Affichage des articles dont le libellé est adam. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est adam. Afficher tous les articles

19 août 2023

Philly's in the house.

Paname avec mon gars sûr depuis 35 balais et sa famille. 🤜🤛❤️

Les Halles le temps de vérifier que nos souvenirs sont bien là où ils sont ; la collection permanente du Centre Pompidou histoire d'en produire de nouveaux, avec la mifa, la suite. 👀

TBC 👈




28 juin 2020

[sneakerbattlebbq]

(import depuis insta)

I spent way too much time hallucinating while scrolling on the #sneakerbattlebbq hashtag, this thing launched by my man @AirRev and followed and commented from all those great sneakerheads from everywhere who are clearly giving dizziness for free with their incredible gems, too.
I wanted to share those days's craziest hashtag simply to praise the name of my old good friend, this AirRev guy, as I'm clearly so far away from all those shoes collectors.

I was living in my quiet little countryside town in eastern France and in the (very) late 80’s, basketball wasn’t huge here as it is now.
Of course, pretty soon everything changed worldwide with the Dream Team and all, snap, but in 89/90 very few french teenagers were deep into the NBA or/and shoes back in the day, and most of the time, it was the same heads that were into, let’s face it, hip hop invasion. There’s many reasons for that and instagram isn’t the best place for posting cheap and lame social studies results, but whatever, for many reasons, I was one of those guys, class of ’72, fed up with the French national principle habits (soccer and lame pop/rock), and US cultural hegemony totally got me at the time. Ok, still the case, but anyway.

So when some kind of « real Philadelphia b-boy with attitude» first put his Nike shoes on our small and modest playground back in those days, I knew something uncommon was happening in our lifes, where nothing happened really, never, ever (if you wonder what the f%¥ Adam was doing there, ask him to write his autobiography).
Of course, we also were both dumb as 20 years old or so young adults (ah ah ah) could be at the time, and I think it was an instant connection not only for the jokes, but also through the culture we had in common. What I couldn’t imagine at the time is that that guy became something else than some holiday pal, and that more than 30 years later (30 years ! You old man), he’s still one my best fave persons in the world, whatever the traps he get us during those decades, or the great plans, too. And I’m not saying this because sometimes during all those years, I sometimes got some mail from Ad that were mostly consisting of pairs of shoes, which was every time cool as shit, as you can imagine. And even if I was away from the sneaker mania that made him AirRev, this guy whom people still talk about today as the coolest ever, whatever the grey hairs in his beard today.

The romantic blurb is done, now here’s my #sbbbq modest add : back in 94, I’m doing the trip of my life (geographically speaking, but not only, cause, well, you’re doing stuff when you’re young, right ?), landing in NYC with the baddest English skills you can imagine, very few money in my pocket, no real plans except : a) going to Minnesota (don’t ask !) basically for some girl I met in France months before ; b) check my man Adam in Philly or NYC as he was there at the time ? Was he ? Damn, I got very few phone numbers, internet wasn't this thing, and damn, I cannot really understand what his mum told me when I was calling from some public phone.
Okay, we’ll see that later.

So it was my first US trip, I was all alone in NYC, and Adam, my sneakers-supreme-head wasn’t there to guide me. So, day #2 in NYC and I get into some store in Manhattan and spend some money in those Nike shoes (pic #1). Later, I took some Greyhound and made some hitchhiking (I was broke ! I shouldn't buy shoes) to reach the girl, and it got me quickly (I had an agenda) visit Pittsburgh, Cleveland, Detroit, Chicago, Milwaukee and finally, Minneapolis. A couple of time later, I did the trip back, and those shoes were quite my only pair during this whole crazy trip, plenty of crazy adventures of its own (including some kind of traumatic ones, hell yeah).
I still got it ! I cannot throw away things, I’m this kind of pain in the ass when it comes to moving from a place to another and everything. But I'm throwing away old shoes usually.
Not those ones. Those are not the best shoes in my super short and modest collection.
But those are the ones I’ll never throw away, so I guess those are the biggest treasure in my collection, in some ways ? And for some reasons, when I see it in my garage with all the other boxes, I’m just thinking about one thing about my crazy, crazy US 94 trip : I was unable to see Adam and this was soooo fucked up.
This was my (very) personal non-contribution to the BBQ !
Also included is some other pair of shoes, the only one I’m not wearing (I wear ALL my shoes, including the rare stuff Ad sent me telling me to take care of it), some Puma cause you know, that guy.
Love you, AirRev !
Love reading all those #SBBBQ stories of you guys.
Sorry to make some detour about this !
#sneakerbattlebbq

11 mars 2008

"Air Rev" is your new bicycle.

"Pas de familiarité, de la tenue, respectez les gens, vous êtes les représentants de l'état, vous devez avoir une éthique, être exemplaires. Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais qu'on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes de voyous." (le nain détestable, novembre 2007).

