26 juin 2013

Virée à l'ouest.

Cette année, comme depuis quelques années, c'est direction l'ouest, le grand large depuis la côte, et cette année, autre chose que le simple fait de vouloir souffler un peu loin de chez nous (le "loin de chez nous" aura lieu dans quelques semaines).
Mais cette année, je fais pas ma feignasse, je me contente pas de balancer des photos (aussi splendides soient-elles), non non non : je partage publiquement, dans un incroyable élan de générosité, mon carnet de bord, enfin, un ou deux bouts, quoi.
Premier crépuscule depuis l'appart.

Samedi 15 juin :
Lever à cinq heures quarante cinq, direction la gare, il fait assez beau, arrivée à Paris vers neuf heures et devant nous cinquante minute pour relier la Gare de Lyon à Montparnasse, étonnant pour un samedi de juin de ne trouver que si peu de gens dans le métro (même à neuf heures), c'est la seule réflexion que je retienne de ce voyage, ça et le fait qu'il y a des tags dégueulasses mais hilarants le long de voie ferrée vers je ne sais plus que bled de Poitou Charente, aux alentours de Poitiers.
Ce que je retiens également, c'est la lecture d'un Perec encore inédit pour moi, "La boutique obscure", dans une édition d'il y a une vingtaine d'années, chez Denoël. Lire ce titre précis de Perec dans un état de quasi-somnolence s'avère moins satisfaisant que je ne le souhaitais : le livre est sous-titré "124 rêves", et conservera ce goût prononcé des choses à relire en étant d'aplomb, sans sombrer comme je le faisais dans le semi-sommeil causé par la monotonie ferroviaire des sept heures de voyage.
Arrivée en début d'après-midi à La Rochelle : le processus est désormais connu depuis ces quelques années, il y aura un bus qui partira prochainement de la cour devant la gare, "Les Mouettes" ont-ils intitulé cette ligne qui rallie Ré, au moment de monter dedans, petite cohue avec la quantité de vieilles peau du seizième qui rejoignent je ne sais quelle probable pesante famille sur l'île, j'aide l'une d'entre elles à mettre sa valise en soute, elle remerciera Charlotte en passant devant son nez en la doublant avec mépris et assurance, du style "laissez-moi passer, je suis une vieille grand standing", déjà nous nous disions "allons bon, nous voilà bien arrivés". C'est aussi ça, Ré : les vieux du XVIè sont légitimes ici. Nous, un peu moins. Dans le bus, de jeunes connards de la trempe de ceux dont on ne saurait dire s'ils préfèrent Boutin à De Villiers se doublent pour avoir une place assise, déjà le bus est rempli à ras bord, le chauffeur appelle sa boîte pour faire venir un autre bus, nous sommes du premier et si ça peut faire chier un ou deux versaillais alors c'est toujours ça de pris, au moment où le chauffeur annonce le départ une vieille décatie crie à plusieurs reprises qu'il faut vérifier que les soutes sont bien fermées, sur l'air de "non parce que j'y ai des bagages moi monsieur alors merci de faire le nécessaire", Charlotte et moi échangeons un regard et plusieurs blagues nous viendront à l'esprit mais trop tardivement pour en faire profiter le convoi, du style "monsieur le chauffeur, avez-vous votre permis, au juste ?", ou "monsieur le chauffeur, m'assurez-vous d'avoir deux mains pour conduire ce bus ?", un sorte de supra-égoïsme de vieille peau poussée à son paroxysme, sans aucun humour ou second degré, non, juste une sale conne comme il y en a tant, partout, tout le temps.
Et dans le même temps, un couple ostensiblement pd monte dans le bus, ils sont sur le point de se séparer pour être assis (quasi plus de place) et l'un d'eux porte sur son visage toute la tristesse du monde, un autre type genre pêcheur baroudeur tatoué abîmé par la vie, plus vieux que l'âge des deux gays additionnés, se lève et propose de changer de place pour laisser les tourtereaux ensemble, bordel je sais pas si c'est l'effet mariage machin ou quoi mais ça me rassurerait presque, après l'épisode de la vieille délabrée. Un peu d'humanité au milieu de tout ce botox ! Chanmé.
Cinquante minutes plus tard, tous les croûtons ont été essaimés sur le parcours, et nous débarquons enfin dans notre petit bled. Qui n'est pas le nôtre, mais l'idée nous travaille depuis déjà quelques mois ; on y reviendra. Nous retrouvons l'adresse qui fût la nôtre l'an passé à la même époque, la propriétaire nous accueille et nous indique nos appartements, notre appartement plutôt, différent de celui de l'an passé, devant lequel nous passons d'ailleurs avec un gramme de nostalgie vite balayé par la satisfaction d'enfin poser nos sacs à dos et nos culs dans ce qui sera notre "chez nous" une semaine durant. L'après-midi est bien entamé, nous allons faire quelques courses et allons louer deux vélos qui nous serviront ici à nous sentir en vacances en allant quotidiennement d'une plage à l'autre, en passant par les marais salants et les balades le long des digues. Nous rentrons à l'appartement, comment allons-nous essayer d'optimiser les premières heures de ce séjour ?

