Le mec était loin.
Et puis bon :
Et puis bon :
Vite fait : partage d'un chouette papier consacré à Boots Riley, le seul, l'unique.
Ça se passe sur Broke-Ass Stuart, qui brasse très large sur ce qui se trame du côté de SF et de la Bay en général. Fun fact : on y parle donc pas trop des Warriors en ce moment.
I love boosters, le nouveau film du mec de The Coup, sort aujourd'hui en salles ricaines.
J'espère qu'il sera distribué ici aussi.
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| Cliquez donc, vindzouss. |
Il y a quelques semaines, on avait descendu la rue Battant ensemble après s'y être croisés, par hasard, comme d'hab.
La fois d'avant, c'était devant un concert de Lætitia Shériff, où le type m'avait fait la liste des ses récentes découvertes musicales : principalement des trucs à guitare pour lesquels il s'enthousiasmait avec une énergie et une vigueur quasi-juvénile, alors qu'il faisait chier le patronnat bisontin depuis quoi ? 150 ans ? 200 ans ?
Comme à chaque fois, je me disais que ce râleur de première bourre, qui vomissait la médiocrité de cette époque comme personne, et malgré une belle liste de péripéties merdiques qu'il s'était mangé ces dernières années, avait encore quelques solides cartouches à nous sortir.
Ce soir, via Chantal V. et Fabrice R., j'apprends la mort de Pierre Cochard, le gars Pierrot 🖤, l'un des contestataires les plus sincères que j'ai croisé sur ma route.
A quel âge ? 75 balais, un truc du genre ?
Tout le monde connaissait Pierrot, pivot de toutes les manifs, présent devant chaque scène de chaque concert, mais perso c'est lorsqu'il fut l'un des premiers à nous aider à nous structurer en tant que tout récemment licencié.e.s (abusivement, comme le déclarera le Conseil des Prudhommes 3 ans plus tard) d'une certaine grosse librairie bisontine que je l'ai rencontré.
Il avait été précieux, encourageant, balèze, marrant mais toujours déter : il avait mille expériences concrètes à partager, la Fédé Sud PTT (le mec était rentré à La Poste en 68, y avait passé sa vie), AC! au début des années 90, et pas mal d'autres trucs (pardi).
C'était un grand syndicaliste, un antifasciste, un grand anticapitaliste, un vénère grand cru ; jeune, il avait commencé anar, mao, était passé par pas mal de strates, pas mal de cliques, mais n'avait (je crois) jamais lâché la baston contre les puissants.
Ces dernières années, ça n'avait pas été de tout repos pour Pierrot, et s'il montait moins au front, il n'en demeurait pourtant jamais très éloigné.
Je pense fort à G., son môme de 15 balais, à sa famille et à ses très proches, et à tou.te.s celleux parmi mes ami.e.s qui ont eu la chance de passer du temps avec ce barbu colérique.
Des bises fortes aussi à Flo, Arlette, Berth, Martial, Gilles, Marie-Paule et les autres.
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| (photo gentiment partagée par Martial, probablement en 2009 : Arlette, Martial, Pierrot, ma pomme) |
Donc !
Le festival d’Angoulême va donc poursuivre sa route, sous la forme décidée par les pouvoirs publics qui avaient mandaté (ça rime avec "téléguider" et avec "épuiser", entre autres) l’ADBDA qui elle-même avait également sollicité diverses personnes du petit milieu (auteurices, éditeurices, représentants syndicaux, journalistes, etc), histoire que cet appel d'offres puisse suivre un protocole que l'on espère aussi sérieux et rigoureux que possible.
Que l’on apprécie ou non l’événement, on sait qu’il représente quelque chose d’important pour l’essentiel de ce petit milieu, et il convient donc d’accueillir cette nouvelle comme il se doit : avec un certain soulagement après les dernières années de cette lente désagrégation qui aura fatigué beaucoup trop de monde en cours de route.
