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30 octobre 2007

Bon allez, on arrête de déconner, bordel.

Alors voilà, je dois bien l'admettre, je vivais pas très bien le fait de laisser tomber mon petit blog, fût-il principalement composé de choses personnelles auxquelles peu de monde saurait se rattacher, ou d'opinions lourdingues sur tel disque ou tel bouquin, pour ne parler que des choses qui me fâchent le moins au monde.
Le temps passait, et je n'avais de cesse d'empiler les trucs en cours, les affaires trainantes, les projets en gestation qui avaient du mal à sortir ; c'est pas fini pour autant, hein ! L'idéal serait d'avoir une activité professionnelle avec encore moins d'heures/semaine, mais je m'en voudrais de décevoir le président de la république de mon chouette pays (et puis je suis pas sûr d'avoir un ADN suffisamment pur, ca n'encourage pas). Et puis surtout, je n'arrive pas à finir le mois avec autre chose que des patates et des nouilles (et seulement ça, hein), alors avec encore moins de tunes... Bref.
Le fait est que je n'ai pas envie de faire moins de trucs, malgré mon incapacité à tout "gérer" (je déteste ce mot). Mes petites occupations, aussi futiles soient-elles, me sont toutes aussi chères les unes que les autres, et je vois pas pourquoi je devrais choisir. Alors en attendant de trouver des solutions, j'empile, je joue avec mon agenda comme d'autres accèdent au niveau 32594 sur Tétris, et je passe mon temps à me plaindre que je suis fatigué.
Quand j'aurais concédé qu'il y a également, à titre beaucoup plus personnel, du nouveau dans ma vie ces dernières semaines, j'aurais fait le tour des raisons qui m'ont plus ou moins amené à délaisser cet endroit, ces derniers mois.

Bon.
Au moment où j'écris ces lignes, aujourd'hui, mardi 30 octobre, je suis en congé.
Mon pote Laulau, qui a passé le weekend à la maison, est retourné sur Paname ce matin, et j'attaque donc une journée qui s'annonce constructive, la première depuis longtemps.
J'alterne trempage de tartines de pain de son / confiture d'agrumes dans mon lait très froid (car il fait très froid), déballage et écoute des rares disques reçus ces derniers temps, coups de fil relatifs à nos 541545 soirées à venir (oui, Le Retour du Boogie, ca marche bien, merci), séances de graphisme (affiches, bandeaux, flyers) pour les soirées à venir (pour le Boogie, pour Le Vendredi chez Pum, pour ma pomme), remplissage et vidage de machine à laver, tri et rangement dans les piles de bouquins (je suis complètement perdu dans de multiples lectures en cours, la honte), et puis surtout, je me demande comment je vais faire pour tout finir dans cette journée avant les 2 rendez-vous "bizness 'zik" de cette fin de journée. Bref, une journée de congé comme des milliards d'autre, sauf qu'en ce jour, je décide de réactiver le blog. Non mais !
Oh, et puis pour être honnête, il y a des raisons supplémentaires à cela, aussi : d'abord parce que mine de rien, pas mal de gens me lancent d'incessantes piques à ce sujet ("alors t'a enfin laché l'affaire, ju ?", "de toutes facons on le savait", la palme à "et pis c'était quand même pas terrible ton blog", stimuli extrême, l'auteur se reconnaitra), et puis aussi, et c'est un peu ma spéciale dédicace à moi, parce que même un crevard comme mon bro Alcor arrive à updater son récent blog de manière régulière, ce qui, quand on connaît le bonhomme et son aptitude à gèrer son temps, ressemble à un exploit parmi les exploits. Alors voilà, mon vieux Cocore, sache que hiphouse.org a une responsabilité dans la réveil du blog de Ju. Ah ben bravo, tu peux être fier hein !

Bon, qu'est-ce que je pourrais bien vous raconter d'autre ? Ah oui, Laure a enfin démarré son projet ambitieux et qui pourra vite devenir quelque chose de très cool si les projets suivent : imperfections.fr est une boutique virtuelle qui devrait être mise en branle le 1er novembre. S'y rejoindront moultes création, le plus souvent artisanales ou produites à très peu d'exemplaires, dans bien des registres différents. Si j'ai bien compris, car les dernières semaines, nous n'avons fait que nous croiser, notamment lors de l'accueil de l'huissier de justice assermenté pour venir mettre un terme (ou essayer...) aux activités sorties du 6 rue de la Madeleine, le squatt pluriculturel et multidisciplinaire qui accueillait bien des évenements depuis son "ouverture" il y a quelques mois (un lien avec une petite vidéo sur France 3 ici, le blog de Confluence6 est là...). Pour rappel, mon dernier post était consacré à cette triste journée d'octobre 2007 ; la veille, mon bro Dada et moi-même avons passé quelques heures à la maison, autour d'une pizza et d'Illustrator, pour faire une petite composition qui, le lendemain, était transféré sur t-shirt par le biais d'une petite séance de sérigraphie publique, durant toute la soirée entourant l'accueil de la dite-huissier...



Cette séance de découvert-partage, qui illustrait parfaitement, à mon humble opinion, la raison d'être du "6", a fait l'unanimité, et nous a regonflé à bloc, par les nombreux échanges durant cette soirée : nous venions d'emménager notre atelier commun (L'Affaire du Siècle tome 5, certains de ses auteurs, de ses projets, de ses envies, et l'atelier sérigraphie de David and cie), et lorsque la décision de la ville de Besançon (la restitution du "6") est tombée, je l'avais vraiment mauvaise... Nous savons désormais que nous l'atelier trouvera un autre toit, car l'énergie qui y transite est non seulement viables, mais en plus carrément chouette. Bosser sur des projets cools avec des gens cools, y'a pas à chier : c'est cool.

Et sinon ? Ah la vache ! j'ai oublié un truc super cool, quand même : se tenait à Besançon, il y a quelques semaines, l'édition 2007 du Salon Littéraire des Mots Doubs. Le Retour du Boogie a "joué" pendant le repas de clotûre du samedi soir, ambiance jazzy soul whatever, bon. Entre deux disques et deux plats, j'ai croisé monsieur Alain Rey, qui prenait l'air, en dehors du gros chapiteau où se tenait le truc. Alors bon, quand même, moi, Alain Rey, c'est un mec qui m'est éminement sympathique, et je parle pas de ses interventions médiatiques, à la télé où dans je ne sais quel canard, hein : Ed (le demi-frère d'Aesop Rock, pour la petite histoire, à moins que cela ne soit son père, ou son cousin, ou rien du tout, je ne sais plus trop), me rejoindra sur les qualités indéniables de son Dictionnaire Culturel, une petite somme qui vaut le détour à plus d'un titre, et qui était sorti il y a quoi, 2 ans environ je pense. Bref. Eh ben j'ai pas tenu, je suis allé emmerder ce bon vieux bonhomme à l'esprit vif, et très vite, c'est parti loin : l'une des premières publications du monsieur traitait de la bande dessinée ricaine, et fatalement, nous nous sommes retrouvés, pendant que mes 3 copains du Boogie diffusaient le plus fin des ethio-jazz pour des gens qui visiblement n'en avaient pas grand chose à carrer (ah, le triste destin des illustrateurs/ambianceurs sonores...), à évoquer les plus grands auteurs ricains, leur maestria, leur inventivité... Tout cela n'a duré que quelques minutes, mais tout de même, discuter, dans la nuit bisontine, au bord du Doubs rafraichissant, de l'importance et du génie d'Herriman, avec un mec comme Alain Rey, et ben cela a quelque chose de franchement très satisfaisant. Voilà, il fallait que je vous le dise, quand même.

