31 juillet 2005

CETTE FOIS, ADIEU, HEIN.

Je me demandais si je vous avais invité à voter pour Vadim ? Ouais ? Ah bon, ok.
Et sinon, si Gino, Laure St-H, Mackie, Laulau R. et Jacques M. lisent ces mots : les gens, je vous phone tout bientot car nous décollons pour vos contrées d'ici quelques heures, et on aimerait bien vous polluer votre temps un moment... 8)
A tout bientôt donc, hopefully...

Bon, j'ai ajouté quelques bouquins au panier de lectures estivales.

- "Le canon de Lasselille et autres racontars", le 7eme tome de la "série" de racontars scandinaves de Jorn Riel, chez 10-18,
- "Désaccord parfait" de Philippe Muray, dans la collection Tel de Gallimard,
- "Chronique d'un été" de Patrick Gale, chez 10-18.
- "Descartes et le cannabis" de Frédéric Pagès, dans la collection "Les petits libres" de chez Mille et une nuits,
- pour Drine, et auquel je me frotterais selon l'humeur et le temps, "Les limons vides", le premier volume de la série "Le livre de Dina" de Herbjorg Wassmo, chez 10-18,
- "Zeropolis : l'expérience de Las Vegas" de Bruce Bégout, un essai dans la Petite collection d'Allia,
- "Poulet farci", de Rupert Morgan, chez 10-18,
- "La villa des mystères", de l'argentin Federico Andahazi, paru en Folio SF,
et je crois que c'est tout.

30 juillet 2005

ADIEU (x 2).



more bouncy balls, originally uploaded by sem.

>>>> Très vite, et en guise d'intro, une toph de Sem, qui était comme qui dirait au bon moment et au bon endroit quand de petites balles en caoutchouc ont envahi la baie de San Francisco... C'est pas du fake, c'est for real, et c'est pour le tournage d'une pub. Comme le disent les 12 milliards de gens qui ont laissé un message sur Flickr, j'aimerais pas avoir laissé ma fenetre ouverte ce jour là... 8)

ADIEU (x 2).

Bon, déjà, un premier "adieu" dans le sens "à bientôt" au pote Shinzuke, qui a quitté Besançon pour aller faire son année de Sciences Po à Paname... On le reverra sûrement un de ces 4, mais en tout cas, bon vent à toi, copain, et à très bientôt, rue de Charonne (ca c'est envisageable, pour pas plus tard que... septembre ?) ou quelque part dans Shibuya... Ca, c'est déjà moins au programme, mais ca m'excite un peu plus ! Shibuyyyaaaaaaaa ! 8)

Le second "adieu" ? Ben, je préfère prendre les devants : c'est peut-être la dernière fois que je blogue...
"Oh mon dieu, mais quelle horrible douleur !", "Mais... mais... mais ce n'est pas possible !" ou "Ouuuuuuiiiiinnnnn !" ? Nan nan nan : l'année dernière, Drine et moi avions failli nous noyer dans la grosse flaque atlantique, en ayant voulu faire les marioles : on avait trouvé un coin de plage landaise absolutely terrific, et surtout ultra calme, mais du coup on était bien loin de la surveillance en poste des plages bondées, loin, très loin.
Et ce qui devait arriver arriva : nous nous sommes retrouvés emportés par les courants vicelards qui capturent leurs proies dans les dites "baïnes", des sortes de poches d'eau à proximité de la plage, ou les nageurs (surtout les mauvais) sont vite aspirés et emmenés à l'écart de la rive, de la plage ; bon, je suis pas un spécialiste, et encore moins une tête brulée, à vrai dire je nage comme une sous-merde et je flippe assez vite dès que je sais que je n'ai plus pied, mais sur ce coup, c'était une grosse, grosse, grosse surprise, et nous n'avions pas l'impression de prendre de risques, loin de là.
Ce phénomène bien connu des maitres-nageurs est fatal au moins plusieurs fois par saison, avec des trouducs comme nous trop présomptueux, qui oublient que l'océan, il est quand même le dernier des nases, hein. Nous ne nous en sommes "sortis" que parce que l'on a eu un bref instant de lucidité en voyant la plage s'éloigner tandis qu'on nageait face à elle... Bonjour le coup de flippe, et avec ma super condition physique, je suis pas passé loin du drame : le premier maitre nageur était super loin, j'avais vraiment fait le crétin.
Bon, j'en rigole maintenant, mais ce qui est sûr, c'est que depuis j'ai pas trainé mon bodyboard de débutant à plus de 2 mètres du sable... Bonjour les prouesses acrobatiques et les figures de gros poseur, hein.
Donc ! Comme ce weekend nous partons pour approximativement le même coin, on sait jamais, hein...

Alors je vais me la jouer super prudent, bien entendu ; le freesbee dans le coffre (je vous prend tous autant que vous êtes, yo), et un petit plein de bouquins dans le sac, histoire de ne pas oublier que les vacances, c'est pas que pour les sorties culturelles et les explorations géographiques, nan nan nan. Moi je vais bouffer du farniente et digèrer le sable landais en bouquinant, word.
Et comme cette année, bon nombre de gentils bloggeurs ont répondu au fameux questionnaire para-lecture qui tournait pas mal, je suis pas allé bien loin et j'ai fait ma sélection avec eux... Merci pour vos conseils de lecture, les gars :

- J'ai lu un ou deux titres de John Fante, mais je n'avais pas lu "Demande à la poussière", apparemment c'est un des plus convaincants, hop, dans le sac.
- Parce que j'ai eu du mal à m'y mettre cette année, j'ai reporté la lecture de "La vengeance de la pelouse", de Richard Brautigan ; plus de 20 ans après sa mort, je vais enfin m'envoyer un des bouquins maintes fois cités par le Grateful... Tiens, je sais pas si c'est une bonne idée, tout compte fait. 8)
- J'ai adoré la première moitié de son bouquin "le survivant", véritable coup de coeur pour moi, et apparemment Chuck Palahniuk a fait encore plus fort avec "Choke". Rien que pour avoir la satisfaction de retrouver cet auteur, j'ai hâte d'ouvrir le bouquin...
- Paru chez Dark Horse, une rencontre entre Will Eisner et Frank Miller et conduite par Charles Brownstein, ponctué d'illustrations, d'extraits, de planches... Eisner pouvait être passionant lorsqu'il était branché sur son approche de la bande dessinée. Et Miller, quoi qu'on en dise aujourd'hui (je suis le premier à reconnaitre une certaine pauvreté et une grosse facilité dans la plupart de ses derniers travaux), n'en demeure pas moins le mec qu'a donné le meilleur de DD et de Batman, merde (bon, pour ça je m'emballe peut-être un peu, mais pas tant que ça, si ?).
- Histoire de redonner le sourire après ces centaines de pages que j'imagine relativement peu gaies, j'embarque aussi "Silent bob speaks", encore un truc de geek de base, un bouquin d'environ 300 pages, mais écrit très gros et avec un trèèèèès large interlignage, et signé Kevin Smith, oui, oui, le gros qu'a du mal a redémarrer depuis... wah, depuis un moment, déjà. 8)
- Drine embarque notamment un Paasilinna (que j'ai encore pas lu, donc ni "Le lièvre", ni "Le meunier", ni "Prisonniers du paradis", ni "le fils du dieu de l'orage"), "La faim" de Helen Dunmore (en 10-18), et "Globalia" de Jean-Christophe Rufin, dont je me méfie un peu vu les lauriers qui lui ont été tréssés ici et là. On va voir ça, hein.

Voilà pour le stock de lecture, on verra bien sur place... Enfin, j'espère qu'entre deux corridas, les autochtones nous laisseront accèder à une librairie, une fois là-bas... Rien n'est moins sûr.

Voila.
Quoi de neuf sinon ? Ben après un jeudi bien rempli (déjeuner avec l'ami Richard, avant son départ pour Bruxelles, et le soir, pot de départ/dîner avec Shin et Drine, Olive, la moitié de la snow, JB, Pyv...), gros coupe de barre vendredi (orages non-stop, ca aide pas...), difficilement rempli par quelques gribouillis, pas mal d'écoute de zik, et... beaucoup de glande ! Vivement les vacances, samedi... Mais... Mais mais mais... Je suis en vacances ? Damned, en voila une bonne nouvelle, bordel.

Et comme vous êtes bien sympas, en spécial bonus, un premier focus sur une série à développer : LES POUVOIRS MUTANTS DE JUNE LE MUTANT.


mutant01Pied, originally uploaded by jUne.