Mais également pas mal de réserves sur la façon dont son environnement immédiat (politico-institutionnel, notamment) saura l'accompagner : parce qu'on connaît le sens de la formule qui caractérise celles et ceux dont on attend des actes depuis belle lurette (cf. les news aussi fraîches que désastreuses des États Généraux de la bande dessinée ; cf. le décret d’application de l’article 5 du PLFSS du ministère de la Culture ; cf. l'accompagnement de la chute du FIBD, ou plutôt l'absence d'accompagnement ; etc).
Il va de soi qu'on attendra avec impatience de voir à quoi ressemblera concrètement la nouvelle mouture de ce rendez-vous attendu.
Et il va de soi qu'on a déjà hâte de retrouver les camarades devant la Souris Verte, pour dire du mal de ce petit milieu qu'on aime tellement détester (et pour dire du bien de quelques bouquins, aussi).
Ces derniers mois, il se trouve que j'ai contribué à l'un des autres projets, l'un des non-retenus 🥸, aux cotés d'une équipe composée de personnes avec qui j'avais eu l'occasion de bosser par le passé et dont je connaissais le sérieux, la rigueur et l'enthousiasme, et qui ont estimé que j'avais éventuellement quelques idées et élans à partager avec elleux.
C'était plutôt très chouette de réfléchir tou·te·s ensemble à tout ce que l'on avait vu déconner (parfois en temps réel), à tout ce que l'on aurait fait différemment, et à tout ce qu'il y avait entre les deux.
L'idée globale portée par ce collectif où l'horizontalité prédominait, probablement en réaction naturelle aux dernières années du festival qui laissaient à chacun·e un petit goût prononcé de décisions hiérarchiques très discutables (mais qu'il était fort compliqué, voire impossible de discuter, pardi) était assez stimulante pour moi : d'abord, on à tou·te·s plusieurs pieds dans la bande dessinée, et un rapport fort avec elle.
Ensuite, plus prosaïquement, on connaissait bien l'événement de l'intérieur pour y avoir taffé au fil des ans.
Puis : on observe de très près l'évolution du paysage global, de la situation bien plus que préoccupante du côté des auteurices aux autres réalités un brin plombantes du contexte général.
Bien sûr, on a bien capté que l'héritage était lourd après 50 balais de festoche, mais on voit aussi (surtout ?) que l'avenir vaut la peine que l'on se penche dessus, et pas qu'à moitié. On voit aussi des enjeux divers et variés que l'on avait carrément envie d'explorer.
Et surtout : après cette ambiance entre terre brûlée et tabula rasa, est-ce que c'est pas le bon moment pour réfléchir à la manière de déplacer quelques curseurs ? Si on a des envies qui nous animent et qui nous semble pertinentes, pourquoi ne pas les présenter à cette cohorte de professionnel·le·s réuni·e·s autour de la table ?
Alors on a candidaté, en sachant pertinemment qu'en face, il y aurait les mammouths de l'évènementiel qui sont largement à même de convaincre pouvoirs publics, institutionnel·le·s, politicard·e·s du coin et d'au-delà. C'est le jeu, mon brave meussieur.
Et hier mardi 21 avril, donc, on a eu la confirmation que le choix s'était porté sur le projet de Morgane Prod. A noter les quelques réserves probablement inhérentes à ce type de protocole : "Le choix du jury, validé en assemblée générale, ce mardi après-midi, n’a toutefois pas recueilli une totale adhésion. Selon nos informations, le collège des auteurs s’est abstenu", d'après le canard local.
C'est toujours le même jeu, mon brave meussieur.
Bon : en toute transparence puisqu'après tout, il s'agit d'un appel d'offres et qu'il était question qu'à un moment, un peu d'argent public soit investi là-dedans (depuis, on a bien compris que c'était un peu plus compliqué, même si j'ai pas encore tout à fait capté si ça tenait principalement au désinvestissement économique culturel porté par la politique générale de notre fier pays ; ou si on avait affaire à des gens qui préfèrent rejouer la carte des constructions budgétaires privées comme ce fût le cas précédemment, on espère avec moins de complexité et/ou d'opacité, lol), en toute transparence écrivais-je, on s'est dit que ça serait une idée comme une autre de partager l'essentiel de notre projet avec celles et ceux que ça pourrait intéresser.
