du lyonnais-à-la-chemise-gaie, faut pas que je me loupe, hein.

- jeudi soir : pendant qu'Arte diffusera Airborn Audio (alias Sayyid et Priest) dans "Tracks", dès 19h30 Besançon résonera des glaires sonores proposées par le plateau de l'association W. Et évidemment, c'est le soir que Zo a choisi pour fêter son anniversaire aussi... C'est ça Besançon : y'a jamais rien à foutre, ou alors y'a 3 trucs en même temps.

- vendredi 11 : je compte rien foutre, et vous ?

- samedi 12 : après le taf, direction le jura et la famille pour les 50 balais de beau-papa ; je suis allé acheter des cigares, entre autres, et putain, c'est dur quand on y connait que dalle ; je suis reparti avec des barreaux de chaises, A-Team style.

- dimanche 13 : je vais tenter de coincer Dude avant de revenir à la maison.

- mercredi 16 : "Waterbomb" de Michel Garnier proposé par Attac!

- jeudi 17 : Bruce Bégout en rencontre nocturne. J'ai adoré ses 2 premiers petits bouquins chez Allia, il parait que le dernier est très bon. Et il est jeune, le bougre.

- samedi 19 : Feet et moi faisons le warm-up pour TTC & Busdriver en concert.

Bon, et à part ca ?
Ben, reçu un gros paquet de saloperies de chez United Dead Artists (alias Chacal Puant), avec plein de belles choses dedans. Merci Olive.
Reçu aussi la taxe d'habitation, boooooordel.

Sinon, ce weekend, lu "Célébritiz", de Lewis Trondheim (au scénar) et du finlandais Ville Ranta, bouquin à sortir en janvier.

* * * * Attention, spoiler, comme on dit chez les nerds * * * *

Ceux qui ne connaissent pas Ville Ranta, qui est traduit pour la première fois de par chez nous (si je ne m'abuse), doivent savoir que celui-ci est un des jeunes auteurs de cette fameuse relève finlandaise, une scène réellement active et novatrice depuis déjà quelques années (je pense notamment à des nanas comme Jenni Rope ou Terhi Ekebom, ou à Marko Turunen).
Je suis tombé pour la première fois sur Ville Ranta avec son "Sade", puis dans le très bon collectif "Laikku", publié par Asema, lors d'une histoire ("The house of the four brothers") qui montrait l'intêret que porte Ranta pour les histoires riches, à l'instar des pièces de théatre, registre d'écriture dans lequel il a donné un temps, comme dans le journalisme d'ailleurs ; tout ca pour dire que la rencontre de ces deux auteurs que j'apprécie énormément semblait assez excitante sur le papier.



Le dessin de Ranta a pas mal évolué depuis ses débuts, même s'il se situe dans une veine assez simpliste, dans le sens ou l'important n'est pas forcément le trait, mais davantage l'idée qui en résultera ; oui, on est un peu dans le trip Sfarien, et ce n'est donc pas un hasard si le dessin de Ranta possède énormément de similitudes avec celui de Sfar (je crois même que Ranta l'apprécie énormément). On pourrait même jusqu'à dire que Sfar déborde par moments jusque dans l'écriture "habituelle" de Trondheim : personnages parfois un peu libidineux, constance (toute masculine) de l'obsession de la femme (et si typique chez Sfar), il me semble que certaines manières d'aborder les relations entre personnages sont récentes chez Trondheim ; pour user d'un raccourci qui est probablement super facile, j'ai l'impression que la paire Sfar-Trondheim, si elle est aussi efficace et productive, relève de pas mal de choses, mais notamment du détonnant mélange physique/charnel/droit-devant/chair de Sfar et cérébral/réflexion/question/repositionnement/hypothèse de Trondheim ; attention, hein, c'est même pas de la psycho à deux balles, c'est juste un ressentiment...
Autre possibilité, Ranta a contribué au scénario, et il se trouve que lui aussi à beaucoup de préoccupations se situant sous le niveau de la ceinture... 8)

"Célébritiz" est un récit curieusement découpé, qui s'étale en parties de longueur différentes, à peu comme un recueil de pages initiallement prévues pour une pré-publication, par exemple ; du coup, le rythme saccadé surprend un peu au début, on suppute que Trondheim tente de nouvelles choses dans l'écriture, peut-être... Le sujet du bouquin est abordé de manière assez inédite : son personnage principal, Michel Canard, est un homme qui se retrouve par hasard propriétaire d'une boite de pilules qui, surprise, lui confère le "pouvoir" d'être reconnu dans la rue, de devenir célèbre, dans des proportions assez incroyables.

