30 mars 2026

Y'all Ain't Ready.

Dilla est né le 7 février 1974 à Détroit, Michigan, et il est mort le 10 février 2006 : ça fait vingt ans que le monde du hip hop avance autour de l'héritage du type sans jamais en faire réellement le tour, la seule chose communément admise étant qu''il s'agissait là d'un des plus grands inventeurs à l'œuvre dans le hip hop, point.

J'ai probablement déjà écrit sur ce blog que je me souviendrais toute ma vie de ce que je faisais quand j'ai appris sa mort, via un coup de fil de l'ami Jéjé. Je sortais de la gare de Besançon, je m'apprêtais à emprunter la rue de la Viotte, probablement pour me rendre chez moi, j'en sais plus rien. Je crois qu'il faisait beau. Je me suis arrêté de marcher comme si Jéjé m'avait annoncé la mort de quelqu'un de super proche. Février 2006 : une éternité. Bref.

Depuis, le vide laissé par Dilla a été comblé par un considérable troupeau de suiveurs, d'hommages en tout genres plus ou moins inspirés, de business supra-opportuniste à un point qui écœure pas mal de celles et ceux qui formaient les rangs des premiers adorateurs, des premières adoratrices. La surenchère aura achevé pas mal des nostalgiques qui peinent à faire leur deuil, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on cite vraiment trop souvent son nom, exactement comme je suis en train de le faire en écrivant ces mots, bazar de bazar.
En tout cas : régulièrement, des mômes en âge d'être ses gosses bazardent livrent une prod sous influence, partagent une captation d'un gig où plane l'ombre de Jay Dee. C'est souvent très mignon, ça ne relève pas le défi laissé par Dilla (apporter un truc significatif et laisser une emprunte indélébile, par exemple) mais hé, il y a pire comme inspiration, après tout... Bon.

Souvent, je rouspète tel le vieux con que je suis, à me dire que le monde tourne un peu trop autour de son nombril lui aussi, et qu'il ferait mieux de larguer les amarres et d'aller à la recherche de sa propre feuille de route. Puis je m'en veux d'avoir des pensées merdiques et des propos aussi péremptoires, alors je réécoute, et parfois...
Hé bien parfois, moi je mords, j'avoue, comme ici avec Bloto, quator polonais composé de membres du combo EABS, à savoir l'un des moteurs de Astigmatic Records, super label d'exploration contemporaine.
Leur reprise de "Y'all Ain't Ready" n'apporte pas une réinterprétation folle, mais ne nous cachons pas, ça casse des nuques comme au premier jour.



Aucun commentaire: