J'avais complètement zappé de parler d'une autre date qui aura lieu ce vendredi 2 mars 2007, au Se'Bar, à Dijon : HipHouse Party #02, avec Casual Dragon, Maze Go Groove, et moi-même ; ca me fait penser qu'il faut que je demande à Alcor si je peux dormir chez lui vendredi soir... Alcor ?... 8)
Voilà, c'est tout.
je suis sûr que vous n'avez même pas eu le temps de regarder les jolies vidéos de mon post précédent... Bref.
Allez, bon weekend.
Hier, journée bien chargée (la fille va bien, merci aux concernés), puis soirée de catégorie artillerie lourde...
Pour résumer ? Festival GéNéRiQ, Le Cylindre, Besançon, 2007.
Les mecs autour de Just Jack, comme lui-même, sont très sympas, ok. Le crew d'Amp Fiddler est composé essentiellement de zozos mortellement cools, et malgré quelques virées à la limite du trop-sucré-pour-moi (et dieu sait qu'il m'en faut, en matière de néo-soul), le groupe a envoyé sévère ; il y a quelques années, aux Eurocks, Amp Fiddler avait déjà prouvé que scèniquement, il avait trouvé une configuration qui n'avait pas à rougir de quelque comparaison que ce soit. Hier soir, badabam, une grosse seconde couche.
Bon, comme prévu, la claque, ce fut ces deux putain d'enculés de new-yorkais, qui nous ont gratifié d'un show super court et super frustrant (la faute d'un programme ayant un peu débordé, et d'une autorisation de fermeture peu tardive). Mon meilleur moment de concert depuis un bon moment déjà, même si oui, c'est clair, tout n'était pas carré, et que non, le son n'était pas génial (je soupçonne une très courte balance d'avant concert...).
Mais voilà, Airborn Audio, malgré l'énorme impression de gâchis qu'on peut avoir en pensant à AntiPop Consortium (et la fin du groupe, surtout), reste la suite logique d'une des meilleures choses qui soient arrivées au hip hop depuis bien longtemps. En fait, en tapant ces mots, je me rends compte que cette claque que fut APC n'est déjà plus toute récente, mais que le vide sidéral qui régne en maître dans ce registre depuis déjà quelques années me donne l'impression qu'il s'agit d'hier, tant le choc perdure. Alors ouais, c'est clair, le son n'était pas à tomber par terre, la démonstration technique était tempérée (machines, jeu de micro, mais chacun deux mains, seulement, forcément...), mais la seule présence sur cette scène, dans notre bled à la con où les programmations de bargeot ne sont pas légions, de Sayyid et Priest, eh ben c'était déjà trop pour mon petit organisme de gros, gros fanatique.
Et plutôt que de partir dans un monologue poisseux et typiquement fanbase (j'assume, pas de problèmes), autant aller droit au but, et partir écouter un peu du son des zozos...
En bonus, et parce que je suis d'excellente humeur, forcément), 3 petites vidéos du duo Airborn Audio, donc.
La première est pour mon homie Ed aka the Horse, de la connexion Bern-Jo'burg-Brooklyn-Tokyo-Orchamps. Mec, ta présence m'a manqué, et Priest, après un temps de réflexion, eu le visage illuminé en remettant ta sale face, après que je lui parlé de toi ; en gros, t'a le bonjour du petit. 8)
La seconde est pour le gars Vince, petite locomotive du crew à géométrie variable Honeyboxx, qui était probablement au coude à coude avec moi-même au Fan-O-Meter hier soir, et qui doit avoir quelques jolies tophs dans son appareil aussi. Fais tourner, Moogli ! 8)
Et la troisième est virtuellement dédiée à la voiture de Tony, le sympathique mec qui devait me ramener "en ville" après le show. Bien après la fermeture au public, et que la plupart des artistes aient fichu le camp, il ne restait plus grand monde devant Le Cylindre, mis à part quelques programmateurs et autres techos, ainsi que les deux ricains et leur french tour manager ; mais ils étaient bien assez pour nous voir revenir, après de poignants adieux à rallonge, accablés par un bien sinistre constat : biiiing dans ta gueule, vol de voiture. Ca arrive, et ben cette fois c'était pour notre gueule. Super, hein ! Bon, du coup, le gentil duo new yorkais nous a gentiment consolé, à base de mixtape inédite, de saloperies en cours. Miam, je sais ce qui va tourner ce weekend, moi...
Je vous raconterai la virée chez les keufs en pleine nuit un autre jour, j'étale assez le pathétique de ma vie comme ça... 8°
Quoi d'autre ? Que pendant tous ces concerts, Le Retour du Boogie a écarté les oreilles des pauvres innocents présents dans la salle du bar du Cylindre, les pauvres. C'était un Boogie un peu spécial, parce que très accessoire dans cette programmation de plus grande échelle, mais Narqo, Zo, Tristan, Voonx (alias Moogli d'Honeyboxx, faut suivre un peu) et moi-même avons fait ce que nous avons pu... Merci à tous celles et ceux qui sont passés nous faire coucou, c'était cool, et j'espère que la soirée était aussi bonne pour tout le monde qu'elle l'a été pour moi. Word.
Sinon ? J'aurais bien des choses à dire mais j'ai un peu 2357186416 heures de sommeil en retard, et le weekend est encore très, très jeune.
On air on radiojUne :
Allez, de rigueur...
- The Isolationist "Mechanic robotic" (Jazz Fudge, 1998)
- High Priest "Stimulus stimulator" (Antipop Recordings, 2000)
- Gotan Project "El capitalismo foraneo (Kushite remix by High Priest)" (Ya Basta!, 2001)
- Secret Frequency Crew "Deep blue (AntiPop Consortium Remix)" (Counterflow recordings, 2001)
- Meat Beat Manifesto "STS 2006 (Antipopulist mix by High Priest) (Tino Corp, 2003)
- Tri-Pinnacle "Therapy" (Ozone, 2000)
- Antipop Consortium "Conspiracy of myth" (Warp, 2002)
- Antipop Consortium "What am I?" (75 Ark, 2000)
- Mike Ladd featuring Beans, GRFX, High Priest, Jessica Care Moore, Mums The Schemer, Natasha Latasha Diggs, Shariff Simmons "The post apocalypse orchestra" (Scratchie Records, 1997)
- Scotty Hard featuring High Priest and M. Sayyid "Bubble in the haze" (WordSound, 1999)
- Techno Animal featuring Antipop Consortium "Glass prism enclosure" (Matador, 2001)
- DJ Spooky That Subliminal Kid featuring High Priest "Absentia absentia (Dialectical Triangulation III)" (Thirsty Ear, 2002)
- M. Sayyid "Bent it dent it" (Sound-Ink, 2004)
- Daedelus "Muggle born (High Priest ESP Remix)" (Plug Research , 2003)
- Antipop Consortium "Dystopian disco force" (Because Music, 2005)
- Aceyalone "Lights out" (Project Blowed, 2003)
- Airborn Audio "Bright lights (instrumental)" (Ninja Tune, 2004)
- The Infesticons "Quarterback theme" (Big Dada, 2000)
- Antipop vs. Matthew Shipp "Places I've never been" (Thirsty Ear , 2003)
- Airborn Audio "NYC" (Ninja Tune, 2005)
- Antipop Consortium "Cats locked out" (Nippon Crown , 2001)
- The Isolationist "Settle down (we rap so fresh)" (Jazz Fudge, 1998)
- Antipop Consortium "The hands behind the piano of time is god" (Nippon Crown , 2001)
- Mr. Dead "Altered states" (WordSound, 2001)
- Antipop Consortium "Ping pong" (Warp, 2002)
- Viktor Vaughn featuring M. Sayyid "Never dead" (Sound-Ink, 2003)
- Antipop Consortium "Antontonebarr NE-0" (75 Ark, 2000)
- Heat Sensor featuring M. Sayyid "Gravy" (Sound-Ink , 2004)
- The Isolationist "Timeless void (remix instrumental)" (Jazz Fudge, 1998)
- Embedded Studios presents The Bedford Files - M. Sayyid "Scratch intro" (Embedded, 2002)
- Antipop Consortium "Your world is flat" (75 Ark, 2000)
- Antipop Consortium "Physically my instrumentally" (10" Black Hoodz, mais je sais pas quelle année...)