D'abord parce qu'on en était plutôt content.e.s, de ce petit projet, même s'il a été rédigé dans l'urgence par des gens qui taffaient en parallèle sur pas mal d'autres trucs et qu'après coup, damn, évidemment on avait plein d'autres choses à dire : classico, pas vrai ?
Aussi, parce que très vite, on s'est pris au jeu et on a décidé d'assumer qu'on allait au front avec pas mal d'enthousiasme, énormément de convictions (l'horizontalité citée plus haut, c'était pas un truc cosmétique) ; pas mal d'expérience aussi (sur 18 personnes composant la team, on était 15 à avoir taffé régulièrement pour le festival au fil des dernières années, en tant que salarié·e·s ou comme prestataires ; et certain·e·s, pendant un sacré paquet d'années !) ; pas mal d'envies, pardi...
Mais... Très certainement, aussi, un peu trop d'auto-étouffement de nos propres signaux d'alarme habituels... Car depuis le temps qu'on bosse dans l'événementiel culturel, on a tout à fait conscience que depuis des années, la qualité d'un projet ne se mesure pas qu'à celle de son versant artistique, et c'est un doux euphémisme. Je ne parle même pas de production, d'administratif, des relations pro, de la comm, des droits internationaux, etc, hein : je parle modestement de ce qui un peu plus ma partie, pour faire court, c'est à dire : un regard sur la création contemporaine, un autre sur l'état des troupes la permettant. Il me semble que les deux sont très, très liés.
Hors, si les enjeux principaux pour un tel projet me semblent titiller certaines notions évidentes résonnant chez moi, peut-être avais-je un peu trop mis en sourdine une lucidité nécessaire sur la réalité économique qui, on le sait, est peu ou prou le motif de validation principal en 2026. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : il n'y pas une once de jugement sur la proposition artistique proposée par Morgane Prod (on l'a pas lu, ni vu passer à ce jour), c'est davantage un constat objectif après 30 balais dans l'associatif culturel, à ne croiser que des personnes partageant ce constat, cqfd.
Ici, il s'agissait de prendre le temps de rêver tou·te·s ensemble à un projet tel que celui qu'on adorerait découvrir en tant que public, et d'en définir les contours autant que possible : en optant pour cette direction, pour ce positionnement précis, on prenait davantage de risques qu'en allant vendre un projet à droite à gauche, c'est certain, alors que l'expérience vécue sur ce territoire nous hurlait probablement quelque chose que l'on a pas voulu entendre. Mais : chacun agit à sa manière, et il me semble que nous avons agit avec sincérité, celle-là même qu'on avait du mal à trouver ces dernières années dans le fonctionnement de la grosse bestiole, pour plein de raisons.
Et pourtant, en le relisant, ce projet, je crois qu'on présente malgré tout un truc engagé mais réaliste, professionnel et réalisable en l'état assez facilement ; et pour lequel j'aurai adoré engrangé quelques avis des quelques professionnel·le·s sollicité·e·s pour étudier l'ensemble... Durant sa réalisation, on a évidemment soumis des tonnes de choses à quelques-un·e·s des professionnel·le· de notre entourage, bien évidemment, mais à posteriori, pourquoi ne pas ouvrir le champ à plus large, désormais ?
Peut-être que l'on aura droit à quelques retours précis de l'ADBDA ou de leur collectif réuni pour l'occasion, ça serait chouette et ça semblerait être un minimum pour les candidats ayant essayé de suivre le truc, même si ce petit monde devrait être occupé pour les semaines à venir, comme qui dirait... Et surtout ils doivent bien saturer d'un contexte qu'on pourrait se permettre de qualifier d'extrêmement éreintant, je crois.
