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30 mars 2026

Y'all Ain't Ready.

Dilla est né le 7 février 1974 à Détroit, Michigan, et il est mort le 10 février 2006 : ça fait vingt ans que le monde du hip hop avance autour de l'héritage du type sans jamais en faire réellement le tour, la seule chose communément admise étant qu''il s'agissait là d'un des plus grands inventeurs à l'œuvre dans le hip hop, point.

J'ai probablement déjà écrit sur ce blog que je me souviendrais toute ma vie de ce que je faisais quand j'ai appris sa mort, via un coup de fil de l'ami Jéjé. Je sortais de la gare de Besançon, je m'apprêtais à emprunter la rue de la Viotte, probablement pour me rendre chez moi, j'en sais plus rien. Je crois qu'il faisait beau. Je me suis arrêté de marcher comme si Jéjé m'avait annoncé la mort de quelqu'un de super proche. Février 2006 : une éternité. Bref.

Depuis, le vide laissé par Dilla a été comblé par un considérable troupeau de suiveurs, d'hommages en tout genres plus ou moins inspirés, de business supra-opportuniste à un point qui écœure pas mal de celles et ceux qui formaient les rangs des premiers adorateurs, des premières adoratrices. La surenchère aura achevé pas mal des nostalgiques qui peinent à faire leur deuil, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on cite vraiment trop souvent son nom, exactement comme je suis en train de le faire en écrivant ces mots, bazar de bazar.
En tout cas : régulièrement, des mômes en âge d'être ses gosses bazardent livrent une prod sous influence, partagent une captation d'un gig où plane l'ombre de Jay Dee. C'est souvent très mignon, ça ne relève pas le défi laissé par Dilla (apporter un truc significatif et laisser une emprunte indélébile, par exemple) mais hé, il y a pire comme inspiration, après tout... Bon.

Souvent, je rouspète tel le vieux con que je suis, à me dire que le monde tourne un peu trop autour de son nombril lui aussi, et qu'il ferait mieux de larguer les amarres et d'aller à la recherche de sa propre feuille de route. Puis je m'en veux d'avoir des pensées merdiques et des propos aussi péremptoires, alors je réécoute, et parfois...
Hé bien parfois, moi je mords, j'avoue, comme ici avec Bloto, quator polonais composé de membres du combo EABS, à savoir l'un des moteurs de Astigmatic Records, super label d'exploration contemporaine.
Leur reprise de "Y'all Ain't Ready" n'apporte pas une réinterprétation folle, mais ne nous cachons pas, ça casse des nuques comme au premier jour.



21 août 2006

WITNESS THE FITNESS !

Alors d'abord, la fiche bricolage du professeur jUne : aujourd'hui, comment réparer son casque lorsque celui-ci est cassé ? Hein ? Alors, il vous faut un tournevis, une plaque de gaz (pour chauffer le tournevis, parce que vous n'avez pas de perceuse, hein), un écrou et une vis.
Et du temps.
Et des pansements, aussi :

casquebricolage

Bon, j'ai mis 3 heures, mais le résultat est là : un casque blindé, qui a certes pris un peu de poids, mais qui fonctionne mieux que jamais, et qui devrait perdurer un peu plus longtemps dans le temps...

Bon et alors quoi ?

Vendredi après-midi, session freesbee nounours avec Jeff, pendant les quelques heures ou le climat s'est montré clément : une apparition furtive du soleil et nous en étions déjà à nous éclater les doigts (cet enculé de Jeff est fort, je dois bien admettre).
Fin d'après-midi, petit coup de main au gars Guillaume Long qui emménageait du côté du quartier Battant. Autant dire qu'entre le freesbee et le déménagement, j'avais épuisé mon crédit "activité physique" pour la semaine, hein.