- Airborn Audio/Earl Blaize "Paradise" (Ninja Tune, 2005)
- Airborn Audio "Monday through sunday" (Ninja Tune, 2005)
Avant de commencer, c'est un bien étonnante oeuvre que nous propose Pupsam (alias David Puel et Thomas Libé), avec Selfkiss. Un petit diaporama ici, et ca vaut des points niveau boulot, en plus.
Pfffff, un peu la tronche dans l'orifice, là ; tout ça parce qu'hier soir démarrait le festival Génériq à Besançon, avec du gros, du lourd, du plateau (Teenage Bad Girl, Does It Offend you, Yeah ? et Justice), le genre de soirée où le maître-mot est "efficacité". Je vais pas trop développer, primo, parce que j'en ai pas super envie, secundo, parce que j'ai pas trop le temps, et tertio, parce que j'ai pas envie de me faire traiter de vieux réac' par les plus jeunes de mes potes... 8)
Une ambiance néo-Daft, c'était fatal, et donc marquée par une course effrénée à l'efficacité, avec un pied très en avant, des basses omniprésentes et qui dégueulaient sur le reste, un beat qui faisait autant penser à mes premières raves (si, si j'ai été jeune moi aussi...) qu'à une grosse tranche de sidérurgie... Autant le dire, j'ai pas été super emballé. Cette mouvance electro-en-avant ne m'emballe pas plus que çà, même si, il faut bien l'admettre, ces zozos maitrisent leur registre et sont putain d'efficaces, personne ne le contestera. Après, on pourra émettre l'idée qu'un bon live ne réside pas qu'en une seule démonstation d'efficacité... Bref. Parce qu'il faut bien rendre à César bla bla bla, mention spéciale à Justice, donc, avec un set quand même un peu plus évolutif que leurs prédecesseurs, et une science du mix un peu plus tangible. Bon, c'est pas tout ça, j'ai une tisane à finir, moi...
Sinon, et pour plein de raisons, pas trop le temps de poster ces jours-ci. Alors juste un tout petit mot pour annoncer quelques dates à venir, parce que ca ne saurait s'arranger dans la semaine à venir...
- jeudi 22 février 2007, au Cylindre (Larnod), Le Retour du Boogie, aux côtés de Just Jack, Amp Fiddler, et Airborn Audio (Festival Génériq).
- vendredi 2 mars 2007, AU SéBar (Dijon), HipHouse Party #02, avec Casual Dragon, Maze Go Groove, peut-être Roco Pedale, et moi-même.
- le même soir, mais sur Besançon, Le Retour du Boogie au Pulp, avec Mat, ElectroSound et Fluks (cimer à lui !).
- samedi 3 mars, à La Crémerie (Besançon), Le Retour du Boogie.
- samedi 31 mars, au Moulins (Brainans), Le Retour du Boogie, aux côtés d'Electrons Libres, de The Freestylers, etc (festival ElectroClique).
- samedi 14 avril, à Micropolis (Besançon), Le Retour du Boogie, avec tout plein d'autres gens, pour la soirée de final du festival ElectroClique.
Et puis plein d'autres choses se mettent en place, mais tout cela prend du temps ; nous en reparlerons donc un peu plus tard... Les prochaines étapes avant la domination mondiale du réseau hertzien, mais aussi de la chaîne de diffusion de la musique, que de très naturel au fond...
Niveau lecture, quelques bien saines lectures isolées dans un océan de drouilles interstellaires ; si vous insistez un peu, je finirais par faire un top ten des pires daubes, chaque mois, un peu comme on sait si bien le faire dans notre librairie carmin. Mais je préfère prendre 1 minute de votre précieux temps pour vous exposer mon point de vue, très rapidement, sur mes meilleures lectures de bandes dessinées de ce début février ; on reste dans les bouquins avec des dessins dedans. Je ferais le point sur mes autres lectures un peu plus tard, ou pas...
- chez Dargaud, le meilleur volume de la collection Poisson Pilote depuis biiiiiieeeen longtemps est scénarisé par Appollo, et il est dessiné par cette brute qu'est Brüno, auteur toujours discret, mais qui étale lentement (et sûrement) son talent éminemment personnel à la tronche des sous-Machin et des clones-de-Truc… Un début de polar délocalisé dans un environnement plus hostile qu’il n’y paraît, une ambiance post-SF tout en ambiance, et des personnages super crédibles, Appollo a tout donné à Brüno pour que celui s’éclate. Et nous aussi. La bonne nouvelle c’est que le second tome devrait suivre sous peu ; et ce que l’on espère, c’est que cette série tienne la qualité de ce très chouette premier tome.
- Maga, chez les suisses de Castagniééé, a sorti coup sur coup deux petits bouquins qu'il faut lire. J'en reparlerais car j'aime bien cet univers branque que cet auteur met en place, mais d'ores et déjà, "Ceux de l'ouest" s'impose comme un monument d'absurdité. Et puis un éditeur qui a pour slogan "Des livres dont vous êtes le lecteur", hein...
- Chez Casterman, ils sortent un très bon bouquin tous les 6 mois, depuis un moment. Il ne faut donc pas louper "Le jeu des dames", du toujours sous-estimé François Ayroles, qui est pourtant, à mes yeux, un gars aussi passionnant qu’intelligent, ce qui respire dans l’ensemble de son œuvre. Quand il ne joue pas avec le médium dans de mémorables parties oubapiennes, il redevient un auteur au propos intense, respiratoire et radicalement différent. Ici, une drôle d’approche de la condition féminine, par le biais d’une vraie-fausse relation entre un jeune garçon introspectif encore à l’orée de sa vie sentimentale et un insolent gaillard inspiré, et persuadé d’en connaître un bout. Rarement l’auteur aura autant tiré l’absurde vers l’intelligence ; s’il était possible d’avoir des nouvelles d’Ayroles plus souvent, j’aimerais qu’elles soient toujours aussi bonnes.
Et en prime, pour le même prix, tout simplement l’une des plus belles phrases publiées ces derniers mois, sous la forme d’une réponse du jeune personnage central de cette histoire, alors qu’il parlemente avec, grands dieux, une fille.
- Faut-il encore dire tout le bien que l’on pense d’une œuvre aussi novatrice, à l’époque où elle fut publiée, que celle composée par Eddie Campbell, avec son génial "Alec" ? Probablement, ouaip. Malheureusement pour lui, le public francophone ne découvrira le grand œuvre du grand écossais, démonstration de virtuosité et somme d’inventivité (nous sommes au début des années 80’s, et il reste tout à faire dans l’autobiographie en bande dessinée, il faut le rappeler), qu’en ce début d’année. Heureusement pour lui, et parce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, l’éditeur Cà et Là nous le propose aujourd’hui, et c’est un régal. Une fois de plus, justesse et à propos bienvenu de Jean-Paul Jennequin, qui fait partie de ces monsieurs dont on aimerait voir citer le nom sur la couverture, tant la reconnaissance d’une vraie traduction en bande dessinée reste un truc auxiliaire, accessoire, secondaire, dont personne ne semble rien avoir à foutre. A part peut-être le lecteur, et Cà et Là, qui fait son boulot simplement de mieux en mieux.