Aujourd'hui, pour ce premier épisode de LES POUVOIRS MUTANTS DE JUNE LE MUTANT : les bulles cosmiques de doigts de pied de June le mutant.
Non, il ne s'agit pas de verrues, ni d'infections immondes, ne vomissez pas (Brice, retiens-toi)
Il s'agit d'une arme secrète, souvent planquée sous une basket, qui ne sert que très peu souvent ; le soir, lorsque les combats spatiaux sont finis, ou que Magnéto m'a laché la grappe, alors je rentre au manoir, à Salem, et je me détend en faisant craquer mes os de doigts de pied, au niveau des articulations. Ce qui pourrait ressembler, pour le commun des mortels, à un tic de malade mental, n'est en fait qu'un pouvoir de mutant absolument fantastique, que j'ai developpé en cachette depuis déjà plusieurs années : lorsque Drine est pas sympa, je me met à faire craquer mes doigts de pied, ca lui fait mal par procuration (alors que moi, pas du tout, enfin, pas pour le moment), et elle me laisse tranquille, ih ih ih. Hum.
Bon, je sais, c'est pas très esthétique, mais bon, c'est mon pied, et mon pied, ben c'est pas parce qu'il est laid que je vais le renier, hein, ça, ça serait vraiment dégueu, par contre. Hum.

On air on RadioJune :
- Joint au magnifique livre qu'est le "Pamplemoussi" de Geneviève Castrée (que je vous conseille méchamment), le disque "Woelv" est une suite de gentilles balades faussement naives, et carrément prenantes, le tout sous instrumentation assez minimale et servi par un timbre de voix complètement charmeur. Certains passages m'ont évoqué Lisa Germano dans ses ascensions lyriques les plus simplement mignonnes ; c'est pas le genre de came que j'écoute souvent, mais quand ca arrive, ca se savoure. Ce livre-disque (je parle pas de disques, hein, de vrais, de beaux, mais de cd dégueulasses...) a été tiré à 800 exemplaires, l'année dernière, par l'exigeant et sélectif éditeur de Montréal, L'Oie de Cravan.
- Des chutes de studios et des bribes inédites d'Isotope 217, époque 1997-98, directly from the studios, if you please.
- Monkey a pondu une suite musicale pour l'été carrément terrible, avec notamment une réinterprétation d'un titre de l'album de Martina Topley-Bird : je mise gros sur le succès futur de ce producteur de talent... (bon, maintenant, Monk, fait péter le virement, thanks). 8)

HA OUAIS ET PIS QUAND MEME, HEIN : BON DEBUT DE MOIS D'AOUT, et on se retrouve seconde quinzaine...
D'ici là, n'oubliez pas de voter pour One Self, n'oubliez pas de lire les écrits quotidiens et sous contrainte du gars Oslo, n'oubliez pas de gribouiller les poubelles, et euh... Voilà, quoi. 8)

TALES FROM AN OTTER SPACE.

Rha la la, je me demande bien dans quel guêpier j'ai bien pu fourrer mon nez, quand je constate la qualité des emails échangés avec mes précieux collaborateurs de L'Affaire du Siècle Tome 5 (oui, vous avez du vous en rendre compte, mais il ne se passera pas une semaine sans que je ne cite au moins une fois le titre de cette prestigieuse revue de bandes dessinées d'origine franc-comtoise)... En l'occurence, et malgré sa perplexité à l'énoncé de mon projet de publier online quelques unes de ses phrases, je parle ici du gigantissime Bob La Loutre, fameux auteur parmi la crème de l'underground de la rue Gambetta (oui, "la rue du cinoche").

Condensé véritable de connerie bisontine, à base d'extrait du fameux Bob La Loutre, donc (échanges d'emails datés du samedi 23 juillet 2005) :

June : "Alors une fois de plus, la curiosité me titille les lèvres : que sont ces plombes dont tu parles ?
Seraient-ce les femelles des plombs, ces charmantes petites pièces de métal tirées des carabines dites "à plomb" de notre enfance ? Hein ? Dis ?

Bob : Si je ne m'abuse, les carabines les plus répandues sont à bouchon et ce concept de carabine à plomb me paraît bien singulier (à cartouches, je dis pas, mais à plombs...).
Bref.
A l'origine, une plombe est tout simplement l'unité de mesure permettant de déterminer avec combien de jours de retard arrivera le plombier après qu'on l'ait appelé.
Terme qui s'est étendu à la livraison de comics venant de la Maison Legends et passant pour l'occasion à une unité temporelle se comptant en mois et non plus en jours, ceci aux alentours de 1912 - si ma mémoire ne me fait pas défaut -, de la bouche de Monsieur le Président de la République Française Armand Fallières lorsqu'il fit une seconde commande après que la première ne fut pas honorée et qu'il s'écria à la cantonnade et à l'attention de son cabinet (et non "ses cabinets") "Ah ben bravo, ça va encore prendre des plombes !".

Fin de citation.
Que voulez-vous que je vous dise, moi.

27 juillet 2005

CARDINAL, POINT.

Bon, décidément, je vais encore faire dans le chauvinisme a deux balles, moi qui donne des leçons de conduite morale à tous les patriotes de mon entourage (bon, ok, y'en a pas tant que ça)...

Besançon, c'est mort culturellement, c'est une ville idéale pour un commerce de parapluie (ou une pharmacie, remplie de Temesta et de Prozac, par exemple), il n'y a pas une seule salle de concert digne de ce nom (Le Cylindre ? Le dernier concert potable doit dater de 2002...), mais il y a un zoo (toujours un bon indice de la teneur merdique de la ville), bref : Besançon, si on oublie les quelques copains, les rares toutes petites intiatives montées par ces mêmes copains (ou par quelques autres, n'exigeons pas l'exclusivité, bordel de merde), les 3 spots pour skater/bouquiner/graffer tranquille, ben c'est pas la joie.

Mais voilà : il y a des gens, à Besançon, et même des gens formidables ; et là, je voudrais signaler que je ne travaille pas pour l'office du tourisme, hein, ni pour la ville, non non non.

Romuald Genevois est un garçon plutôt curieux, à tendance "très".
D'abord, le garnement ne m'achetait que des bandes dessinées super enthousiasmantes, et plutot par paquet de douze, ma bonne dame ; si on oublie la satisfaction strictement commerciale d'avoir de tels clients, vient la vraie, de satisfaction : celle d'avoit rencontré, d'échanger, de conseiller une personne qui ne demande que ça, de découvrir des trucs ; alors humblement, on fait son boulot, et on finit par parler chiffons... Et d'apprendre que le monsieur est aux rênes d'une petite structure d'édition ? Damned. En voilà de la nouvelle interessante, ma bonne dame, décidément.

A la fin du siècle dernier, monsieur Genevois organise sa résistance graphique à lui en invitant de précieux collaborateurs à travailler ensemble sous la bannière "association Cardinal", groupuscule obscur dévoué à la propagation des chewing-gums pour les yeux ; pour l'histoire précise et ses détails, voyez avec le monsieur lui-même.

Début 2002, ca devait le titiller, Romuald fonde les éditions du même nom, que je répète pour ceux qui seraient mal réveillés : Cardinal.
Dès lors, de nombreux bouquins aux contenus déroutants et flirtant avec l'expérimentation visuelle (maquettes décharnées, nombreuses tentatives de bris typographique, juxtaposition et effets de surimpression...) et matérielle (exigence sur le papier, sur l'impression, sur la finition...) sortiront des presses. Des ouvrages précieux, aux contenus toujours audacieux, de très grande qualité de façonnage, qui se suivent et se ressemblent dans la satisfaction qu'on éprouve à les feuilleter.

Un exemple relativement récent : "Gautier Théophile : de la mode", ou les écrits originaux de cet essai (datant de 1858, Gautier avait alors 47 ans) sont comme qui dirait... bousculés, et se retrouvent jetés dans 40 pages de marasme opaque et transparent, à la mise en page nerveuse, dans un petit bouquin qu'on aime tripoter, mais conscienscieusement, avec soin : l'objet, car c'en est un, est beau.
Le catalogue des éditions Cardinal grossit de manière régulière, avec quasiment à chaque fois une surprise déstabilisante, un ouvrage remarquable, auquel on adhérera ou non, mais qui turlupinera suffisamment le lecteur pour qu'il se souvienne de ces petites expériences de lecture.

Et comme le bisontin est un animal aussi polymorphe que versatile, notre éditeur s'est récemment lancé dans la grande aventure des trucs-visuels-aussi-mais-qui-bougent : "Une affaire de coeur" est la première page de ce nouveau chapitre dans la vie de notre créateur, édité chez, ca ne s'invente pas, les productions Cardinal.



cardinal04, originally uploaded by jUne.


Son premier court-métrage, comme c'est original, bluffe par sa maitrise et son sens du perfectionnisme ; en 2 cadres et 3 images, le climat qui s'instaure est clairement défini, pas d'hésitation, c'est dérangeant et peut-être malsain, bref : ca fonctionne à plein régime, on est dedans ; cette fois, Romuald Genevois a pondu lui-même une histoire qu'il a mis en scène, qu'il a filmé, qu'il a monté, tout ça avec une équipe ultra restreinte : 7 minutes et 55 secondes de régal visuel, chahutées (une fois encore...) par un rythme bien particulier, et un sens de l'esthetisme réellement convaincant (pour un premier jet, on ne peut qu'applaudir). Ouais, on trouvera probablement facilement ici et là des détails sur lesquels revenir, mais une fois encore : ce court est plein de promesses, et j'attends avec impatience la suite de la carrière de réal de ce vaillant meusssssieur...