Eh ! C'était la fin du festival GéNéRiQ ce weekend. Je suis allé voir AntiPop Consortium, qui passait à Belfort, à la Poudrière, avec Laulau, Guy-Mich et Dada. C'était vachement bien (j'esquive brièvemment la prestation de Faso Kombat, moi j'ai pas adhéré du tout du tout). APC passait à Dijon le lendemain. Malgré un taux de sommeil journalier proche de que dalle ces derniers jours, ben j'ai craqué et remis çà, cette fois avec Sté, Lala et Narqo. La-bas, on a retrouvé Picon Jef, Alex, Alcor, Flo, Ornella, et quelques autres, pour ce qui fût sûrement ma meilleure soirée du festival.
Alors, qui de cette reformation ? On se souvient que le meilleur groupe hip hop de la fin du siècle dernier avait opté pour plusieurs projets paralèlles, et que ces dernières années, nous avions perdu espoir de les recroiser ensemble : High Priest et M. Sayyid, entre deux projets persos, avaient lancé Airborn Audio, et Beans tripatouillait la bleep music du côté de chez Warp, notamment.
Alors lorsque j'ai entendu parler de cette reformation, évidemment, j'étais au taquet : ceux qui me connaissent (ou me lisent) savent combien APC a été un groupe important pour moi. Une prestation scénique avec 5 ou 6 personnes ? Damned. Qu'est-ce que c'est que cette histoire... Et avec quoi se faire une idée ? Avec "Volcano", seul titre nonchalemment balancé sur leur page myspace, pour justifier cette reformation ? Merde, c'était un peu court, ca sentait limite mauvais... En tout cas, j'y allais surtout par acquis de conscience, je dois bien l'avouer.
Rejoints par leur "un peu plus que simple ingé son" Earl Blaize, épaulés par un clavier spécialisé dans les fréquences de basse, la formation live du nouveau APC a rempli sa mission : faire se rappeler aux gens présents qu'ils ont une responsabilité dans l'histoire du hip hop tel qu'elle s'écrit en 2008. Leurs envolées breakbleep minimales, leurs expérimentations dans les superpositions de fréquences qu'on croiraient dûes au hasard, leurs beats faussement simplistes mais foutrement bien placés, tout cela était au rendez-vous. Une belle cohésion, même si à 5 zozos sur scène, les pains foutent davantage la merde qu'à 2 (je pense notamment aux prestations scéniques de Airborn Audio d'il y a quelques mois). Et lorsque les mc's prennent le micro, c'est encore là que l'alchimie déborde et envahit l'espace qu'il y a entre nos deux oreilles : hip hop mental mais jouant directement sur votre sens du headbang, cohérence dans les microexcursions spoken provoquant un engouement immédiat même sur les moins anglophones (car il faut suivre leur débits, surtout aux deux plus petits des ce trio de fabuleux lyricistes), bref : tout pour finir dans un état de bonheur avancé.
Evidemment, lorsque vous êtes au premier rang d'un public qui semble dans sous ses états (d'après ce qu'il reste de ma colonne vertébrale en tout cas), que l'un ou plusieurs de vos artistes favoris vous reconnaisse stimule encore davantage votre sentiment de satisfaction. Ben ouais, je me fiche gentimment de ma petite voisine et de ses posters de Tokyo Hotel, mais mon mode "groupie à la con" n'est pas dégueu non plus. Anyway : discuter quelques instants avec les mecs, après le concert, me fait encore plus espèrer la sortie d'un prochain album. Il y a du très très lourd dedans. Si tout va bien, ca va défoncer sévère. Ah ouais, et puis je suis parti avec un cd d'unreleased qui comporte un peu de tout, mais comme d'habitudes, quelques fulgurances... APC ! APC !
Ah ouais, il y avait The Carps, aussi, ainsi que Cool Kids, mais je focaliserais sur Galactic, funky band from New Orleans, qui envoie sec sans pour autant renouveller totalement le genre hein : ca joue très bien, bien rond, ca groove chiadé mais c'est surtout lorsque le gentil Chali2Na (ouais, la voix la plus grave de Jurassic Five, c'est lui) ou encore Boots de The Coup montent sur scène et prennent le micro avec eux que la machine se met en branle. Il est relou, Chali2Na : même si scéniquement il en fait un minimum, son flow et son timbre de voix suffisent pour tout défoncer.

Bon, pas tellement eu le temps de lire, là, mais bon.
- "Groenland Manhattan" (paru chez Delcourt) est un livre joliment dessiné, et probablement plein de bonnes intentions, mais malgré un sujet et une manière de faire plutôt valable, on reste totalement en dehors de cette histoire, malgré quelques bonnes idées, dur d'être autre chose qu'un distant spectateur du tragique destin de ce jeune Inuit... Le rythme et le découpage ne m'ont séduit des masses non plus, peut-être que cela s'explique ainsi. Ou alors j'ai tout simplement pas accroché... Bon, tant pis.
- Séance relecture/rattrapage : lu "Hey Nostradamus", un Coupland sorti en poche. Vachement bien, http://www.blogger.com/img/gl.bold.gif
insert bold tagsen fait. Je le classe illico #2 au classement de "mes Coupland favoris". Si, si.
- le dernier Placid paru à l'Asso, soit une année de dessins quotidiens à la Placid, se déguste tranquillement. Je pense à ce journal, donc, et je me prête à imaginer ce que sera l'un des prochains bouquins à paraître chez Buchet-Chastel : Anna Sommer reviendrait flatter nos pupilles (en tout cas les miennes... mais je connais quelques autres fans de la demoiselle, hein) pour une sorte de journal en bande dessinée. Eh ben vivement que ca sorte, voilà tout ce que j'ai à dire.

Suis allé voir le dernier Gondry, "Soyez sympas, rembobinez".