Alors comme je me plains tout le temps, vous allez finir par croire que je ne sors plus du tout, sauf pour aller pousser quelques disques dans des soirées à la con. Ben non, j'ai eu le temps, la semaine dernière, d'aller voir "This is England", de Shane Meadows, qui aurait pu être un très très, très bon film.



Je vous fais pas le speech sur le film, ou alors vite fait : les dérives du mouvement skin dans l'Angleterre du début des 80's, dégueulasses avec Thatcher, les Malouines, et l'ultranationalisme en plein essor, le tout traité autour de l'histoire, infime et pourtant très juste, d'un gamin, orphelin de père (les Malouines, donc), un peu paumé dans sa petite ville typique de bord de côté, bon, quoi d'autre ? C'est le début des années 80's, donc, et putain, c'était quand même assez nul, les années 80's (je suis né en 72, je dis ce que je veux, c'est mon blog)...
Meadows les restitue super bien, ces années 80's, elles étaient pas loin au fond de votre cerveau (*), pas totalement disparues, et les voilà, présentes à nouveau, pour de vrai : c'est la vraie force du film, la première. La seconde, c'est la distribution, impeccable de justesse, tous les acteurs du film sont impressionnants, aucune fausse note, et quelques très très bons moments.
Pour les oreilles exigeantes, un troisième bon point : la bande son, parfaite, oscille entre northern soul classique, virées pré-new wave ou UK FM, et magnifiques excursions rocksteady, que du bonheur, habilement placé tout au long du film. Im-pe-cca-ble.



Le seul point noir, parce qu'il en fallait un, ne ruine pas totalement le film, mais m'empêche de m'emballer totalement à son sujet... Frustration, parce qu'il s'agissait de quelque chose de vraiment, vraiment réussi. Alors bon : ok, nos skins sont tous brisés, largués, un peu comme ces vagues au large de leur bled de merde ; ils tanguent dans leurs propres destinées, hésitant à s'engager avec plus de véhémence auprès de leur National Front (oui, tout pareil que chez nous, c'est ça), s'essayant avec plus ou moins de bonheur aux différents plan défonce qui s'offrent à eux, etc. En gros, le quotidien d'une bande de grands ados (mis à part le personnage principal, ce gamin, plus jeune que la famille de substitution qu'il se trouve auprès de la bande en question), dans la perdition sociale et relationnelle des 80's. Tout va bien, jusqu'à la fin du film, lorsque l'un de leurs ainés, un caïd un peu plus caïd que les autres, pète les plombs avec une violence visuelle vraiment marquante, marquée, prononcée, insistante. Pas de problèmes avec ca, mais plutôt avec ce qui s'en suit : le réalisateur s'attache à vouloir trouver une justification à la violence de la scène finale du film, dans le fait que le caïd en question souffre d'une énorme carence affective. Combo, le personnage en question (incroyablement bien interprêté d'ailleurs), est plus abîmé que les autres, et cela lui donne le rôle du plus mauvais, du plus extrême, comme s'il fallait toujours que la violence trouve ses origines dans une case déjà connue. Comme si c'était aussi simple, comme si le mauvais gars trouvait ses raisons d'être un mauvais gars dans une histoire familiale traumatisante, forcément, comme si son incapacité à se faire aimer pour de bonnes raisons pouvait systématiquement avoir une raison qui frise autant le pathos... C'est super dommage, car trop évident, trop gros, avec un énorme manque de subtilité, manque d'autant plus remarqué que la subtilité, elle, est une des composantes principales de ce film.



Bon, c'est dommage. Mais ca reste un magnifique film. On nous a bassiné avec le gamin, très bon, très juste, mais le film vaut pour bien davantage que cela, vraiment. On pense à Mike Leigh, à Ken Loach, évidemment, mais Meadows filme de manière très personnelle, je ne connais pas l'histoire du mec, mais entre le générique et certains plans très courts du film, je ne serais pas étonné qu'il soit issu de la télé, même si entre la direction d'acteurs, le rythme proposé (tout en habiles changements de tempo), la qualité de la photo, le mec me semble méchamment à l'aise avec l'art de faire du très bon cinéma.
Bon, il est bien ce film, hein, quand même...

(*), pas grand chose à voir, mais de taper "cerveau" dans ce bref texte sur "This is England", ca m'a fait remonter une ligne de Arnaldo Ginna, lue la semaine dernière dans "Les locomotives avec des chaussettes" (chez Alllia), et qui m'a marqué, alors comme je suis sympa, et que je fais ce que je veux avec mon blog, je ne résiste pas au plaisir de vous la refourguer, hop :
"Et si la voûte de notre cerveau était le manteau d'une cheminée enfumée par nos noires et fuligineuses pensées ?".
C'est bien, non ?



A part ça ?
Bon, ce bon vieux Comptoir des Indépendants, qui est, rappelons-le, le diffuseur principal des petites structures et des éditeurs alternatifs essentiels en France, propose depuis peu (depuis très, vraiment très peu, en fait), sur leur site, des textes de présentation de certains titres des catalogues des éditeurs qu'ils distribuent, mais rédigés par les libraires qui les vendent. Alors forcément, comme je suis dans une période "virez l'agent littéraire de Joe Daly, je vais faire le boulot", eh bien voilà ma petite contribution au site de ces gens qui m'inspirent, je dois bien l'avouer, le plus grand respect, depuis un bon moment, vu le boulot abbatu depuis tout ce temps. Bon, quand je dis "ces gens qui m'inspirent le plus grand respect", je me dois de citer l'exception qui confirme la règle, à savoir l'infâme Yves M., sinistre parmi les sinistres, et dont le plus grand plaisir et d'annoncer des choses exceptionnelles en promettant que "ouais ouais je te montrerais ca tu vas voir, c'est à tomber", sans qu'aucune suite ne soit donnée à ces annonces alléchantes. Un sinistre, quoi. Ouais c'est à toi que je parle saloperie de concombre ! Nan mais.
Mon premier speech, donc, concerne "Scrublands", du sud-africain Joe Daly, dont j'avais déjà parlé en cet endroit, lors de sa sortie originelle il y a quelques mois chez Fantagraphics. La version française est dispo depuis peu grâce à ces saloupiots de L'Association. Bref :
"Une bonne dose d'absurde, un penchant évident pour l'excellente production de dagga (la weed locale), le sud-africain Joe Daly est sur-équipé pour imposer son style halluciné, ses personnages improbables, et son monde férocement drôle.
Ce jeune auteur de 28 ans, né à Londres et proche du collectif Bitterkomix, à migré en Afrique du Sud pour y étudier l'animation pendant 2 ans. Son registre, s'il est fortement marqué par la lecture des éternels classiques underground nord-américains (Crumb et sa sempiternelle restitution d'une totale loose sociale, les Freaks bros de Shelton pour l'obsession de la défonce, pour ne citer que les plus évidents), témoigne également de cette formation : il faut lire "Prebaby", le récit le plus long de ce recueil, une histoire en quelques planches très marquées par cette expérience de l'animation.
Mais Daly, s'il arrive alors à prendre son temps pour établir de tels trip oniriques, avec force lenteur et zéro mots, ne se perd pas en route pour autant, et prouve qu'il est également un auteur très ancré dans le réel : les histoires courtes de l'auteur témoignent de la dureté de vivre dans un pays brisé, et si les personnages et situations créées par Daly y apparaissent quasiment tous comme des exemples de crétinerie absolue ou de non-sense total, nul doute que la critique y reste méchamment présente. Le seul véritable lien entre ces historiettes bien barrées et la lente séquence onirique, c'est peut-être la seule obsession de Daly : la filiation, la naissance, semblent jalonner le bouquin, et l'auteur ne cesse de tourner autour, dans un déluge d'inventivité et d'audace.
Joe Daly est un jeune touche-à-tout déjanté et inspiré, et son fascinant bouquin est à découvrir d'urgence."




