Il m'arrive de m'affairer en ligne pour trouver un titre épuisé : à défaut d'habiter un coin riche en bouquinistes, fouiner sur des sites d'occasion reste une possibilité pour dégoter le truc introuvable.
Et lorsque cela arrive, en bon consommateur que je suis et dans l'esprit d'amortir les frais de port, généralement je fouine un peu largement dans les bacs virtuels de mon interlocuteur pour lui commander éventuellement une bricole ou deux en plus. L'occasion qui fait le larron, ce genre de choses.
L'autre jour, je reçois un livre attendu, auquel j'avais ajouté un exemplaire de la série Ariol d'Emmanuel Guibert & Marc Boutavant, que le type bradait. On est plusieurs à être fan d'Ariol à la maison, donc bon, hop.
Oui je sais, le marché de l'occasion c'est mal quand on veut soutenir la création, les auteurices, les libraires, hé ça va, je claque assez de blé comme ça en livres, c'est exceptionnel okay ? Merde alors.
Bref, on déballe, tout le monde est content, on en parle plus.
Ce samedi soir, au moment d'aller au lit, on décide de lire une énième aventure d'Ariol, et cette fois, en prenant ce tome parmi les tonnes d'autres étalés n'importe comment dans la bibliothèque de ma fille, je feuillete machinalement les premières pages et...
Stupéfaction ! Le livre est dédicacé.
Oui bon, ça va, ça arrive, on connaît, les dédicaces revendues tout ça, le marché parallèle de la dédicace tout ça...
Mais là où ça devient marrant, c'est la dédicace, justement :
On jurerait qu'il est écrit "La Couarde", non ?
C'est donc assez fortiche cette histoire : il se trouve qu'en décembre 2017, c'est à dire il y a quasiment une dizaine d'années, nous vivions dans ce village de l'Île de Ré et qu'avec ChiFouMi et quelques autres, nous avions organisé plusieurs rendez-vous avec le toujours très chouette Emmanuel, auteur cher en mon cœur pour de multiples raisons. On avait organisé des ateliers, monté des expos, accueilli de chouettes gens (Juliette Fournol, David Prudhomme, Etienne Davodeau et quelques autres...) et même inauguré une plaque commémorative saluant la création du Passage Alan Cope, à Saint-Martin-de-Ré : pas mal de taf, et quelques moments inoubliables.
Et parmi ces moments, certaines rencontres publiques, dont une à la bibliothèque municipale, sous la bienveillance de Michelle la bibliothécaire, mais aussi de Joëlle la libraire qui avait très certainement apporté quelques bouquins à vendre, dont... certainement des tomes d'Ariol, pardi ! J'ai un souvenir un peu flou même si ces instants m'ont été très importants, et le sont encore.
Bref.
Le mardi 19 décembre 2017, à La Couarde, Emmanuel Guibert dédicaçait donc le 10ème tome des aventures d'Ariol à un certain Denis.
Et quasiment dix ans plus tard, via les sites de vente de seconde main, j'ai donc acheté ce même livre.
L'histoire ne dit pas pourquoi ce livre s'est retrouvé sur le circuit de l'occasion, et les raisons à cela ne sont pas toujours terriblement réjouissantes alors nous n'ouvrirons pas d'investigations de ce côté.
On va simplement sourire encore plus que lorsqu'on le fait habituellement lisant Ariol.
Ce monde n'est-t-il pas minuscule, encore, toujours ?


