"La science des rêves" m'avait laissé un goût de je ne sais quoi, et j'en étais arrivé à la conclusion que j'aurais adoré voir cette histoire adaptée dans un format plus court, beaucoup plus court. la couche de bonnes idées gondriesques ne suffisait pas à enrober une matière un peu fadasse, je m'étais fait un peu chier, alors que Gondry, c'est comme la Ben & Jerry, c'est forcément bon, et souvent trop court. Etrange sensation, je m'en souviens bien. On avait une belle démonstration de bricolage comme à l'accoutumée, mais au niveau du déroulement du scènario, de la mise en scène, ca peinait un peu... Caché sous un format plus court, j'aurais adoré. Alors le nouveau donc, j'y allais prudemment... Bon, ben il est bien ce film. Pas parce que cet idiot de Jack Black y est plus drôle que jamais, ni parce que Mighty Mos défonce tout ; non, les deux acteurs principaux servent très bien le scénar, sans trop en faire (limite pour Black, mais ca reste ok). Le scénar ? Eh bien ca se corse, enfin : Gondry arrive finalement à nous proposer une histoire hautement fédératrice, car moins omnubilé par ses fantasmes souvent emballants mais par trop personnels, tellement habités... Ici, rarement son sens du bricolage et de la trouvaille visuelle (systématiquement ultra-cheap mais ô combien charmante et bienvenue) auront autant servi l'histoire, et c'est pour ça que "Soyez sympas..." est peut-être le film le plus réussi de Gondry (oui, "Eternal Sunshine..." était sublime, mais il fallait adhèrer à l'univers foutraque de Gondry pour se laisser séduire, contrairement à "Soyez sympas..." qui touchera peut-être davantage de non-habitués à son cinéma. On a beau adorer son univers bancal fait de curiosités et d'audaces dans la mise en scène (le montage hocquetant, les raccords dégueulasses, les astuces matérielles à deux balles), jamais Gondry n'est aussi bon que lorsqu'il arrive à séduire les récalcitrants à son sens de la bricole. Il y a une dose d'engagement dans l'oeuvre de Gondry, et celle-ci est palpable tout au long de cette fantaisie d'1h30, tirée par les pieds par deux loosers gauches et largués. Un film beau, rassurant, souvent très drôle, un bel hommage à la créativité comme moyen de survie, à l'imagination comme source d'espoir, et aux accents de crétinerie simplement hilarants. J'avais oublié combien "Ghostbusters" était drôle, moi...

Ah oui, il me faut faire une annonce des plus importantes, des plus capitales : l'infâme Berth, plus communément appelé l'immonde Berth, dessinateur de presse parmi les plus petits (1m20 à tout casser), fera résonner les murs de la librairie Camponovo par ses blagues les plus nulles.



Et dieu sait qu'il en a de côté, des blagues de merde, à en croire son tout petit bouquin qui vient de paraître au Chien Rouge, et qui condense ce qui se fait probablement de plus mauvais de ce côté-ci de la planète. "L'absence de tact alliée au mauvais goût, ni plus ni moins. Sans vergogne, l'ignoble a associé ces deux tares pour en faire un métier : dessinateur de conneries", résume très bien François Maliet dans la petite préface du petit bouquin. Bref. Rendez-vous à 14h30 à la lib pour pouvoir constater que le gentil monsieur qui fait des gentils dessins dans le gentil journal de vos gentils enfants, "Mon quotidien", cache en réalité une crapule de tous les instants.

Et la veille, le Retour du Boogie mensuel chez Pum, rue Jean Petit à Besançon, gratuit comme toujours, dès 19h pour démarrer tout cool, jusqu'à 1h30 pour faire remuer ses pieds.



Ses pieds... Super habile transition pour faire un big-up à mon bro Ad', qui sait comment faire plaisir : ce matin, un camion UPS s'est arrêté devant la maison et a laissé un joli carton Puma, contenant une belle paire de Spy2, version high, ben tiens ! Collab' entre Bodega, le shop de Boston, et Puma (tout ça géré d'une main de maître par Monsieur Adam "Air Rev" L.), sur fond de délire Spy vs SPy, d'après le très bon comics du même nom qui paraissait jadis dans Mad Magazine. Black & White, trop coooool. Un jour il faudra que je m'arrête sur la finition ultra-chiadée de ces modèles devéloppés avec brio par Puma : rien que pour la Bodega Spy2, textile tissé en damier serré, semelle inférieure en caoutchou transparent laissant apparaître le visuel Spy, semelle intérieure criblées de petits trous de balle de quelques millimètres de largeur et de profondeur (ben ouais, Spy versus Spy, quoi !), multiples paires de lacet estampillés Bodega, tonnes de message cachés (ou pas) en morse (ouais, en morse, et en relief, hein !), et nombreux délires à tomber par terre... Genre : je les porte depuis hier, et l'épaisseur de la languette me semblait étrange... Tu m'étonne ! Elles cachent une petite poche secrète, spécialement concue pour y planquer un message codé, en morse aussi... Si c'est pas pousser le délire au max, çà ! Je vous conseille de lire l'article ici-même.



Pfffff, ca défonce. Ad', I love you man. 8)



Ah ouais, fais péter ton agenda, jeune résidant dans l'est : le mardi 29 avril, Playdoe, Why? et Dalek à l'Autre Canal de Nancy, tout çà pour maxi 15 euros, pffff la prog de l'Autre Canal, c'est juste parfait.