- "Temps de canard" est un très bon recueil d’illustrations signées Tom Tirabosco, paru aux Editions de l’An 2, parues initialement dans le supplément Week-end de La Tribune de Genève. Ici encore, absurdité et délicatesse se partagent les pages d’un récapitulatif des tribulations du pivot central de ce livre ; et quel pivot, puisqu’il s’agit d’un... d’un canard ? Oui, je sais, dit comme ça, ca ne semble pas très excitant. Et bien justement, Tirabosco n’aurait pas pu choisir meilleur élement principal pour stimuler l’exaltation ; avec une chèvre, ca aurait pas donné le même truc, par exemple. Bref. Tirabosco et son canard, un dessin par page, 70 pages en tout, et un superbe condensé de poésie absurde, d’allégresse et de jubilation tout en retenue. Même Jean-Luc Fromental, à qui on ne la fait pas en matière de bon goût, a contribué à ce très chouette bouquin en signant une préface à la hauteur des Alpes Suisses, vindzousss.
- Restons en Suisse, avec la dernière livraison de Bile Noire, la revue des éditions Atrabile : probablement la meilleure parue à ce jour. Ouvrage au format une nouvelle fois chamboulé (mais qu'en avons-nous vraiment à foutre, après tout ?), comportant quelques énormes moments de satisfaction signés Helge Reuman (comme d'hab, d'ailleurs je ne suis pas sûr que ces planches soient inédites, mais qu'importe), Iris (à suivre), Nicolas Presl (ce mec a simplement un des dessins les magnifiques que j'ai vu ces dernières années), Reuman et l'un des frères Robel pour une double page de toute beaaaaauuuuté, Sylvain Chaumaz (que l'on retrouvera très bientôt à L'Association pour une Patte de Mouche), David Richard (un peu perdu entre influences Balladiennes -y'a pire-, inspirations scène art-toys, et mise en page très nouvelle école) (c'est mon blog, je dis ce que je veux, ho), Peggy Adam (jolie petite historiette), les duettistes Ruppert et Mulot (sur lesquels je n'ajouterais rien, je me suis assez répandu sur les qualités de ces zozos), Kaze Dolemite (excellente petite histoire -par ailleurs véridique- autour de la création sur l'origine du scratch), Graham Annable (voir à Reuman), un cahier de bande dessinée abstraite coordonnée par Ibn Al Rabin (attendu avec son gros dictionnaire d'experimentation graphique en 15 volumes, à sortir bientôt) un très bel hommage délicat et subtil autour de l'amitié (et de Lowry) signé Wazem, Anders Nilsen (version française de choses publiées précedemment dans la revue américaine Mome), François Olislaeger (toujours aussi classe), et puis, donc, la bande habituelle des Balladi, Kundig, Frederik Peeters...
Une revue où l'excellent côtoie le meilleur, et où je cherche encore du mauvais, ou du raté, mais sans succès. Ils ont la classe ces suisses. Ils ont un drôle d'accent, mais ils ont la classe.
Voilà. Cela fait déjà quelques pages dignes d'intérêt.
Petit rebond para-bande dessinée, avec un courrier de l'auteur Placid à qui il arrive une bien chouette aventure, mais voyez plutôt :
"Chers amis,
J'ai appris par "Le Canard enchaîné" que j'ai été condamné à 500 euros d'amende pour "injures publiques envers une administration, en l'occurrence la police nationale", à cause un dessin que j'ai fait en 2001, pour la couverture du livre "Vos papiers !", sous-titre : "Que faire face à la police ?".
Je n'ai pas encore reçu le jugement par voie d'huissier, je n'ai pas les détails. Ce livre était publié par les éditions "L'esprit frappeur". L'éditeur, Michel Sitbon, est condamné à 800 euros d'amende pour complicité avec moi, et avec l'auteur du texte, Clément Schouler, membre du syndicat de la magistrature, condamné à 1000 euros d'amende(l'auteur n'est pas condamné pour injure, mais pour diffamation, à cause d'une phrase dans sa préface : "il y a en France des contrôles d'identité aux faciès, et ils se multiplient" (je cite de mémoire).
Le canard enchaîné a diffusé l'info, me nommant Jean-François Duval (mon vrai nom), l'humanité de même. Libération n'a parlé que du cas de Clément Schouler, oubliant la condamnation de l'éditeur et du dessinateur. Politis aussi peut-être (? : l'accès aux articles par leur site est bloqué par un abonnement). J'en oublie sûrement, mais il a été très peu parlé de cette affaire dans la presse, surtout de la condamnation du dessin de couv.
Clément Schouler et son avocat ont fait un pourvoi en cassation. Je sais pas faire ça, ça me gonfle de m'occuper de quoi que ce soit, je me contente de faire cette lettre. Et pas particulièrement pour vous demander conseil, juste pour que l'information circule.
Quelques précisions : le livre, paru en 2001, a été l'objet d'une double plainte (diffamation et injure) de la part de Daniel Vaillant, es-qualité ministre de l'intérieur. Le procès a eu lieu en 2005, je ne me suis pas alors présenté à l'audience et j'ai été relaxé, ainsi que l'auteur et l'éditeur. Le parquet a alors "interjeté appel" (je crois
qu'on dit comme ça, qu'est-ce que c'est barbare le langage juridique !). J'étais présent (mais sans avocat) au procés en appel devant la 11ème chambre, le 23 novembre 2006. Le jugement a dû être rendu le 18 janvier dernier.
Pendant ce procès en appel, je me suis défendu. J'ai produit des photocopies d'œuvres de dessinateurs célèbres pour leurs portraits ou caricatures de policiers (Siné, Cabu, Jossot, Thierry Guitard, Steinlen, etc.). Ce qui semblait m'être reproché était le nez retroussé du policier, proche du nez d'un cochon. J'ai aussi produit des exemples de ma production de dessins, ou on peut voir des "nez de cochon" sur toutes sortes de personnages (jardinier, anarchiste, etc.). J'ai enfin montré l'exemple d'une illustration que j'ai faite peu avant dans un magazine pour lycéens, où j'avais représenté une policière sympathique. Etc., etc.
(...)
Ce que j'ai appris aussi (comme vous), c'est l'intervention de Nicolas Sarkozy dans le procès Charlie Hebdo récent. La comparaison est simple : je suis quand à moi condamné pour une image, suite à une plainte initiée par le ministère de l'intérieur, patron actuel : Sarkozy.
Je ne cherche pas la bagarre. Je sais juste qu'une amende de 500 euros est plus compliquée à supporter pour moi qu'une amende de 500 000 euros pour, disons, un responsable de Elf. (Je suis un artiste, et les artistes sont pauvres, ce n'est pas un mythe)
(...)
Merci de votre attention,
Placid."
Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore au courant, et malgré la présence, en face, d'une gauche globalement très Canada Dry (et encore), il y a des élections présidentielles bientôt. Ce qu'il faut donc savoir, au cas où cela n'aurait pas été clair, c'est qu'il sera bientôt rigoureusement interdit de. De quoi ? Mais de tout, voyons. Et puis pour ceux qui voudraient s'essayer à dessiner de la flicaille en cochons, donc : hop, au trou. C'est vrai, quoi, faudrait pas abuser, non plus. Oups, je glisse encore dans les glauquissimes marécages de la monoconversation politique... Autant pour moi.
Allez hop, on se tire.