Celles et ceux qui lisent l'excellent magazine Poly (oui, oui, anciennement Polytstyrène, c'est çà), seront déjà tombés sur ma propagande Dalyesque, car dans le dernier numéro j'avais déjà été mis à contribution pour donner quelques pistes de lectures, que je vous recolle ici parce que ca donnera l'impression que j'ai vraiment plein de trucs cools à dire... Le principe : Fabien, de Poly, propose plein de questions qui partent dans tous les sens, il faut répondre en très, très peu de mots (vous avez remarqué comme j'ai du mal avec ça ? Vous pensez que je suis bavard ? Non mais vous pensez vraiment que je parle pour ne rien dire ? Non mais sérieusement vous pensez réellement que j'en rajoute quand je parle ? Non mais vous me dites hein ?) à 3 ou 4 d'entre elles. Pour le dernier numéro, ca donnait donc ça :

- Pour ne pas encore sortir ce soir :
"Scrublands", Joe Daly (L'Association) : sommets d'absurde, persos hilarants, obsessions fascinantes, et penchant évident pour la weed locale : ce sud-africain touche-à-tout est suréquipé pour imposer son style halluciné et déjanté.

- Pour ceux qui prendront le train Metz-Dijon :
"Y le dernier homme", Vaughan & Guerra (Panini) : une saga d'anticipation avec la disparition du genre masculin comme idée de base, un seul survivant pour personnage principal, et le talent de Vaughan... Addictif.

- Pour l'échanger contre les oeuvres complètes de Maurice Genevoix (Goncourt 1925) :
"Complete Peanuts", Charles Schulz (Fantagraphics). L'original, pas la pénible vf : une somme de finesse, de poésie, d'intelligence. Classique parmi les classiques, pas une ride.

- Pour servir de cahier à Attila, 2 ans, armé d'un marqueur noir indélébile xxl :
"Petites éclipses", Fane & Jim (Casterman) : introspection douteuse, contraintes poussives, personnages pas crédibles, scénario vain... un laborieux bouquin qui pille les "indés", le talent en moins.


Voilà.
Oui, je sais, vous vous dites "rhôôôô il est lourd à toujours la ramener avec Casterman, tout ça...". Oui, bon, je chie où je veux, hein, et si c'est sur Casterman, ben c'est comme ça.

Vous avez remarqué que le King-Cat de John Porcellino est plus facilement chopable dans les boutiques françaises, depuis peu ? Ce n'est pas un hasard, et je ne me répandrais pas sur l'enthousiasme et l'énergie déployée par ce sacré Jonathan Larabie, qui a une responsabilité (une de plus...) dans cette histoire : je ne saurais que trop vous encourager à vous ruer sur les derniers numéros parus, qui, au moment où je vous parle, doivent être disponibles dans quelques-unes des librairies les mieux achalandées de l'hexagone (voire même par delà nos frontières avec la Belgique, si ca se trouve...).



Parce qu'après des années à oeuvrer dans son coin, John P. n'en finit pas de creuser sa place d'auteur décidément incontournable ; chaque King-Cat Comics & Stories recèle de petites merveilles de subtilité et de délicatesse, de justesse et de malice, et chaque lecture de ce fanzine provoque irrémédiablement une crise de bien-être et de satisfaction rare. Ce précieux escogriffe, pour qui le zen est autre chose qu'un concept marketting pour vendre des chewing-gum, arrive à communiquer sa sinçérité, sa sensibilité et désormais son apaisement via la dose de pages qu'il nous balance depuis maitentant des années, et ca fonctionne encore à tous les coups. Il est fort, ce John P.

Le dernier Aesop Rock est simplement énorme. C'est une constante chez ce mc, c'est en train d'en devenir une autre pour le label qui l'héberge, Def Jux : pas de tapage putassier, pas de recherche du tube ultime, pas d'égarement vain dans des contrées foireuses, rien de tout cela. Qu'on apprécie ou pas son flow, Aesop Rock prouve album après album qu'il est l'un des meilleurs lyricists de son époque, malgré son fameux flow faussement monotone, qui rebute les moins curieux et les plus pressés (tant pis pour eux) et ce fameux côté bavard qui caractérise pourtant les plus grands ; "None shall pass" est un album qui s'écoute d'une traite, et qui, pendant une heure, démontre la virtuosité du bonhomme, en passant par bien des ambiances, par bien des phases diffèrentes les unes des autres, sans pour autant sacrifier à la cohésion d'un des meilleurs albums hip hop parus ces derniers temps.



El P et sa clique, après avoir défoncé, quasiment à eux tout seuls, la scène indé ricaine il y a environ une décennie, ont eu une petite période où l'on sentait que tout ce petit monde se cherchait, creusait sans vraiment convaincre totalement. En 2007, avec les albums du Producto ("I'll sleep when you're dead", album grandiose et ambitieux, habité et maitrisé de sa première à sa dernière minute) et celui du meilleur mc de son "écurie", Aesop, on a la preuve qu'ils se sont trouvés, et pas qu'à moitié.



J'en rajouterais même pas sur la politique et l'intégrité des mecs du clan Def : le gros rouquin et ses potes ne descendent leur denim triple Xl devant personne quand il s'agit de bizness, et leurs choix commerciaux (distribution, etc) doivent faire rougir de honte pas mal de monde dans le rap game. Jukie 4 life !
/mode vieux con réac ON : bordel, il est où le temps où on se prenait des claques tous les mois en écoutant des disques ? En hip hop, j'ai l'impression que ca n'arrive qu'une ou deux fois par an...
/mode vieux con nostalgique ON : et puis Aesop, j'y peux rien, m'a laissé quelques uns de mes plus beaux souvenirs de hip hop "moderne" en live. Celles et ceux à qui le trip freestyle évoque quelque chose, et qui auront eu la chance de voir Aesop en live, sauront de quoi je cause. Derniere prestation vécue : en Suisse, avec Horsey Ed, et probablement Casual Dradra, je sais plus, mais ce dont je me souviens, c'est la facilité avec laquelle le gars s'affranchissait de sa mission : tout défoncer, en insérant dans sa prestation quantité de vrais freestyles spontanés et qui déchiraient sévère.