On Air on RadiojUne (et pendant ce temps-là, d'autres trucs à écouter pour de vrai sur autobiogriffue) :
- José Gonzalez, son album "Veneer", celui qui date de 2003 et sur lequel l'on trouve bien évidemment "Heartbeats".
- un surpuissant remix made in Hercules and Love Affair, pour le compte de Goldfrapp, plutôt bonnard. Oui on est dans le dancefloor, mais c'est quand même pas mal fait. Merci DFA.
- Dr Syntax "she's quite some picture". Ca c'est une saloperie dégôtée par Tristan qui vaut le coup d'oreille !
- James Pants, sur StonesThrow, au cas où certains n'auraient pas encore pris dans la tronche ce qui ressemble fort à la dernière pépite dégotées chez les californiens.
- José James, tout l'album paru chez Brownswood est quand même pas mal du tout du tout...

Eh, j'ai un bain chaud qui m'attend. Je sais, c'est pas écologique, le bain... Trois cuillères de miel et un bain chaud, pendant plus d'une heure, c'est encore ce qui fait le plus d'effet à ma gorge infectée depuis plus d'une semaine. Tôôôôusssssssss, tôôôôôôôôôôôôusssss !

26 août 2007

Rhaaaaaaa. Rhaaaaaaaaa. Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Puuuutain, je suis en vacances.
Je prend une minute, probablement alors que vous dormez dans un profond sommeil (la nuit est encore jeune ici), afin de vous tenir au courant, mes amis, mes proches, ma famille, de mes activités estivales, ce qui, vous en conviendrez, est une chouette et généreuse idée, hein.
Ensuite, je retournerai fissa sur la douce plage (nous sommes dans un petit village en bord de pacifique, pas très loin de Sacramento, au peu au nord de San Francisco), finir la nuit autour d'un cocktail et d'un essaim de délicieuse naïades ennivrées par le charme français et, c'est probable, par les Buds qui ont oublié leur fraîcheur en même temps qu'on les sortaient des glacières électriques.
La semaine dernière, c'était Kahoolawe, la plus chouette île d'Hawaii (après Maui, quand même), ou l'eau des lagons est encore plus bleue que le curacao servi au Bar de la Poste de Vesoul, la semaine d'avant c'était les Keys, ces îles faites de massifs de corail, en Floride, reliées entre elles par l'Overseas, un autoroute qui comporte pas moins de 42 ponts (dont le plus long mesure pas loin de 11 kilomètres, c'est pas de l'édifice de fillette, en Floride, hein), et la semaine prochaine, eh bien, ca sera la reprise, car, comme le disait encore le président Sarkozy après une bouleversante cuite avec Poutine, toutes les meilleurs choses ont une fin, et puis la France qui travaille, faut bien qu'elle reprenne un jour, hein.

Rien que d'y penser, je me sens aussi las et dépité que lorsque la semaine dernière, sur notre île de paradis, Samantha, jeune californienne qui parle un français courant, et qui écoute Leroy Hutson, Atmosphère ou Hudson Mohawke lorsqu'elle est seule, lorsque Samantha, disais-je, m'est apparue dans notre chambre d'hôtel, en m'annoncant la mort de Max Roach, dépitée qu'elle était, comme n'importe quelle personne valable l'aurait fait.



J'aurais voulu vous épargner les banalités du type "le dernier grand batteur nous quitte", mais... Quand même, Roach est mort, merde. Il était vieux, un peu, malade, beaucoup même. Mais c'était lui avec Monk, avec Dizzy, avec Miles ("Birth of the cool"), avec Archie Shepp, avec Sonny Rollins, avec Mingus ou Dolphy, ou avec Mingus et Dolphy, c'était lui sur "Jazz at Massey Hall", c'était lui qui a nommé "Debut" leur label, à Mingus et lui, c'était lui sur "We insist !", c'était lui sur "Money jungle"... Si Ed passe par là, il pourra probablement poster un comment de 15 paragraphes pour me reprendre, et citer bon nombre d'oeuvres majeures auxquelles Roach avait contribué. On perd un putain de gros, quand même, là.

Heureusement qu'il y les copains, et qu'il y a Puma, pour faire oublier tout ça :



Ah c'est sûr, c'est particulier comme série limitée, mais en tout cas, j'évite de faire du vélo avec, faut pas déconner, hein. Ad is my man, nuff said.

Bon, j'avais promis que j'avais des choses à raconter, et ca tombe bien, parce qu'il y a autre chose que des bobards sur mes destinations de rêve : pendant que 75% de mon entourage a choisi la Corse cet été (putain ca s'embourgeoise hein, fini le camping à Vouglans, les gens changent, tout ça), moi j'ai décidé de repousser le séjour "ailleurs", enfin, c'est surtout mon banquier qui a choisi, mais on s'en fout. Moi pendant ce temps là j'alimente un blog qui est, je vous l'accorde, assez mou ces derniers temps ; petit séjour "ailleurs" prévu pour bientôt, s'agit d'économiser maintenant... Allez zou !

Il y aurait eu bien des choses à dire au sujet de plusieurs petites affaires diverses, survenues dans le joli petit monde de l'édition, ces dernieres semaines. J'emploie le mot "petite affaire", mais si j'avais été l'éditeur, ou pire, l'auteur de "Entre Deux" (l'oeuvre originale repompée purement et simplement par Catel, comme les lecteurs de Libé ont pu le constater dans les pages estivales du quotidien), je pense que j'aurais vraiment été super vénère.