Merci d'avoir suivi cette courte page de réclame qui tenait davantage du prosélytisme outrancier que du copinage amateur... Mais achetez ses bouquins ! 8)

Et avant de déblogger, une petite carte postale du Japon ou Howie fait sa promo, hardcore sur la version... 8)


BB-Soquettes02, originally uploaded by jUne.

23 juillet 2005

TIENS ? IL Y A DES CADAVRES DE BOMBES PARTOUT.

Quelques shoots (uh uh uh, comprenne qui pourra) de trucs glanés ici et là, ou ici ou là, ou.. Bref. Tout récent, hein. Mais avant...

- Y'a pas à chier, Flickr c'est vraiment mortel : capacité de stockage d'images de folie furieuse, ergo terriblement efficace, réseau personnalisable complètement fou, système de recherche interne par tags vraiment fonctionnel, et puis possibilité d'updater le blog cash, directement depuis la-bas... C'est vraiment cool.

- Avez-vous voté pour One Self ? Ca vous coutera un click et 5 secondes...

- L'exxxxcellent Chryde, sur son exxxxxxxxxxcellent blog (un blog frais et passionant, riche et bien fichu, dont j'ai déjà du vanter les mérites il y a belle lurette), évoque brillament cet espèce d'acharnement merdique et malsain envers les bloggers, suite aux attentats survenus à Londres il y a peu. Pas mal d'échos eurent lieu à ce moment là dans le petit monde des blogs, notamment des clichés pris dans le métro, attribués dans le désordre à pas mal de monde avant d'être reconnus, pour certains, comme étant originaires de bloggers.
Le papier original, paru dans Libé (et repris à l'origine par le sympathique Manur), semble passer à coté de pas mal de choses, et considérent les blogs et leurs bloggeurs comme réellement pathétiques...
C'est dommage.
Non, il n'y a pas de révolution de l'information, ni de révolution culturelle, initiée par le weblog, et alors ? On entend, et l'on dit un peu près tout et n'importe quoi de ce qui n'est au fond qu'une nouvelle structure d'échanges, rien de plus. A grande echelle, rien de plus.

- Pour rester dans la grande et merveilleuse communauté blog, ou nous sommes toutes et tous nu(e)s à nous prélasser dans une weed grasse et goutue, sous un soleil de plomb, introducing Kinja. On va voir ce que ca donne...

- Et puis dans le registre des bonnes nouvelles, l'ami Oslo a réveillé "Au croisement des utopies", son blog d'expérimentation d'écriture automatique (la seule régle : 1 texte par jour, 1 heure d'écriture maximum ; il est fort cet Oslo.) 8)



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retrobot02, originally uploaded by jUne.




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21 juillet 2005

J COMME JEUDI, COMME JUILLET, COMME JOAN ET EUH...



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Bon, le bilan des derniers jours est plus qu'affligeant : touché par une crise de glande aigue, je passe l'essentiel de mon temps à attendre qu'un climat estival digne de ce nom n'émerge des masses nuageuses sombres et pleines de pluie qui remplissent le ciel ces derniers jours ; qui sait, peut-être qu'avec le soleil, l'énergie reviendra aussi.
Et la glande est sérieusement encouragée par cette maudite télé qui n'est réapparue que récemment ; j'aurais bien du rester couché le jour ou j'ai trouvé un cable d'antenne...

Plutot que de plonger tête baissée dans mes petites occupations nocturnes (gribouillage, écriture, lectures...), je scotche, un bouquin péniblement ouvert, devant les programmes magnifiques qui nous sont offerts, et bonjour la flippe, je dois bien admettre. J'arrive sans problèmes à m'enquiller 4 heures de programme de merde, pendant que mes lectures en cours n'avancent, pendant ce temps, que très peu. En terminant leeeeeenteeeeeemeeeeeent "Le club de chasse" de Thomas McGuane l'autre soir, j'ai quand même alterné des passages de ce que la télé peut nous offrir de pire...

D'abord, le dernier épisode de la grande saga de l'été sur TF1, spécial dédicace aux bretons, ouaich (Bretons qui, au grand jeu du communautarisme pseudo-culturel, remportent le grand prix cet été, entre une série débile et un magazine de branlette sorti récemment en kiosque et se nommant humblement... "Bretons").

Non, non, je vous rassure, je n'avais pas vu les autres épisodes, mais cela ne m'empêche pas de savourer le jeu lamentable des acteurs principaux ; l'actrice principale de cette daube (à tout point de vue) est une jeune grognasse qui s'est greffé 2 saucisses de type knaki en guise de lévres, sa bouche est très rassurante en bord d'océan : entre çà et ses deux espèces de nichons (à noter, sur une mailing-list dont je tairais le nom, un formidable échange sur l'éventuelle utilisation de doublures pour certaines scènes, tellement la morphologie de cette demoiselle évolue d'un plan à l'autre ?), je suis quasi-sûr qu'elle flotte...
"Dolmen", dont je n'ai donc vu que les 45 dernières minutes, entrecoupées de séance de lecture, m'a donné l'effet d'une vraie série de merde, avec tous les ingrédients d'une bonne série tf1 : mauvais acteurs qui semblent ne même pas croire en ce qu'ils jouent, mise en scène et rythme totalement à coté, sans aucune pêche, scénario à tiroirs et à rebondissements aussi peu crédibles que totalement indigestes ; élements dans le désordre : une héroine dont les origines semblent mystérieusement être remises en cause au fur et à mesure que l'intrigue "avance" et remonte à jour des personnages disparus il y a bieeeen loooongteeeeeemps, un mystérieux tueur-mon-dieu-mais-ca-peut-etre-lui-ou-lui-ou-lui-quelle-flippe-quand-même-hein, des effets spéciaux presque made in ILM (des dolmens qui saignent, me demandez pas, hein), et plein d'autres trucs vraiment fantastiques, je vous jure.

Mais attendez, ne zappez pas ! Je pourrais aussi vous parler de Koh Lanta, le genre d'émission sur lequel il ne faut pas que je tombe, sinon, putain, c'est foutu.
En plus, cette année, c'est quand même un excellent cru : parmi la troupe de bras cassés qui veulent "se surpasser" (sic), un bon ptit gars qui, l'estomac dans les talons (pour celles et ceux qui ne connaitraient pas, Koh Machin c'est une douzaine de zozos largués sur une île et qui "doivent" se démerder pour survivre : se nourrir, etc), est allé chasser et qui a ramené une chèvre pour bouffer ; pourquoi pas, hein ? Oui mais non : la chèvre était enceinte, et bon, c'est quand même limite, même quand on se nourrit de lait de coco toute la sainte journée...

Morceaux choisis : "Moi la chèvre, pleine ou pas, j'la bouffe, j'en ai rien à foutre, chui allé la pécho, j'la bouffe, faut pas m'faire iech", "Parole, çui qui m'tire la chèvre, j'ui casse sa bouche", "Chui un fou, moi". Pauvre Momo.
Bon, en même temps, je donne dans la facilité, je m'acharne sur un gugusse qu'avait faim et qu'a pété un peu les plombs, mais les autres valent des points aussi, hein.

Enfin, nous pourrions parler des heures de cette expérience sociologique nommée "L'ile de la tentation" ; alors là, j'avoue, je sais toujours pas s'il faut se rouler par terre de rigolade, ou pleurer sur la misère intellectuelle et dénuée d'interet (hors pervers et voyeurs*, catégories dans lesquelles j'arrive à me retrouver sans trop de problèmes) de cette tranche d'abus télévisuel. Cette fois, c'est grave et triste, mais les 4 couples sont tellement pathétiques que je ne peux m'empecher d'éprouver de la tristesse à l'égard des réflexions lorsqu'ils retrouveront leurs vies "normales", leurs familles, leurs amis, leurs jobs... Mwahahah, bref.
* je ne parle pas non plus des idiots décérébrés, catégorie que je n'ose citer par amour-propre trop développé...