Le soir, virée à la Crémerie (déjà ?) pour une soirée drum'n'bass made in Feetwan. Les gens étaient nombreux et chauds, et à 2 heures, j'ai esquivé l'after qui se montait, pour remonter à la maison, juste à temps pour me faire brancher par 3 ou 4 mecs bien imbibés qui, apparemment, n'avaient jamais vu de zozo marcher dans la rue avec un gros casque sur la tête. Bon, les mecs me faisaient des signes alors que je les croisais, j'enlevais donc le truc de mes oreilles, pour tomber sur un peu près ça :
"Eh le mariole, il est assez gros ton casque ? T'a pas froid aux oreilles ?
- Euh, pardon ?
- Je te demandais si t'avais pas un casque encore plus gros ?
- Ah, mon casque ? Ouais, j'aime bien vraiment entendre ce que j'écoutes, alors autant avoir un vrai casque, pas vrai ?
- Ouais ouais, en fait t'es surtout un gros frimeur avec ton gros casque, non ? Tu te crois où ? Ah ah ah, écoutez ça, les gars, le mec écoute du rap. Hein, t'écoutes du rap, connard ?"


Bon, je commencais à regretter de m'être arrêté, d'habitude je trace la route mais après les quelques bières bues pendant la soirée, j'étais chaud comme la braise, et probablement un peu maso, aussi :
"Ben écoute, si tu sais ou je pourrais en trouver un encore plus gros, ca m'interresse, comme ça j'entendrais plus les relous dans ton genre, genre...
- Attends, t'a dit quoi, là ?

(là, un troisième crétin arrive, passablement ivre aussi :)
- C'est à qui que tu causes comme ça, minus ? Ah tu fais moins le malin sans tes potes les melons, hein ?
(ca faisait bien 15 ans qu'on m'avait pas traité de minus, au passage, et pas assez longtemps que j'avais entendu le doux terme de "melon")
- Ah nous y voilà, je suis un frimeur minus, surement pote avec des "melons", ah ah ah, allez, tu sais quoi...
- Nan nan nan tu restes là, avec ta musique de bougnoule, connard !
- C'est qui que tu traites de connard, bâtard ?"


Et là, j'étais super chaud, bien décidé à défendre ma position de minus, voire à défendre la justice et la fraternité républicaine, malgré le constat évident que face à n'importe lequel de ces connards (look tunning, face de rien, la totale), je n'aurais pas tenu 20 secondes. D'ailleurs je vois pas face à qui je pourrais tenir 20 secondes, en y réflechissant bien. Ah si, peut-être face à Mimi Mathy, ligotée dans le dos. Et encore. Si elle était droguée, peut-être. Bref.
Alors que deux des 4 crétins avaient l'air super motivé pour me gonfler les burnes (et éventuellement me casser la gueule), et qu'il me semblait décuiter à grande vitesse, cette montagne d'Ali, un vieux pote à tendance euh, "téci", déboule de la rue adjacente, assistant à la scène, et s'arrêtant net, comprenant la situation. Je croise son regard, il capte le mien, hoche la tête comme pour me demander si ca allait...
J'y croyais même pas, je me voyais déjà en train d'avoir mal je sais pas où (au nez, peut-être, ou au ventre, genre) (ca faisait une paie, mais ces choses-là reviennent vite, hein...), de remonter chez moi avec mon casque à nouveau cassé... Et subitement, sorti de nulle part, Ali, sa gueule de biais, sa masse musculaire, son téléphone portable (à tendance gyrophare) à la main, et son regard de mec qu'aime pas trop des mots comme "melon"... Incroyable.

Au moment ou le second connard commencait à s'impatienter (ca devait le démanger d'étaler le poids plume qui le qualifia de "bâtard", en tout cas, c'est l'impression qu'il m'a laissé), je me laissais aller et j'élevais la voix :
"Et sinon tu sais ce qu'elle te dit, ma musique de bougnoule ?
- Eh mais toi, t'a un sérieux problème, mec, mais bon, je vais t'expliquer ça...
- Ah ben super, t'a rien contre le fait de l'expliquer aussi à mon pote Ali ? AAAAALLLLLIIIIII !!!!"
.