Petit rappel de l'histoire, d'un point de vue aussi objectif que possible : en début d'année paraît aux Editions de La Cerise (un petit, petit éditeur de bandes dessinées à l'aura malheureusement très restreinte) une bande dessinée batarde, "Entre Deux", sorte de road-trip baroque, excursion poétique au ralenti et à l'indéniable puissance évocatrice, énième démonstration du talent évident de son jeune auteur, Vincent Perriot. Cet ouvrage n'a pas bénéficié d'une exposition médiatique digne de ce nom, sa distribution ne lui aura pas permis d'être réellement très visible, même si ici et là, certaines personnes au goût certain (menthe, cannelle) auront pris le temps d'en parler (mais probablement pas assez).



Ces dernieres semaines, certains lecteurs du "supplément bédé" de Libé (on est loin de la pertinence de la publication des "Vacances de l'OuBaPo" d'il y a quelques années, et ce malgré la présence des "Points de vues" de Peter Kuper, dont les formidables strips, désolidarisés les uns des autres, ne gagnent peut-être pas en pertinence) notent de fortes similitudes entre l'oeuvre alors dessinée par Catel. "Quator", l'oeuvre en question, est une adaptation en bande dessinée de quatre récits écrits par quatre auteurs différents ; quatre histoires, donc, que l'on devrait, quelle bonne nouvelle, retrouver publiées dans un seul album, en 2008, chez Casterman (tiens donc).
Le problème, ce n'est pas la façon évidente avec laquelle ces pages semblent avoir été réalisées (on a connu Catel graphiquement plus habile, plus inspirée), mais le fait que sur certaines pages, sur certains "épisodes" de cette prépublication, on retrouve, quasiment "recopiées" à l'identique (l'aisance graphique prodigieuse de Perriot en moins), quelques compositions marquantes issues de "Entre Deux" ; ce repompage en régle n'aura pas échappé aux amateurs de beau dessin, car Perriot, de son côté, n'avait pas simplement signé une belle histoire originale et bien traitée : son dessin avait fortement impressionné, d'autant plus qu'il était composé pour moitié d'illustrations au format pleine page, exposant ainsi à la face du monde son talent énervant. Pour celles et ceux qui avaient ne serait-ce que feuilleté le dit-bouquin, impossible de ne pas faire une filiation directe, et de ne pas être écoeuré par ce manifeste "recopiage" ; et c'est là le souçi : il me semble qu'il aurait fallu qu'il s'agisse d'un hommage assumé (avec crédits -ou citations d'inspiration(s)- explicites en accompagnement de la prépublication, rien que de très normal), ce qui n'a pas été le cas, du tout. J'ignore si Catel espérait que personne ne relève son travail, peut-être s'agit -il d'un égarement, d'un moment de passage à vide, d'une période de faible créativité et de délais à tenir... bien des auteurs ont déjà vu leurs inspirations localisées, reconnues. Mais de manière aussi flagrante, aussi dense (car l'une des planches publiée dans Libé ne contenait pas moins de 5 cases directement repompées d'"Entre Deux"), j'avoue que je n'avais encore jamais constaté cela...
Qu'un auteur soit fortement marqué, qu'il soit sous forte influence, c'est une situation connue, classique, fréquente, et cela a donné, par le passé, bien des délices pour les yeux, les oreilles, que sais-je encore. Qui déboule avec un univers totalement innovateur, inédit, dont le travail semble complètement dénué d'inspirations extérieures ? C'est rare, ou alors, le hasard fait que... Bon. Que la digestion soit aussi visible, que l'assimilation soit aussi peu discrète, qu'elle soit aussi faiblement embrassée, alors qu'elle aurait pu être à l'origine d'une vraie création nouvelle, cela me semble simplement foireux, et triste.
La morale de l'histoire ne sera pas sur mon blog, vous n'êtes pas dans un endroit moraliste, et encore moins sur une plate-forme de propositions (cela se saurait), mais la seule chose que cela m'inspire, c'est de vous inciter, plus que jamais, à aller jeter un oeil au bouquin de Vincent Perriot. Ce n'est pas parce qu'il a inspiré Catel que cela en fait un truc à lire. C'est juste parce qu'il s'agit là d'un des meilleurs bouquins parus cette année, tout simplement.

Bon, il y a des choses plus graves dans le bizness du bouquin : "Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 août, des inconnus ont pénétré par effraction dans l'abbaye de Lagrasse (ou devait se tenir le dixième "Banquet du Livre") et aspergé de gas-oil les 12 000 ouvrages exposés dans la librairie.". Waouh, ca rigole pas chez les cathares.
L'association chrétienne Unitas, par la voix de son président Pierre-Marie de Berny, "dément tout lien avec ces actes de vandalismes et condamne de tels agissements, incompatibles avec les exigences de la foi chrétienne" ; il s'agit sûrement de cette même foi chrétienne qui a poussé les chanoines réguliers de la communauté religieuse de la Mère de Dieu à exprimer à maintes reprises leur mécontentement quand à la tenue du 10ème "Banquet du livre" de Lagrasse, dans l'Aude.
Le souci ? A l'occasion de cet évenement culturel (organisée par l'association Marque-Page et les éditions Verdier), une librairie (une sélection faite par Christian Thorel, le boss de la librairie toulousaine Ombres Blanches) était installée dans le réfectoire de l'ancienne abbaye, abbaye dont la communauté religieuse est également "co-locataire". Cette année, le thème est "La nuit sexuelle", avec en invité d'honneur Pascal Quignard. Forcément, le mélange des genres n'a pas fait que des enthousiastes...
Evidemment, ca fait un peu "flag", comme délire : on asperge d'un mélange de gas-oil et d'huile de vidange, mais on fout pas le feu, comme si on avait pas eu le temps de finir le boulot. Ouais, ou bien comme si on voulait faire chier, mais pas au point de détruire l'Abbaye, quand même. Rappel : le vandalisme n’est pas pris en compte par les diverses assurances des organisateurs...
L'année prochaine, le thème du festival sera "la pédophilie dans le livre", avec un grand barbecue offert par les culs-bénis, ca va être chanmé.