On Air on RadiojUne :
- NB : vous pouvez toujours aller écouter ma dernière sélection sur Autobiogriffue, avec Joe Haider, Jose James, Doug Hammond, Jamie Lidell, Félix J. et Artaud, Beck, Phyllis Dillon, Marius Cultier, Stoned Soul Picnic, Claire Diterzi, dj Krush & Anticon, A Tribe called Quest, Ammoncontact, Blackjoy, et Daft Punk.
- le nouveau Busdriver est arrivé, il confirme le truc : un putain de très bon album qui, plus que jamais, prouve l'étendue du talent du bonhomme. Non, ca n'atteint pas la hauteur placée précedemment avec "Fear of a black tangent", mais ca va ailleurs, tout simplement. Et ca contient quelques pépites. "Road Kill Overcoat" est sorti chez Epitaph.
- "The soundcatcher" est le titre du prochain album de dj Vadim, à sortir du côté de chez... BBE. Il comportera quelques tueries gros trucs comme "Like the wind" (avec Deuce Eclipse) et le déjà classique "Kill kill kill", et tout le monde se devra de l'avoir dans sa discothèque.
Oh et puis zut, on en reparlera aussi, plus tard, peut-être, ici, la-bas.
Bon weekend.
Ou pas.
Avant toute chose, un petit rappel pour préciser les prochaines dates concernant Le retour du Boogie, les petites soirées bisontines qu'on essaie de faire résonner ici et là...
- mercredi 7 février, Le retour du Boogie cette fois du côté du bar Le Cousty, à Besançon, avec en prime les Res-KP (le collectif de breakers qui monte...) ; on investit un nouveau lieu grâce aux copains de Flexible Future, on espère que ca marchera, histoire de multiplier les lieux, les rendez-vous avec la faune bisontine...
- jeudi 22 février, dans le cadre du festival Génériq, au Cylindre, à Besançon : Le retour du Boogie ouvrent et ferment pour Amp Fiddler, Just Jack, et Airborn Audio. Grosse soirée en perspective...
Et histoire de prendre la température, une petite vidéo-teaser qui dure pas très longtemps, mais qui restitue presque correctement le trip...
Quelques autres dates se précisent aussi, mais nous en reparlerons alors...
Bon, et sinon, quoi de neuf ?
Et bien après une dizaine de jours de vacances à crapahuter à droite à gauche, la reprise s'annonce dure-dure, sans parler des 300 mails entassés dans mes boîboîtes : c'est fou comme se séparer d'une liaison avec le virtuel est de plus en plus difficile. Je suis pas prêt d'aller m'installer dans Second Life, moi...
Est qu'est-ce qu'on fait avant de partir en vacances ? Eh ben on trace à Angoulême, pour la grande partouze annuelle, pardi.
Après maintes péripéties concernant l'organisation (qui, pour la première fois de ma vie, fut impeccable de bout en bout, mais ça, vous vous en fichez, sauf si après un précedent trip charentais à mes côtés, vous restez traumatisé par une certaine nuit coincé à la gare sncf, par -10°), nous voilà donc partis en petit comité, Sandrina et moi-même, à traverser l'hexagone dans la tuture de l'infâme Berth, accompagnés, pour l'aller, de Loïca. Un voyage de presque 8 heures dans les pattes, mais un petit appartement agréable et tranquille à la clé, entre 2 séances d'initiation à l'agoraphobie...
Au programme : plein de gens à croiser, plein de trucs à voir, et quelques cartons des deux derniers numéros du meilleur fanzine bisontin du monde, le bien nommé L'affaire du Siècle tome 5. Comme précedemment raconté ici-même un peu plus tôt, le numéro 19 de fin d'année s'est pointé avec son petit frère, sobremment nommé "numéro 19bis", et distribué, comme à l'accoutumée, à qui voulait bien tendre la main, pour la modique somme de zéro euro. Autant dire que nous avions de quoi nous occuper durant ces 3 jours...
Et le vendredi, après un après-midi qui fila trèèèèèès rapidement (on croise plein de monde, comme le gars Ronald de chez Misma, avec qui je suis super content de pouvoir parler de bonne zique, bordel, on se dit "on se voit dans le weekend !", et en fait on revoit personne, classique), une visite chez nos hôtes qui allait tourner en vidage de bouteilles de pinot des Charentes (plus traître qu'il n'y paraît), Berth nous abandonne pour aller à une soirée avec ses copains punks de chez Groland, pendant que Sandrina et moi remontons, dans une neige verglacée, le parc du côté des Remparts de Beaulieu, bien réchauffés par le fourbe pinot. C'est plus de mon âge, ces conneries. Le temps de bouffer à l'arrache, et évidemment, tout est déjà plus ou moins fini, de la petite sauterie de L'Asso au pot avec Remi et les autres. L'année prochaine, on s'organisera (air connu).
On retrouve Berth alors que la nuit est encore jeune, et on rentre assez tôt, parce que demain, nous voulons faire la queue très tôt devant le stand Soleil, pour ne pas louper Crisse et Arleston. Non, je déconne.
Back to the festoche, le samedi matin.
Bon, je ne reviendrais pas sur la nouvelle répartition des endroits dédiés aux éditeurs, aux expos, aux petits évenements de cette nouvelle édition, tout a déjà été dit à ce sujet, par des gens plus concernés et mieux renseignés que moi. Néammoins, une des rares choses qui revenait presque systématiquement dans la bouche des éditeurs/exposants, c'était qu'il ne s'agissait pas d'une année record en matière d'affluence, l'espace éditeurs étant en dehors du centre, encore plus bas que le CNBDI.
Au moins, on pourra se dire que par rapport à l'année dernière ou "seuls" les petits éditeurs s'étaient vus coincés loin des zones fréquentées, tout le monde, cette année, se sera retrouvé à la même enseigne... A voir.
Dans une mesure moins restreinte, en ce qui concerne les prix remis aux soi-disants meilleurs ouvrages de l'année, l'édition 2007 aura au moins remis à jour quelques vieilles idées foireuses mais qui demeuraient en vigueur. Enfin, les meilleurs bouquins de l'année se voient donc reconnus comme étant bien plus que la somme d'un bon dessin et d'un bon scénario. Ca n'a l'air de rien, mais il était temps de faire comprendre aux gens qu'une des qualités premières de la bande dessinée, c'est d'être bien plus que celà, bien autre chose qu'un habile mélange. Bon, je doute fort que cette mesure soit accueillie partout avec le sourire, mais en ce qui me concerne, je crois qu'il s'agit d'une bénéfique petite évolution. Et puis je dois bien avouer que le résultat tombé samedi soir, alors que nous nous étions en train d'ingérer de gargantuesques portions de la cuisine locale, nous a ravis : NonNonBâ est assurément l'un des meilleurs bouquins de l'année, et le tandem Ruppert et Mulot mérite largement qu'on insiste sur les qualités des ces deux jeunes auteurs ; mais tout cela, je l'ai déjà étalé en long, en large et en travers ici-même, donc bon...
Ce genre de prix-récompense, c'est bon pour Cornélius (l'éditeur de NonNonBâ), c'est bon pour L'Asso (l'éditeur des bouquins de Ruppert et Mulot et de l'excellent travail fait sur Sergent Laterreur de Touïs et Frydman, prix du Patrimoine largement mérité), c'est bon pour Atrabile (l'éditeur de Lupus de Frederik Peeters, eeeeeeenfin primé...) car on sait que malheureusement, une frange du lectorat potentiel aura attendu qu'on parle de ces bouquins et qu'on les récompense pour aller y jeter un oeil de plus près... La curiosité est souvent un joli défaut ; espérons qu'un jour nous n'aurons plus besoin de ces récompenses charentaises pour voir les bons livres se vendre...