Bon, au milieu de tout ce vide, de ces limbes émotionnelles, la bonne nouvelle c'est le retour "alentour" d'un très très bon ami, de quelqu'un dont j'avais quasi perdu la trace, et que j'aime beaucoup.
Celles et ceux qui lisent ces mots et qui sont plus ou moins de la "Dole" connection, vous ne devinerez jamais qui est venu s'installer à Besançon ? Je vous donne un double indice : IL est de Dole. 8)
Ca m'a fait super plaisir, hier, de croiser ce vieil ami, d'autant plus que la journée a été riche en contacts/plans/visites de potes : dans le désordre, un mail de Shinzuke (qui a enfin trouvé un appart à paname, merci à celles et ceux qui l'ont dépanné), une bonne conversation téléphonique avec l'ami Laulau, occupé à La Rochelle, my man Feet qui déménage et que je pourrais pas dépanner (cruel quand on sait que Feet a porté mes caisses de disques des dizaines de fois depuis qu'on se connait... je culpabilise presque de bosser ce samedi !), la visite speedée et JulieDoucetienne de Mitchum à la boutique, un nouveau passage éclair de l'ami Dyotte, des mails et des visites de gens de "L'affaire" (avec qui nous ne ferons pas de barbecue vendredi soir comme prévu, chier ce temps de chiotte), une proposition de Mulk à descendre à Electromind (Montpellier, avec Vadim et One Self, entre autres) avec eux (mais je bosse, unfortunately), une invitation au débrief de La Nuit Bleue chez Lionel vendredi soir, un SMS de l'ami Dude (personne n'a encore gagné au concours du dernier post, il est encore temps !), une confirmation (hésitante mais bon) d'Ed Youngster aka The Horse concernant une descente alentours semaine prochaine, un SMS de l'ami Richard qui est de retour sur Dole, 2 jours après la visite de l'ami Mich pour me dire la même chose, bref, tout plein de gens, ca bouge, ca vit, c'est rassurant après cette auto-annihilation de mes sens et émotions suite à trop de télé pourrie... 8)

Prochainement ici, mes aventures de mardi après-midi : en allant graffer dans ce squatt super tranquille et "rilax", sale plan de merde avec une non-confrontation avec des idiots bombeurs (j'entendais les bombes) qui ont du me prendre pour un flic ou un squatteur et qui m'ont canardé d'une canette lorsque j'ai tenté de les rejoindre en passant par les fenetres (le squatt est grand, avec plein d'ailes, de batisses et de cours intermédiaires) ; bilan, ils ont été aussi surpris que moi, et tandis que moi j'essayais d'aller me présenter en "copain de graffiti, youhou", eux ont anticipé et flippé, et se sont barrés en courant, se délestant d'une binouse, bordel.
Et pleine, en plus !
Je me voyais bien finir éclaté dans un batiment oublié de tous, pourissant dans les orties, avec des bombes de peinture pour seuls accompagnateurs dans le royaume des ombres, et une HK planté dans le crâne... 8)

Mini note de lectures :
- "on peut toujours rester amis" de Mawil, sorti chez 6 Pieds sous Terre ; typiquement le bouquin que j'aurais adoré lire il y a 3 ou 4 ans... Le problème, c'est qu'en 2005, il faut autre chose que des souvenirs de relations amoureuses compliquées mais drôles pour séduire, et une certaine aisance à planter une ambiance ne suffisent pas à faire un bon auteur. C'est dommage, mais ca arrive un peu tard pour moi, même si je sais reconnaitre un certain talent chez cet auteur apparemment assez hype outre-Foret Noire... Convenu, assez suffisant, assez chiant, en fait. Mais pas moche, hein.
- "Le club de chasse", de Thomas McGuane (10-18), un roman de 1968 par l'auteur de "Comment plumer un pigeon", "Rien que du ciel bleu", ou "Embuscade pour un piano" : un focus bien précis d'une certaine jeunesse dorée ricaine, qui se retrouve dans un vieux club select fondé par leurs aieux, et qu'ils utilisent pour s'essayer, se faire peur, s'éprouver mutuellement... Assez bien fichu, et parfois presque effrayant.

On air on RadioJune :
- A tribe called quest "electric relaxation", putain ca nous rajeunit pas, ce track ayant déjà 12 ans, puuuuutain... J'arrive pas à sortir d'une période ou j'ingurgite essentiellement des vieilleries hip hop période 90-94, probablement la période la plus riche, la plus dense, la plus enthousiasmante quand il s'agit de hip hop. Oups, ca me rappele une sale conversation avec quelques lourdingues de Barbelith, tout ca... Et puis surtout, surtout, de bons souvenirs de l'époque.
- Joan as Police Woman "EP". Joan Wasser, issue de cette soi-disante nouvelle scène NY indy (on parle ici de Anthony and the Johnsons, dont elle fait partie aussi, par exemple), était parait-il la destinataire des lyrics émouvants et éprouvants de "everybody here wants you" de Jeff Buckley, son compagnon de route avant que ce dernier décide d'aller taper quelques longueurs dans le Missisipi. Depuis, on l'a vu avec Rufus Wainwright et aussi Those Bastards Souls, entre autres, et on attend une suite à cet excellente surprise que fut ce petit EP sorti l'année dernière.

O.U.T.

VOTE ONE SELF.

Channel 4 est une chaine de télé anglaise qui a récemment lancé un concours ou One Self figure désormais : après quelque temps, la liste des artistes sélectionnés s'est réduite (de quelques centaines, la sélection est passée à une centaine, puis une trentaine, très peu !) et le groupe fait partie des dernieres propositions.Et alors ? Ben alors Vadim, Yarah, Blu-Rum et Woody mériteraient le grand prix, arf : jouer au V Festival, aux cotés d'Oasis, Franz Ferdinand et quelques mastodontes commerciaux du même acabit. Et pour que One Self soit selectionné, il suffit de voter pour eux sur ce lien-là : http://www.channel4.com/music/making-music/S/showcase/vote_slashmusic.jsp

One Self, pour ce concours, a joué live à l'Islington academy le 20 juillet, show enregistré et qui sera diffusé mi-aout sur Channel 4. Les téléspectateurs pourront alors choisir leurs artistes favoris en votant online, par sms, ou par phone, classique.
Ensuite, le vainqueur ira donc faire le mariole au V Festival les 20 et 21 aout, entre autre.

Vadim, en parfait défaitiste bien occupé ailleurs, n'y croyait pas tellement, mais désormais, l'opportunité de faire figurer One Self dans ce genre de festoche est un truc bien motivant, quand on connait la manière de procéder de ce genre de grand raouts. Alors voilà, c'est un appel au copinage, mais bon, si ca peut pousser des choses pas forcément joués d'avance, allons-y, non ? Et merci pour eux, hein. 8)

13 juillet 2005

ANTI ORIGINAL : 10 DAYS IN THE LIFE OF...

Bon, encore une semaine bien prenante. Faut vraiment que vous n'ayez que ca a foutre de me lire, là, parce que c'est du pur journal de bord, hein. On y parlera de zik, de bd, de potes, bref, que de choses totalement brand new et super prenantes...

Il y a une semaine environ, donc, se terminaient les eurockéennes (mini-report du vendredi un peu plus bas dans le blog, ainsi que dans les pages de "L'affaire du siècle tome cinq" numéro 4) et a part headbanger, lever l'index sur Saul Williams, hurler pendant le set de Jamie Lidell, sautiller en beuglant pendant Le Tigre, je dois bien admettre que j'ai pas fichu grand chose cet avant-dernier weekend... En ce qui concerne le dimanche, more soon, mais en gros : rien de vraiment traumatisant : Le Tigre, donc, super efficace et aux chorégraphies hilarantes, Kraftwerk : assez chiant mais heureusement bien rodé sur scène (bon, faut être dans le trip, bien sûr, 4 gugusses super statiques derrière leur laptop pendant 2 heures, faut adhèrer, y'a pas), loupé Tom Ze, loupé Marcello D2, Amon Tobin super nul à chier mais vraiement super nul à chier (incohérent, pas construit pour un sou et malheureusement pour lui, son méga dégueu), Royskopp : on aurait cru à un retour de Pet Shop Boys avec leur ingé son de l'époque (c'était pas top, donc), Slum Village : les 2 mc's bien plus à l'aise que leur formation instrumentale, avec un son pas top (la plage), TTC super fastoche derrière Amon Tobin, à mettre le feu au bout d'environ 20 secondes (je parlerais pas de leur conférence de presse qui restera dans les anales si j'ai bien tout compris), Sonic Youth plutot easy-access par rapport aux dernières fois ou je les ai vu...
Bref, un dimanche cohérent mais pas de claques du niveau du vendredi. Pour résumer, et pour ceux que ca intèresse, j'ai pas vu Dalek, j'ai pas vu Kasabian, j'ai pas vu Moodyman (ca, ca me fait chier), j'ai pas vu Raphael Saadiq, j'ai pas vu Raw T (mais je m'en cogne), j'ai pas vu Bonnie Prince Billy (ca me fait chier), j'ai pas vu Louise Attaque (et j'en suis fort aise)... Parait qu'il y avait Spleen en prog de dernière minute mais j'ais pas eu une seconde pour vérifier le pourquoi du comment du où...

La semaine a donc repris de manière classique : taf, gribouillage (toujours à la bourre pour "L'affaire", entre autre), pique nique avec la brune ou terrasses à droite à gauche... Jusqu'au bouclage du 4ème numéro de "L'affaire du siècle tome cinq", qui nous a bien pris la fin de la semaine... A noter, un petit article dans le spécial été de la revue régionale "Vu du Doubs", un canard qui est distribué de manière euh.. super large niveau local ; bilan, la demande est supérieure à l'offre, va falloir qu'on tire à plus grande échelle, mazette !