On n'a pas fini avec la grosse hype du toy pour adulte (non je parle de pas de trucs qui vibrent et qu'on peut se mettre dans tous les recoins, bande d'obscènes). Le gros business autour du jouet voit ainsi arriver un nouvel évenement qui ravira aussi les amateurs de bonne bande dessinée, sous la forme d'une grosse expo, "Toy Comix", qui fait la passerelle entre le monde du jouet et la bande dessinée contemporaine : "32 dessinateurs internationaux proches de L'Association ont été invités à réaliser des planches ou à reconstituer leurs univers à partir d'une sélection de jouets emblématiques de la collection. 'Toy Comix' met plus particulièrement en valeur l'importance des jouets et des jeux dans l'univers de certains auteurs de bande dessinée, qu'ils aient eux-mêmes déjà réalisé des jouets ou figurines, ou qu'ils aient eu une approche expérimentale du jeu au sein de leur pratique d'auteur."
Au programme de cette première expo (coorganisée avec JC Menu), le jouet au centre d'une bande dessinée originale de la part de chaque auteur, des installations recréant l'univers de certains auteurs, et l'OuBaPo présentant un travail collectif de mise en abyme des propositions précédentes.
::: du 15 novembre 2007 au 9 mars 2008,$
::: du mardi au vendredi de 11h a 18h, jusqu'à 21h le jeudi, samedi et dimanche de 10h a 18h.
::: Prix : de 6,50 à 8 euros.
::: Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris (01.44.55.57.50).

Bon.
Les Xeric sont tombés, et c'est cool, parce que Sam Gaskin s'est fait remarquer avec son excellent boulot sur "Pizza Wizard", tout comme Ryan Alexander-Tanner, Tyler Page, Jeremy Smith, Steve MacIsaac, Erik Evensen, et Kevin Colden.
Ca fait encore des bonnes choses à aller checker sur le net, et avec un peu de chance, on évite les nombreux trucs dégueus qui fleurissent partout. Bouh.

Pour toutes celles et ceux qui n'aiment pas les listes, ni la bande dessinée, et bien sautez ce paragraphe. Ou bien au contraire, profitez-en pour aller faire un saut dans votre librairie favorite, et vérifiez sur pièce. Si le libraire ne confirme pas mes dires, c'est qu'il n'a pas lu les bouquins, ou bien qu'il est de fort mauvais goût. Et là, je met un smiley :) pour montrer que je suis plein d'humour, et que je ne fais que rigoler, uh uh uh.

Récapitulatif des (rares) trus super emballants sortis en ce début d'année, et dont on a pas assez parlé, nan mais :
- "Jérôme et Sultana", de Nylso (FLBLB). Nylso et son incroyable univers faite de réflexions sur la réflexion (entre autres), et de la découverte de la vie, suite ; la finesse de la pointe rotring qu'utilise Nyslo n'a d'égal que celle que l'on retrouve dans son oeuvre. C'est juste et réflechi, tendre mais jamais niaiseux, et bourré d'intelligence, celle-là même qui est tellement naturelle et spontanée qu'elle mérite à toucher un lectorat plus large. Moins cold wave que le précedent épisode des aventures de Jérôme. 8)
- "J'ai tué Géronimo", de Loo Hui Phang et Cédric Manche (Atrabile). Celles et ceux qui avaient lu "Panorama", des mêmes, sorti il y a quelques années chez le même, n'ont pas pu oublier cet ouvrage, sorte de déambulation étouffée, qui jouait avec les fantasmes et une pointe d'ambiance onirique complètement déstabilisante. Eh bien les deux auteurs ont récidivé, et c'est une brillante réussite, qui s'éloigne pourtant de leur première collaboration : "J'ai tué Géronimo" est une proposition peut-être plus appréhendable, même si certains y ont decelé des traces lynchiennes. Dans tous les cas, à ne surtout pas rater.
- "L'attelage", de Vincent Vanoli (L'Association). S'il est un mec dont la discrétion demeure un mystère absolu pour moi, c'est bien Vanoli. Au moins 2 formidables bouquins sont parus cette année de cet auteur qui, lui non plus, ne lâche rien... Cette fois, le registre de l'aventure historique passe à la moulinette vanolienne, avec pour résultat les mémoires d'un bandit oeuvrant dans la province anglaise au début de l'avant-dernier siècle. C'est malin, moins foutraque que "Panique à St-Pancréas" (son très bon précedent bouquin, où une jeune oiselle qui n'utilise plus ses ailes retrouve un jeune gaillard ayant malgré lui rompu avec les codes de la gravité, planant ainsi dans les airs au grand désarroi de ses semblables ; un condensé de critique joussive et corrosive, ou la reflexion et la curiosité de l'homme s'articulent autour de merdes chiées depuis les cieux), mais d'une saveur unique, celle-là même à laquelle Vanoli nous a habitué.
- "Les animaux domestiques", de Jean Lecointre (Thierry Magnier) ; merci à Guigui de m'avoir conseillé ce bouquin, c'est super bon. Que dire ? Un couple bien tranquille se voit proposé d'accueillir, et d'adopter divers animaux de compagnie. Sauf que c'est Lecointre qui s'y colle... Du grand n'imp', à destination du public jeunesse. Comme d'hab pour ce genre de bouquins, cela sera surtout les parents qui se régaleront...
- "Ma mère était une très belle femme", de Karlien de Villiers (Cà et Là). Evidemment, avec l'ébullition Satrapienne du moment (l'adaptation ciné est plutôt réussie, d'ailleurs, et si tout-le-monde-connaît-déjà-l'histoire, le traitement graphique est assez somptueux), les tranches autobiographique d'une auteur qui raconte son enfance en Afrique du Sud dans les 70's, c'est du miel pour les journalistes fatigués. Et cela serait bien dommage de s'en tenir à cela, car même si ce bouquin n'est pas exempt de défauts, il s'agit d'une fort agréable lecture.