Bon, bref, qu'importe : à nouveau, Angoulême va bénéficier d'un événement autour de la bande dessinée et c'était le but du jeu, même si la manière dont certaines règles se déroulaient au fil des semaines nous ont un peu étourdies parfois.
C'était vachement instructif, cet accélérateur de particules, oserais-je avancer.
On verra donc les copinou·es en Charente en 2027 et sans plus attendre, on va voir si les dynamiques culturelles autour de Poinpoin-les-Hirondelles ou de Jarvillou-La-Colinette seraient intéressées pour profiter du projet ci-joint : le nôtre, porté par une clique aux petits oignons, qui s'est aggloméré autour des frustrations, des envies et d'un certain reliquat angoumoisin mais qui, au bout du compte et c'est le bilan que l'on en fait, s'intéresse en premier lieu à quoi ? A la bande dessinée, bingo.
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Dilla est né le 7 février 1974 à Détroit, Michigan, et il est mort le 10 février 2006 : ça fait vingt ans que le monde du hip hop avance autour de l'héritage du type sans jamais en faire réellement le tour, la seule chose communément admise étant qu''il s'agissait là d'un des plus grands inventeurs à l'œuvre dans le hip hop, point.
J'ai probablement déjà écrit sur ce blog que je me souviendrais toute ma vie de ce que je faisais quand j'ai appris sa mort, via un coup de fil de l'ami Jéjé. Je sortais de la gare de Besançon, je m'apprêtais à emprunter la rue de la Viotte, probablement pour me rendre chez moi, j'en sais plus rien. Je crois qu'il faisait beau. Je me suis arrêté de marcher comme si Jéjé m'avait annoncé la mort de quelqu'un de super proche. Février 2006 : une éternité. Bref.
Depuis, le vide laissé par Dilla a été comblé par un considérable troupeau de suiveurs, d'hommages en tout genres plus ou moins inspirés, de business supra-opportuniste à un point qui écœure pas mal de celles et ceux qui formaient les rangs des premiers adorateurs, des premières adoratrices. La surenchère aura achevé pas mal des nostalgiques qui peinent à faire leur deuil, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on cite vraiment trop souvent son nom, exactement comme je suis en train de le faire en écrivant ces mots, bazar de bazar.
En tout cas : régulièrement, des mômes en âge d'être ses gosses bazardent livrent une prod sous influence, partagent une captation d'un gig où plane l'ombre de Jay Dee. C'est souvent très mignon, ça ne relève pas le défi laissé par Dilla (apporter un truc significatif et laisser une emprunte indélébile, par exemple) mais hé, il y a pire comme inspiration, après tout... Bon.
Souvent, je rouspète tel le vieux con que je suis, à me dire que le monde tourne un peu trop autour de son nombril lui aussi, et qu'il ferait mieux de larguer les amarres et d'aller à la recherche de sa propre feuille de route. Puis je m'en veux d'avoir des pensées merdiques et des propos aussi péremptoires, alors je réécoute, et parfois...
Hé bien parfois, moi je mords, j'avoue, comme ici avec Bloto, quator polonais composé de membres du combo EABS, à savoir l'un des moteurs de Astigmatic Records, super label d'exploration contemporaine.
Leur reprise de "Y'all Ain't Ready" n'apporte pas une réinterprétation folle, mais ne nous cachons pas, ça casse des nuques comme au premier jour.
Lectures stimulantes et marquantes du moment, partie 786575437675 :
- Mama, de Sophie Savapa, édité par Le Bain D'Huile.
Un questionnement intime sur la parentalité assez succinct mais super effiace, bénéficiant d'une forme doublement réussie : d'abord parce que Sophie Savapa ose se saisir d'un langage bande dessinée qui lorgne vers une fragmentation graphique et narrative dans la masse, c'est à dire sans enfermer la lecture sur une ligne droite, mais plutôt en osant les dessins superposés, le trouble des cases qui n'enferment plus, et une densité qui épouse le propos.
