19 janvier 2007

PFFFFFFOUH, VINDZOUSSSSS...

Et voilà, encore un post qui, pour résumer, sera une sorte de gros mot d'excuse pour son absence de réel contenu ; que les mauvaises langues qui disent "eh ben pour ce que ca nous change" appuient sur ALT et F4 de ce pas...

Une quinzaine chargée, plein de bouffes, un Boogie de folie furieuse qui restera dans la mémoire collective comme la soirée "trop" : trop de lasagnes (même sans fromage, merci encore copain Tristan), trop de punch, trop de Picon bière, trop de disques de malades, trop de monde dans la Crèmerie, trop d'ambiance, trop... trop cool, quoi. Bien cool.

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Jouhoune Sfour, auteur en vogue depuis déjà pas mal de temps, et fidèle du média culturel digne de ce nom (TéléInFranceRocksRama, etc), est enfin de retour avec un ouvrage, qui, soyons-en sûrs, devrait faire pleurer dans les chaumières et réjouir les coeurs purs, qui n'attendaient que cela, son vrai, son seul, son unique retour, chez un vrai, un pur, un chouette éditeur.
"Trompette", puisque c'est son titre, sera prépublié dans le meilleur fanzine bisontin du monde, L'Affaire du Siècle tome 5, et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, dès le prochain numéro (sobrement intitulé "19 bis", que tous les amateurs de vraie foire à la saucisse, de bière chaude, et de files de dédicace sur ticket auront la chance de découvrir dès la semaine prochaine, à la grande partouse charentaise annuelle.

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Avec une belle couverture de circonstance, signée par le plus alcolique de tous nos auteurs, Bob la Loutre himself. Chic alors, merci L'Affaire du Siècle tome 5, et tous à Angougou !

Pendant ce temps-là, Sienkiewicz dessine, R.Kikuo Johnson discute, la Marwanny Corp propose des tests très... très marwanniens...
Et puis en matière de skeuds, Detect (du Klub des 7) a encore cramé une sélection de ouf (le mec qui balance Petula Clark, The Smiths, Edan, The Jam, Gainsbourg, The Klaxons...) pour Les Mixtapes de mes Amis, le projet un peu fou mais vachement intèressant de Henri Cording, à Montréal ; et sinon, Jason Stone, l'ami fou furieux d'Atlanta, continue de nous balancer les plus beaux hommages à James.

Voilà.
On reparlera bouquins et disques dès lors que j'aurais dormi.
Bon weekend, et à bientôt, peut-être.

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12 janvier 2007

A SERVIR CHAMBRÉ.

De source sûre, et parce que les gens du FIBD ont probablement mieux à foutre que de mettre à jour leur site, quelques précisions quant à certaines rencontres internationales : la rencontre avec Touis, Frydman et Woodring aura lieu le vendredi à 14h30, juste après la rencontre Mattioli et Trondheim, programmée quant à elle à 10h30... En gros, on va foncer à travers les routes de France, dès tôt le matin, pour voir les zozos en début d'après-midi...

Dans un autre registre, quelques gentils dessinateurs vendent, pour la bonne cause, quelques inédits sur ebay, dont l'infâme, mais vraiment infâme Berth (celui-là même qui conduira vite vite vite le vendredi matin, entre Besançon et Angoulême, le vendredi 26 janvier...), et puis Rémy Malingrey, Lindingre, Lefred-Thouron...
La preuve avec des mots (et en images si vous prenez le temps de cliquer sur le texte) :
"200 visites d’huissiers à son domicile, 30 procédures judiciaires en cours...
C’est la réponse de Clearstream et de ses banques clientes ou des autorités judiciaires françaises et luxembourgeoises aux révélations du journaliste écrivain Denis Robert. Son seul tort, avoir dit la vérité. Face aux moyens financiers colossaux de ses détracteurs Denis Robert ne peut opposer que son énergie, ses livres et sa bonne foi.
Ça risque de ne pas suffire.
Vu les sommes réclamées et la multiplication des procédures nous avons décidé de lui venir en aide en créant un comité de soutien, amical et financier.
Notre but est de collecter des fonds et régler pour Denis Robert les frais d’huissier et d’avocats engendrés par ce harcèlement judiciaire.
Vous pouvez nous y aider en versant 10 euros ou plus ou moins à l’ordre du «comité de soutien à Denis Robert» et en envoyant votre don à cette adresse.
(Pour toute question, envoyez-nous un mail à lesoutien@gmail.com)
Comité de soutien à Denis Robert, BP 93602, 54016 NANCY CEDEX."