Evidemment, toutes les choses, bonnes ou mauvaises, ont une fin, et l'effet de ces pilules ne dure jamais très longtemps, comme cela se précise dès la 3ème page. C'est donc le point de départ d'une série de non-évenements qui vont ponctuer ce récit très drôle, et bien sûr très critique sur une société qui peut subitemment se mettre a encenser, voire à vénérer, de parfaits inconnus simplement tombés au "bon" endroit, au "bon" moment. Ca renifle à plein nez cet espèce de recul sur ses semblables qui inspire tant Lewis, cette fois-ci sur un nouveau mode opératoire ; mais comme d'hab', c'est habile et ca sonne juste. Plein de sarcasmes et d'idées saugrenues que Trondheim n'hésite pas un seul instant à exploiter à fond, on part donc dans une suite de scènes délirantes, ou ce pauvre Michel Canard subira bien des choses avant d'atteindre la fin du bouquin, qui se conclue par une pirouette aussi sympathique que le bouquin lui-même. Sacré Michel.
Le scénario me semble donc assez frais pour du Trondheim, et à ce titre, j'ai apprécié cette lecture ; je ne sais pas pourquoi j'aurais voulu être un peu plus surpris par les possibilités que pouvaient proposer ce tandem, mais le truc qui ressort, c'est qu'on a quand même un récit très décalé, drôle et plutôt inattendu, très inatendu... Ca faisait longtemps qu'un Poisson-Pilote ne m'avais pas autant surpris !
Et tant que je serais surpris dans le bon sens par un auteur, je continuerais à vanter ses mérites, c'est pourtant simple, non ? 8)

* * * * fin du spoiler, comme on dit chez les geeks * * * *

Sinon, super mal de gorge ultra localisé et qui duuuuuure, pas d'autres symptômes de rhume ou autre rhino, pas de résultat aux diverses prises en charge, toubib grimaçant = opération incessament sous peu. Infections à répétitions = hosto, geste chirurgical = aie aie aie la flippe s'installe, c'est plus fort que moi. Dans le registre bras cassés, Drine a depuis hier un collier cervical du plus bel effet. Quelle joli tandem de tout foutus...

LE GRAND JEU DU REPONDEUR :
Je ne suis pas surpris : 2 propositions, 2 foirages, bravo JB, bravo Nico, mais nan, c'est pas ca. 8)
Inutile de dire que les rock/poppeux de mon entourage sont favorisés : le titre choisi est (pour moi au moins) un classique de leur genre...

ON AIR ON juneRADIO :
Les deux nouvelles compilation de Gilles Peterson, "GP digs america" et "GP the BBC sessions".
La BO de "the strongest of the strange" (voir derniers posts).
La BO du Jarmusch, avec des éthiopiques en veux tu en voilà.
Et c'est tout : quand tout cassé, oreilles blasées (proverbe tavellois).

I'm out.

3 novembre 2005

FACE DREAMING AGAINST THE WALLS OF THE WORLD.

Je m'autoproclame vainqueur de mon petit marathon de fin octobre-début novembre ; à l'unanimité, même, avec me, myself, and I, même, tiens, nan mais.a

La course débutée fin de semaine dernière, avec la dernière touche à un projet de gribouillage dont la prochaine étape sera forcément relatée ici dans quelques jours, dans quelques semaines.

La seule étape digne de ce nom consistait à lire avec enthousiasme et entrain, ce dernier vendredi, la version française du "Dogs and Water" d'Anders Nilsen, paru en France chez Actes Sud et portant donc le titre de "Des chiens, de l'eau" ; ouvrage formidable, et je suis en dessous de la vérité.
J'ai envie de dire qu'il s'agit là de la meilleure bande dessinée de l'année, mais les esprits chagrins me feront remarquer que je dis ca chaque mois ; alors comme j'encule les esprits chagrins, j'insiste : oui, Anders Nilsen mérite le petit buzz qui tourne au dessus de sa tronche ces derniers mois, oui, "Dogs and Water" est un putain de bon bouquin, oui, décidément, cette relève américaine comporte quelques putains de bons éléments.



des chiens, de l'eau, originally uploaded by jUne.