Ouais, c'est nul, c'est lâche, et tout. Mais bon, Ali n'est jamais avare de taquets dans la gueule, et puis bon, ils étaient 4, j'étais seul avec mon casque et "ma musique de bougnoule" (c'est vrai que le beat qui sortait du casque, et signé Funkstorung, est un pur produit du maghreb, bon, un maghreb à tendance allemande, mais la géographie, comme quoi que ce soit d'ailleurs, n'avait pas l'air d'être le fort de ces probables connards de Haute-Saône)...
3 des 4 mecs firent la tronche et se sentaient subitement moins en verve, malgré une supériorité physique indéniable, et le quatrième, le cervelet de la bande, me sortit un magnifique "Ah ouais d'accord, tu veux te la jouer avec tes potes...
- Nan mec, moi je veux me la jouer que dalle, je remonte chez moi tranquille, et mon casque et moi, on vous avait pas sonné, je crois.
- Nan mais si tu veux qu'on se la donne, on se la donne, hein..."


Je commencais à désespérer : ce qui aurait pu se finir avec une probable claque humiliante dans ma gueule était en train de virer au bon vieux baston minable, et le fait qu'Ali approcha sa carcasse en 2 temps 3 mouvements, n'allait peut-être pas stimuler un soudain traité de paix.
Abruptement, Ali approcha sa tête à environ 5 millimètres du plus balèze des 4, imposant son regard noir (mais alors, super noir, hein), et balanca un "Alors les gars, on s'amuse bien ?" du plus bel effet ; le plus gros des 4 crétins, qui avait un peu la tête d'un Jacques Ballutin jeune et costaud, haussa les épaules et laissa échapper un "Non mais y'a pas d'embrouilles, hein, on allait récupèrer notre voiture au parking, tranquille, et...
- Lui raconte pas ta vie, qu'est-ce qu'il à, lui aussi, hein, qu'est-ce qu'il à ?"
, répondit le mec au gros QI, qui était le moins balèze, mais, comme à l'accoutumée, le plus teigneux, et le plus aggressif.
"Il a rien du tout, mais ca peut venir, selon ce que me dit mon ami Ju, hein, Ju ?, me fit Ali, calme, serein, mais, je connais la bête, prêt à bondir.
- Moi je dis rien, je pense que nous ne tomberons pas d'accord au vu des expressions lancées par monsieur ce soir, et qu'on ferait mieux de laisser tomber"
...
La voix de la sagesse, c'est moi. Bon, et puis même si je suis super confiant envers mon pote, ils étaient 4 quand même, et les sauvages de la Haute-Saône, je les connais, ils sont pires que les jurassiens ou que les bressans, ils te sortent une serpette du coffre, ca tarde pas, hein.
"Attends, tu me traites de bâtard et après tu flippes, connard ? C'est pas très glorieux, dis-moi, me fit l'autre.
- Ah mais il me semble qu'au jeu des insultes, j'arriverais pas premier, si je me souviens bien, t'avais pas dit quelque chose au sujet des gens, euh, comment dire, des gens comme le gars, là ? Fis-je en montrant Ali en pointant le menton dans sa direction.
- Qu'est-ce qu'il a dit, Ju ? répondit Ali.
- Rien de très malin, mais on peut aller chacun de notre côté et oublier ça, exceptionnellement, non les gars ? fis-je en brillant stratège pacifiste que je suis...
- Attends tu rigoles ou quoi, minus
(le mec avait les yeux brillants, il devait être super satisfait du vocabulaire grandiose qu'il avait trouvé), tu crois que ca va se régler comme ça ? Tu veux rire ?"
Et au moment précis ou je me disais que ca ne pouvait que mal finir, remonté comme le nain l'était, de la petite rue du cinoche arriva je sais pas, 6 ou 7 mecs, des potes à Ali, une majorité de reubeus. Je me disais que même Mathieu Kassovitz l'aurait pas tourné aussi bien, cette scène super cliché, et aussitôt après, je pensais que si les crétins étaient vraiment décidés, les potes d'Ali, vu l'attitude de certains d'entre eux, auraient répondu présents. Et la supériorité du nombre n'étant jamais une donnée stimulant la réaction intelligente, je me disais aussi que cette soirée allait mal, vraiment mal se terminer...
Les lascars arrivaient, tous ayant perçu le souçi, et affichant une attitude vraiment, mais alors vraiment pas sympa. C'était rassurant et jubilatoire de se sentir subitement "du meilleur côté", mais la dernière chose que je voulais, c'était que ca parte en vrille. Et ca ne pouvait que partir en vrille...
Averell, le plus balèze des 4 crétins, pris son pote mini-QI par l'épaule, et le somma de le suivre. Les 4 connards prirent donc la même direction, et en 4 secondes, les 4 silhouettes de ces fils de merdes de fachos de merde étaient déjà éloignées.
Un des potes d'Ali, agaçé et apparemment stimulé par le faciès des connards, insistait pour que cela ne finisse pas comme ça, mais tous les autres eurent la sagesse de laisser tomber. Alors que je tapais une bise à Ali et que celui-ci me demandait comment ca allait depuis la dernière fois, j'en finissais pas de lui dire 15321384 fois merci ; et ses potes de me demander ce qui s'était passé, ce qui s'était dit. J'hésitais à resortir les mots que les tocards sortirent, de peur que l'énervé du crew d'Ali se mette à courrir après eux, et la posture adoptée par la majorité de la bande me bluffa.
"Tu sais, si on devait se battre à chaque fois qu'un rebeu ou qu'un black se faisait insulter de melon ou de bougnoule, ca serait la guerre civile en permanence, mon frère !" me dit un putain de grand black qui portait un maillot des Knicks qui lui tombait presque sur les chevilles, et des diam's aux oreilles, des diam's gros comme mes poings ; ou presque. Bref.