Alors bon, si je fais pas ma promo, qui la fera, hein ? Donc :
Depuis peu, on essaie d'organiser des choses dans un endroit récent, à Besançon, et où l'on se sent tellement à la maison qu'on aimerait qu'il s'y passe plein de trucs. Alors tout ça vient se greffer aux multiples plans en cours (et dieu sait qu'il y en a, avec notamment quelques gros trucs qui se précisent pour 2008, mais on a le temps d'en reparler uh uh uh), et ca donne un peu près, ça, dans l'agenda musical de ma vie à venir :
- ce vendredi 2 novembre, de 19h à 1h30, à Besançon, "a motherfolking moment" chez Pum, avec plusieurs sets acoustiques de la fine fleur de la scène nu-folk bisontine, parce qu'il y en a une, je vous vois venir.
- ce samedi 3 novembre, à Dijon, dans le cadre du Beatbox Festival, un chouette concert avec The Procussions et puis aussi Tentet!, soit le projet commun d'Electrons Libres, Homonculus Sextet, et le beatbox Tico.
- vendredi 9 novembre, à Besançon, et de nouveau chez Pum de 19h à 1h30, la clique du Boogie accueille le Pop-Corn crew, collectif dijonnais habitué à crâmer la Vapeur.
- samedi 10 novembre, au Moulin de Brainans, l'anniversaire de l'association Citron Vert, avec plein de trucs et notamment, dans la salle du restau, un bon vieux Retour du Boogie.
- vendredi 16 novembre, à la Vapeur de Dijon, les zozos de Pop-Corn accueillent Le Retour du Boogie ! Le premier qui me dit combien de fois il y marqué "Boogie" dans ce post gagne un panier garni.
- jeudi 22 novembre, je fais le warm-up de Wax Taylor au Cylindre de Larnod.
- vendredi 23 novembre, de 19h à 1h30, Retour du Boogie chez Pum à Besançon.
- samedi 24 novembre, Retour du Boogie au Balancier à Besançon.
- vendredi 30 novembre, de 19h à 1h30, release party de l'album de BlackJoy, "Time", sorti tout récemment chez Project. Pour l'occasion, monsieur BlackJoy nous fera l'honneur de sa présence aux platines pour un set oscillant post-disco. Je sais bien, ca veut pas dire grand chose tout ça, mais en même temps, un second panier garni à qui me trouvera un terme efficace pour qualifier l'album en question ; pas fastoche-fastoche.
- samedi 1er décembre, afters du Festival Entrevues de Belfort, devant La Poudrière, avec Le Retour du Boogie.

Il y a plein de dates super avancées aussi (notamment, et enfiiiiin, un Retour du Boogie à Paname, copines et copains parisiens, on se tient au jus !), dont on parlera plus tard, mais je reviens brièvemment sur la date du jeudi 20 décembre, car c'est une soirée qui compte vachement pour nous : pour notre première BoogieBoxxx Party, qui aura lieu au Cylindre à Besançon/Larnod (et qui sera gratuite, c'est assez rare pour le préciser !), Le Retour du Boogie et ses copains d'Honeyboxxx s'associent pour inviter deux beatmakers qu'on apprécie particulièrement en ce moment, et dont j'ai déjà parler maintes fois sur ce blog ou ailleurs : l'irlandais Mike Slott et l'écossais Hudson Mohawke, réunis sous la bannière progressiste "Heralds of Change", leur terrible projet commun, seront à nos côtés en cette soirée qui s'annonce grandiose, on en est sûrs ; et en tout cas, on va tout faire pour que cela le soit, mais j'aurais l'occasion de vous saoûler de nouveau avec cette soirée...

Et pendant que j'y pense, quand même, pendant qu'elle est fraîche, je fais tourner la vidéo de pou7, qui s'est bien pris la tête à faire un montage plutot cool de notre virée à Musiques de Rues 2007 malgré un morceau vraiment foireux, mwahahahah. Alors en attendant un nouveau montage avec du wild broken beat ou de l'emotronic bien destructurée, voici un trèèèèèès court résumé de Musiques de Rues 2007, festival bisontin avec lequel je vous ai déjà saoulé dans l'avant-dernier post...
Et puis après, promis, je ralentis l'egotrip.
Y'a plein de choses à dire sur tellement de trucs, on va pas passer notre vie à s'autocongratuler, merde...



ON AIR ON radiojUne :
- ca faisait un moment que Prefuse 73 tournait en rond, on le sentait bien. Son dernier effort est la confirmation qu'un mec qui apporte une contribution aussi indéniable au hip hop contemporain que fût la sienne peut aussi s'endormir en cours de route, et se perdre dans les méandres de choses déjà dites. C'est dommage. C'est paru chez Warp. C'est vachement bien sur scène d'après Alcor, Manu, et leur clique, qui sont allés voir ça avec Ed, à Genève, la semaine dernière. Mais je pense que ca doit être un peu près tout...
- Kissey Asplund (merci Narqo) défonce sévère aussi. Papa jazz crew - the baddest. Kissssssssey !
- "Une fois n'est pas coutume" dit le diction, j'ai envie de dire qu'avec "deux fois", ca marche aussi : depuis peu, je réécoute un peu de trucs à guitare, bon, je dois bien admettre que le plus souvent, c'est assez minimaliste, à tendance folk 3000, quand même : "White Chalk" de PJ Harvey est un chouette album ou l'une de mes couineuses favorites prend le temps de carresser un piano, et c'est vachement bien. Oui c'est diffèrent de ce à quoi elle nous avait habitué, et tant pis pour ceux que ca gêne, il est bien plus qu'honorable, cet album. L'autre album à base de complaintes grattées péniblement, c'est un coup de coeur communiqué par la moitié de mon tandem d'auteurs de bande dessinée belge favori, dont je tairais le nom, j'aimerais pas Déraper, uh uh uh : Elvis Perkins, messieurs dames, a signé un chouette disque, sur lequel je pourrais m'étendre longtemps si tout le monde ne l'avait pas déjà fait mieux que moi.
- le dernier album de Sharon Jones, toujours accompagné de la fabuleuse clique des Dap-Kings, "100 days and 100 nights", encore publié chez Daptone, est impeccable ; elle fait les choses avec passion, respect et sa place de diva soul des années 2000 n'est pas usurpée. Funky soul !
- Zenzile, c'est toujours aussi chiant et aussi peu inspiré. j'ai voulu essayer une nouvelle fois, mais y'a pas à chier : je dois être allergique, je trouve ca plat et sans la présence du fortiche Tikiman, j'aurais probablement vomi un peu.
- Dr Whodat, ou bien Jneiro Jarel, ou bien.. bref : Shape of Broad Minds, le dernier projet du homie from Phila, est plus foutraque que jamais, en apparence seulement. Car la linéarité de l'influence soulfull de ce projet aux bleeps encore mieux placés qu'à l'habitude respire sur tous les titres de "Craft of the last art", paru sur Lex, ce qui, je vous venir, et vous avez raison, signifie "une magnifique pochette pour le même prix". Bargeot juste ce qu'il faut, d'une richesse créative évidente, Jneiro prouve que toute la clique des nouveaux beatmakers a digéré l'héritage post-Dilla, et la restitution finale promet d'être énorme : il suffit d'entendre ce qui se passe en ce moment dans les recoins de la sphère hip hop pour se rendre compte que le vrai renouveau tant espéré arrive à grand pas, portés par des mecs de la trempe de ce joyeux zozo. La classe.
- J'ai déjà dit plus haut tout le bien que je pensais d'Aesop Rock. Son dernier album, "None shall pass", paru chez Def Jux, squatte ma platine, et entraine avec lui une belle sélection de Juxeries, à l'instar du dernier album d'El P., paru plus tôt dans l'année. Et je prend à rêver de ce à quoi pourra ressembler la réunification du combo Cannibal Ox, parce que putain, la quasi-intégralité de leurs titres sont des perles du plus qualitatif hip hop moderne, merde.

Je crois que j'ai fait le tour pour le moment.
Si dans les semaines qui viennent, j'ai un peu de temps pour blogger, je vous ferais chier à nouveau, sûrement pour parler d'un des meilleurs bouquins sortis cette année, et qui s'appele "L'autre fin du monde", signé Ibn Al Rabin, paru chez Atrabile. Formidable.
Et pour vous dire aussi que la date en décembre, ca va défoncer, sérieux, faut que vous veniez, toutes et tous. 8)



Hasta la bla bla.
Bonne semaine, les ami(e)s.

25 avril 2007

CHOSE PROMISE, CHOSE DUE.