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Une belle bande d'idiots ont encore fait parler d'eux en faisant n'importe quoi à Londres, et j'ai du attendre 24 heures pour avoir des mails rassurants de la part des amis londoniens, ou coincés à Londres. Quelle merde, putain.

Le vendredi commencait bien, l'ami Vadim m'envoyant le total promo-package (stickers, affiches, cd's, etc) de sa dernière sortie, "Children of possibility", excellent album sorti chez Ninja Tune ; pour les ceusses qui n'auraient pas encore compris malgré mon ramdam d'ici-bas, il vous faut jeter une oreille à cette excellente tranche de midtempo très instrumentale et qui montre une nouvelle facette du dj producteur. Ca reste hip hop, mais on s'aventure tout au bord de frontières peu fréquentées habituellement : ce projet One Self recèle de très bonne surprises, à découvrir au fur et à mesure des écoutes. Franchement, la moitié des titres de cet album mérite de figurer sur la cassette qui accompagnera votre été (summer mix-tapes rules, c'est aussi simple que ca, bordel).
Je m'en vais donc passer le reste de la semaine à sticker, à coller de l'affiche, etc... Si ca vous branche, les affiches sont tirés du visuel de l'album et sont super jolies, signées par les espagnols de inocuodesign...

Au taf, toujours vendredi, croisé pendant le déballage d'import US l'amie Cécile de Télérama qui quitte donc notre petite ville pour retrouver son Paris, ses deadlines et ses très bons articles, le grand retour de bonnes chroniques BD dans Télérama ? A suivre.

Vendredi soir, néammoins, seconde excellente surprise musicale à La Nuit Bleue (formidable séance de découvertes musicales et acoustiques proposés chaque année par l'association Elektrophonie), ou, pour une fois, je n'étais pas bénévole mais spectateur, avec l'ami Marc-de-la-Fnac (oui, bon, ca va, j'ai le droit d'avoir un pote qui bosse à la Fnac, hein...) ; et ca tombait bien, car un des concerts proposés était carrément formidable. Je ne m'étendrais pas sur la prestation pourtant riche et volontaire proposé par l'Ensemble Euphoria Post Mortem, auquel je n'ai pu accrocher plus que ca... En seconde partie, Vincent Royer et Jean-Philippe Collard-Neven ont quand à eux donné une formidable prestation, alliance réussie piano/violon alto/machines (Jean-Marc Sullon, du Centre de Recherches et de Formation Musicale de Wallonie, était aux manettes) : nous avons eu droit à 6 formidables pièces de Luc Ferrari, Steve Reich, et David Shea, entre autres, et si le lieu avait déjà à la base un potentiel magique (les Salines d'Arc-et-Senans, magnifique endroit pour ceux qui ne connaissent pas, classé patrimoine mondial par l'Unesco), ces 3 zozos, invités en résidence pour une semaine par les non-moins zozos de l'asso Elektrophonie, ont su nous purifier l'ouie (et les sens en général) pour un bon moment, merci et bravo à eux. Marc à pris quelques clichés avec son équipement estampillé Nasa, puis nous sommes repartis pour Besançon.


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Le lendemain, samedi, deux concerts live par mesdemoiselles AGF (d'Allemagne) et Zavoloka (d'Ukraine) conçus pour La nuit bleue : je n'y étais pas, pas plus que je n'ai pu assister à l'annuel voyage acousmatique qui dure toute la nuit (j'ai pour ma part passé une partie de ma soirée à bouquiner et ingurgiter une énooooorme pizza, avec Drine, devant de nouveaux épisodes de "Lost", qui n'a décidément rien de la série formidable qu'on m'avait vendu)... Mais rien que le vendredi en valait déjà la peine, de fréquenter La Nuit Bleue.
Par contre, le samedi, taf, et plusieurs visites bien coolos : Dyotte is back dans le secteur, après 2 ans à New York City, mais pas pour trop longtemps, et quelques vandales dont je tairais le nom m'incitant à me joindre à eux pour vider de l'Alien le lendemain ? Diantre, c'est tentant, mais demain, les gars, chui super busy...
...Dimanche, rien branlé, juste chillé à la maison, le temps de finaliser la maquette de "L'affaire", de préparer un poulet à la June pour ma brunette, et de bouquiner un peu...

- "Albion" (Wildstorm), le premier épisode de la nouvelle mini-série d'Alan Moore, est dessiné par Shane Oakley, encré par Georges Freeman, avec papa Alan aux idées et fifille Leah (Moore, donc) et John Reppion au scénar ; un soupçon de League et ca repart, quoi. Rien de super excitant, mais suffisemment bien mené pour donner envie de lire la suite...

- "Neverwhere" (DC/Vertigo), écrit par Mike Carrey d'après le roman de qui vous savez si vous êtes un habitué du coin (ou si vous avez tout simplement bon gout, uh uh uh) et dessiné (merveilleusement bien) par Glenn Fabry... Bon, pas de surprises, on connait l'histoire, on connait même la fin, celle qui clot ce classique de Neil Gaiman. L'idée sent le plan "remplissons les popoches" a donf, mais le résultat est plutot valable, a la hauteur de ce que l'on pouvait en attendre. Bon, ok, j'en attendais rien, mais je voulais constater... Et bien ca tourne, pas de soucis.

- "Negative Burn" (Calib... ah nan, flûte : Image !) : le grand retour d'une des meilleures anthologies comics des 90's, NB se présente comme un come-back plutot prometteur... C'est toujours Joe Pruett aux manettes, par le biais de son label Desperado Publishing, mais ca fait quand même bizarre de voir ce titre sous la banière de ce dont il était l'exacte antithèse en 93, lors de sa création : NB chez Image, soit. On reconnaitra à Image Comics, ces derniers mois, d'avoir multiplié les audaces éditoriales, autant de choses qu'on aurait jamais imaginé quelques années en arrière.
Dans ce nouveau numéro (estampillé "Winter 2005"), on retrouve tout simplement une sélection de qualité (la plupart du temps) d'historiettes inédites signées (en vrac), ouffff : Evan Dorkin, Jim Mahfood, Zander Cannon, Ron Marz, Brian Bolland, Marshall Dillon, Erik Larsen, Kurt Busiek, Steve Lieber, et bien d'autres ; 95 pages de bd en noir et blanc comme on aimerait en voir dans bien d'autres collectifs, et ca tombe bien, car pour montrer aux retardataires de quel bois on se chauffait il y a 10 ans, Desperado va nous pondre un "best of" avec Alan Moore, Paul Pope, Bob Burden, Terry Moore, P.Craig Russell, Art Adams... et bien d'autres choses, tout ca en fin d'année si tout va bien.

- "Beautiful things" (Boychild productions), écrit par l'anglais Sean Michael Wilson et dessiné par plein de monde... comme la couverture le dit, nous sommes devant "a collection of poetic short stories in comic book form" et bon, oui, pourquoi pas... Certaines associations fonctionnent et le dessinateur aura saisi les émotions distillées par Wilson, pour restituer une poésie narrativement exploitée de manière correcte, mais malgré le talent de certains artistes (et celui, évident, du scénariste), on reste dans les premiers pas, les prémices d'un concept à suivre... Pas inintèressant, mais pas indispensable non plus.

- "Lo-Fi" numéro 3, le nouveau magazine estampillé "comics and entertainment magazine". Bon, plein de bonnes idées, de bonnes intentions, jalonnent ces 80 pages bi-mensuelles, mais une maquette un tantinet lourdingue rendent l'ensemble assez indigeste au final : on passe de Brian Wood à un sujet sur les enervés de Social Distortion en passant par une interview de Mignola, d'un article intitulé "Punk as fuck", et de 2313584 petits articles mis bout a bout... Je sais pas, je sais pas quoi en penser. Il y a du bon mais faut accrocher à l'ambiance punk rock qui se dégage du truc. Je pensais le garder, mais je vais le rendre à Bob La Loutre. 8)

- j'ai reçu mon pack de "Blood Orange", les 4 premiers volumes édités par Fantagraphics, avec la crème de l'actu indy internationale, un peu comme dans "Bete Noire", dont je parlerais dans quelques jours. "Blood Orange" est un petit objet soigné, tout comme son contenu signé, dans le désordre, Rebecca Dart, Lark Pien, Jeffrey Brown, Renée French, Matti Hagelberg, Chris Wright, Lauren Weinstein, John Hankiewciz, Anders Nilsen, Baladi, et bien d'autres ; du très bon et du moins bon, comme dans tous les collectifs qui fleurissent ici et là ; bon, ici, on parle quand même de Fantagraphics, et même si le résultat n'est pas forcément à la hauteur de l'attente (ben ouais, on ne dira jamais assez de bien de Fantagraphics), il demeure tout de même sacrément plaisant et satisfaisant.