Daniel Holloway, dans un des derniers Comics Journal (# 270, august 2005), est en discussion avec monsieur Nilsen, qui ouvre un peu (j'ai bien dit "un peu") les portes de son univers, le temps de tourner 3 pages.

Eh bien, il n'y a rien à y découvrir.

Nilsen se contentant de jouer la carte de la création ultra spontanée, il a bien du mal à justifier sa démarche, et c'est pas plus mal : la surprise liée au résultat de son petit processus risque de faire parler de lui dans les mois à venir. Nous en reparlerons, peut-être fin janvier, peut-être à Besançon (mine de rien, je viens de balancer un scoop d'enfoiré, que personne ne relèvera, pas vrai ?).

Ensuite, l'étape suivante consistait à aller passer du bon temps à Lyon, avec Drine, auprès de Delphine, Fred, et de leur naine number one ; rude tâche dont nous nous sommes acquités avec joie et plaisir deux jours durant, et en plus, j'ai rarement rentabilisé du temps avec une filette de 14 mois aussi cool, vraiment ; entre une balade du côté des libraires Lyonnais le samedi après-midi (ou nous retrouvons avec plaisir Julie et le copaing Oslo) (après un passage forcé chez Bodyshop, biiinnng la note), une bouffe super cool (et pleine de révélations incroyables que je me priverais bien de dévoiler publiquement, surtout concernant les rêves bizarres d'Oslo, mais chut) avec les 6 sus-cités, le soir, chez Fred le-roi-du-petit-salé (Ju, ou sont tes années végétariennes ? Loin, hein...), des balades dans le vieux Lyon le dimanche (ou l'on intercepte l'ami -et précieux collaborateur de l'Affaire du Siècle tome 5- Loic Gaume), le tout ponctué de franches rigolades, de bons moments, et d'empiffrage, pardon, de dégustation de macarons-qui-tuent-leur-mère... Un vrai week-end respiratoire, avec des gens qu'on aime, putain, c'est coooouuule.

Et je ne dis pas ca parce que mon copain m'a foutu dans les pattes une sélection de souvenirs de son passage à SPX de cette année, le grosse convention indé qui s'est tenue fin septembre à Bethesda : du "Owly" d'Andy Runton (dédicacé, siouplait), de l'Alternative Comics Presents, des mini-comics pro-Alec Longstreth et signés Aaron Renier (l'auteur de "Spiral Bound" dont j'ai parlé il y a quelques semaines), Nate Beaty, Clutch McBastard, JP Coovert et Bwana Spoons, du "Out of Water", joli conte grec adapté en bande dessiné par Matthew Bernier, dont les incursions imaginatives arriveraient presque à faire oublier la similitude avec l'univers graphique du "Chunky Rice" de Thompson...Bref, de bien belles surprises, Fred, tu chille ta race veugra, ouaich ouaich.

En parlant de bande dessinée... J'en profite pour replacer un truc récemment ajouté à ma petite liste de liens (la colonne de gauche), le site de l'ami Nico, aka Tetsuo-from-Brussell, un mec avec qui on peut parler de toute la bande dessinée pendant des jours entiers sans parler une seule fois d'un seul truc pourri ; le monsieur a du goût, et de l'énergie passionnelle à revendre : il est le responsable de l'auto-publié "Xeroxed", un somptueux zine papier (et tissu, parfois même) qui traite de bande dessinée au sens glorieux du terme. Eh bien Xeroxed est désormais online, et voilà du coup une nouvelle visite obligée : ses quelques articles et entretiens déjà publiés valent à eux seuls plus le coup que la majorité des sites traitant de notre chère bande dessinée...