Il y a quelques jours, en postant au sujet du concert du siècle (EL-P au Noumatrouff de Mulhouse il y a 3 semaines, pour ceux qui suivent que dalle...), j'avais parlé de vidéos tournées notamment par le copain M le Mehdi.
Alors au final, la qualité n'est pas à tomber par terre, mais certains moments sont un peu près restitués, tant bien que mal ; j'ai découpé les morceaux ou ca partait en vrille niveau visuel, j'ai essayé de faire ce que je pouvais, c'est super rough et "monté" de manière super dégueu, mais l'important, c'était de proposer quelques moments du show, pas grand chose de plus. Alors bon, ca bouge, le son n'est pas divin, l'image n'est ni claire ni précise, mais vous vous faites une idée, quoi....

Alors ouaip, on se bouffe du "Another Emcees" et du "Stepfather Factory", mais aussi des tonnes de petite choses dignes d'intêret (checkez ce que fait Dibbs avec le "Alphabet Aerobics" de Blackalicious, notamment) ; mais l'essentiel, c'est la présence, les tripes du gros P...
Parfois, les séquences durent 5 secondes, parfois 1minute, donc le mieux est de se mater l'intégralité, niark niark niark... Puis en tout, il n'y en a qu'une bonne dizaine de minutes donc bon...

Un dernier big-up à Jay, Dav aka L'En', Bas', Narqo, Zo, Mika, Roby, Jef et Céc', Flo Ease, Alex, Mehdi (thanks again, mon gars), et une belle salve d'insultes à ceux qui auraient du faire le chemin... You know who you are ! 8)

La première partie :



La seconde :



La troisième, et dernière :



Bon, voilà pour le moment.
Ah, si : ce samedi (28 avril), Zo et moi comptons bien tout casser pour le dernier Retour du Boogie du mois d'avril. Ca va être le bordel, on est super chauds, alors hésitez pas à venir nous taper une bise à La Crèmerie, rue Pouillet, à Besac, dès 21h30, et jusqu'à 2h. The usual kind of shit.



Je crois que c'est tout.
A toub.

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10 avril 2007

QUAND MEME.

J'ai pas une minute à moi pour prendre le temps de blogger, mais je m'en voudrais quand même de ne pas prendre le temps d'exprimer mon enthousiasme quant à la dernière petite soirée du weekend de bargeot que l'on vient de passer...

Allez, droit au but, parce que j'ai 2546154 trucs sur le feu : après un Retour du Boogie déjà bien sympa (et des tonnes de potes, comme d'hab), nous concluons notre samedi par un after impromptu (big up LaSté !), alors que nous étions bien décidés à prendre un peu de repos avant le gros du weekend (c'est le cas de le dire), notre petite virée à Mulhouse, au Noumatrouff, où mes zozos d'Electrons Libres devaient assurer, tout comme moi, l'enrobage d'une soirée dont le point d'orgue était la venue du seul, de l'unique, du génial El P.

Alors bon, "il nous fait encore le coup de la soirée de sa vie, tout ça...", je vous vois venir, et j'oserais dire que je vous comprend, tant il est vrai qu'il y a un paquet de gens qui m'emballent dans cette grosse mélasse dégueulasse qu'est l'industrie du disque. Eh ben justement.

Des bons producteurs, il y en a quelques uns, on peut les compter (la plupart ont oublié de se renouveller où se sont mis à cachetonner avant l'heure, mais bon).
Des bons mc's, idem : si le meilleur est peut-être derniere nous (/mode aigri OFF), il demeure quelques mecs qui, une fois armés d'un micro, provoquent quelques désastres quelque part dans la crôute terrestre, ou dans nos crânes, au moins.
La-dessus, des gérants de labels, il y en a des bons, mais soit leur exigence les conduit à fermer la porte, où au moins à réduire leur activité (vous avez remarqué le nombre de disquaires qui ferment ?), soit ils se mettent à faire des sacrifices et à signer des trucs à prise de risque moindre... Alors ceux qui gardent leur indépendance, contre vents et marées, qui préferent ramer en solo parce qu'habités par une passion qu'ils ne veulent pas diluer dans "l'industrie", justement, ils sont vraiment, vraiment peu nombreux.
Dans le business du hip hop, il y a aussi un paquet de mecs sympas, mais largement davantage de tocards, qui, saisis d'un melon de la taille de la lune, affichent une mégalo à tomber par terre, ou bien encore plus de poseurs, de mecs creux, de grandes gueules, d'attitudes photocopiées, de gens affairés à encaisser sur la hype du moment (tant qu'il est temps), et surtout, surtout, d'armées de clones, se contentant de refaire, de refaire, et de refaire encore, ce que d'autres ont fait, mieux ou moins bien, mais déjà fait...
C'est très rare, les fortiches dans plus d'une catégorie.
C'est encore plus rare, ceux qui cartonnent dans toutes.
Et El P. fait partie de ceux-là. Si vous en voyez d'autres, vous me le dites, hein...

On est partis tôt de Besançon avec les zozos qui me servent de crew (Electrons Libres et l'Enigmatic, le bro Jay aux photos, quelques autres copains), on est arrivés tôt à Mulhouse, le producto attaquait sa balance, déjà, je le sentais bien, mais j'étais aux antipodes de la vérité... Je vous épargne les échanges à base de cocksucking, c'était dur de laisser l'attitude de fan de base au vestiaire, mais bon : El P, depuis les premiers Company Flow, jusqu'à son dernier album "I’ll Sleep When You’re Dead", en passant par l'énorme aventure que représente Def Jux dans le paysage du hip hop ricain indé, c'est quelqu'un pour qui j'ai énormément, énormément de respect.
Le temps de chiller sous le soleil de la terrasse du Nouma, de checker un peu le soundsystem (ah, si les gens des salles bisontines pouvaient aller faire des soirées un peu plus souvent à Mulhouse pour constater ce qu'est un vrai bon son...), de reprendre quelques toutes petites forces (dur weekend, si, si), et la soirée allait commencer.

Après un petit set devant très peu de gens, je laisse Electrons et Len faire leur show, une semaine après celui au Moulin (à Brainans), et quelques jours après une brêve apparition au cours d'une soirée au Cylindre (à Besançon) ; pour eux aussi, la semaine a été longue, mais même si la fréquentation n'est pas énorme (dimanche veille de férié, c'était pas gagné, on le savait), ils arrivent progressivement à attirer l'attention du petit public qui finit par être assez réceptif à leur vision du hip hop. Spéciale dédicace à L'Enigmatic, dont les textes et le flow n'ont de cesse de s'affiner, de se préciser, de se personnaliser pour proposer un truc vraiment très, très bon. Besançon, un vivier ? Nooooon... Le Jura, les gars, le Jura. 8)
Entre temps, les potes nous rejoignent, Cécile et Jeff, le petit Alex, Bruno et Guy, Mehdi...

Le show commence, un titre où cette raclure de Mr Dibbs donne directement le meilleur de lui-même aux platines, et où El P. donne le ton : corps déjà à moitié en transe, regard à faire se lever une armée, tellement de présence qu'il faudrait inventer un nouveau terme plus fort que "ultra-charismatique", flow à 800 à l'heure, bref, c'était déjà le bordel, malgré la faible audience.
Le premier titre se termine, et paf, la soirée commence pour de bon : El Producto invite consciencieusement tous les spectateurs (j'ai bien dit TOUS les spectateurs...) à monter sur scène pour boire un pot, indiquant des quantités de bière nous attendant gentiment sur la droite de la scène. Les raisons sont nombreuses, mais l'anniversaire de Jon, leur video-guy, semble être la raison principale de tout ce bordel. Quoiqu'il en soit, les gens commencent à envahir la scène, ambiance cool et bon enfant, et P fait le barman, allant donner des verres à un maximum de gens, avant d'attaquer un nouveau titre.
Inutile de dire que les beatheads qui étaient présents étaient aux anges, les autres aussi tant il était évident que l'opération séduction sentait plus la sinçérité que le calcul. Et puis parce que les gens n'étaient pas légion, P donne le ton : "I want all you motherfuckers to stay on stage, with us, we're all there for having a good time, so just forget about this stage thing and give up all this shit, now we'll do our thing here, okay ?". Le feu.