- en parlant de Jeffrey Brown, son petit "AEIOU" (Top Shelf) est une lecture essentielle de ces derniers mois, paf, nan mais. Là ou cet espèce de zozo m'avait fait récemment hurler de rire et sourire de satisfaction à la lecture de "Big Head", le voilà qui remet le couvert dans l'exploration super intime et émotionnellement chargée (ou totalement niaiseuse, selon le niveau d'aigreur ou de masculinité mal placée du lecteur-de la lectrice...) ; "Any easy intimacy", son titre complet et plus explicite, relate une nouvelle expérience avec l'autre, cette fois, l'autre se nomme Sophia, et aura donné bien de la matière à griffoner pour ce pauvre Jeffrey...
Là ou je m'attendait déjà à soupirer en me disant "Bon, c'est bon, là, Jeff, on a compris, tu nous à déjà fait le coup...", surprise : non seulement ca fonctionne, mais en plus Brown est arrivé au sommet de sa méthode de travail, en répartissant ses souvenirs, ses moments partagés, ses états d'âme de manière foncièrement séduisante, sans pour autant tenter de dissimuler des maladresses de diction, de narration, ou parfois même d'idée de base. Du coup, AEIOU est dirigé par un rythme assez frais, et cela suffit pour le rendre convaincant.
Attention, hein : ceux qui n'auront pas apprécié ses précédents travaux n'accrocheront pas plus... Mais les autres, ben... Foncez. C'est juste et touchant, comme d'hab.
Petit spoiler, une sorte d'avertissement tiré du bouquin :
"Although based on actual events, this book leaves so much left unsaid that you may as well consider it to be fiction. Time and memory have a way of distorbing things, ans Sophia's side of the story is necessarily lacking. Perhaps someday I will be reconcilied with her but until then this book is dedicated to Sophia, with apologies, regrets, thanks, anger, sadness, love and a million other mixed emotions"...


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...Moi, j'aime ce mec, surtout lorsque la lecture de AEIOU a suivi la lecture de "Be a man" (32 pages pour 3 dollars, chez Top Shelf aussi), l'autoresponse parodique plein pot que Brown s'est infligé ; hilarante variation extreme autour d'une autocritique sur le mode "ne serais-je pas un peu pleurnichard et pathétique dans mes bouquins ?", Jeffrey Brown part dans un trip parodique à mourir de rire, ou il est question, je cite, de "rrrr, beer, sex, sports, ungh, unh, porn, kick ass, fuck, explosions, trucks, breasts, meat, bitch"... Super drôle. J'adore ce mec.

- aucun roman en cours, et depuis quelque temps déjà : mes statistiques vont chuter, ca m'apprendra à voir à la hausse mes moyennes de lectures dans des questionnaires à la con. 8)

Lundi, Bob the Otter m'amène donc quelques exemplaires finalisés du fameux numéro 4 de l'Affaire, et de sa couverture "à la con" (appelons un chat un chat) signé JB, qui s'est laché avec la couleur... Bientôt le 48CCHFKK, promis ; a ce rythme là, ca va se préciser vite, et je compte bien racheter Dargaud. Ou Casterman. Ou Soleil. Ah ouais, surtout Soleil...

Le soir, Yves-je-fais-4-aller/retour-dans-la-nuit-ca-me-fait-pas-peur et Dude me récupérent à la maison, et on va se cogner une soirée tranquille en terrasse, apéro puis repas, juste le temps de se prendre une méga-rabasse pendant qu'on bouffe, cool.
Dude m'offre un DVD sauce DIY, un truc spécial Star Wars nommé "the Star Wars Fan Films" qu'il a confectionné tout seul avec ses petits doigts, avec des tonnes de shorts movies réalisés par des fans, du désormais classique "Troops" au très très pro "Georges Lucas in love" ; j'en ai pas encore vu un tiers que je suis déjà super fier de ce truc, énorme.
Il est fort ce Dude.
Il apprend même aux barmen à lui confectionner le breuvage qu'il affectionne tant, tellement il est fort (grand jeu sans obligation d'achat : quelle est la boisson favorite du Dude ?)...

Mardi, rien de très marquant, si ce n'est Manue et Alex qui viennent bouffer, super bonne soirée d'ailleurs, et voilà ou j'en suis : ils viennent de partir et je digère péniblement mes fajitas trop épicées en tapotant lentement sur le clavier, alors que Drinette est tombée de fatigue sur la dernière page de "Generation X". Ok, c'est pas le meilleur de Coupland, mais quand même, merde...

Demain, mercredi : il y a une démo du skate team Cliché devant le skate shop local, ou mon homeboy Feetwan m'a convié à passer un peu de son ; je m'en vais donc aller faire une ptiote sélection et je vais prévoir large, au cas où Howie me confirmerait qu'on joue également vendredi soir ensemble...

La première des infos du jour, c'est que nous abandonnons l'appart à plein d'amis du 1er au 13 août, jours pendant lesquels nous irons faire les larves sous le soleil des Landes, quelque part le long de la trèèèèèèès grande plage toute droite, genre...
la seconde, c'est un truc que je met en dernier comme ca vous le gardez en tête, gens du coin ; c'est un petit mail de Laulaure, envoyé depuis Budva (Montenegro) :
"Je présenterai une vidéo dans le cadre de l'exposition Affinités à la Saline Royale d'Arc et Senans (25).
Le film, crée pour l'occasion s'appelle 'celle qui n'était pas' et s'inspire des écrits de l'écrivain slave Ivo Andric."

Laure fait partie de la troupe de zozos qui fêtent les 10 ans du Pavé Dans La Mare a la Saline (61 artistes à la Saline Royale d'Arc et Senans du 27 juillet au 3 septembre 2005), décidément the endroit of the moment in alentour...

Et je crois que cette fois c'est fini.
Ah nan : le talentueux Hippolyte quitte l'hexagone pour les îles lointaines, et tous ceux qui se réjouissaient de le rencontrer pour le salon des Mots Doubs en septembre à Besançon peuvent être verts, car son déménagement tombe quasiment en même temps ; si ca, ca fait pas chier, je m'y connais pas... (et pourtant en caca j'en connais un rayon).

Sur ce, bonne route.

2 juillet 2005

JE FAIS QUE PASSER, LES COPAINS.

Live from les eurockéennes de Belfort 2005

Hier vendredi, journée ponctuée autour du début du grand raout juilletiste, qui rend sourd pour une semaine : les Eurockéennes de Belfort.

Cette année, programmation qualitative, qui flirte entre super easy et gros pointu, un peu comme d'habitude (même si pour moi, la prog de cette année est un chouïa moins excitante que les dernières années), grâce au talent combiné de nox deux excités favoris, à savoir monsieur Kem et monsieur Christian Allex (interviewé dans le dernier numéro de Polystyrène au sujet des création co-produites par les Eurocks et la Vapeur de Dijon).

Vers 16h, my man Alex se pointe à l'appart et après un thé trop infusé, plein d'amertume, nous laissons Drine (qui part un peu plus tard de son coté avec Manue et Alex - pas le mien, celui de Manue, merde, faut suivre !), prenons la voiture et traçons, direction le Territoire de Belfort, gigantesque département ou je ne vais qu'une fois par an, je crois ; je suis bien content car avec Alex, j'ai enfin trouvé un zozo sur Besançon qui est prêt à bouger à droite à gauche pour aller bouffer du bon son, tous mes potes les plus chauds étant pas forcément à côté (hormis Feet qui bosse comme un malade entre son taf et ses prods).
Dans la bagnole, on se cogne "Midnight Marauders" non-stop, en boucle, et on rappe à tue-tête les refrains de ce qui ressemble quand même au... meilleur album hip hop de tous les temps ? Discuss later, mais en tout cas, ca nous rajeunit pas, tout ca. 8)

On arrive vite et bien, même si on a loupé Little Barrie, et on trace directement au début du set de Bloc Party, grosse sensation du moment, quand même.

Alors bon, n'ayans pas peur des mots : programmés sous le Chapiteau (la seconde scène du festoche), le son était énorme, grosse machine super carrée et très efficace ; nous étions tout au fond, loin de la scène, mais la section rythmique de la hype du moment nous arrivait en grosse, grosse claque faciale.
Bloc Party, énième agacement médiatique de la presse spécialisée, a au moins un mérite, c'est d'avoir su fait monter une sauce quand même assez inédite : tout le son londonien des 80's est réuni à merveille, ca pue vraiment la fibre new wave, ca respire les insinuations funk, ca sent aussi le rock anglais habilement inspiré, transpire même ici et là des vibrations reggae... Très bien fait en tout cas.
Pas vraiment de surprise scénique, ca joue assez convenu, ca ressemble beaucoup à la version studio, mais ca tourne fort, et bien ; je croise la petite soeur de my man Monkey, qui à l'air d'apprécier. En parlant de "my man", my man Feetwan n'est pas là ce weekend, je lui passe un coup de fil et lui envoie une carte postale sonore (enfin, téléphonique...) en direct du plutôt gros son des messieurs, qu'il aurait probablement kiffé de voir.