Et puis malheureusement, parce qu'il faut bien le rappeler, si un prix à Angoulême est toujours bon à prendre pour un éditeur, ce n'est pas non plus le coefficient multiplicateur à tous les coups ; les ventes seront au mieux boostées, mais rarement doublées. Il serait intérressant de connaître quelques historiques de vente, parce que là, je tire d'hâtives conclusions en rapport avec ce que j'ai l'habitude de voir dans mon métier chaque année, et avec les échanges entres collègues. Si quelqu'un a des chiffres et des courbes à communiquer, qu'il les envoie à statistiques-et-forces-de-vente@june-bizness-pognon.com, ca serait bien sympa.
Bon, évidemment, Angougou, ca n'est pas qu'un palmarès, même si celui de cette année est vraiment l'un des plus satisfaisants que j'eu l'occasion de voir... Alors, quoi d'autre ?
D'ailleurs, une petite précision, suite à une sorte de quiproquo survenu lors d'Angougou 2007 : "Allo Retro ? C'est June. Je t'appele pour te dire que les planches de "Jouhoune Sfour" ont bien plu, on a fait tourner le fanzine à Angoulême et on a eu que des bons retours sur "tes" planches pas très sympa-sympa...
- Bien. Si c'est pour me dire ça que tu me passes un coup de téléphone, économise ton forfait, je suis au beau milieu d'une partie de Super Mario Kart.
- Euh, non, non, enfin, pas que ca, je te phone aussi parce que la plupart des gens ont pas trop compris où tu voulais en venir, et surtout, doutaient des extraits de phrases du vrai Joann Sfar que tu aurais isolé d'un canard, je sais plus lequel, à la fin de tes planches... En plus, le nouveau pseudo, "Jouhoune", je pense que les lecteurs ont cru que j'avais quelque chose à voir avec ça, alors que bon...
- C'était très clair, vos lecteurs sont des cons, je vous emmerde, et si je perds ma partie vous allez me le payer cher. Qu'est-ce que tu veux que ca me foute ? Tu veux que je t'envoie la page en question, pour les sceptiques ? Ils croient qu'on s'en prend à Joann Sfar par plaisir ? T'a qu'a changer de pseudo, espèce de nase ? Tu veux mettre la page sur ton blog pourri ?
- Euh... Si tu veux, ouais, pourquoi pas.
- Je te l'envoie quand je termine ma partie, si je termine ma partie un jour. En attendant, vous pouvez toujours aller vous faire mettre, vous, votre fanzine de merde, et vos lecteurs de merde.
- Ok ! Merci Retro.
- *Clic* tuuuuûûûûûttt..."
Sacré RétroMonkey. Pas encore publié ailleurs que dans le fanzinat, et déjà des caprices de star de l'underground.
Alors voilà, parce qu'apparemment tout n'était pas clair dans les pages de "Jouhoune Sfour" parues dans le dernier numéro de L'Affaire du Siècle tome 5 : le vrai Joann Sfar, entre 1 bon bouquin, 1 bouquin médiocre, et 2 déclarations foutrement dispensables (et c'est un lecteur plutot amateur du bonhomme, à la base, qui la ramène, là), a pris le temps de déblatérer quelques grosses conneries (mais si, mais si), dont une au moins fut d'abord publiée dans l'excellent magazine pluri-culturel Poly (anciennement Polystyrène). Dans ce canard (numéro 101, octobre 2006), il se laissa aller à un petit entretien qui fila encore des boutons à la (bonne) moitié de la profession, une nouvelle chouette variante de la salade niçoise. Ben tiens, moi je m'en vais lire les derniers récits nuls du Frémok de ce pas, tiens.
Ah, et dans le registre "C'était qui le Lewis des planches-pas-sympas-de-Jouhoune-Sfour dans le meilleur fanzine bisontin du monde ?", je tiens à avouer à la face du monde que samedi soir, dans une rue d'Angoulême, Lewis Trondheim, oui, oui, LE Lewis Trondheim, m'a fait le coup de la téléportation, ce qui, je dois bien l'admettre platement, m'a lamentablement vexé...
... pendant au moins 5 minutes, et surtout parce que l'infâme Berth m'a vanné 150 fois avec ça, parce que très vite, j'avoue que subitement, j'ai songé à l'immense respect que j'avais pour l'oeuvre de ce bonhomme (je n'aurais pas à convaincre celles et ceux qui consultent ce blog depuis assez longtemps pour le savoir), et je me disais que j'étais quand même bien con...
... parce que le coup de la téléportation, je trouvais ca à peine drôle dans le cadre de ses Carnets à L'Asso, mais j'osais imaginer, idéaliste que je suis, qu'il s'agissait d'une projection fantasmée du personnage, qu'il avait autre chose à foutre, et de manières plus drôle, plus incisive, que de taper ce genre de plans...
... parce qu'un auteur croisé à Angoulême, fût-il président de mes couilles, aurait pu avoir 5 secondes de patience avant de jeter son dédain-couroux-jenfoutisme-gerbant sur quelqu'un qui ne l'avait même pas sollicité (ca m'apprendra à vouloir refourguer le fanzine aux mauvaises personnes au mauvais moment, ceci dit, mais pourquoi diable Obion et Gally -à qui je refourguais légitimement son exemplaire du fanzine, collaboratrice qu'elle est- étaient dans la même rue que nous à cette heure de la soirée, hein ?)...
... parce que lorsque je pense au temps que je passe, quasiment chaque jour, au taf, à vanter les mérites de l'auteur (pas de l'homme, je vous vois venir...) à un lectorat que nous n'avons de cesse de faire grandir...
... alors je me dis que je suis peut-être très susceptible (ce qui est largement vrai), mais surtout que Lewis Trondheim, l'homme aux blagues les plus drôles du monde, se passera largement de mes services en ce qui concerne sa promotion, dont il n'a de toutes manières plus besoin depuis bien longtemps.
Sur ce, les copains pourront venir me vanner à loisir sur cet épisode franchement nul, parce que je dois bien le mériter, mais que personne ne vienne me demander mon avis sur ses prochains bouquins, que je ne lirais pas, c'est pas de ma faute, je suis très soupe au lait, mais surtout très fatigué des fatiguants du petit monde de la bande dessinée. Ca ne changera pas sa vie, mais moi ca me permet d'assumer mon intégrité à la con (Berth, tais-toi)... Putain, j'espère que même sans les textes, je vais comprendre les Donjon Monster à venir, et puis les Potron-Minet à venir du gars Gaultier ! 8)
Bon, un peu plus tard dans la soirée, il s'avère qu'une fois de plus, les samedi soirs à Angoulême, c'est super nul. Entre la grosse teuf de chez Blénat, la foire aux porcinets du côté de l'Hotel de Ville, et les plans "off" ou l'on se retrouve à 4, il y a toujours un côté "j'aurais pu mieux faire de mon samedi soir"...
Avant de finir au bar le plus proche, petite tentative du côté de l'Hôtel de Ville, mais très vite, mission impossible (trop de monde, etc). Juste le temps de croiser et de féliciter Frederik Peeters et Daniel d'Atrabile (putain, il était quand même temps, merde !), de féliciter aussi les zozos Ruppert et Mulot, et hop, trop de monde, pas de place, hop, basta. Au bar, pot avec quelques connaissances virtuelles et moins virtuelles, et très vite, coup de fatigue ; c'est qu'on est plus tout jeunes, ma brave dame ! Martin-Everland-Vidberg, déjà vieil auteur online et récemment édité chez Delcourt (mais aussi originaire des environs de Besançon), m'indique un auteur dont je lui avais vendu un bouquin en VO et qui est également publié chez Shampooing ; 5 minutes avant de partir, je salue donc Aaron Renier, apparemment aussi sympa que son "Spiral Bound", tellement mal intitulé en français que j'ai déjà oublié son titre... Bref. Après tout ça, c'est bien joli, mais nous on est à côté d'Angoulême, alors bon... Feu.