Les titres se succèderent, je passe sur le show de Dibbs, avec l'énergie et l'efficacité qu'on lui connait (3 litres de sueur déversés dans la mixette, clairement), et je ne saurais pas résumer celle de P. et de son homie, Quin, aux backs derrière : tout déchirer, c'était le but du jeu, aussi.
Toute la durée de leur set, des flots de folie furieuse, avec un El P qui se laisse tomber à terre alors que Dibbs envoyait les phases de scratch les plus agressives que j'ai entendu depuis belle lurette, transe totale, habité n'est plus le mot. Et quand le fat beat revient, le rouquin new yorkais a déjà réveille son audience, qui fait des bonds de cabri autour d'une scène qui semble nous menacer à chaque instant de se faire défoncer sous poids conjugués...
Un véritable bordel de gigantissime envergure, un son d'enculé, des textes à coucher l'ensemble de la planète hip hop... Entre potes, nos regards se croisaient, et sans pouvoir se parler (imagine le bordel !), on pouvait être d'accord, on le voyait : on assistait à un grand moment de hip hop, clairement.

Après un show inoubliable, avec quelques uns des plus gros hymnes de la planète Def Jux ("Stepfather factory" en guise de dernier titre, avec Jeff en guest de Quin, mortel...), il fallait bien que cela s'arrête...
J'étais sur scène juste derrière Dibbs (je pense pouvoir dire que je lui servi de mur de soutien lors de sessions vénères un peu plus marquées que les autres...), j'ai pris le temps de lui dire qu'il était hors de question que je reprenne derrière lui après CA ("...what the fuck you want me to do now !?..."), le mec était mort de rire et m'a super encouragé en me disant que j'avais joué des grosses tueries avant, inutile de préciser la taille de ma satisfaction après ça... Eh ouais, c'est aussi ça, l'attitude fan de base : se liquéfier comme une fillette devant des mecs talentueux, j'y peux rien...

Les autres ont pris le temps d'aller taper la discut' dehors (il faisait putain de BON) pendant que je j'allais tenter une fin de soirée potable, tant bien que mal. On a terminé avec le staf du Nouma et quelques gens sympas, à boire quelques coups avant de reprendre le minibus, surexcités par la soirée.

Après 2 heures de route et à peine plus de 3 heures de sommeil sur deux nuits, arrivé à la maison vers 6h du mat ; impossible de dormir, à fond dedans. J'allume les platines et je continue ma nuit de gros son jusqu'à plus de 11h du mat, où je m'étale, exténue. Bon, j'en ai profité pour faire un mix de saloperies à base de Def Jux, je tâcherais de le mettre en ligne je sais pas où.

Le dimanche après-midi, il fallait aller décompresser, gloire soit rendue au freesbee nounours : grosse session gazon/frisbee/copain/glace en Gare d'Eau, avec Tristan-du-Boogie et Jack, ses potes, Vince, Jay, Jeff, Balth... Et on était tous d'accord : dur de redescendre après ça...
"Its a good year to be a jukie", dit le producto sur son blog, dès le lendemain.
C'est rien de le dire.

Si tout va bien, des vidéos et des photos arrivent tout bientôt. J'espère qu'elles vont déchirer, celles de Jay vont tout défoncer, bref... L'enthousiaste est encore là. Vivement ce soir que je retrouve les platines, bordel !

this P. guy and this D. guy    8)

PS : Pendant ce temps-là, l'esprit est donc super-occupé, et ca tombe super bien. Merci tout le monde... 8)

9 mai 2006

Herbe, skeuds, pied pourri II.

Bon, il fait aujourd'hui un temps de merde, mais on a quand même eu le temps de bosser un peu dehors.
Sandrina Cambera in action, sur le pré-découpage d'un énième chapitre de son dernier gros projet ; dix contre un qu'en passant dans le coin après son départ, on trouve une gomme ou des crayons de papier.
Pendant ce temps-là, j'apprenais méticuleusement mes quelques lignes de dialogue pour les premières "répet'" d'un court-métrage dans lequel je suis censé faire le pitre (more soon...). Eh ben c'est dur d'apprendre "par coeur" quand on a pas fait ça depuis, oulààà... 15 ans ? Vache.

drinegaredeau05-2006

En tout cas, c'était cool de bosser tranquillement dehors, dans l'herbe offerte aux passants, aux retraités, aux canards et à ces enflures de feignasses de jeunes, hein. 8)


=> le 19 mai, TV on the radio à la Laiterie de Strasbourg. Count me in ; si je trouve personne pour m'accompagner, je me rabattrais sur Leena Conquest (mais si, la nénétte qui chantait notamment "Boundaries") accompagnant le pianiste Dave Burrell (pas le premier débutant, hein), pour un concert bisontin. Damn.


=> J'ai voulu tester le dernier numéro du magazine Muziq (sous-titré "le magazine qui aime les mêmes musiques que vous", bonjour l'accroche, hein), trimestriel pas toujours mauvais, mais rarement très bon (malgré les sympathiques chroniques de bandes dessinées du camarade Poussin, besançon reprazent).
Alors ce fameux numéro (le sixième, avril-mai-juin) balançant un fier "les 150 cd soul/funk indispensables", je n'ai pas su résister et évidemment, j'ai fonçé tête baissée dans un piège digne d'un marketteux de chez Bamboo/Jungle, la honte.
Et alors ?
Ben ca n'a pas loupé, je me sens à des années-lumière en ce qui concerne les classiques absolus de ce genre pour vieux pépés (ouais, c'est ce que semblent me dire mes amis "jeunes", purs amateurs d'electro-bleep-chipset-music, de post-tribeca-hippie-folk, ou de gore-sombre-metal...), comme si une sélection "absolue" pouvait signifier quelque chose, au fond...

Alors déjà, l'article d'intro-prélude-hommage à ce "dossier" est un papier sur Sly.
Rien à dire, le monsieur mérite bien ça, et bien plus encore ; j'aurais préféré qu'on focalise un peu sur les contenus des disques cités (bordel, suis-je donc le seul à considérer le titre "Familly affair", tiré de "There"s a riot goin' on", comme étant un des meilleurs titres de tous les temps ?) plutôt que de s'étendre dans un papier qui frise la nécro... artistique, du moins : cela n'aura échappé à personne lors de la remise des derniers Grammy Awards, Sly is alive, pour le meilleur et malheureusement pour le pire... Bref.

Puis j'ai lu, comparé, cherché, me suis rué dans mes étagères et bon, globalement, ca va (bon, 3,5 euros qui ne seront pas investis sur I-Tunes, quoi) : mes favoris Curtis Mayfield, Donny Hathaway, Roy Ayers, sont cités de manière digne, auprès des Gill Scott-Heron, Aretha, Stevie Wonder, Marlena Shaw, Marvin Gaye, Roberta Flack... Il y a même un des abums de Minnie Riperton (même si "Perfect Angel" et "Adventures in Paradise" ne sont pas ce que l'on pourrait qualifier de "bons albums", malgré toute l'admiration -c'est rien de le dire- que j'ai pour miss Riperton), ou le Shuggie Otis ("Inspiration information" étant évidemment une petite pépite, mais j'aurais pour ma part cité "Epic" comme éditeur de ce disque de 1974, la version de Luaka Bop étant une réédition de, euh, 2000 ?)(bref, c'est chipotage, là)...