Dans les jours qui viennent, je tacherais de prendre le temps de vous saoûler avec "Faire semblant c'est mentir", de Dominique Goblet (L'Association), "Massacre au pont de Nogunri", de Kun-Woong et Eun-Yong (Vertige Graphic), "Jacaranda" de Shiriagari Kotobuki (merci Fred pour ce conseil de lecture), et surtout, surtout, "L'éléphant" d'Isabelle Pralong (Atrabile), peut-être ma meilleure lecture de ces derniers mois.

Et en attendant, je suis sympa, je vous économise du temps, ne perdez pas de temps avec les trucs ci-dessous, convenus au mieux, foireux au pire :
- "Jazz Maynard", de Raule et Roger (Dargaud). Malgré un dessin loin d'être mauvais et impersonnel (le seul truc à conserver du bouquin), l'histoire accumule les clichés et la mise en place, l'ambiance, n'aboutissent sur rien, tant les rebondissements se succèdent sans raison valable (un pari personnel, peut-être, "tiens qu'est-ce qu'on peut encore balancer ah ah ah"). Indigeste et sans autre intêret, donc, que son dessin, ce qui, comme chacun sait, ne suffit pas à faire une bonne bande dessinée. C'est un peu comme si Bilal faisait de bonnes bandes dessinées : ca se saurait. Naaaaan je déconne, c'est même pas beau Bilal. Rhôôôôô.
- "Petites éclipses", de Fane et Jim (Casterman). Une pathétique tentative d'écriture à pseudo-contraintes (mouarf) par deux auteurs qui se perdent eux-mêmes dans les régles qu'ils se sont imposées : un mélo chiant et mou du genou, où il est impossible d'accrocher à un semblant de scénar, où les personnages ne prennent vie à aucun moment, où tout sent l'esbrouffe gratuite, bref, à éviter à tout prix.
- "Ma maman est en amérique, elle a recontré Buffalo Bill", de Regnaud et Bravo (Gallimard). Loin d'être un mauvais bouquin, cette nouvelle rencontre entre deux auteurs dont je suis pourtant habituellement plutôt amateur donne un truc qui m'est tombé des mains ; l'histoire de cet enfant dont l'entourage dissimule la mort de sa maman tourne vite en rond, et on tombe vite dans l'indigestion, dans l'avalance de bons sentiments. Les auteurs font leur possible pour rester sur le fil, mais chutent très vite dans la débauche de mélancolie gentille comme tout.

Il y en a des tonnes, mais je sens que la rentrée sera riche en matière première paramerdique. On en reparle très bientôt.
Un petit rappel pour les boogie headz dans le coin (ou ailleurs, on tâche de bouger un peu, quand même) :
- ce jeudi 30 août, la clique du Retour du Boogie au complet, au Red House, rue Pouillet, Besançon. 21h-1h, gratos.
- vendredi 31 août, les mêmes au Mixcité café, rue de la Cité, Troyes, dans le cadre du festival Kill's Party, toute la soirée aussi, gratos aussi. Wooou !
- vendredi 14 septembre, chez Pum, rue J.Petit, Besançon, dès 18h, et jusqu'à 2h du mat ; et maintenant, c'est gratos ! Aaaaah...
Après, ca nous emmène fin septembre, j'ose espèrer reposter d'ici là...

On air on radiojUne :
Comme d'habitude, je tiens d'abord à vous renvoyer sur autobiogriffue, le blog de Nancy Pena et Guillaume Long, et d'aller cliquer sur le gros bouton "Radio June", dans la barre à droite, ouais, paf, sur ma face. S'en suivront une trentaine de titres sélectionnés pour autobiogriffue, période estivale 2007.
Sinon, ca veut pas dire qu'il n'y a pas d'autre trucs à écouter, hein...