Sinon, je découvre avec enthousiasme Nicholson Baker, et je fréquente désormais son univers bargeot et haut en couleurs avec une assiduité certaine (4ème bouquin en à peine plus d'une semaine, youpi).
Pour le moment, si je devais n'en garder qu'un, ce serait probablement "Le point d'orgue", véritable bouquin sur la nature humaine et sa condamnation à l'éternel sentiment de solitude, en forme de faux recueil d'écrits parfois bien pornographiques, et récemment réapparu en 10-18.
Véritable malade de la vie, bardé d'intentions délicates à l'égard de ses semblables, tombant amoureux toutes les 2 minutes (ou presque), le personnage principal de ce livre se découvre une sorte de super-pouvoir (innatendu et assez originale, je vous rassure, on est pas chez Marvel non plus, hein), et ce que fait Baker de ce postulat de départ est sacrément convaincant.
C'est très, très cul, mais il faudrait mal lire ce livre pour ne pas comprendre les intention de l'auteur. Rarement utilisation du porno aura autant été justifiée, et aura autant débouché sur une suite de réflexions aussi bienvenues.

J'ai lu aussi le premier tome de "Gus" de Blain, chez Dargaud.
Une fois de plus, belle démonstration de la virtuosité du bonhomme, entre le dessin (on ressent plus que jamais comme une envie d'aller à l'essentiel) et le découpage, la narration (mention spéciale au second chapitre, surtout son début). L'histoire, celle d'un fieffé coquin épris de tune et de damoiselles, et de ses comparses de copains, dans un far-west à la Blain, peut-être facilement résumée : historiettes de coeur sans lendemain, où les fiers bandits servant de héros ne sont pas forcément les mieux lotis, où hold up à deux balles qui dégénereront souvent de manière bien perchée.
Malgré tout ça, ce ressentiment qu'à vouloir privilégier l'urgence de l'expression Blain passe à côté de trucs... Certains passages, certains actes, certaines mises en scène auraient mérité qu'on leur consacre davantage de temps, de cases, de pages, que les dialogues/échanges sont parfois en mode économique (pas une manière épurée, ou bien minimale, non, plutôt expédiés, pour moi en tout cas).
Encore, Blain se pose comme comme un zozo qui, à force de bouquins, parvient à la maîtrise ultime de son dessin (aux antipodes d'Hop-Frog, scénarisé par David B., qui était magnifique, dans un autre registre) : 3 traits, les bonnes courbes, les bons effets, les bons volumes, et ca fonctionne plein pot.
Dommage que ses histoires de cow-boy un brin fleur bleue ne soient aussi plaplates, aussi gentillettes, aussi faussement acidulées. Il n'y a bien que cette chouette amitié entre ces 3 copains qui lie un peu le bouquin, mais cela ne suffit pas pour en faire une véritable réussite.

Attention, attention, avis à la population :
Demain samedi soir, et pour la première fois, l'équipe du Retour du Boogie sera présente au grand complet, pour une soirée qui s'annonce d'ores et déjà mémorable. C'est d'autant plus rare que l'un d'entre eux n'est plus trop dans le secteur ces derniers mois, alors en un mot comme en cent : demain samedi 13, de 21h30 à 2h, à La Crémerie, rue Pouillet à Besançon, Le Retour du Boogie, avec Zo, Narqo, Tristan et ouam.



Et pour le son, celles et ceux qui louperont le Boogie de demain soir peuvent toujours aller se purger les oreilles (rhôôôôô) sur Autobiogriffue, le blog de Nancy Pena et Guillaume Long, où j'anime une petite radio. La troisième sélection devrait être online tout bientôt...

Bon weekend, à bientôt.
Ou pas.