Mais ou est donc passé Doug Hammond ? Parce qu'affilié trop souvent à une scène strictly jazz ? La bande de Detroit flirtait trop avec la soul pour qu'on les laisse en plan. Doug et les gens de Tribe (Marcus Belgrave, Wendell Harrison, Phil Ranelin...) me semblent évidemment bien trop absents de ces listes.
L'album eponyme de Cymande (1972, un grand cru, hein), truffé de classiques ("bra" ou "the message"), trop orienté funky dancefloor ?
Ou est Leroy Hutson ? OU EST LEROY HUTSON ? Merde, c'est bien de parler de Curtis, de son label Curtom, de Donny, mais ou est passé Leroy Hutson, l'interprète de "it's different", instant classic, merde ? "Love oh love" ou "So in love with you", sur l'album "Love oh love" (1973), si c'est pas un monument de soul, çà !?
Je n'ai rien vu non plus de Labi Sifre. Bon, il y a quand même un album qui, à lui seul, excuse tout ce qu'il a pu faire à côté... Pour rester dans la constellation Curtis, on aurait aussi pu parler de Patti Jo (la reine de la reprise qui tue).
Roy Ayers a fait tellement de trucs qu'il aurait aussi du être inclus dans une telle liste ; on aurait pu, pour inclure au moins une note d'afro dans ce petit chaudron (ou tout se mélangeait de toutes façons), citer son projet avec Fela Kuti. Ca n'aurait pas fait tâche.
Ou sont les Mandrill ? "Composite truth", avec son "Hang loose", son "Fencewalk", son "Polk street carnival" (1973) ? Ah si, je viens de retomber sur la compilation, citée effectivement. Autant pour moi. Je commencais déjà à monter dans les tours... 8)
Pas d'accord sur The Temptations ; ok, leurs singles sont souvent supérieurs à leurs albums, mais "Masterpiece", lui, vaut au moins le coup, sérieux, faut le réécouter, il est l'un des rares à tenir bon, et bien, et fort.
Isaac Hayes n'a pas fait que "Shaft" ou "Hot buttered soul" (ca aurait déjà été très bien, hein), mais il a pondu aussi des trucs assez énormes (et pas mal de petites bouses, ok) comme "Truck Turner", chez Stax (encore une BO). Ca vaut le coup ! Dans le registre, une oreille au "Death Wish" d'Herbie ; oublions un instant le moustachu Bronson... La BO déchire, tout simplement, il y a des montées funky en diable, carrément.
La voix unique (oui, oui, tout le monde sera d'accord la-dessus, au moins) du vocaliste affilié jazz Leon Thomas n'erre t'il pas dans de longues contrées soul, si on écoute certaines de ses contributions aux albums d'Alice Coltrane ? Ok, c'est jazz, en dehors. Mais en dedans ?
Et où est passé Gary Bartz, à part cité briévemment dans une minuscule liste "jazz" ? Quoi, un cuivre jazz, Bartz ? Il faut réécouter le bonhomme, il a injecté de la pure soul-funk dans sa carrière de jazzman, quelque chose de sévère ; et non, je ne dis pas ça parce que "Music is my sanctuary" est un des meilleurs titres de tous les temps (d'ailleurs, je me passerais bien de ce solo final, pénible et vraiment daté, lui).
East Harlem, que ce soit the Voices ou le Bus Stop, y'avait quelques tracks à tomber par terre, aussi.
Ou diable sont passés The Crusaders ? "Those southern knights" fonctionne très fort, encore un chouette long format oublié, dommage.

Dans les classements par "single" (car à l'époque, tout n'était pas forcément dispo en long format, c'est une bonne initiative d'avoir listé ces formats courts), j'aurais apprécié de voir cités des classiques comme le "Baltimore Oriole" de Lorez Alexandria, bombinette power-drum-funk signée Webster/Carmichael.
Et Weldon Irvine ? "I love you" sur l'album "Sinbad" (1976), simplement inévitable.
Le "Why marry" des Sweet Inspirations est un titre qui vaut bien d'être sélectionné, je crois.
Et je ne parle même pas de The Rotary Connection, flanqué d'une vilaine "combo soul-pop psychédélique" par Muziq lorsqu'ils sélectionnent Minnie Riperton.
Ce n'est pas un hasard si "Black gold of the sun" est ressortie sur toutes les compilations estampillées "rare groove" : ce titre, dans version originale, est un standard de soul-funk atmosphérique, enlevé certes par des arrangements qui doivent plus au rock psyché de l'époque qu'à la soul "classique", mais faut pas se creuser longtemps pour savoir d'où provient cette chair de poule à son écoute... Soul, baby ! Merci qui ? Merci Charles (j'insiste même pas sur l'album qui comportait ce titre, je crois que j'en cause une fois par mois, bonjour le monomaniaque..).

On aurait pu, dans les choses un peu plus contemporaines, citer des artistes comme Sharon Jones, qui a attendu un bon moment avant de faire parler d'elle et de son bouillant afro-funk (retenons le "Naturally"), Bosco et ses potes de Daptone Records ont énormément contribué au truc funk 2000, indiscutablement.
Raphael Saadiq, génial auteur-compositeur-producteur-chanteur-etc, avant son très bon "Instant Vintage" (2002) cité dans le mag, avait donc signé le projet Lucy Pearl, qu'il semble bon d'égratigner ici ou là. Eh ben... "Facile" et "séduisant", le Lucy Pearl ? Oui, certainement, mais alors, si c'est pas la quintessence de la bonne soul 90's/2000, je vois pas ce que c'est... "Dance tonight", c'est quand même assez énorme, merde. Ouais, efficace et presque vulgaire, mais alors... Qu'est-ce que c'est bon, merde !
Et puis en guise de nappage final, j'aurais proposé un clin d'oeil aux nouvelles générations, venues à ce genre par le hip hop (je fais partie des vieux qui ont pris l'acid-jazz dans la tronche avant d'arriver à la soul-funk originelle) (plus dure fût la chute ?!), un truc genre "Brainfreeze" de dj Shadow et Cut Chemist.

Bon, ne pas trop cracher sur un magazine qui peut faire une couv avec Zappa, et consacrer une page à Mike Ladd, 3 à Ursula Rucker, déjà, c'est plutôt rare par les temps qui courent, respect pour ça, donc.

Simplement, un truc comme ça méritait bien tout un numéro pour ne pas facher les fâcheux comme moi, quoi... 8)


=> Je me suis fait traiter de "meussieur moustachu" par l'enfant d'un ami passé à la lib... Je sais pas trop pourquoi, ca m'a fait penser à quelqu'un, auquel je pensais justement la veille en rafistolant mes déjà vieilles Air Trail ...
Coincidence...

niketwistedhome04


=> Plutôt marrant : "Stephen Colbert insults président Bush to his face".


=> Cette enflure d'El-Producto, l'un des rares à aller jusqu'au bout du truc, sur bien des plans...
"Def Jux makes history today !
Just want to let everyone know that Jux is the first independent hip hop label ever to launch its on digital download service as of today. Go to www.definitivejux.net and you can now download any song we have ever released, any video we have ever put out, as well as brand new site exclusive songs by Cage, Aesop Rock, Rob Sonic, Hangar 18, Despot and coming soon El-P.
This is the begining of a new era in indy music. Check the shit out... Play around... Have fun. We made it for you.
Love, El-P."


Bon, c'est pas la modestie qui l'étouffe, le gaillard.
Mais bon, respect to El-P. Inconditionnel, même.