Ensuite, parce que c'est imprimé en sérico, et des trois passages au papier, tout est très réussi et permet de manipuler un objet comme on aimerait en voir plus souvent. Attention, petit tirage (pour l'instant) donc go Le Bain d'Huile.
- Tchouc Tchouc #9, revue proposée par Arbitraire.
Avec toute une clique de chouettes auteurices aux manettes dont Apolo Cacho, Claire Braud, ou encore François Henninger qui signe quelques-unes des pages les plus inspirantes lues depuis une paie.
François, il y a peu de chances que tu lises ces mots postés sur mon blog que personne ne doit lire à part mon grand-père, s'il n'est plus mort, ce qui n'est pas gagné, bref, mais au cas où : merci pour ce "Rapport du dix doute deux-mille-vingt-cinq", "friction d'après une histoire fosse" mais qui pourra dire ? Brillant, bordel.
Et : combien de revues de traits et d'histoires vous donnent envie de relire les précédents numéros à chaque nouveau numéro ?
- Every day is today, d'Anders Nilsen, auto-édité.
Recueil de plusieurs pièces et autres récits courts publiés à droite à gauche (New York Times, Nautilus, Matter, Smoke Signal...) et d'inédits, qui s'étend sur 68 pages dans une petite publication élégante et super bien maquettée comme l'auteur nous y habitue depuis un moment.
C'est typique du taf d'Anders donc sans surprises quand on suit son taf, mais idéal pour découvrir : mythologie et politique, curiosités scientifiques et pirouettes graphiques de la part d'un des plus fort du game actuel.
68 pages, tout en couleurs, ça se déplie, c'est beau.
- King-Cat #84, de John Porcellino, auto-édité.
Rien à dire de plus que : c'est John P., c'est son taf précieux et respiratoire, sa justesse, et la forme de sagesse modeste qui ne dit pas son nom qui infuse chaque page jusqu'à cela soit communicatif et régénérant, oserais-je le dire ? Ben carrément, même.
Il m'arrive de m'affairer en ligne pour trouver un titre épuisé : à défaut d'habiter un coin riche en bouquinistes, fouiner sur des sites d'occasion reste une possibilité pour dégoter le truc introuvable.
Et lorsque cela arrive, en bon consommateur que je suis et dans l'esprit d'amortir les frais de port, généralement je fouine un peu largement dans les bacs virtuels de mon interlocuteur pour lui commander éventuellement une bricole ou deux en plus. L'occasion qui fait le larron, ce genre de choses.
L'autre jour, je reçois un livre attendu, auquel j'avais ajouté un exemplaire de la série Ariol d'Emmanuel Guibert & Marc Boutavant, que le type bradait. On est plusieurs à être fan d'Ariol à la maison, donc bon, hop.
Oui je sais, le marché de l'occasion c'est mal quand on veut soutenir la création, les auteurices, les libraires, hé ça va, je claque assez de blé comme ça en livres, c'est exceptionnel okay ? Merde alors.
Bref, on déballe, tout le monde est content, on en parle plus.
Ce samedi soir, au moment d'aller au lit, on décide de lire une énième aventure d'Ariol, et cette fois, en prenant ce tome parmi les tonnes d'autres étalés n'importe comment dans la bibliothèque de ma fille, je feuillete machinalement les premières pages et...
Stupéfaction ! Le livre est dédicacé.
Oui bon, ça va, ça arrive, on connaît, les dédicaces revendues tout ça, le marché parallèle de la dédicace tout ça...
Mais là où ça devient marrant, c'est la dédicace, justement :
On jurerait qu'il est écrit "La Couarde", non ?
C'est donc assez fortiche cette histoire : il se trouve qu'en décembre 2017, c'est à dire il y a quasiment une dizaine d'années, nous vivions dans ce village de l'Île de Ré et qu'avec ChiFouMi et quelques autres, nous avions organisé plusieurs rendez-vous avec le toujours très chouette Emmanuel, auteur cher en mon cœur pour de multiples raisons. On avait organisé des ateliers, monté des expos, accueilli de chouettes gens (Juliette Fournol, David Prudhomme, Etienne Davodeau et quelques autres...) et même inauguré une plaque commémorative saluant la création du Passage Alan Cope, à Saint-Martin-de-Ré : pas mal de taf, et quelques moments inoubliables.