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6 janvier 2007

OH LORD DON'T LET THEM DROP THAT ATOMIC BOMB ON ME.

une tentative de post tombant carrément dans la facilité, avec des vrais bouts de recyclage dedans...

Comment ça, "la routine du quotidien, déjà..." ? Pourquoi, j'ai loupé quelque chose ? Dites-moi, hein.

2007voeuxDrine004

Bon, pour commencer, merci à mon ouebmasteure favori, cette grosse loutre de Bob, qui m'a récupéré je ne sais où les archives de mon petit blog pouilleux ; dorénavant, en bas de la colonne de liens (juste à côté, là, à gauche), toutes les archives, triées par mois, et cachant en leur sein des tonnes de trucs stupéfiants. Ou pas. Merci, Bob.

Bon.
Chaque début d'année, les gens qui se font chier dans la vie prennent des résolutions. La plupart du temps, ils (se) promettent qu'ils iront à la piscine au moins 1 fois par semaine, qu'ils ralentiront la clope, qu'ils n'oublieront pas de rabattre la cuvette des chiottes, qu'ils feront bien le tri sélectif, et qu'ils n'oublieront pas l'anniversaire de leurs proches.
Après quelques années d'entraînement et autant de lamentables constatations, je laisse cet exercice aux courageux, aux optimistes, aux ennuyés, et je cours me réfugier, je sais pas, moi, dans quelque chose qui me décevra pas...

Cette année, par exemple, en traînant dans les piles de disques que j'ai acheté au cours des 12 derniers mois, le bilan est fascinant (oui, pour moi, au moins, quoi...) : j'ai acheté environ 2 fois plus de "vieux" disques que de choses sorties en 2006. Et de retomber dans les considérations néo-réac échangées l'autre soir avec Laulau : que se passait-il donc il n'y a encore qu'une dizaine d'années, qui nous emballait autant, nous donnait foi en la production musicale mondiale, qui ne nous touche plus ces derniers temps ? Jamais la musique n'a été autant à portée de la main (ou de la souris), et jamais autant de choses n'ont été proposées aux curieux en tout genre.
Alors, "c'était mieux avant", c'est vrai ou pas ? Sommes-nous (suis-je ?) déjà blasés au point de nous réfugier autant dans un patrimoine encore à peine grignoté, ou tout semble encore à découvrir ? Est-ce aussi désagréable que de se rendre compte que le nouveau paysage de la distribution et du commerce de la musique (qui s'installe petit à petit, avec bien des difficultés et des remous) ne ressemblera pas à celui dont nous avions rêvé ? Ne trouvez-vous pas qu'un emballage de clé USB, même remplie de MP3, c'est quand même moins agréable à regarder qu'une pochette de cd (nan, j'ai pas dit vinyl, je prend sur moi, hein...) ? Savez-vous qu'Airborn Audio n'est même pas distribué qu'en CD en France ? Tsssss...

Cette année, j'ai passé des disques pour plein de gens, avec mon crew du Retour du Boogie (Tristan, Narqo, Zo), dans plusieurs bars avant d'en trouver un où, finalement, la sauce a pris, et où les gens nous montrent beaucoup d'entrain à chaque nouvelle date, en étant de plus en plus nombreux. J'ai joué aussi avec mon homeboy Feet, à La Nuit Bleue d'Arc-et-Senans, et c'était cool. J'ai passé des disques tout seul, avec mon matos et mes caisses de disques posées à l'endroit même où Balthus avait son atelier de travail, au mileu de la Villa Médicis, à Rome (rhâââ). J'ai même eu l'immense privilége de passer quelques skeuds, sans prendre le soin de brancher le casque et de soigner le mix, dans au Basement, à Dijon, le lieu le plus hype du moment, pour une poignée d'happy-few. 8)
Cette année, je suis allé voir Breakestra, un peu, et puis Ed the Horse, surtout, avec cette brunasse d'Alcor, à Berne, en Suisse. Je suis aussi allé voir Alec Empire, un peu, et Expérience, surtout, avec Berth, à Besançon ; j'y suis également allé voir Katerine ou les George Leningrad, avec Jeff, Cécile et Sandrine, ou bien, et encore mieux, One Self, avec toute une clique de gens qui avaient l'air de passer du bon temps, comme moi. Avec Alex et son crew, nous sommes aussi allé voir Konono n°1 au Nouma, à Mulhouse. J'ai aussi loupé TV on the radio à Strasbourg, et plein d'autres trucs, parce que 2006 (j'ai vérifié), c'est l'année où je suis le moins sorti de ma vie... Pourquoi donc ? Je sais pas, j'ai pourtant pas l'impression d'êtr trop vieux pour ces conneries... Etrange.