Le pire, c'est que je le sais bien, tout ça.
Mais je l'avais presque oublié.
En remontant chez moi, je me suis souvenu de mon enfance dans une cité plutot calme et cool, à Dole, des premières prises de tête raciales à l'école primaire, puis plus tard, dans les soirées à la con des bleds alentours. Passablement éméché, j'essayais d'évaluer la situation actuelle et future, tentant une grosse synthèse de ce que pouvait produire dans mon crâne les conversations avec des potes feujs, des potes reubeus, des potes rien du tout, et les lectures régulières du Monde Diplo, de Courrier International, et du matraquage médiatique qui offre un boulevard aux Sarko en tout genre... La mélasse.
C'est vraiment pas gagné pour la bande à Ali, ni pour les autres.
Après coup, j'ai presque regretté de ne pas avoir laissé les 4 crétins du 7-0 dans la misère...

Bon, et sinon ?
Très peu lu, très peu été productif en quoi que ce soit. Eh, c'est les vacances, alors... Alors je dors, bordel !
Ah si quand même : Christopher Priest devient gonflant et redondant avec "Black panther" (le tome 4 en VF est sorti chez Marvel France), c'est chiant comme la pluie et totalement téléphoné, Geoff Darrow est de plus en plus barré avec son "Shaolin Cow-Boy" (mon royaume pour voir les planches "pour de vrai") et pour finir, John Irving je trouve ça super chiant ; ouais, "aussi".