Et parmi ces moments, certaines rencontres publiques, dont une à la bibliothèque municipale, sous la bienveillance de Michelle la bibliothécaire, mais aussi de Joëlle la libraire qui avait très certainement apporté quelques bouquins à vendre, dont... certainement des tomes d'Ariol, pardi ! J'ai un souvenir un peu flou même si ces instants m'ont été très importants, et le sont encore.
Bref.
Le mardi 19 décembre 2017, à La Couarde, Emmanuel Guibert dédicaçait donc le 10ème tome des aventures d'Ariol à un certain Denis.
Et quasiment dix ans plus tard, via les sites de vente de seconde main, j'ai donc acheté ce même livre.
L'histoire ne dit pas pourquoi ce livre s'est retrouvé sur le circuit de l'occasion, et les raisons à cela ne sont pas toujours terriblement réjouissantes alors nous n'ouvrirons pas d'investigations de ce côté.
On va simplement sourire encore plus que lorsqu'on le fait habituellement lisant Ariol.
Ce monde n'est-t-il pas minuscule, encore, toujours ?
Dans la série "je me souviens très précisément de ce jour", Derf Backderf nous rappelle (sur fcbk) la journée du 28 janvier 1986.
Je venais d'avoir 13 ans et j'étais comme pas mal de mômes de ma génération, enfin pas tous : le cosmos me faisait rêver de ouf, de ouf. Pour resituer, par exemple, les mômes de la série Stranger Things, c'était moi et mes potes : on a le même âge au même moment, enfin, ces personnages fictionnels, mes copains, ma pomme.
Les X-Men, D&D, la Nasa, la fascination pour la technologie-gadget incomprise par 90% de la classe qui préferait Platini, Bossis, Battiston, Tigana, Fernandez, Rocheteau ou le jeune Papin (dont j'avais rien à foutre).
Bref.
Autant dire que ça a fait un paquet de traumatisés longue durée, cette journée.
Quarante ans.
"Wow. So much to address.
First things first. FUCK ICE. They murdered Alex Pretti on Saturday in cold blood. I won't accept any other explanation. The young man is dead because of Donald Trump, Kristi Noem and the rest of that ghoulish group.
Because of this I was angry enough to go to the site of Alex's murder to pay respects and witness for myself the ICE thugs who support these actions. I got there about an hour after the murder and went right up to the intersection that ICE had taped off and stood guard. There were perhaps 50-100 of them and several hundred observers/protesters milling around. Some were right up front yelling and swearing. I became one of them.
No one made a move toward the agents but suddenly several canisters of tear gas were thrown into the crowd. A number of agents broke the tape and ran after people along a side street to my left for no reason I could see. I stood where I was as more tear gas and flash bombs (they were loud) were thrown at us. There was shooting, probably pepper balls. Most people had backed off but a few had gas masks and stayed near the line. I had no gas mask and I don't know what made me stay but I did. And I was screaming even louder.
I was screaming and sobbing, not from gas, but from Fury and sadness. I don't think the gas had affected me at this point. A gas-masked camera man had been circling around near me asked if I was OK. I was physically fine but I had snapped. I was so angry that people hired by our government could do this to innocent people. Hence the rant which seems to have gone viral.
People have been so kind - from the concerned people there at the scene offering me help to the many, many thousands who have watched the video and offered their support. Those who ordered books from us (it will take a bit to get things sorted out) and eventually crashed our website (working on that too), I thank you. People discovered the old GOFUNDME we had after the riots after George Floyd was murdered and our store was heavily damaged and have been making donations there. I'm greatly touched by that but I would like to offer that money to our local food shelves if donors wouldn't mind. The store is intact and doing well and the money should go to a greater cause.