Et le papier, dans tout ça ?
Cette année, j'ai lu énormément de bandes dessinées. Quelques très bons moments, mais là encore, peu de claques magistrales, de la veine de celles qui nous font dire, dès le mois de mars, qu'on tient là la bande dessinée de l'année.
Cette année, de tous les bouquins-pas-bande-dessinée qui sont sortis et qui ont fait parler d'eux, je n'ai pas lu le Begaudeau, ni le Nick Flynn, ni le Tobias Hill, ni le Nick Cohn... J'ai pas lu non plus l'Angot ou le Litell, mais là, c'est pas pareil, je m'en tamponne un peu le coccyx. Je finis le petit listing de récap' 2006 pour les collègues de l'asso du Folio Caché, on en recause bientôt, parce qu'il y a eu quand même quelques sacrées bonnes choses.

Back to the bande dessinée.
Cette année, on a reçu aussi à la lib des gens comme Jeffrey Brown, Emmanuel Guibert et Frédéric Lemercier, Baru, Christophe Gaultier, Hippolyte, Florent Ruppert et Jérôme Mulot, Lisa Mandel... Autant de recontres avec ces gens qui font les bouquins que l'on conseille tout au long de l'année. Et autant de bons moments.
Cette année, dans le registre "sorti de par chez nous", mes plus belles lectures furent du côté des traductions : quelques belles pépites offertes pas nos éditeurs favoris : le dernier Clowes, "Ice haven" (chez Cornelius), ou "NonNonBâ" de Mizuki (chez les mêmes), et puis surtout le second "Frank" de Jim Woodring (à l'Asso). Denoël sort "Fun Home" d'Alison Bechdel, Ego Comme X s'occupe de "Moon Lake Trails de John Porcellino, Vertige propose "Maledictions" de Kevin Huizenga et le dernier Gipi, "S.", et Le Seuil propose les bouquins des frères Hernandez, enfin édités en français.

Cette année, dans leur version originale, des sorties aussi remarquables que le sixième numéro de la revue Kramers Ergot, publiée conjointement par Avodah Books et Buenaventura Press, revue collective de 300 et quelques pages pleines de très, très bonnes choses ; un peu comme le recueil des "Bipolar" de Tomer Hanuka ("The placebo man", chez Alternative Comics), le "Crickets" de Sammy Arkham, "The ticking" de Renée French (chez Top Shelf), la série "Big Questions" d'Anders Nilsen (chez Drawn & Quarterly), et surtout le brillant "Scrublands" du sud-africain Joe Daly (publié chez Fanta, l'auteur débarquera prochainement à l'Asso). Monument d'humour no limit, le condensé sauvage "The comic-book holocaust" de Johnny Ryan (chez Buenaventura Press) reste un summum en matière de larmes de rigolade, en ce qui me concerne.

Cette année, Côté hexagonal, en guise de claque magistrale, parlons plutôt d'énorme confirmation : le tandem de Florent Ruppert et Jérôme Mulot, soit les auteurs les plus progressistes ayant été publiés cette année de par chez nous, montrent avec "Panier de singe" que l'on avait raison de s'être enthousiasmés avec "Safari Monseigneur" (tous deux parus à l'Asso). Peggy Adam s'était fait gentiment remarquer avec "Plus ou moins... Le printemps" et "Plus ou moins... L'été", et voici venir "Luchadoras", où elle place la barre autrement plus haut. Magnifique de bout en bout, et chez Atrabile. Actes Sud continue sur sa lancée de très bon jeune éditeur de bandes dessinées, avec "L'Homme qui s'évada", premier bouquin exemplaire de Laurent Maffre, dont j'attend déjà impatiemment la suite des réjouissances. Benoit Preteseille a signé un très bon "L'oiseau de Francis Picabia", à La Cinquième Couche, qui vaut le détour aussi. Chez les mêmes, "Veuve Poignet", une curiosité signée Greg Shaw, qui, paraît-il, est en train d'adpater la bible en braille. Hippolyte a signé une adaptation formidable d'un classique de Stevenson, "Le maître de Ballantrae", chez Denoël ; Et puis, autant en rire, mais Schlingo, avant de tracer, nous laisse sur les pattes le très drôle "Canetor", cosigné avec Pirus, et paru aux Requins Marteaux. Et comme l'a remarqué le jury d'Angoulême 2007, Pierre Maurel a sorti un très bon petit truc, "Michel", à L'Employé du Moi, qui m'avait simplement emballé.