Sinon, maté "Lord of war" hier soir, un truc avec Nicolas Cage, Ethan Hawke, Jared Leto, produit par Philippe Rousselet et écrit et réalisé par Andrew Nichol (pas sûr de moi pour l'orthographe...) ; le genre de film dont le traitement scénaristique était sûrement censé valoriser un cynisme jusqu'auboutiste, mais qui au final est complètement vidé de son caractère "message" par sa volonté de plaire, vraiment... Du coup, on arriverait presque à s'attacher au personnage principal du film, un important trafiquant d'armes, à qui l'on pourrait presque trouver des excuses... Et puis non. Cage fait son Cage, sans cabotiner mais en restant fidèle à son jeu en mode "minimum syndical" (c'est dommage, je le trouve pas mauvais, ce mec), Jared Leto, défoncé en quasi-permanence a l'air de faire sa suite, version soft, de "Requiem for a dream"... L'image est belle, quoiqu'un poil trop démonstrative (Rousselet ne fait "que" produire ce truc ?), mais voilà, ca ronronne, ca effleure des sujets bien vus (et à exploiter), mais ca reste le cul coincé entre plein de chaises, et donc, on se fait pas mal chier. J'avais lu à sa sortie "pamphlet engagé", warf warf. Bref.

Allez... Soyons un peu positifs ! C'est pas parce que mes 15 jours de vacances se passent sous la flotte que tout va mal. D'abord, parce que parfois, c'est beau l'amour (c'est dur, mais c'est beau)... Uh uh uh.

Ensuite : je vais probablement passer pour le mec qui se répète un peu (beaucoup), mais samedi soir c'était Boogie time, et que dire ? Que depuis mon arrivée à Besançon il y a une demi-douzaine d'années, cette soirée fut probablement la meilleure, en terme de satisfaction personnelle.
D'abord, parce que la soirée avait bien débuté chez Sophie et Narqo, avec Tristan, pour une petite bouffe bien chouette, ponctuée par une tarte à la rhubarbe accompagnée d'une glace caramel, bref, un bien bon début.
Ensuite, parce qu'alors que nous n'étions encore qu'à caller la sono, Tristan, Narqo et moi-même (il ne manquait que Zo pour que le crew soit au complet), que mon gars Sto à déboulé super tôt, pour ne partir qu'à la fin, et c'était franchement cool de le voir bouger son booty à une soirée bisontine, nom de dzousss. Evidemment, Cécile et Jeff étaient de la partie, le gars Balthazar aussi, Alex et sa clique, entre autres, et tout ce petit monde a eu l'air de passer une bonne soirée, ca fait plaisir.

boogiestonarqo
(Sto et Narqo).

Et ce qui fait encore davantage plaisir, pour couronner le tout, c'est d'avoir été rejoint par pas mal de gens (et ce, relativement tôt), qui étaient, ma foi, super chauds, et c'est rien de le dire : il était guère plus d'onze heures que la petite piste de La Crémerie (le nouveau quartier général du retour du Boogie, qu'on se le dise) était déjà pleine, et que ca soit sur l'afrofunk de Sharon Jones ou sur le hip hop peinard des Jurassic Five, les gens ont dansé comme des guedins, incroyable.
Big big biiiiiiiiig boogie time : Tristan qui balance le remix de "Witness..." de Roots Manuva, et les gens tous à donf... L'hallu. Ca regonfle à bloc, en tout cas.

boogie0512

Besançon, tout chaud le samedi soir sur autre chose que du métal ou de la hard-tech ? Waouh.
Et comme le crémier avait l'air plutôt content de la soirée, lors du petit after chez Tristan (avec Narqo et Sophie, Jeff et Cécile, Balthouze, les gars de Honeybox, etc), eh ben plein de boogie tout prochainement :

boogie092006flywebCOUL

On air on radiojUne :
Pas mal de trucs en ce moment, je ne fais que mixer à la maison pendant ces vacances... Ca et jouer au freesbee quand le temps le permet ! Donc plutôt que de creuser dans les piles de skeuds qui s'accumulent tout partout, une playlist de ce que j'ai joué samedi soir au Boogie :