-> La vague bleep hop n'en finit plus de faire des remous, et on pourra au moins trouver cet avantage au réseau Myspace : faciliter, plus que jamais, le rebond d'un univers musical à un autre, en procédant par affinités, par impulsions créatives, par inspirations...
Professor Ojo est un super-vilain de chez DC, mais depuis peu, il produit aussi un hip hop instrumental riche et varié, oscillant entre le post-bleep saturé tendance Fly Lo', et un very low tempo vraiment de mieux en mieux foutu, qui aurait largement pu se retrouver sur une compil du type Headz en son temps, c'est dire. "Secret door", un morceau qui peut encore évoluer, est l'exemple même d'une progression tout en délicatesse, sur 3'37 de hip hop instru, ou un sample vocal vient souligner la production chiadée et faussement classique ; "Realititty", plus rapide, flirte avec les jeux de déconstruction et les samples découpés à la serpette et hachés menu menu ; "Udon pickup" et ses bleeps Atari d'un autre âge judicieusement mêlés à une construction mélodique anéantie par un gros pied comme téléporté par mégarde, s'envole du côté de Samiyam.
Professor Ojo fait partie de cette nouvelle génération de producteurs qui semblent prendre beaucoup de plaisir à ralentir le tempo du dancefloor, et ca fonctionne. Très vite, on pensera le mettre dans la grande marmite estampillée Beat Dimensions, aux côtés de Fly Lo et Samiyam, donc, mais aussi de Hearin' Aid, Hudson Mo', Mike Slott, Débruit, 1000Names, Onra, Dimlite, et autres zozos beatmakers new school qui défoncent tout sur leur passage. A dire vrai, voilà typiquement le genre de trucs qui me fait du bien : alors même que nous passon l'essentiel de notre temps à nous plaindre que peu d'artistes parmi nos favoris ont réussi à nous surprendre ces derniers mois, alors que j'ai l'impression que le broken beat n'en finit plus de tourner en rond (à mon grand dam, et ce malgré quelques exceptions vraiment chouettes, évidemment), voilà qu'un espèce de sous-genre, qu'une école spontanée se retrouve à errer ensemble dans une aire de jeu ou tout reste à faire. Mortel ! Espérons que les mecs sauront se renouveller, à l'image de l'affilié français de la troupe, Fulgeance, qui multiplie les pistes et les projets, tout en y laissant une sauvage patte perso qui, je l'espère pour lui, devrait faire du bruit.
-> Dans le même registre, mon beatmaker favori du côté est de la France, aka la Chauve-Souris, vient de terminer un track qui pourrait largement rejoindre les susnommés : "Moon" et son sample mortellissime d'Eddie Gale, variation hip hop smooth qui prouve la finesse du gugusse.
-> "Our lives are too short" de Outlines est un album réussi de plus chez Sonar Kollektiv (décidément), qui comporte quelques vrais petites pépites très inspirées ; pour ma part, je trouve quelques tracks vraiment en deçà de l'ensemble final, endommageant au passage la cohésion d'un album déjà très hétéroclite. C'est l'éternel risque lorsque l'on passe d'un registre musical à un autre, et l'on ne pourra décemment pas reprocher à la clique parisianno-strasbourgeoise de s'enfermer dans un seul style, ce qui est déjà très cool. Quelques très bonnes surprises, quelques très bonnes collaborations, et de menus défauts, comme une éventuelle linéarité au niveau des harmonies vocales (de la part du chanteur principal) que l'on peut regretter, car à la base, tout est bien posé, et plutot bien écrit. Bon, rien de dramatique, et puis pour une fois qu'un projet français pond un mélange midtempo/broken/hip hop réussi, on va pas se plaindre ; l'album part dans pas mal de directions, mais celles-ci sont plutôt bien exploitées, et la sauce prend. Cool.
-> "2266 cambridge" de Cut Chemist avec Thes One est une petite ballade breakbeat moins naïve qu'elle en a l'air. C'est probablement l'un des meilleurs titres de "the audience's listening", l'album du barbu qui avait un peu déçu l'année dernière.
-> Cette enflure de Dampremy Jack avait encore raison, mais ne lui dites pas, car la rumeur court au sujet de la grosse tête qu'il serait déjà en train de chopper après les résultats exaltants des ventes de "Dérapage Comix", paru chez Warum. Toujours est-il qu'après avoir écouté les 6 bonnes minutes de "While You Were Sleeping" d'Elvis Perkins, je me suis rué sur l'album du type. Bon, on va pas revenir sur la déjà légendaire histoire du pourtant jeune bonhomme, je pense que les Inrocks ont largement du se répandre dessus ces dernieres semaines... Ben merde, c'est d'une noirceur rare, mais c'est vraiment très très bien. Merci espèce de sale belge, va.
-> "Dunhill drone comittee" de Mike Boo n'est pas tout récent, mais passe toujours aussi bien. Je me fais souvent chambrer sur mes mixes et mes choix musicaux particulièrement "mous", "lents", "à 5 bpm", j'avoue qu'en ce qui concerne Boo, j'ai trouvé mon maître, après Vadim première époque bien sûr... Les ambiances sont incroyablement denses et profondes, et l'on navigue constamment entre douce mélancolie et sadness affichée, mais l'ensemble reste vraiment convaincant, habile, et réellement bien fichu aussi, avec une production fabuleuse, sur laquelle on peut légitimement se demander pourquoi Mike Boo n'a pas encore obtenu la reconnaissance qu'il mériterait pourtant. Oubliez le downtempo, le lowtempo, et les ambiances éthérées des compils pseudo lounge, et rétrogradez encore davantage vers une manière de faire qui marque le beat mou : Mike Boo is da man.

Bon, vous m'excuserez, mais hier soir on a fait un énorme barbecue avec la famiglia (oui, Vince, c'était mortel, je suis bien d'accord avec toi, d'autant plus qu'il n'y a que toi, de toute la bande, qui a une chance de lire ces mots, je suis prêt à le parier), dans les hauteurs bisontines, rentré très fatigué, couché dans la minute, et je me lève ce matin dans une dégueulasse odeur de charbon de bois très tenace, je crois que ca signifie qu'il est l'heure de prendre une douche.

Eh, c'est déjà fini ? Ben c'est pas trop tôt.
Bonne fin août. Ou pas.

>