A l'appartement, un scarabée sacré (en tout cas ça y ressemblait) sur le dos, sur le carrelage de l'appart. Le soleil brillait au dehors, et en m'approchant de la grande porte-fenêtre de l'autre côté du lit, sa carapace dorée étincelait comme pour attirer l'attention : eh, je n'ai rien à foutre là, ne me jugez pas sur ma position, je suis coincé comme un con mais voyez comme j'aimerais reprendre ma route vigoureusement, si possible avant qu'un de cons de merle ne me choppe, car oui, c'est ainsi, sur le carrelage, là, devant votre porte-fenêtre grande ouverte, on ne voit que moi, et je m'en passerais bien, voyez. Je m'en saisi, fais trois pas dans la toute petit cour et le pose dans les branchages du buisson qui y pousse, une sorte de jasmin. Il ne bouge quasiment pas, il s'agrippe tant bien que mal à la feuille sur laquelle je l'ai déposé, et s'aventure chichement sur les premières feuilles alentour. Toujours, il revient sur la première, tantôt sa petite tête de scarabée en bas, tantôt la moitié des pattes dans le vide. Je me demande s'il est à sa place dans cet arbuste : quand bien même la végétation éclabousse tout autour des murs qui composent le carré de notre petite cour, serait-il un de ces insectes qui passe son temps sur ou dans la terre, et qui ne saurait se tirer de ce qui serait pour lui un environnement inhabituel ? Mon inculture me peine, j'espère qu'il s'en ira rejoindre ses copains scarabées, à qui il manque probablement. Où sont-ils ? Où sont-ils tous ?
Le soir, je reçois plein de sms/mms/blagues de copains présents à un salon de bande dessinée à Lyon. Mais plutôt que de trop leur répondre et ainsi passer du temps à rater du temps de vacances, on va marcher sur la plage, on s'asseoit en bord de flotte et on se demande si on est réellement prêts pour vivre ailleurs que "du coté de chez nous", le grand sujet du moment dans nos vies pépères.
J'ai pris cette photo en pensant à Kim Thompson, allez savoir pourquoi. RIP KIM T., 1956-2013.

Dimanche 16 :
Nous nous levons tard, après une longue nuit réparatrice, comme on dit. Le soleil est déjà bien présent, et nous nous ruons sans tarder prendre le petit déjeuner dans notre petite cour. Bordel, c'est les vacances ! Je vois le buisson dans lequel j'ai laissé le scarabée la veille au soir, auquel j'ai vaguement rêvé durant la nuit. Je m'en approche et constate qu'il n'a pas changé de place, ou si peu, à une ou deux feuilles près, ni de position : je me dis qu'il a probablement été trop bousculé hier, et qu'il est peut-être mort. J'essaie de me répéter ces choses qu'on se dit lorsque l'on est gamin, à l'âge où le fait de marcher sur un escargot peut amener les larmes sans que l'on en ait honte ; que le scarabée ira au paradis des scarabées, dans un déluge de feuilles de salade ; qu'il était peut-être au terme d'une vie de scarabée bien remplie. Combien de temps vit un scarabée, au juste ? Je n'en ai pas la moindre idée, je me dis qu'il faut que je m'en informe, en me disant que dans cinq minutes j'aurais tout oublié de cet épisode et que mon égoïsme circonstancié d'être humain occidental détaché de tout est terriblement moche. Et alors que nous allions commencer à petit déjeuner et que j'en étais là à me poser des questions sur l'essence de la vie, le sublime mécanisme se met en branle et la branche sur laquelle le scarabée était accroché depuis plus de douze heures se met à frémir : le scarabée s'envole, opérant ce type de vol quasiment statique qui tient autant du sur-place que de la préparation sûre et sans équivoque de l'envol progressif et décidé. Et de fait, en moins de temps qu'il n'a fallut pour le dire, il n'est déjà plus là, s'envolant au dessus des tuiles courbes des toitures nous entourant, il est déjà au dessus de la cour de la voisine, puis par delà l'arbuste, et puis voilà, je ne le vois déjà plus, ni ne l'entends. Tout est bien qui finit bien pour le scarabée, et aucune pensée d'une mouette le gobant en plein vol dans la seconde ne saura venir troubler ma satisfaction du moment. Mine de rien, cette histoire me permettra d'alimenter le blog au retour, me dis-je alors.