=> Le dernier numéro du magazine Vice est sorti, avec en guest-editor l'horrible Johnny Ryan ! Ouuaaaiiiis ! Et c'est toujours gratos... Jaffee, Dave Choe, Bagge, Cendreda, Cooper, Harkham, Millionaire, Panter, Liz Prince... Du beau monde :
"The issue is a doozy, kicking off with a collaborative cover by Johnny and legendary MAD artist AI Jaffee.
Inside you'll find a wide array of comics and drawings from many of the field's best and brightest talents, including ... Rick Altergott, Peter Bagge, Marc Bell, Jim Campbell, Martin Cendreda, Ben Cho, David Choe, Milano Chow, Dave Cooper, Jordan Crane, Robert Crumb, Sophie Crumb, Vanessa Davis, Patrick Dean, Mary Fleener, Sammy Harkham, Sam Henderson, AI Jaffee, Cole Johnson, Martin Kellerman, John Kerschbaum, Jim Krewson, Ted May, Lorna Miller, Tony Millionaire, Jeremy Onsmith, Gary Panter, Liz Prince, Johnny Ryan, Kaz Strzepek, Steven Weissman, Kurt Wolfgang, Dennis Worden, Dan Zettwoch...
Hopefully you get the idea.
The issue,also features comic-related "Tidbits" (ie, photos of fun stuff laying around various comic artists's studios), reviews and articles, and some photos of the most dedicated superhero fans you ever did see.
The street date for this issue is May 5, and with national distribution wrapping up by the 10th. The best part? VICE magazine is FREE!
There will be some exclusive online-only content as well, which you'Il hear more about soon."



=> Part. 2 n'est pas que le producteur bien connu, il était avant tout un sale vandale avant de scotcher les studios.
Depuis, ses peintures se vendent plutôt bien, notamment sur ebay : "Original canvas : spraypainted portrait of "Saul Williams" on a huge 57" x 72" canvas".


=> Le nouveau single de Killa Kela (le meilleur beatboxer du monde) (si si, j'vous l'dit) est intitulé "Secrets", et c'est dispo avec des remixes de Wiley, Adam Freeland, une version beatbox live exclusive, ainsi qu'un remix de Clipz (Full Cycle) de "Jawbreaker". Wouch !


=> The Reptiles ont de la came récente et inédite ici (à l'origine pour une session sur BBC 6 Music Sessions).


=> OMR se sont fait Prefuser : "The door", c'est juste ici, sur leur page myspace.


=> Ouhlà, merci Fringe pour ce lien là.


=> Rien lu de particulier ces derniers jours, beaucoup de boulots à terminer (graphotism, mixes...), mais attaqué la pile (plein de nouvelles choses dedans, bandes dessinées, romans...). On en recause la prochaine fois.


On air on radiojune :

Dans l'ordi, quelques saloperies, comme le dernier album de Jel ("Soft money", chez Anticon), nouvelle démonstration de la perverse mais délicieuse batardise du ptit gars du Michigan.
Je suis le premier à reconnaître une sorte de routine un peu chiante chez pas mal des zozos d'Anticon, mais faut admettre que certains sont quand même très, très forts. Jel, for example.

Le dernier Calexico, donc. Bon, on essaie d'oublier les précédents, car on dirait bien qu'il s'agit de nouvelles terres que les lascars tentent d'explorer ; du moins, de nouvelles provinces de leurs anciens territoires de jeu. Mais ca reste du Calex agréable et progressiste, à grand renforts de melodica, et moi, le melodica, j'aime ça ("Garden ruin", chez City Slang).

Lorsque le rappeur Declaime décide d'assumer ses désirs de chanter, il revet son costume de Dudley Perkins et rejoint l'éternel Madlib, et à eux deux pondent des petites claques comme l'excellent "Expressions" (StonesThrow) ; rien de très surprenant pour ceux qui connaissent déjà bien les précédentes collaborations du duo, mais toujours un millard de crans au dessus de la production hip hop "classique" d'aujourd'hui...

Les derniers tracks balancés par dj Shadow ne laissent rien augurer de bon. Apparemment, Josh kiffe grave le crunk et va nous en mettre plein la goule dans les semaines qui viennent. Je suis fatigué d'avance.

Sinon ? Ils nous ressortent pour une énième fois la réréréédition de la bande originale classieuse du film pas terrib-terrib (mais culte quand même) "Wildstyle", truc de ouf malade, comme ils disent en bas de chez moi.
Il s'agit quand même là d'un disque tout simplement imparable (grosse grosse production signée par Stein du groupe Blondie, et avec Fab Five Freddy au mike), pillé 12 milliards de fois par tout ce que le hip hop peut compter de gros producteurs (Primo, Large Prof, et plein d'autres), et merci Mr Bongo de nous le ressortir ; je n'ai pas encore checké cette version, me contentant de celle sortie il y a une petite dizaine d'années, mais apparemment "that's even better".

Et puis le toujours volubile duo (ouais, le troisième s'étant fait buter, si je ne m'abuse) The Coup revient avec un album qui mérite l'écoute ; on attend pas de coup de bol (markettinguement parlant) dû a une pochette de disque prémonitoire, cette fois ("Pick a bigger weapon", chez Anti)...

Bon, y'a pas que dans l'ordi qu'il y a du son, hein :

playlist08-05-2006

En haut, puis en bas, de gauche à droite, les vynils puis les cd :

- Push Button Objects "A day in the life" (Skam #11).
- Stacs of Stamina/Pilot Balloon "isn't this enough" (Sideshow/Komadose/2nd rec. 2003).
- Atmosphere "The Lucy EP" (Rhymesayers 2001).
- Stevie Wonder "Songs in the key of life (collector's version)" (Emi 1976).
- Deep Puddle Dynamics (Anticon 1999).
- Rapid Transit (compilation avec Prefuse 73, Roots Manuva remixé par El-P, East Flatbush Project, Push Button Objects remixé par Gescom...) (Chocolate Industries 2000).
- Aphex Twin "Donky rhubarb" (Warp 1995).
- Luscious Jackson "in search of manny" (Grand Royal 1992).
- Diabologum "365 jours ouvrables" (Lithium 1997).
- The Jesus and Mary Chain "stoned and dethroned" (Blanco y negro 1994).

Drôle de mixture hip hop à tendance électro(nica), avec des vrais bouts de pop dedans ; je dois être un peu malade...

=> Ah ouais, une petite carte postale, vite fait en passant.
Rooophy, si tu me lis, ceci t'es dédié (ca t'apprendra à me laisser des commentaires horrifés sur myspace, uh uh uh). 8)

piedpourricartepostale

Alors après les espèces de bulles de liquide d'articulation (un peu comme dans les genoux, l'épanchement de truc-bidule, là ?)(sauf que ca fait 15 ans que ca dure...) sur des doigts de pied déjà relativement laids, une poche de sang (comme c'est mignon !) sous l'ongle du petit doigt de pied.
Ah, un vrai plaisir pour les yeux, un réel chewing-gum visuel, une petite poésie ophtalmique, un doux vertige rétinien. Je suis comme ça, moi, j'aime les gens.

last minute *** last minute *** last minute *** last minute
ps : Casualcrola, je suis sur Dijon demain mercredi, si tu veux aller te restaurer aux côtés de la brune et moi-même, on te phone dans la matinée.
Ouais, ce blog devient n'importe quoi ; en même temps, c'est pas nouveau, et puis, je fais ce que je veux, hein.
Des bises.

ps2 : bien reçu un groooooos paquet de "Liltrip Polychrome"... Miam ! Sounds great. Celles et ceux que ca interesse, vous connaissez la méthode.

Voilà. Bientôt encore des conneries ici.
Ou ailleurs.
Ou pas, d'ailleurs.