Cette année, une fois encore, on regrettera d'avoir attendu la version française du classique, cultissime, indémmodable et intemporel "Black Hole" de Charles Burns, qu'on préfèrera apprécier dans sa version intégrale et originale chez Pantheon (en cherchant un tout petit peu, on se rendra compte que la VO de l'intégrale est bien moins chère que la VF).

On oubliera la médiocre version française de "Night Fisher" de R. Kikuo Johnson (traduction moyenne + couverture "minimum syndical" + sticker "Inrocks" dégueu et inaltérable), dont l'originale parue chez Fantagraphics l'année dernière mérite autrement plus que l'on claque sa tune. Et en parlant de tunes et de Fanta, ne parlons même pas du carnage de fabrication proposé par Dargaud, qui, en publiant un pseudo fac-similé du classique interstellaire "Peanuts", prouve qu'on peut toujours espèrer de la part des "gros" : le lettrage foireux arrive au coude à coude avec la reliure (quel magnifique dos, probablement réalisé dans le carton que l'on trouve arrivé à la fin d'un rouleau de pq), et qui croyait-ils tromper avec le vrai-faux cordon de fausse reliure dégueu, dont est orné l'intégrale tome 2, parue le mois dernier ? Un vrai foutage de gueule, qui vaut bien les "120 pages éblouissantes, fruit d'un travail exceptonnel de restauration et d'édition" balancés par Delcourt lors de la promo de son "Little Nemo in Slumberland", alors que l'énorme travail a été effectué en premier lieu par les éditions américaines Sunday Press, à qui Delcourt n'a fait que racheter le truc.
Et cette année, dans la catégorie "on fait n'importe quoi, mais on le fait à fond, hein", big up à Casterman, qui n'en finit plus de se chier dans la gueule : après le massacre en régle des classiques de son catalogue (les Tintin miniaturisés, vendus sans loupe, tant pis pour le texte, coco, ou encore le magnifique redécoupage des Corto de Pratt, bleuargh, et quant bien même il y aurait eu adoubement de Pratt à l'époque, comme peut-on sortir ce genre de trucs ?), après "Marilyn", "le Che", ou "Massoud" (tous dans la même collection "Rebelles", quelle regard aiguisé sur ce monde, chez Caster !) la sortie de nombre de saloperies polluantes (je ne m'étendrais pas sur les "adaptations" de "succès" du petit écran, vous verrez ces bouses par piles de 40 lors de votre prochain passage au supermarché), Casterman ne s'arrête pas là, avec dès ce début d'année, quelques jolis coups : en avril, un très probablement ultra-merdique livre sobrement intitulé "JCDC", soit la vie, l'oeuvre de Jean-Charles de Castelbajac, branleur professionnel en haute-couture, "créateur" qui "ose associer imagerie punk et pape Jean-Paul II"... Tout un programme. Vivement la prochaine fête de la bédé.

Cette année, nous avons poursuit notre petite aventure du meilleur fanzine bisontin du monde. Et jusqu'à preuve du contraire, L'Affaire du Siècle tome 5, la bien-nommée, malgré quelques rares difficultés budgétaires (toujours gratos, hein), reste indépendante jusqu'à la moooooort, même si elle est honteusement draguée par le groupe Hachette : le comité éditorial du fanzine, avec qui j'ai la chance de discuter de temps à autre, m'a confirmé qu'un magazine mensuel appartenant aux éditions Soleil l'avait approché, et qu'il y a même eu échange d'emails. Je n'en sais guère davantage pour l'instant, mais comptez sur moi pour vous tenir au courant, si les talents qui régissent d'une poigne de fer cette aventure éditoriale finissaient par copiner avec l'ennemi. Si, si : l'ennemi !