Le voisin du dessus est très sympathique.

Quelques bornes de vélo dans les marais : les oiseaux sont-ils planqués avec ce ciel orageux et gris à tendance menacant qui semble toucher le sol ? Sont-ils déjà partis rejoindre des contrées plus bandantes vu le printemps foireux qui fût le leur ici aussi ? Sont-ils à contrario encore coincés sous des horizons plus ensoleillés ? Nous n'en aurons pas vu beaucoup cette année, de ces nombreuses espèces de volatiles qui habituellement nous surprennent à chaque virage dans les marais de la réserve protégée de la belle partie de l'Île, en même temps que nous les surprenions tout autant. C'est dommage mais c'est ainsi. On gardera souvent les jumelles dans le sac, et de toutes façons j'avais oublié mon petit guide de parfait petit touriste de merde doublé d'apprenti ornythologue à la petite semaine, que j'avais acheté l'an passé pour identifier ces bestioles qui ne ressemblent que de très peu au moineau de la rue de Belfort. Cela ne m'aurait pas empêché de savourer les nombreux envols attendus, bien entendu.
Et : à trop vouloir croire que l'on connaît désormais par cœur les sentiers menant aux plages, nous nous plantons et allons directement à celle qui nous plaît le moins de cette partie de l'Île, qui s'avère assez fréquentée et pas aussi appétissante que nos favorites, que nous choisissons de retrouver aussitôt, snobant l'océan qui pourtant nous attendait depuis un an, le pauvre. Nous retrouvons nos quartiers d'été, nous goûtons, nous soufflons, nous nous extasions une milliardième fois devant cette grosse flaque, nous nous réjouissons du peu de monde présent en cette période, nous nous endormons sur nos livres respectifs, non chérie je n'ai pas mis de crème solaire donc c'est normal si je suis tout cramé oui je sais bien, nous repartons, nous sommes contents, il a fait beau en ce dimanche, finalement.
Juste à la sortie de St Martin, direction la route de la Moulinatte.

Lundi 17 :
Cette nuit, un orage m'a réveillé et tenu éveillé durant plus d'une plombe, ça cognait avec forte violence, éclairs à répétition qui tapaient jamais très loin, nuit agitée, réveil de merde. Au petit matin, je suis une feignasse mal réveillée alors j'ai regardé ma compagne partir en vélo à travers l'Île tandis que moi je me laisse aller à la tristesse des cieux abimés par le temps de merde qui couve, je suis resté vautré à avancer sur un pavé de neuf cent pages que j'ai attaqué la veille sur la plage. Je suis à peu près bien dedans, je vois pas les heures passer, Charlotte rentre, on se fait à manger, on fiche pas grand chose, on apprends par sms qu'à Besançon la canicule s'installe, on se regarde et on se dit qu'on a pas de chance, traverser la France pour se prendre de la flotte alors qu'on l'a toute l'année chez nous, et que pendant qu'on est pas là, ouais bref, la complainte habituelle de cette année : quel temps de merde, bordel, ce genre de choses. Et puis on se souvient qu'on s'offre ces quelques jours alors qu'on roule pas sur l'or et que c'est clairement un luxe dans notre budget, et on se dit qu'en Ethiopie les enfants meurent peu à peu, peu à peuuuu, et ça va mieux. Je griffonne des cartes postales aux bons copains, ainsi qu'à ceux qui gardent nos chats et à ceux qui récupèrent notre panier de l'amap, je leur dessine des nuages noirs, des éclairs et de la pluie.