Entre chaque prestation, on navigue ici ou là entre les scènes et les nombreux stands de trucs à la con, et je pose des stickers un peu partout, reprazent les copains Vadim, Yarah et Woody, de One Self, grâce aux piles de stickers qu'ils m'ont laché ; je suis une street-team à moi tout seul, et je suis pas cher... 8)

Néammoins, on zappe vite la fin pour aller à la Plage voir Konono n°1, un groupe de joyeux olibrius de Kinshasa : ces métallurgistes de l'afro abusent de la disto, pour notre plus grand bonheur : record du son le plus délicatement agressif, du conglomérat de basse le plus convaincant... Jouissif et à point, impeccable pour se mettre dans le bain... Super son, même si très abrasif, très envellopant, très prenant.
On assiste à la fin du concert en bouffant un minuscule morceau de pain un peu sec, coupé et empli de graisse de cuisson servie avec un infime morceau de steack haché, et une cuillère à café d'oignons mutants, le tout vendu 6 euros sous l'étiquette "hamburger" ; on prefère rigoler de cet abus en dégustant ce cadeau divin, et on kiffe comme des malades sur le set de ces niggas niggas totalement entrainants, totalement prenants, totalement mortel.

Le saviez-vous ? Sur la Grande scène, les Queens of the Stone Age proposent un show super linéaire, ultra plat, et chiant à mourrir, dont ne transpire pas un poil de l'énergie de leur disques ; toutefois, mention spéciale à leur batteur (non, pas Dave Grohl), grosse masse de muscles complètement tatouée et qui comblait l'absence scènique des autres zozos à lui tout seul.
Alex et moi on est morts de rire en voyant la faune qui hôche la tête comme un seul homme sur les refrains des enervés, mais on essaie de respecter le goût du bourrin que nous n'avons décidément pas trop, ni lui ni moi. Q-Tip forever, baby !

En allant voir Jean Grae à la Loggia, je tombe sur une partie des Lust, dont le dernier album est annoncé en grosse pompe partout à l'entrée du festoche ; les bisontins sortent finalement leur dernier album, produit par Steve Albini (si, si, celui des Pixies, de Nirvana, de PJ Harvey...) en octobre, et leur street-team a fait des ravages, once again.
On stoppe un instant sur le stand Fnac (oui, amie lectrice, ami lecteur, tu m'a bien lu) pour aller faire coucou à Eric aka Gourou, anciennement de Music Machine, le shop qui m'a décrotté les oreilles dans ma jeunesse. Eric, malgré une période difficile, nous fait l'inventaire du weekend et de la soirée, et une fois encore, comme tous les ans, nous nous verrons plusieurs fois dans le weekend ; il me lâche au passage un cd mixé d'Aramis, apparemment un univers de mix similaire au mien, qu'il me faudra lui refiler, me dit-il.
Aramis ? Connait pas, mais le tracklisting laisse présager un bon goût certain : John Arnold, Bebel Gilberto, Alex Attias aka Mustang, I-Wolf, le skatteur breakbeatien Danny Breaks, le remix par Attica Blues de "Reggie's escape" de Earthbound (un skeud que j'ai usé tellement je l'ai joué), tout ca avec... l'emo remix du "chocolate" de Kylie Minogue ?! Merde, je vais intenter un procès ! 8)

La Loggia avec Jean Grae, donc. Mouairf ; j'aurais "adoré adorer", mais ce ne fut pas le cas. D'abord un son super merdique, et très agaçant, ne faisaient rien pour arranger le manque de présence de la soi-disante charismatique rappeuse, dont l'album a fait beaucoup parler, mais ne m'avait pas convaincu des masses.
En guise de super performance annoncée, un set basique et apparemment routinier, un dj qui cumulait les tics de dj, et un flow de la demoiselle plutôt habile mais malheureusement chaud à suivre, principalement à cause de ce satané son. Ca fait toujours plaisir de voir un set "hip hop de qualité" en live, mais c'est décevant de ne pas adhèrer autant qu'on l'aurait souhaité.
Je suis pas resté, hein.
Pensées to my man Adam à chaque fois que la miss sert son "phila" par ci, son "phillie" par là... Phillie-Belfort... Pennsylvanie-90... Word.

Entre les 2 sets qui se suivaient à la Loggia (Jean Grae suivi de Saul Wiliams), une petite dose de la petite Emilie Simon, qui jouait sous le Chapiteau accompagnée de la Synfonietta de Belfort (les jeunes musiciens de l'Ecole de musique de Belfort) et des Percussions Clavier de Lyon, dont le set m'avait enthousiasmé il y a quelques mois à la Laiterie de Strasbourg, peu après la sortie de son premier album... Déception.
L'interprétation proposée par tout ce (pourtant) joli monde n'a pas su me séduire plus que ça. Assez monotone, sans surprise, beaucoup plus "classique" que les audaces technologiques auxquelles elle s'était laissé aller lors de ce concert strabsourgeois...
De plus, gros gros problème de son : Emilie n'a pas beaucoup de voix, et ce n'est pas un obstacle pour faire de la bonne musique, mais entre ses hésitations pulmonaires et ses prises de parole plus appuyées, on devine que la technique a eu du mal à gérer l'exploitation du spectre de la voix de la jolie brune ; bilan, la voix de la miss est en avant, toute, et le reste derrière, au loin ; c'est moche, surtout quand la jeune femme se laisse porter par par l'ambiance oniriquo-ethérée du gig (ca se dit, "oniriquo-éthéré" ? on s'en fout).
C'est ce que j'appele un beau gachis, ca aurait pu être très bien, cette orchestration (ils étaient nombreuses et nombreux sur scène) apparemment habile, mais non, la balance "expédiée" nous aura privé d'un bon moment, et surtout de l'envie de s'attarder. En repassant un peu plus tard, vers la fin, même constat. Dommage.

Retour à la Loggia, pour le new yorkais qui tue sa race, le fantastique (je pèse mes mots), le très grand Saul Williams.
Pas de surprise, mais une bonne confirmation ; c'est la deuxième fois que j'ai la chance d'assister à une prestation du génial Williams, et putain, once again : grosse grosse claque.



Une présence, en voici une, décidément ; ses textes, son timbre de voix si personnel et son flow magistral contenteraient les curieux les plus difficiles ; et derrière, ca sonne, ca claque, ca pulse, malgré un son pas super terrible.
Décidément, pas mal de déception sur la technique en ce premier jour de festoche ; les eurocks ont habitué mes fragiles petits tympans à bien mieux, et je m'en étonne, de cette carence qualitative.
Instants mémorables parmi tant d'autres : génialissime variation autour du track originalement construit sur une instru de dj Krust, une interprétation gigantesque et inoubliable de "Black Stacey", un titre flirtant entre la mélancolie downtempo et un fat heavy beat pulsé dans ta tronche, et surtout, surtout, une énorme présence, ce même charisme qui a fait la renommé de cet artiste précieux et franchement génial.
Pendant ce show, je regrette l'absence de mes potes amateurs du monsieur, je passe un coup de fil à Ed the Swiss Horse, sans savoir si je suis tombé sur lui ou sur sa boite vocale ; anyway, je récidive avec Alcor, monsieur Bricolage-from-Dijon, et lui laisse aussi une petit dose homéopathique.
Putain, ce que j'aime Saul.

On passe devant la Grande scène pour se prendre quelques défraglations des Nine Inch Nails, le genre de groupe qui me parle surtout par nostalgie, je pense ; je suis ravi de constater que le monsieur Trent est en grande forme, ca part dans tous les sens, mais je reste quand même dubitatif devant les derniers morceaux, les choses les plus réussies (ou efficaces, ou les 2) à mes yeux restant les interprétations 2005 de classiques comme "march of the pigs" ou surtout, surtout, de l'énorme "Closer".
Vache, ca nous rajeunit pas non plus tout ca.

On boit un coup avec Manue et son Alex, Drine, Alex et un de ses potes ; je peste car comme chaque année, j'ai encore oublié mes jetons boissons des années précédentes. Ca commence à faire une jolie collection, et chaque année je me demande où j'ai foutu ceux des années passées ; bougre d'idiot, me dis-je en entendant les rythmiques chaloupées émanant de la plage...