Cette année, je suis allé passer quelques bons moments à Bourg-Les-Valence, parmi lesquels un repas du soir où quelques éditeurs et auteurs phares de la scène alternative se marraient comme des cons en feuilletant le meilleur fanzine bisontin du monde, ce qui, j'en conviens, m'a fait bien plaisir.

Cette année, j'ai monté un énième projet de radio, cette fois avec l'ami Jeff, et en attendant la saint-Glinglin que cela se concrétise, je balance depuis peu une sélection d'une quinzaine de titres tous les 15 jours sur le nouveau blog de Nancy Pena et Guillaume Long, "autobiogriffue". Un exercice toujours passionnant pour moi... au moins (voir plus bas...).

Cette année, j'ai acheté une machine à badge. J'aurais pas du : cette connerie me prend plus de temps que je ne l'aurais imaginé, mais enfin, au moins, j'ai un logo Hiphouse et un magnifique "Kobosh (© Joe Daly) sur mon sac, un badge Krylon© et un autre de Cadet Concept sur mon blouson... Et puis quel plaisir de polluer les copains avec de sordides élucubrations pseudo-graphiques. D'ailleurs, allez, je peux bien le dévoiler, il y aura plein de trucs sordides gracieusement offerts lors du weekend charentais qui s'annonce. Pffffff, qu'est-ce qu'ils sont sympas, ces bisontins, hein...

Cette année, j'ai fait le rebelle totalement inconscient, genre super-anar, genre super-vénère, genre super-engagé, en bouffant de la dinde alors qu'à la télé, ils disaient que c'était maaaaaal. J'ai aussi manifesté aux cotés de mes cadets, contre le CPE, puis contre l'entrée d'Israel au Liban. Genre je me donne bonne conscience ? J'ai aussi fait le punk vandale envers quelques boeufs du coin, qui n'en finissaient pas de klaxonner parce qu'une dizaine de zozos avaient marqué quelques buts en Allemagne, mais ça, c'était sous le coup d'une colère plus égoïste, j'en conviens. Et tant pis pour leurs bagnoles ; ah oui, je suis très lâche, comme mec, quand j'ai 8 zozos abreuvés de haine et de bière en face de moi...
Mais je crois qu'il y a encore du boulot, hein : le 16 décembre dernier, le grand, le talentueux, le fameux Willem, un des plus grands dessinateurs de presse que la terre ait jamais connu, venait présenter et dédicacer un de ses derniers bouquins, "Sarko l'increvable", paru aux Requins Marteaux, dans une librairie dijonnaise. Et voici ce que les lecteurs de Charlie Hebdo ont eu le privilège d'apprendre :

CharlieSarko

Eh, les dijonnais, cette année, vous changez de journal ?

Cette année, je suis pas allé très souvent au cinoche cette année, et n'ai pas le souvenir de claque digne de ce nom : une bonne poilade malsaine avec du mainstream gentiment gore ("La colline à des yeux", d'Aja), du touchant bien emballé mais très (trop ?) inspiré ("Dans Paris", d'Honoré), de bonnes choses vaillament mises en place mais tombant un peu à plat ("Caché" d'Haneke, "La science des rêves" de Gondry), de la grosse machine de studio convaincante mais légérement fade ("Million dolar baby" de Eastwood, "Brokeback moutain" d'Ang Lee) ; finalement, les moments de cinéma qui me resteront de cette année, ce sont encore les sessions entre copains : de bons moments, davantage pour le trip "partage à la cool" que pour un réel intérêt cinématographique ("Wildstyle" de Ahearn et "Dave Chapelle's Block party" de Gondry avec la clique de b-boys bisontins, "X-Men 3" de je sais plus qui, avec mon éternel sidekick Dude). J'aurais voulu voir plein de trucs, pourtant, le Ken Loach, le Malick, le Bruno Dumont, "The host", "Bamako" de de Sissako, "L'accordeur de tremblements de terre" des frères Quay, "Montag" de Kohler... Pfff. Extra-life, please.