Mardi 18 :
Levés sous des cieux gris de fin du monde, ce mardi ne sentait pas bon. On est un peu sortis entre deux grosses averses, on a pas fichu grand chose, le ciel était moche et occasionnellement nous balançait de la flotte dans la tronche, on a bravé les menaces en allant sur le marché le matin pour acheter des pommes de terres grenaille typiques d'ici, des œufs frais et de l'échalotte, dans l'après-midi on s'est aventurés au hasard des ruelles (des venelles), on a bu du thé en terrasse du spot-terrasse de la place centrale du village (on s'est connectés une minute via le wifi pour checker la météo de demain -mauvaise idée- et pour relever nos mails importants -mauvaise idée itou-) et on a fini par acheter un paquet de bonbons acides pour pouvoir noyer notre morosité dans le sucre. On est restés à l'appartement, à refaire le monde et à bouquiner, jusqu'au crépuscule.
L'océan, depuis Ars en Ré.

Mercredi 19 :
On se lève et le ciel est gris clair, on fonce au centre du village et la feuille punaisée ce matin sur le panneau d'informations de l'office du tourisme promet des averses localisées, on regarde le ciel qui ne promet en effet rien d'autre et on se dit qu'on tente le coup en allant au bled d'à côté en vélo, une petite dizaine de kilomètres par les marais, allez banco, et puis t'as ton k-way hein ? Ouais ouais c'est bon, alors on y va. Arrivant au dit-bled, on rigole nerveusement en sentant les premières gouttes lancées en nos directions par les gros, très gros nuages noirs, très noirs, qui semblent décidés à nous atterrir sur le coin de la gueule tant ils sont bas, mais bas ; et au loin, vers le sud, d'autres nuages semblent semblent remonter de l'océan, ont-ils noyé le Portugal j'en sais rien mais nous on va y avoir droit, coté ouest c'est moche aussi, bon on va pas y couper, ça risque d'être violent ; on essaie de pédaler plus vite, on est à peine mouillés quand on pose les vélos en se disant "il va flotter sévère, déjeunons donc ici", on désigne la plus attirante des deux terrasses de la place du village, on se pose, on commente la lumière de midi bien faible, et subitement il fait presque nuit, et subitement il fait froid, et déjà il se met à tomber des hectolitres, hop, en un claquement de doigts toute l'équipe du restaurant essaie de déplier et former les gouttières de leurs auvents, les clients sont trempés, et le cuisinier évacue l'eau qui se remplit à vitesse grand V et forme des poches partout sur le auvent, il met des coups de balais ici et là, des trombes d'eau en veux-tu en voilà s'abattent partout autour de la terrasse qui ressemble à un radeau, les clients et les passants se réfugient en courant mais sont trempés jusqu'aux os, ça ne s'arrête pas, la place du village en terre battue ressemble au Viet-nam, c'est l'apocalypse mais on est arrivés à tant pour l'éviter, du moins pour le moment. En bons franc-comtois, on oublie que tout cela peut disparaître en un rien de temps, que les nuages peuvent être balayés en un claquement de doigts, chez nous ils se seraient installés pour la semaine environ, ici ils se lassent au bout d'une demi-heure, et incroyable, le ciel se dégage comme dans un Miyazaki et déjà il est bleu lumineux, bordel ce que j'aime le littoral pour ça, pour cette violence instantanée qui ne dure jamais, pour ces changements permanents, pour ces rabbasses éphémères. On échange deux mots avec un couple charmant, un new-yorkais vivant en France depuis des décennies, vivant avec une française, lui est artiste peintre, elle évoque l'horrible flotte qui a inondé leur Tourraine la veille de leur départ, ils viennent chaque année à la même époque, ah oui à Ars vous aussi, vous êtes au Clocher, ah non au Sénéchal, on échange deux adresses concernant la location que l'on a trouvé ici et qui n'est pas si chère que ça, le soir c'est bien d'aller boire un verre aux Frères de la Côte, bon c'est pas si bon que ça mais le point de vue, la terrasse sur la digue, alors ça si c'est pas heureux, le soleil est là alors nous on va en profiter on est en vélo, bon séjour oui vous aussi, je me dis que je vais googliser "artiste peintre new-york oregon tourraine" en rentrant, ah oui le type a vécu dans l'Oregon aussi, "Portland ?" que je lui ai fait comme pour montrer que je connaissais ma géographie ricaine, alors que j'ai aucune idée d'où se trouve la Tourraine, là où il pleut des seaux aussi, on dirait.
A vélo on décide d'aller jusqu'à Saint Martin car la route est belle et que le temps s'y prête tellement, tout ce soleil, malgré le vent, faut en profiter. Alors nous voilà partis, mais on entre pas dans la ville, on reste au pied des fortifications signées Vauban, et on repart (on a prévu de revenir demain pour parler bizness), direction un autre bled où l'on visite une librairie pleine de David Foenkinos (j'ai oublié comment ça s'écrit) et d'opérations "Livres de Poche" un peu flippantes, qui avait certes tout Russel Banks et quelques autres trucs cools mais surtout des montagnes de polars qui ne me disaient rien et qui donnaient l'impression de tous avoir été écrits à la suite de la parution de Millenium, aïe aïe aïe, plein de bouquins jeunesse aussi, mais pas les plus excitants, pas de Parrondo, de Douzou, non, pas de trucs un peu fous, que du très sage (j'ai failli écrire "du très chiant"), plus tard on apprendra de la bouche d'un artisan créateur installé ici depuis quelques années que la libraire est sympa (notre expérience avec elle : "bonjour", "au revoir" entrecoupés de douze ou treize minutes passées à butiner dans sa boutique, et seulement "alors cinq euros quatre vingt dix s'ils vous plaît" en guise d'échange, je suis pas convaincu sur le "sympa") et qu'elle ouvre le dimanche matin et qu'elle vends plein de bouquins jeunesse au sortir de la messe, merci les versaillais en goguette ou surtout en résidence secondaire. L'artisan créateur est super sympa, on passe près de deux heures à parler de nos vies, de nos envies, de Besançon et de l'Île de Ré, de la faisabilité des choses, mais surtout du fait qu'arrivé à un moment donné, il faut les faire et plus seulement les imaginer. Tout ça fait écho à nos questionnements du moment, et après avoir été calmés par les vieilles hystériques aux facades mal ravalées de notre arrivée, le gus nous donne du baume au cœur, il faut bien l'avouer. On parle de nos activités mutuelles et c'est très chouette de trouver des gens "comme nous", ça nous rassure, voilà ce qui nous manque ici, des gens avec qui échanger simplement et naturellement. On rentre et on va boire un coup le long de la digue, un vent à décorner les boeufs comme disait mon grand-père, mais le ciel est bleu alors on fait le plein. En terrasse un type ressemble comme deux gouttes d'eau à mon pote Jérôme, celui originaire de Toulouse. "Mais pas du tout" m'assure Charlotte. On rentre, on passe chercher de la crème et un oignon à l'épicerie à côté du Sénéchal, on se fait une plâtrée de pâtes avec tout ça et du très bon jambon acheté au marché d'Ars et on se couche tôt. Avant, j'écris ces mots.