I'll have more for you later today and in upcoming days. Thank you all and stay strong. I'm still fucking angry! Greg"
On a hésité à inviter Ludovic Fagaut pour la Galette des Reines organisée avec les copines de Sunny, mais sa triste posture lors du dernier conseil municipal à l'égard de Madame La Maire me donne l'impression que c'est une bonne chose d'avoir laissé tomber cette idée.
On s'amuse bien mieux sans ce sinistre de toutes façons.
#EpicèneMonCul
#droitarddemerde
#galettedesreines
#lesmeufs
Ouvrir des cartons fermés depuis trop longtemps, retomber sur des trucs.
J'ai rencontré mon ami jéjé en 97, c'était un samedi chez Choice, boutique/disquaire du moment (comment cela aurait-il pu se dérouler ailleurs ?) tenu par Seb, à Dijon.
On avait parlé de toute cette vibe de l'instant, sans vraiment calculer ce qui était en train de se passer d'ailleurs, la hype qui prenait, etc ; et en trois premiers échanges on était d'ores et déjà okay pour dire qu'on plaçait La Funk Mob haut, très haut. A l'époque, c'était un signe fort pour moi, ça signifiait quelque chose d'important en terme d'appréhension de la musique, ah ah. On s'était refilés nos numéros très probablement pour disserter prochainement sur les qualités de telle ou telle parution, ou pour se filer des tuyaux, plus probablement.
La chose suivante dont je me souviens, c'est de boire du thé en écoutant Love Supreme de Coltrane très fort dans son salon qui donnait sur la rue du Bourg, un autre samedi aprèm (il faisait beau). C'était peut-être même le samedi suivant, ça j'en sais plus rien, mais entre la fougue de la jeunesse et l'époque, on était pas dans l'inertie, fallait que les choses se fassent, et d'ailleurs elles se sont faites donc ça tombe rudement bien : c'est à travers la musique que mes plus belles amitiés sont nées, et c'est certainement grâce à elle que certaines perdurent.
Bref.
Je trie des disques pour les vendre : j'en ai beaucoup trop, ça ne sert à rien, et j'ai besoin de faire de la place. Je vais en vendre plein, mais pas tous : certains, je vais les garder, probablement encore très longtemps.
#1997
Au mitan des 80's, Barthélémy Schwartz avait concocté Dorénavant, une revue critique et théorique qui avait marqué pas mal de monde en son temps (cf. l'excellent dossier, très riche et instructif, que du9.org lui avait consacré en décembre 2015). Abordant la bande dessinée comme probablement personne ne l'avait fait auparavant, il appliquait une approche mêlant ressenti et poésie, focalisant sur ce qu'il restait d'une lecture plutôt que d'ausculter ses coulisses sous toutes les coutures. C'était un drôle de truc, ça le reste encore.
C'était principalement pour cela que je connaissais son nom, avant de le rencontrer et d'être épaté par sa perpétuelle curiosité et son inébranlable envie de continuer à creuser des voies, à faire que les idées apparaissent et que la friction opère... Ce type de chaudières que l'on est toujours content de croiser dans sa vie, pour tant de raisons : il y a une dizaine d'année, il m'avait gentiment proposé de contribuer à un numéro de L'Échaudée, et je dois avouer que je n'en menais pas large (j'ai refait quinze fois mon papier, aucun ne me convenait, et celui publié n'était probablement pas davantage satisfaisant, ah ah ah).
Ça reste un super souvenir, avec l'accolade de Peter Blegvad qui plus est : un SUPER souvenir, de fait.
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| Chier. |
Pour tracer la transversale qui le caractérisait, je pense évidemment à ce livre un peu fou, Le Rêveur captif, qui relie aspirations surréalistes, souvenirs situ, obsessions culturelles et personnelles, fragments de rêves, avait été évidemment publié à L'Apocalypse, la structure de Jean-Christophe Menu (qui d'autre ?) ; mais aussi à Benjamin Peret, l’astre noir du surréalisme du côté des éditions Libertalia : avec ces deux titres là, on tient déjà une solide piste à creuser.