En feuilletant les magazines à la maison de la presse du coin, j'ai halluciné sur la pauvreté de magazines qui partaient bien, mais qui se sont étendus en plein vol... Le dernier Clark, for example, m'a encore plus écoeuré que les 2 derniers que j'avais feuilleté... J'ai arreté de claquer du blé sur ce titre, c'en était trop, et j'en suis bien content : en gros, Clark, c'est un mensuel qui tourne autour de 3 nombrils, d'une espèce de famille dont les membres font des apparitions d'un numéro à l'autre, et où la pauvreté du matériel publié rend triste, vraiment triste. Pour un article valable, pour une chronique potable, pour un focus honête, 90% de branlette pseudo-journalistique où la notion d'ego-trip sort du contexte habituel pour imprégner un magazine entier.

En gros, les mecs derrière Clark ont décidé de ne parler que de 4 sujets, que de 3 artistes post-graff, que de 2 nouveaux jouets trop hype tendance top chanmé, et chaque mois, ils recyclent le même topo, plus ou moins ; c'est dommage parce que le champ d'action qui est le leur (pour résumer, tout ce qui tourne autour de la culture urbaine, comme on dit à Libé) produit de belles surprises dans tous les domaines artistiques, ou alors, je me trompe, et le mouvement tourne tellement en rond qu'il est temps de cesser de prendre les lecteurs pour des collectionneurs de sneakers importés from Tokyo ou des toys addicts qui ne jurent que par leur nouvelle mozaique de salle de bains Space Invader. Et de reconsidérer une parution qui minimise, au final, un élan plutot sympathique. Beuark.

Dans le même registre, j'ai craqué et je suis parti avec le quatrième "Innercity" ; dans les précédents, des articles marrants et frais comblaient difficilement un large éventail du manque d'originalité qui sévit dans le graffiti actuellement, et sur lequel tout le monde s'étend au détriment des quelques pousseurs défricheurs novateurs (voir liste non-exhaustive dans un précédent post récent). Bon, ben sur 50 pages, j'en garde 10 à tout casser. 4.50 pour 10 pages ? Ok, j'arrête.

Par contre, toujours à la maison de la presse, avec 3 magazines sous le bras, j'ai tenté le numéro d'octobre de "Freestyler" (# 71)... Je passe rapidement sur le ton qui doit plaire aux kids tout en Volcom ou en Zoo York, il y a quelques bonnes photos mais les articles et le rédactionnel dans son ensemble ne chient pas bien loin. Mais...
Mais dans le mag, ben y'avait un DVD.
Et le DVD, eh ben il tue.
Si, si.




Pour les anciens de la planche à roulettes, ceux qui comme moi tentaient de flipper leur horrible plateau Santa Cruz dans de grosses Etnics inconfortables (j'ai pas dit Etnies, hein, bien EtniCs), eh bien, j'avais rien ressenti de tel depuis, je sais pas, moi, Propaganda ou Public Domain.
Pas parce que les mecs ont un niveau d'enculé, non ; simplement parce que contrairement à la plupart des DVD qui sont passés dans mes pattes ces derniers mois (ces dernières années ?), "The strongest of the Strange" est une oeuvre de création, et pas un support publicitaire destiné à promouvoir telle ou telle marque ; bon, ok, aussi, mais pas que...
Pontus Alv est un bargeot.

Son film est une pépite pleine de poésie à roulettes, une ôde à la discipline qui l'habite, c'est plein de bonnes idées, la super-8 tourne de manière intelligente et intelligible... Ils sont forts ces finlandais ! Et la bande son ne gâche rien (jusqu'au titre qui vient d'un texte parlé de Bukowski) : Sonic Youth, Tortoise, Roland Kirk...

Téléscopage d'influences, carambolage d'idéaux, fusion à froid d'états d'esprits aux antipodes l'un de l'autre...
...Y'a tellement de choses à dire de cette vie.