- King Tubby "Blessed dub".
- Fat Freddy's Drop "Hope".
- Shuggie Otis "Inspiration information".
- Sharon Jones & the DapKings "How long do I have to wait for you" (Daptones).
- The TSU Toronadoes "Getting the corners".
- Build an ark "The blessing song" (Kindred Spirits), je me remet toujours pas de ce morceau...
- David Axelrod "Good day sunshine" (par Ray Brown, en fait).
- Breakestra "At the end of the day" (Ubiquity 10").
- Tony Alvon "Sexy coffee pot".
- Ramsey Lewis "Back in the USSR".
- Jurassic Five "Jayou".
- Jeru the Damaja "Come clean". C'est marrant, c'est en réécoutant le premier Cinematic Orchestra, tranquille à la maison, que le Solid Steel de dj Food m'est revenu en tête, et ce morceau culte de Jeru dans la foulée (checkez la Solid Steel pour apprécier comment le Jeru est amené sur le "Channel one suite" de la bande à Swinscoe..).
- De La Soul "Me myself & I".
- Pete Rock & CL Smooth "I got a love".
- Labbi Siffre "I got (the blues)" était dans mon sac, et cet enculé de Tristan l'a passé EXACTEMENT quand je voulais le faire ! Quelle enflure... 8)
- Cymande "BRA".
- Herman Kelly "Let's dance to the drummer beat".
- Funk inc "Kool is back".
- Brenda & the Tabulations "Hey boy !", magnifique pépite boogie sortie en 66 sur Dionn ; Brenda et ses Tabulations (un groupe de dactylos ?) sont davantage connues, je crois, pour leur reprise (moyenne...) du "California Soul" de Marvin Gaye et Tammi Terrell, sublimé par Marlena.
- Charles Wright & the Watts 103rd street band "Express yourself". Ah putain j'aurais du le passer, le NWA qui couvait dans mon sac ! 8)
- Sharon Jones & the DapKings "I just dropped in to see what condition my condition is" (Daptones 10").
- The Vibrettes "Humpty dump" ; non, non, pas le nouveau combo de nénéttes, non, les Vibrettes d'il y a déjà quelques décennies, dont le classique "humpty dump" a servi de base au personnage des Digital Underground, big nose and co... Et à la "Humpty dance", aussi ! Ca nous rajeunit pas, crévindzousss.
- Catherina Valente "39° de fièvre", la reprise du mythique "Fever" de Davenport, en version française dont je me lasse pas. Ce titre, comme plein d'autres, est dispo sur les excellentes compilations produites par les gens du label St-Germain des Près, à savoir, toute la bande à dj Bronco, à Bando, aux gens de Pure Records... En l'occurence, sur la seconde compilation "Orchestral Party".
- Ozomatli "Cut Chemist suite" (Almo).
- Quasimoto "Life is...".
- Diplo "florida" (Big dada).
- AntiPop Consortium "Ghostlawns", mais pas le remix de Mike Ladd que je joue d'habitude : l'original, parce que mon bro Feet venait d'arriver à la soirée, et qu'il kiffe ce titre. 8)
- Dillinger "Flat food hustling".
- Kid 606 "Xanopticon bizarre" ($ #10).
Ouais, le boogie, ca commence cool, mais ca finit quand même avec du Kid 606 et autres Planet Mu...


junecasque
Oh le joli casque. 8)

Bon.
Demain, journée à Dijon, notamment pour croiser Alcor le Raclo, et fin de semaine, petit passage chez Maman, et décollage pour Rome, avec quelques millions de disques, pour le mariage de Maud et Tom, à la Villa Medicis. Ouais, un mariage à la Villa Medicis, c'est pas tous les jours que ca arrive, et que l'on me demande d'y jouer quelques disques pour un mariage (pas de "Danse des canards" ni de Bézu, hein, du vrai bon gros son, heavy-funk-sugar-soul-afro-broken-hip-hop and co, quoi !), encore moins, alors... Avec un peu de chance, l'aéroport ne perdra pas les disques, et nous ramènerons quelques photos !
A bientôt, peut-être. Ou pas, hein.