Bon, déjà, à Angoulême, il y a au moins 2 types d'évenements autour desquels mon séjour s'organise : les expos, et les rencontres internationales. Au programme donc, il me fallait impérativement trouver le temps d'aller voir les expos Woodring et McGuire, ainsi qu'aller aux rencontres internationales avec Woodring, avec Burns, avec Jessica Abel et Blutch...
Le vendredi, donc, nous étions ravis d'arriver tôt pour aller écouter dès 14h30 monsieur Charles Burns, qui était l'un des invités des rencontes internationales. Evidemment, le temps d'arriver sur Angoulême, de trouver le chemin du site principale, puis une place de parking, puis de localiser les arrêts de bus et les itinéraires pour rejoindre le centre (et l'espace Franquin des rencontres), et Drine et moi arrivons à la fin de la discussion, juste à temps pour entendre les derniers échanges entre l'invité et le public, qui signifie l'issue de la rencontre. Quel dommage !
Néammoins, il était hors de question pour la brune à mes côtés d'en rester là. Il fallait aller dire à Burns que "l'on adore ce qu'il fait", et cela nous permit d'échanger quelques mots avec le bonhomme, à la toute fin ; rien que pour cela, les 8 heures de route étaient déjà amorties, si j'en crois la grifouille faite par le maestro sur l'un des BlackHole de la fille. Au milieu de quelques fans, elle lui tendit un Pentel (les feutres-pinceaux rechargeables), et Burns, amusé, amorça alors un début de conversation... Sachant que pour elle, il y a Burns, Doucet, Baladi, puis, loin derrière, les autres, inutile de dire que le weekend commençait bien pour elle...
Dans l'un des nombreux bus qui faisaient office de navette entre les différents points du festoche, nous croisons Big Ben et Juhyun Choi, à peine le temps d'échanger quelques zines contre le Zinorama, feuille de choux recensant la sélection officielle du prix de la bande dessinée alternative de l'année, ainsi qu'une liste des stands de l'espace alternatif... Confirmation de l'arrivée du Comix Pouf (pour lequel j'aurais voulu avoir le temps de finir, avec RetroMonkey, une petite histoire toute gentillette sur l'écologie selon FuturopoBis, à suivre ici ou ailleurs...), dispo sur le stand du Groinge : parodies et foutage de gueule en tout genre, le petit milieu tellement sain de la bande dessinée mérite bien ça. Et une spéciale dédicace à Gilles Ratelier, le célèbre secrétaire-comptable de l'ACBDBDBD... Et au passage, hop, le dernier effort de Fafé, les semaines 25 & 26 de son "16h45". Je parle même pas des badges super-pro de Fafé, qui m'ont calmé grave dans mon envie de noyer Angoulême sous mes badges débiles. C'est vrai, les épingles foireuses de la machine à badge Bandaï ne tiennent pas la comparaison avec les Groinge, il faut reconnaître la classe où elle est... 8)
Mais aussi énervés puissent-ils être, les rebelles de Nice faisaient pâle figure face à la branche armée de FLBLB, pestant depuis leur petit QG cossu, installé au coeur de la vieille ville... Le petit salon des éditions FLBLB, rue de la Cloche Verte, servait de repère à Grégory Jarry, Nylso, Rémi Lucas, Otto T, Nicole Augereau, et à toute leur clique de sales extremistes. Déjà, dès le premier soir, il était impossible d'errer sur les haut-plateaux charentais sans tomber sur une affiche de "Ségolène Royal au festival d'Angoulême" ou de "Nicolas Sarkozy au festival d'Angoulême" (pour les bisontins, rendez-vous dans mes chiottes)... Et comme si cela ne suffisait pas, à peine arrivé au pot de sabordage de L'Eprouvette proposé par L'Asso, le vendredi soir, je me retrouvais avec dans les pattes le petit quotidien édité spécialement pour le festival, et là encore, subversion graphique et provocations parodiques...
On croise aussi les gens de l'Institut Pacôme, de braves strasbourgeois cependant bien à l'ouest quand ils le veulent. Parmi eux, l'inaltérable Sylvain-Moizie, déjà acclimaté au principe des "24h de la bande dessinée", me propose la version papier (quelle réactivité, ces alsaciens) de son exercice de la veille, à savoir la réalisation d'une petite bande dessinée de 24 planches en moins de 24h... "Action & théories enfin réunies ! Les joies simples" est une des plus belles réussites de cet atelier dont les résultats doivent etre consultables online par là...
Du côté de chez 6 Pieds sous Terre, à peine le temps de déranger le Bouzard dans ses oeuvres (il fallait le voir expérimenter le hachurâge dans une dédicace pour un jeune gars qui peinait à dissimuler son enthousiasme...), à peine le temps de nous assurer qu'il reviendra bien dans nos contrées pour promouvoir le troisième tome de son "autobiography of me" (parce qu'un Bouzard en tournée marketting, c'est du lourd, les cocos), à peine le temps de se rendre compte qu'il nous avait déjà refourgué, tout droit sorti des limbes bouzardiennes, un exemplaire d'un vieux numéro de "Caca bémol" (le numéro 10 , 10 ans déjà...), son-petit-canard-rien-qu'à-lui, ou l'ont pouvait croiser Ambre, Druilhe, Moulinex, Besseron, X90 ou Larcenet, entre autre... Qu'est-ce qu'il est sympa, ce Bouzard. Bon, il reste un gars de taille modeste, mais qu'est-ce qu'il est sympa.
Toujours du côté de chez 6 Pieds, à peine eu le temps d'exprimer ma grosse satisfaction à LL de Mars, suite à la réception, à la lib, de son dernier ouvrage, gros oeuvre autour des Chants de Maldoror de Lautréamont, qui se distingue des pavés soi-disants soignés sur bien des points : d'abord, il faut se laisser soulever par la qualité du dessin de LLDM, dont la classe résonne à chaque trait. Ensuite, ce bouquin a été réalisé avec aux manettes adjacentes un personnage pour qui les termes habillage, approche de groupe, ou lettrine signifie encore quelque chose : j'avais croisé Alain Hurtig, l'autre responsable de cet ouvrage, dans une autre vie, où j'étais encore photocompositeur-maquettiste (aaaaah, l'on parlait davantage de Berthold que de X-Press à l'époque, les jeunes, mais vous pouvez pas comprendre, ah ca c'est bien vrai, ça), et voir ce type d'ouvrages débouler dans le rayon, aujourd'hui, quelle satisfaction... Un bouquin dont je reparlerais plus tard, tant il se distingue de tellement de choses, dans son idée, dans sa conception, comme dans son audace.
Bon, même si la plupart des bouquins sortis en cette fin janvier seront à la librairie quand je reviendrais de vacances, je rentre quand même avec quelques bouquins glânés ici et là. Je parlerais de la plupart d'entre eux dans les semaines qui viennent, mais je pense que Cà et Là, avec la traduction française du bouquin de Brian Fies, part avec une bonne longueur d'avance dans l'actualité : les fumeurs qui sont gâvés par cette nouvelle réglementation pourront toujours s'aider de ce bouquin pour abandonner leur précieux petit paquet. Ou pas.
Plusieurs descentes sur les stands des éditeurs, des micro-éditeurs, etc : chez Bries, grosse razzia, malgré une distribution française assurée par le Comptoir. Plusieurs tout petits livres, et puis, pendant que j'y étais, quelques plus gros, comme le premier "Book of hope" de Tommi Musturi, déjà croisé du côté de chez Boing Being (forcément...), notamment, et un "vieux" Wind, l'anthologie de chez Bries.