Jeudi 20 :
On a fait du vélo.

Vendredi 21 :
On a pris le soleil.


Samedi 22 :
On est rentrés à Besac.

Et voilà.

5 commentaires:

fceransky a dit…

La dernière photo a été prise à cinq mètres de là où j'ai roulé sur Odessa l'an dernier dans le cadre de son apprentissage "on ne freine pas n'importe comment"...

Signé Segouya

june a dit…

Je refuse de te croire. D'abord parce que ta myopie t'empêche de reconnaître quoique ce soit en termes de paysage, ensuite parce qu'on écrase pas les enfants, c'est mal.
Plus sérieusement, tu viendras faire un second atelier chez nous avec elle, dis ? Avec elleS, même !?

june a dit…

Ah ah ah j'avais pas vu la signature, Serouya.

fceransky a dit…

Effectivement, bien vu pour mes yeux de taupe. Ceci dit, ce fut un tel drame (fatigue + nouvelle blessure sur croute mal cicatrisée) que même mon coeur sec et froid saigne à la vue de cette image.
Et comme discuté, si vous migrez vers l'ouest (et je vous le souhaite), carrément on viendra.

Polly Jean a dit…

Belle et passionnante virée à l'ouest, j'ai pris plaisir à lire et à regarder les photos qui vont avec.
Décrit avec humour et poésie, je vais recommander cet article à mes amis.

Bonne continuation !

P.S : m'as donné envie de partir à nouveau sur les routes, "follow the Western dream"