Mes tympans m'implorent et nous allons donc assister à une bonne tranche de douceur suave et authentique, à savoir monsieur Ken Boothe qui distille sa légendaire délicatesse à la Plage, la scène la plus chill-lounge-peaceful du festoche, n'en déplaisent aux fans de la Grande scène ou s'échouent en file indienne de grosses baleines bien lourdes.
Je suis pas un gros amateur de reggae, mais Boothe est quand même une voix incroyable et l'interprète de nombreux gros titres, qu'il nous sert à grand coups de louche pleine de soleil (même s'il est déjà 23h) ; un moment fort sympathique.
Je croise aussi l'ami JB du crew Radio Campus Besac, qui a été super décu par le set de Cocorosie (pas vu), et qui a trouvé Interpol (pas voulu voir) excellents, tandis que Manue, elle, n'a pas l'air d'avoir trouvé ca mortel. Soit, de toutes facons, on a encore plein de trucs à voir, bordel de merde ! 8)

On checke un instant The Faint, pour une fin de gig déglingué et complètement hystérique. C'est agréable à voir mais musicalement, je suis pas dans mon univers, et je reste très extérieur à tout ca. Les zozos ont l'air de s'amuser, mais le public me semble un tantinet perplexe, tout comme je le suis ; une bande de néo-hype au premier rang, sponsorisés par Ray-Ban et par Vivelle, eux, ont l'air de s'éclater. C'en est trop, d'autant plus qu'au loin, la lourdeur électro se met en branle.
The chemical brothers, encore eux, ont investi la Grande scène, il me faut prendre le maquis ; c'est étonnant de voir la facilité dans laquelle ce duo s'est engouffré, plongeant dans la bigbeatisante la plus facile, le pseudo-heavy beat bien binaire, alors qu'ils ont pourtant des facilités pour explorer des pistes électro vierges ou peu usitées : je pense notamment à leur premier album, qui regorgeait d'une fraicheur encore bienvenue, d'un big beat encore innovateur (ok, le big beat innovateur, c'est un concept assez sombre, que je me préserverais bien de creuser, je retire).
Là, on est dans le pousse-bouttons le plus chiant qu'on puisse imaginer, c'est longuet, c'est chiant, c'est binaire au mauvais sens du terme, c'est les chemical brothers, quoi ; les nases qui auront accepté sur le retour l'arrivée de l'électronique dans l'intégralité du spectre musical seront probablement ravis. Pas moi.

Je comptais me nettoyer les oreilles avec Bright Eyes, encore une nouvelle coqueluche de la presse musicale de bon goût, uhuhuh.
Note pour moi-même : prendre le temps d'écouter un maximum de trucs que je ne connais pas avant d'aller me faire une idée de leur vision de la scène, la prochaine fois.
Je suis pas convaincu pour un sou, et j'abandonne assez tôt, direction ce qui peut être la vraie claque de cette soirée : Jamie Lidell.

Déjà, je sentais le vent venir, lamentablement étalé sur la barrière au premier rang, pendant que monsieur Lidell faisait son ultime soundcheck...
La surprise, si nous devions en avoir une, serait de taille, apparemment.
Derrière une montagne de machines, l'anglais semblait assez flippé, mais aussi assez flippant : auto-delay sur des samples instantanés, beats crées par un beatbox surprenant (le monsieur semble donc multi-tâche ?), et loopés automatiquement, sonorité complètement branque mais super prenante, putain, pendant le soundcheck, je trépignais de bonheur, mes pieds bougeaient tout seul.
Du pur groove émanait déjà de ce mec à l'époque du très bon projet SuperCollider (encore un truc foutu dans mes oreilles par my man -once again-, Laulau-anciennement-du-Salon), mais j'étais bien loin d'imaginer ce qui m'attendait ce soir !
Mettons les choses au point : déjà, un anglais (blanc) qui chante de cette manière, c'est louche.
Fallait se méfier.



jamielidell, originally uploaded by jUne.

Finalement, le pénible voisin bicéphale de la Grande scène finit par fermer sa grande gueule puante, et le silence se fait : Jamie, première, clap.

Le set débute, et Jamie déboule sur scène, vêtu d'une tenue plastoc bien zarb, et flanqué d'un extraterrestre qui lui servira, 80 minutes durant, de caméraman-vidéaste-VJ des plus surprenants, des plus frais, à défaut d'être des plus talentueux (3 caméras en permanence sur Jamie) : le grand Pablo Fiasco. Wooooorrrrddd !
Et de se jeter corps et âme (je pèse mes mots, ce mec prend sa mission au sérieux) dans une série de surprises sonores totalement incroyables, complètement jouissives mais absolument et systématiquement inattendues...
Baisant très discrétement (mais sûrement) avec ses machines, Lidell lance un défi à son public : saurons-nous rentrer dans cet espèce d'orgasme collectif électronique à rallonge, saurons-nous adhèrer à cette tranche de VRAIE nu-soul, et rentrer dans son univers fait de rencontres impromptues, de breaks recyclés à l'infini en direct total, de nappes générées par le hasard et quelques kilos de matos dispersés là, sous ses mains ?
Son chant, ses intonnations, et son timbre de voix convoquant ceux de Sly Stone ou de Curtis Mayfield, Jamie Lidell se lance dans une espèce de long run totalement incongru, totalement bancal mais toujours efficace ; ca vit, ca bouge, ca s'énerve et se cambre, ca bouscules les attentes, ca dérape et ca s'esclaffe de se voir se précipiter dans le vide, c'est... C'est énorme.

Les sonorités rappelent qu'on est chez un artiste de chez Warp, bien sûr, mais dieu sait que par les temps qui courent, c'est restreindre l'aura de ce monsieur que de mentionner sa maison de disques, dont le meilleur semble être derrière... A moins que... A moins qu'ils aient d'autres Jamie Lidell dans les cartons ?!
Alors certes, oser citer Aphex Twin ou SquarePusher aux côtés de Curtis ou Sly, c'est gonflé et ca peut sembler abusif.
Mais non.

Jamie Lidell nous a servi une gigantesque part de gospell foutraque dont les dieux visés seraient les ultimes bruitistes de ce siècle.
Son funk, désespérement cru et torride, son sens du break (quand il le décide, ses breaks sont parmi les plus hip hop qui soient), son r'n'b qui renvoie la production de ces 20 dernières années au piquet des éleves copieurs...
Lidell ne copie pas, il crée, il s'intèresse, apprend, pour mieux analyser, détourner, contourner, et, enfin, et surtout, créer, et réciter son propre répertoire soul, empli d'émotion et de maitrise, de sens du vrai et de maitrise des machines.

Génial concert, donc, passé appuyé à la barrière du premier rang, à scander des bravos, l'index en l'air, pendant que le VJ proposait un show à la hauteur de son environnement sonore : sur les écrans, ca grouillait, ca osait, ca plaçait des trucs de bargeot, bref, c'etait BON, putain. Chapeau à cette créature au sens plastique certain, donc, le grand Pablo, et à son sens de l'impro total (à suivre Jamie avec une mini V à la main, lors de l'ultime démo de crooner du monsieur), à lui aussi...

S'il fallait poser un bémol (quand même), ce serait les longueurs électro-bruitistes dans lesquelles Lidell se laisse aller, totalement submergé par l'impro quasi-continue de son set, et par la liberté avec laquelle ses machines, pas toujours dociles, surprennent leur maître et le mordent aux chevilles.
Lidell, imparable et totalement en phase avec le processus de créativité instauré par/avec ses machines, repart dans son hyperbole sexuelle malgré quelques interruptions de coït imposées tantôt par ses bécanes, tantôt par ses micros...
Qu'a cela ne tienne.
Ralentir et amenuiser l'excitation, la laisser reposer, mais pas s'éteindre, pour laisser l'envie devenir plus pressante, moins incontrolable... Plutôt valable, comme méthode.

Waaah !
Inutile de dire que ni T Raumschmiere, ni les gentilles Electrelane et encore moins les médiocres La Phaze (pas vu cette fois, mais déjà subi) n'ont retenu notre attention, à Alex et moi.
A l'issue du set de Jamie Lidell, nous n'avons fait qu'y passer, pour mieux foncer au parking : encore une bonne heure de route, le tympans défaits et le sourire fixé, merci Saul, merci Jamie.

Ne manquait plus que Ali, Phife et Q-Tip ne reviennent pour nous accompagner jusqu'à chez nous... Et ils vinrent, les bougres ! 8)

La suite bientôt.

- tout petit PS hors-sujet : samedi midi, Laurent Jallabert interviewé sur France 3 au sujet de "sa bédé" :
" - (la journaliste :) Alors Laurent, cette bédé, elle m'a bien fait rire...
- (Jallabert :) Oui oui, ca rencontre déjà un franc succès, ca fait rire, c'est normal, c'est une bédé."
Qui se dévoue pour envoyer quelques bandes dessinées à ce plouc cosmique ?

On air on RadioJune :
- One Self "Bluebird", LE TITRE de cet été ; la bande-son (et bien plus que ca, s'il vous plait) des jours qui s'allongent, de la chaleur qui s'installe, des paysages qui défilent par la fenêtre de la bagbole qui nous emmène en vacances...
- Aramis (pre-release or low-package mix ?), compilation mixée avec inventivité et soin (à l'ordi ?).

O.U.T.