Québec était présent(e) aussi, avec un joli petit stand aux couleurs des 400 Coups et de Mécanique Générale. Quelques échanges rapides avec Jimmy Beaulieu, ancien résident charentais et figure de proue de la scène québecquoise, juste le temps de repartir avec le catalogue Mécanique Générale 2007, qui contient au passage un très rapide petit historique de cette clique qui vaut le coup d'oeil. Et même plusieurs, ne soyons pas avares.
Une fois de plus, la scandinavie s'était déplacée jusque sur notre west coast, ouaich, et une fois de plus, j'éclatais mon découvert bancaire... Qu'à cela ne tienne, de jolies petites choses comme le "Strawberries" de Kaisa Leka et le "The way out" de Jyrki Heikkinen, soit 2 petits exemplaires de la série des petits Minipulu (de chez Asema), finissent dans mon sac, avec un Glomp (le collectif finlandais de chez Boing Being, avec l'excellent Tom Gauld, Jeffrey Brown, Kevin Huizenga, Sara Varon, Mahler...) que j'avais manqué... Et puis un joli vinyl de Suurin Onni, que j'ai acheté, je dois bien admettre, les oreilles fermées mais surtout pour la pochette signée Musturi, et qui est tout simplement magnifique. Encore du Boing Being, cette fois sur le versant sonore de l'éditeur. Respect.
Sur le stand de Kramers Ergot, je tombe sur Alvin de chez Buenaventura, qui... me remet via le blog ? Damn. Il s'agit là d'un de ces moments de gloire intense et d'ultime reconnaissance et... Hum, pardon, je m'emporte. Petite discussion avec le bonhomme, qui en l'espace de quelques toutes petites années, s'est déjà fait une place d'éditeur incontournable du côté de l'amérique du nord, tout simplement. Un catalogue excessivement bonnard, une approche qualitative au niveau de la production qui fait mourir de honte pas mal de gens, et une acuité quant aux créateurs qu'il croise, font de Buenaventura un putain de dealer de bonnes choses, quelque chose comme Fantagraphics meets Drawn & Quarterly meets Kitchen Sink, version 2000's. Proposant la plupart de ses bouquins à la librairie, je déplore qu'il n'eut pas davantage de petits objets éditoriaux plus difficiles à trouver ici-bas, mais ma douce trouve quand même le moyen de lui extirper une litho d'Anders Nilsen assez rare, que j'avais déjà reperé lors d'Angoulême 2005, et que je regrettais de n'avoir pas acquis... Erreur réparée, et le beau tirage attend un encadrement à sa hauteur, slurp, oh oui, rhâââ... Hum. Et parce qu'Alvin est un gars de bon goût, il s'est empressé de me demander un second exemplaire de L'Affaire du Siècle tome 5 numéro 19bis, lorsqu'il vit que le bouquin de Johnny Ryan, "Comic Book Holocaust", y était cité. Pffffff. Comme si cela ne suffisait pas, il emballe ses bouquins dans des sérigraphies-publicités de Sammy Harkham... re-pfffffff.
Bart Pinceel, qui redonne tout son sens au mot "importateur", avait sur son stand pas mal de saloperies dignes d'intêret, évidemment. Cela faisait déjà quelques commandes passées chez Fantagraphics sans que je ne pense à ajouter un vieux "Jim" de Woodring (décidément...) qui manquait dans mes étagères déjà blindées, hop ! C'était dans les cartons de Bart. On va pas se gêner, hein... Et parce que tout cela n'aurait pas suffit, quelques recueils divers et variés, ainsi que diverses babioles pour ma douce (du Yoshitomo Nara, c'est imparable...), bref, plein de lectures inédites.
Croisés le dimanche matin, alors que tout le monde sollicitait Jean-Louis de Cornélius (à mourir de rire -ou de chagrin-, la sélection d'extraits de NonNonBâ dans la presse du matin, avec -en gros-, les raccourcis les pires, les extraits les moins représentatifs du livre, bref, du chouette boulot), quelques sympathiques échanges virtuels prenant soudainement forme... "Salut, t'es June, non ?", merde, ca fout presque mal à l'aise ! Heureusement, ne tombant que sur les bonnes personnes (Lemon12, Sara de DSCGS, JP du Contingent, Thyuig de Bulledair...), je passe une fort agréable dernière journée, à tomber sur des gens qui me refourguent quantité de fanzines (tous bien mieux imprimés que le meilleur fanzine bisontin du monde, je vous le concède), et bien d'autres choses. Alors que je regrettais que le copain Fred n'ai pu se joindre à nous comme initialement convenu, je tombe sur une délégation lyonnaise (si on peut assimiler Lucas Méthé, depuis son quartier général charentais, comme étant lyonnais), devant L'Asso, en train de vanter les mérites d'une relecture du Klass Katt de Gunnar Lundkvist... C'est vrai, putain ce que c'est bien, Lundkvist, merde... bref. Lyonnais, disais-je, ah oui : je rencontre ainsi Gabriel Dumoulin, qui me refile quelques exemplaires de la revue littéraire ACD. Sur le coup, je n'ai pas tilté, mais il s'agissait bien d'Ambition Chocolatée et Déconfiture, et si ces gens tiennent le rythme qui à l'air d'être le leur depuis pas mal de temps (le numéro 54 de fin 2006, ainsi qu'un second #54, "en compagnie de Brigotte Giraud"), moi je dis "Lyon, c'est cool". Quelle démonstration de gens de bon goût ! Enfin, si on me demande mon avis, hein. Pour le #55, carte blanche à Boris Bukulin.
Entre deux bulles, je croise aussi le gars Phicil, avec qui on va tenter de trouver un créneau pour une viste bisontine un de ces 4. On croise aussi le gars Chabouté, installé depuis déjà quelques mois pas très loin d'ici, en tout cas, assez loin de son Alsace habituelle, et qui n'en finit pas d'avoir de super échos sur son Landru. Moi, j'aime bien croiser Chabouté ici ; ca fait un courant d'air humain dans ces bourrasques de gens plein d'attitude. Bref.
Concernant les rencontres internationales, j'ai déjà évoqué celle avec Burns, le vendredi.
Le samedi, nous avons assisté à celle avec Jessica Abel et Blutch ; j'ai toujours des doutes sur ce qui a motivé cette double-rencontre, et je pense qu'un temps de rencontre complet consacré à Blutch n'aurait pas dérangé l'audience... Les propos de Jessica étaient interessants (plus que jamais, je me dis que son "ArtBabe" méritait peut-être déjà qu'on s'y attarde, plutôt que l'on vante "La Perdida" comme étant son meilleur bouquin) (ce qui n'est pas le cas, chez moi), mais tout dans le discours, l'attitude, et les mots de Blutch, donnaient envie de prendre le temps d'écouter le bonhomme, habité comme jamais, visiblement pas très à l'aise avec le fait de se coltiner de la sorte, ou alors, trop désireux de de donner certaines choses, d'en garder d'autres, en tout cas, très humain, avec l'apparence d'un mec tout sauf calculateur, très spontané et vif, même dans ces absences passagères, ces blancs où l'on sentait l'auteur se demander comment poser des mots sur des concepts, des idées, des ressentis... Blutch, ouais, Blutch... C'était bien, cette rencontre.
Et puis quelques heures plus tard, triple rendez-vous, avec Touïs et Frydman ("Sergent Laterreur") et Jim Woodring (qui ça ?...), qui enchainaîent derrière la rencontre avec Alison Bechdel et Fabrice Neaud. Le temps de rencontrer briévemment/croiser le camarade Stéphane du AAAblog, qui s'est probablement très bien sorti d'un exercice auquel je n'aurais pas eu la chance d'assister, d'échanger 2 mots avec le sieur Fromental (qui court toujours autant, quoi de plus naturel à Angoulême ?), avec le sieur François Ayroles (dont personne ne parle assez sur cette planète, je le redirais jusqu'à ce que cela soit rectifié), et avec le sieur Menu (3 auteurs édités à L'Asso pour une rencontre, on en redemande), et hop, c'est parti.