Bon, sinon, à Londres, ca bouge ; après Camden ce dimanche, la suite de l'invasion OneSelf !
"(...) Armed with 2 mics, a vintage guitar amp, a portable turntable, and an MPC (...) spreading their vibe to the masses and penetrating the system and it's pedestrian ears (...) Over the next 2 weekends, completely free, one of the freshest groups of 2005 take the street and make them their own - guerilla style. And you can experience them whilst enjoying some of London's cooler and funkier parts??"
Le crew Vadim and co pète les plombs et sort armé de sa tannière, pour explorer un peu la ville ; y'a même le détail, mais vite vite vite, hein !
WHEN & WHERE ??
1/ Sunday 30th october 4pm Camden, North London
Outside Labels Wharehouse shop on Camden High Street,??right next to the hump back bridge by camden lock, east yard.?
Come outta camden town tube stop , walk up camden high st, cross the first intersection and up another 100 m or so on the left hand side on the main rd,?
2/ Sunday 30th? october 5:30pm Camden, North London
Outside Camden tube, on camden High street
3/ Thursday 3rd november 3pm Covent Garden, Central London
Outside Urban Outfitters (which is practically opposite footlocker), Neal st, Covent Garden
4/ Thursday 3rd november 5pm Oxford Circus, Central London
Outside Niketown
5/ Sunday 6th november,4 pm? Brick Lane, East London
146 brick lane ( the old Truman Brewery)? opposite Dray walk and spitting distance of 93 Feet East
6/ Sunday 6th november, 5:30pm? Spitafields Market, East London
On the corner of Commercial st / Handbury st, outside the Smudge Gallery (the one that sells loads of Banksy photo's...)?


LE GRAND JEU DU REPONDEUR :
Un enfoiré de dijonnais à foutu minable pas moins de 5 participants : même si c'était imprécis, Alcor a effectivement reconnu la mélodie du classique "Les fleurs" de Minnie Ripperton & Rotary Connection, qui était mixée à une construction midtempo mixée par Cut Chemist. Il a dont identifié l'essentiel du message du répondeur, et a gagné un putain de cadeau. C'est reparti pour un tour ! Bien ouej, Alcor, t'es vraiment une encylopédie vivante de la musique de qualité, quand je pense qu'a une époque tu m'offrais du Byron Stingily, putain, t'a bien changé en fait. 8)

Bon, sinon, faisons le nerd de base : l'avenir de la musique, entre le podcast et la radio online, se dessine véritablement ailleurs que dans mon bac de skeuds, et la transition est dure pour moi, je dois bien l'admettre...
D'abord, Alcor (encore lui) a un nouveau projet qui m'excite, et j'espère que ca se fera vite, parce que moi, chui super motivé, voilà ; tu vois, Cocore, tu pourras abuser et te foutre de ma gueule si je fous rien par la suite : j'aurais publiquement dit le contraire, bordel de merde ! 8)

ON AIR ON juneRADIO :
- Le nouveau Breakestra est vraiment très très bien. "Hit the floor" reprend les bons vieux heavy-beat de la grande époque mais cette fois, Miles Tackett et son crew jouent leurs morceaux, et c'est rudement bonnard. En passant, la release-party à LA :
November 16, 2005
Breakestra @ The El Rey (Los Angeles Release Party)
Plus People Under The Stairs, Cut Chemist, DJ Dusk
Hosted by Chali 2na of Jurassic 5.
5515 Wilshire Blvd Los Angeles, Ca. 90036
Between Fairfax Ave and La Brea Ave
$16, 18+


- Ces salauds de Dazed & Confused ont encore pris des trucs bizarres : "One of the freshest talents to have emerged out of hip-hop's leftfield in the last five years... The Find takes inspiration from boom bap bad boys Pete Rock and DJ Premier, as well as Stereolab" disent-ils d'Ohmega Watts et de son album "The Find", qui tourne en boucle au petit matin, à la maison.

- Sur The Friday Night Session, il se passe des tonnes de choses réellement terribles.
D'abord, Andrew Jervis, le mec derrière Ubiquity (le fabuleux label de Los Angeles) est en archive pour un show partagé avec Mike Bee (d'Amoeba) et Tomas (du magazine XLR8R) ; également en archives (cherchez, cherchez...), du son bien frais des polonais Skalpel, de Boards of Canada, de l'anglais ultra-productif Domu, de Radio City...
Comme ils disent gentiment : "You can also check the show live on air Fridays 10pm-12midnight on 90.3FM KUSF in San Francisco, or tune in via iTunes (go to public radio and click on KUSF), or follow the links from www.kusf.org". Woooooooord. Saloperie de californiens.

I'm out, comme ils disent.