Cette année, j'ai changé de lunettes, ca faisait bien 10 ans que ca m'était pas arrivé. Et Alcor, je t'emmerde. 8)

Cette année, j'ai eu envie d'Andalousie à cause d'une séance diaporama chez Cath et Feet ; et je ne suis pas parti en vacances durant l'été. Et les séances de freesbee nounours ou de lecture au soleil des parcs bisontins, c'est super sympa, mais comment dire...

Cette année, j'ai vu arriver pléthore de bébés, et ca va pas arranger cette impression de temps qui file, qui file...

En parlant de temps qui file, faut que j'y aille, là.

Vite fait, avant de partir, un peu de son... on air on radiojUne :
Plein de disques sortis, qui traînent en vrac, dans le secteur. Alors plutôt que d'essayer de recenser les derniers trucs très écoutés, en bref :
- Blackjoy, enfin, l'album est fini, il sort bientôt chez Project Recordings, il saura décontenancer tous ceux qui sont habitués aux hymnes dancefloor déjà remarqués chez le zozo, et emballer tous ceux qui ont apprécié le titre "Headphone drone", dispo depuis un moment sur sa page myspace... Au final, une très belle collection de titres vraiment très durs à étiquetter : on pourrait croire que Moodyman s'est acheté une guitare folk, ou que Blackjoy a sommé un groupe jazz-funk d'aller jouer dans les sous-sols de chez Akai. Une curiosité, avec quelques gros moments de bravoure. On y reviendra.
- Me demandez pas pourquoi, mais entre le 30 décembre dernier et les premiers jours de janvier, j'ai surtout écouté, en alternance, "Music has the rights to children" de Boards of Canada (ce disque à bientôt 10 ans ! J'arrive même pas à y croire...), et puis du vieux Doug Hammond, et puis... Ouais, plein de trucs, en fait, quoi.