Les univers de Touïs et Frydman cohabitérent donc avec ceux de Woodring, et je pense ne pas me tromper en disant que tout ce petit monde a passé un bien bon moment, tout comme un auditoire qui en redemandait aussi.
Je pourrais parler encore sur 12 pages du monde acidulé et incroyable de Woodring, mais je resterais sur la petite conversation de fin de rencontre, où sa femme Mary, auprès de qui je m'étais présenté (à plusieurs reprises, j'ai commandé des livres, des objets à Woodring, et c'est souvent Mary qui s'occupait des expéditions, et qui se souvenait de "Besançon"), me proposa de rencontrer ce créateur qui occupe une place très importante dans mon petit panthéon personnale de la bande dessinée (pouuuaah, quel triste raccourci !) ; j'eu donc la satisfaction d'échanger quelque peu avec Jim, homme charmant, courtois, et très content d'e^tre accueilli de la sorte... Une fois de plus, j'ai du passer pour un fan de base, mais qu'importe, car sur ce coup, c'est réellement ce que je suis. A peine le temps d'encourager l'auteur dans ses travaux à venir, que je scrute déjà, et il est temps de laisser ces bien bons moments se terminer.
Alors que Touïs et Frydman, tous deux passablement intrigués par le monde à peine entrevu lors de cette rencontre, héritérent du petit DVD produit par les japonais de PressPop, ce sympathique Jim m'offrit un petit pack de ses petites cartes. Evidemment, le regret de ce type d'évenements, c'est que j'aurais voulu prendre le temps d'expliquer aux deux auteurs que la découverte, via L'Asso, de leur gros oeuvre, fut un moment fort de mon année de lecteur, la présence de Woodring à nos côtés, auteur rare en nos contrées, eut tôt fait de monopoliser les attentions... Frustration !
Et les expos dans tout ça ? Eh bien, pour rester avec Woodring, belle satisfaction de découvrir les planches originales, sur plusieurs époques de sa carrière.
Les élements originaux étaient nombreux, il y avait de quoi se régaler. Plusieurs reproductions, évidemment, et l'évidente collection des jouets que l'homme dessina pour plusieurs producteurs durant ces dernières années.
Projections de vidéos, de montages, des crayonnés, des encrages retouchés, corrigés, et surtout, surtout, donc, des planches originales de Frank, sans l'ombre d'une seule intervention numérique, ce qui est fascinant lorsque l'on observe le résultat à l'impression comme sur l'original : des couleurs de malade, j'ai rien d'autre à dire.
Du boulot exceptionnel, et qui valait le détour.
Second passage au CNBDI, pour tomber sur une expo de Richard McGuire, qui, me semble-t'il, méritait mieux que ça. De nombreux tirages numériques grand format très chouettes, certes, mais très peu de choses sur la manière dont McGuire conçoit ses travaux, même en admettant (ce dont je doute fort) qu'il ne bosse plus que sur ordi...
Il y avait bien quelques choses très sympathiques (je suis très amateur des travaux de McGuire, ca me donnerait presqu'envie d'écouter du Liquid Liquid rien que d'en parler...), mais on aurait voulu observer davantage de recherches, de croquis préparatoires, de crayonnés... McGuire est un auteur qui passe pas mal de temps sur ses storyboards, il aurait été fort sympathique de pouvoir observer cela, entre autres choses. Réduire l'oeuvre d'un créateur en course permanente avec les outils qui l'entourent, incapable de s'en tenir à un seul registre, à quelques agrandissements, c'est très frustrant, mais peut-être suis-je exigeant.
Les gens de Morvel et Chococreed avaient un pied sous la bulle des éditeurs, et un autre en plein centre, à la chambre de commerce et d'industrie. Bon, je dois bien avouer qu'aller voir une expo dans une chambre de commerce et d'industrie, ca m'emballait pas, sur le principe ; d'ailleurs, je n'y suis pas allé. Sandrina a rapporté moulte t-shirts, posters, après avoir discuté un peu, du côté des éditeurs, avec Mélanie Allag, de chez Morvel, et je crois avoir cru comprendre que j'ai du louper quelque chose...
Nous sommes allés aussi faire un crochet par l'exposition "Dieux et idoles", cachée à l'Office de Tourisme, et où des planches originales des auteurs ayant collaboré au collectif du même nom (édité à La Boîte à bulles) étaient exposées. Assez cheap, et un peu coincé dans un espace restreint, nous avons juste pris le temps d'apprécier le trait de certains auteurs qu'on aime beaucoup, en regrettant une fois encore le manque de moyens, et puis nous avons tracé du côté de La Halle aux Arts (à deux pas du CNBDI), l'infâme Berth nous trainant à l'expo "Ni dieu, ni dieu", c'était d'ailleurs amusant, ce passage d'une expo à l'autre... Ici, les moyens n'étaient guère plus conséquents, mais qu'importe, c'etait le propos, et l'urgence décelables dans cette impressionnante collection de dessins de presse, qui primait. La crème, rien que la crème, pour une expo rentre-dedans, juste ce qu'il faut. Amusant aussi, les dessins de Sandrina à la première expo, ceux de Berth (plus nombreux, mais la carrière de Berth, auteur bientôt sexagénaire) à la seconde... Mazette, j'ai fait le voyage en VIP sans m'en rendre compte... 8)
Voilà.
Il y a probablement des tonnes de choses que j'oublie, mais en 3 jours, on croise tellement de gens, on court après tellement de choses...
Les prochaines étapes ? On attend des nouvelles de Bourg-Les-Valence, mais on prend d'ores et déjà rendez-vous pour fin mai-début juin, du côté de Rennes, pour la 6ème édition de Périscopages, avec notamment Thomas Ott, David Scrima, Lisa Mandel, une expo Hara-Kiri...
Après ce périple au joli pays de la bande dessinée, une petite pause s'imposait : quelques jours à la campagne, dans le tout récent home de maman et Marco, avec une bonne partie de la famille, et j'ai l'impression d'avoir fait le plein pour 6 mois. A la base, ca devait être une journée dans le Jura profond (le vrai, le beau, pas la morne platitude bassement industrielle des origines, ah ça non), et c'était tellement cool qu'on est rentrés 3 jours plus tard.
Au programme : ballades en pleine campagne, découverte de l'animal dénommé "cheval" avec la petite nièce, soirées jeu à la con en famille, pour Sandrina, un atelier "500 mètres haie" avec le chien, bref, on souffle, on prend le temps d'écouter le vent dans les arbres, et de regarder fondre les restes de neige sous le soleil clément de ce début février.
On air on radioJune :
Une fois encore, pas le temps, je reposterais quelque chose dans les jours qui viennent, promis... Si, si. 8)
En attendant, le 4ème programme de RadiojUne pour Autobiogriffue arrive d'un jour à l'autre là ou vous savez. On y trouvera pêle-mêle du jazz polonais de 1969, un scientologue plus talentueux que Sarko et Tom Cruise réunis, la scéne afrocentriste de Detroit des 70's, Jamie Lidell et Gonzales together, une starlette de la scène reggae-soul circa 71, du funk strictement contemporain, une chanteuse française dont la sensualité devrait passer au travers de vos enceintes, un japonais qui fait du gros hip hop, et quelques autres trucs. 15 titres, demandez le programme sur autobiogriffue...