Par contre, Autobiogriffue, donc, le (nouveau) blog de Nancy et Guigui, héberge toujours aussi gentiment une petite sélection, que je fait rien que pour vos petites oreilles délicates, tous les 15 jours ; 15 titres 2 fois par mois, quoi, soit une moyenne de 1 titre par jour, elle est pas belle la vie ? Hum. Bref.
Voici donc la deuxième sélection :
1. "Universaali totuus", ES ("Sateenkaarisuudelma" LP, (K-RAA-K)3, 2005).
En guise d'intro tout en douceur, une brêve plongée dans un free folk des plus épurés. Oui, je sais, je sais : c'est bien pour ça que j'ai dit "Free" avant "folk", hein. Ca gratouille aussi, mais différemment, quoi...
2. "3 am (live at Gilles Peterson's Worldwide)", Plantlife ("The BBC Sessions vol.1" LP, Ether, 2005).
Un des morceaux qui a le plus tourné chez moi l'année dernière : en session live pour un programme radiophonique que je ne citerais pas, petite incursion dans une slow-soul des plus sirupeuses. Moelleux à souhait, mais tellement bon.
3. "The great drive by", Funky Porcini ("Fast asleep" LP, Ninja Tune, 2002).
Petit interlude très slow tempo avec une ancienne signature phare de chez Ninja, spécialiste du beat qui claque plus qu'en apparence. Quoi de neuf depuis 2002, par contre, ca, j'en sais fichtre rien... A noter, une des plus belles pochettes de disque de chez Ninja, ce qui n'est pas peu dire...
4. "Gamera", Tortoise ("A lazarus taxon" (boxset) -re-edit from Duophonic, 1995-, Thrill Jockey, 2006).
11 minutes et quelques, témoignant de la créativité de la désormais mythique bande de Chicago. Le petit coffret qui est sorti il y a quelques mois, comprenant 4 CD et 1 DVD, n'est pas que pour les amateurs, c'est aussi une très belle porte d'entrée dans le meilleur du post-rock.
5. "Familly Affair", Sly and the Family Stone ("Familly affair" LP, Epic, 1973).
J'ai vraiment rien à dire du tout.
6. "Perfect angel", Minnie Riperton ("Perfect angel", Epic, 1974).
En 74, Stevie Wonder signait quelques compos pour le second album solo de celle qui reste à jamais la chanteuse de Rotary Connection (ainsi que l'hôtesse d'accueil pour le mythique label Chess, entre autres occupations). En voilà une parmi d'autres, mais perso, je crois pas pouvoir jeter quoi que ce soit dans le répertoire de la grande Minnie.
7. "Battant", Feetwan (mpc style demos, myspace.com/feetwan 2003).
Alors qu'il habitait dans une des rues les plus populo de Besançon, mon homeboy Feet composa ce morceau midtempo à partir d'enregistrements divers et variés provenant du quartier. Brut de MPC, un énième morceau hip hop évolutif qui claque. Thanks, bro.
8. "Song for Sophia / You can know her", Nobody featuring Mia Doi Todd ("Keepintime : a live recording", Ninja Tune, 2005).
Sur une initiative made in San Francisco, et dans le cadre des fameuses sessions "Keep in time" autour de Cut Chemist et sa clique, un des meilleurs morceaux qu'ai jamais produit Nobody. Breakbeat inspiré et créatif, avec une belle contruction autour de la seconde partie du morceau.
9. "Trans Sapporo Express", Tha Blue Herb ("Trans Sapporo Express / A Sweet Little Dis" 12", Tha Blue Herb Recordings, 2002).
Quand on parle de hip hop japonais, on croit toujours qu'on a vite fait le tour du truc, dj Krush, etc... Et en cherchant un tout petit peu, on est toujours surpris par la vitalité de cette scène. L'instru semble tout droit sorti d'une boûche d'égoût, quelque part dans Shibuya...
10. "The terrorist", Dj Vadim featuring Moshun Man ("Life from the other side" LP, Ninja Tune, 1999).
Lamentablement boycotté sur les ondes ricaines et anglaises après le 9/11, une des instrus les plus puissantes jamais claquées par l'anglo-russe. Un classique indé, avec Moshun au meilleur de sa forme. Instant hip hop classic, toujours aussi fat, ouaich.
11. "An Alligator In Your Wallet", Rova :: Orkestrova ("An Alligator In Your Wallet" CD, Ewe, 2002).
Bon, c'est sûr, il faut aimer les souffleurs... Eh ben ca tombe bien, parce que là, ils se tapent une conversation qui n'en finit plus de partir en vrille... Jazz moderne et dynamique, qui réveille juste ce qu'il faut.
12. "Pantalon", Sophie Pomella (www.myspace.com/sophiepomella , 2004).
Alléger le propos, c'est vital. Sophie Pomella chante de bien espiégles comptines pour adulte, et expédie pas mal de ces nouvelles chanteuses de la nouvelle scène chanson française dans la 12ème corde. Minimum.
13. "Deceptacon", Le Tigre, ("Le Tigre", Wiiija Records, 1999).
Au grand concours des filles vénères qui font de la musique vénère pour fille vénère, j'ai toujours eu du mal à départager Bikini Kill et Le Tigre, pour ne citer que les plus reconnues d'entre elles. Allez, rrrrooooaaaarrrrr pour cette fois.
14. "Happy", Max Sedgley ("Happy" 12", Sunday Best Recordings, 2004).
Ca commence comme un énième morceau faussement uptempo, tout charmant avec ses petits choeurs élégants, puis arrive la grosse basse bien synthétique, la programmation drum tourbillonnante, les boucles de cordes furieuses... Une envolée clubby soft à souhait, en restant résolument funky.
15. "Lies / Watch your lift (club vocal)", Losoul featuring Malta ("Lies" 12", Classic, 2000).
Et on termine avec l'infrabasse la plus jouée en l'an 2000, en matière de fausse house minimale, avec le classique de chez Classic (oui je sais elle était facile celle-là) ; le vocal, sensuel à mort, sert à merveille une compo pourtant super réfrigérée. Un peu de musique de club, histoire de détendre ces orteils tout raides à côté de l'unité centrale...

Cette fois je suis vraiment à la bourre, alors salut, hein.