2 mai 2006

Pacôme, the pharcyde, allo-stop.

Si vous êtes une copine ou un copain, et si vous êtes dans le secteur, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous.Un futur déménagement va vraiment s'imposer, et je sais ce que vous pensez. 8)
D'abord, j'ai vicieusement maltraité mes potes durant de longues années d'un endroit à l'autre, les faisant porter cartons de bouquins et caisses de disques, pour le plus grand malheur de leur colonne vertébrale ; au fil des années, je me suis faite une réputation de mec super chiant qui déménage au moins une fois par an, et je ne parle même pas des plans qui s'avérent vraiment, vraiment super-foireux (qui a parlé de l'emménagement à Paname ?)...
Bon, eh bien nous y voilà : en attendant de quitter la région (oui oui, la brune et moi y pensons toujours, de plus en plus, et 2007 pourrait bien être le moment opportun pour s'éloigner réellement), nous allons aller de Besançon à... Besançon (pour la 6ème fois consécutive), et la vraie mauvaise nouvelle, c'est que depuis la semaine dernière, j'ai une nouvelle groooosse cargaison de skeuds qui a atteri dans le secteur, le copain Jay décollant prochainement et m'ayant laissé disques et platines le temps d'un séjour outre-atlantique.
Bon, voilà au moins un truc sur lequel personne ne va me relancer... En tout cas pas les potes dans le coin.

Quoi de neuf sinon ?

=> Le gars Christophe Gaultier, aussi brillant (surtout la nuit, un peu comme une grosse luciole) que sympa (surtout la nu... euh nan rien), n'a pas arrêté de dédicacer ses bouquins samedi dernier à la lib.

tobal003

Une petite photo de la fin de journée, alors que les piles initiales de bouquins s'étaient évaporées dans les sacs des gens, et que le gaillard avait descendu plusieurs cartouches d'encre de son pinceau. Patient, talentueux, 12 milliards de projets en cours, et en plus le mec prend le temps de passer nous voir.
Ils sont cools, ces auteurs de bande dessinée, bordel ; par contre, faut bien vérifier l'horaire de départ de leur train de retour le dimanche, parce que c'était quand même juste-juste, hein... Hum. 8)

=> Akroe et KRSN viennent de nous pondre une nouvelle saloperie, sobrement intitulée "Liltrip polychrome" (je tiens à préciser que j'ai pas encore maté le bouquin, mais les ceusses qui connaissent le travail de ces putains de sales vandales de merde de ces deux brillants zozos savent déjà que ca vaut le coup, d'entrée) :

image chopée chez les gens d'ekosystem.org, merci à eux

"Depuis leurs premières peintures, Akroe et Krsn sont inspirés par les lieux vierges et abandonnés. Régulièrement, ils partent seuls ou se retrouvent pour peindre à la recherche de nouveaux endroits, souvent situés dans des coins improbables de nos campagnes ou a l’étranger. Suite à ces nombreuses productions, le duo décide d'autoproduire un livre sur la majeure partie de leurs peintures depuis 2003. A la manière d'un carnet de voyage. L'expo "Liltrip Polychrome" présentera les photos du livre et des images inédites autour d’une mise en scène."

A noter que l'expo est visible jusqu'au 27 mai 2006 chez la feignasse canine, merci Romuald au Lazydog (2 passage Thiéré (Paris 11eme), Metro Ledru Rollin, ligne 8).

Dernière minute * Dernière minute * Dernière minute * Dernière minute * Dernière minute * Dernière minute * Dernière minute
J'apprend de source sûre qu'il n'est pas exclu du tout que notre Wonder Duo passe par Besançon pour fêter la sortie du livre en question (mise au point d'une petite rencontre/dédicace), avec qui plus est dans ses bagages un certain dj/producteur officiant dans leur environnement très proche... Ca sent le "Musclor" dans le soundsystem, tout ça ! Miam. On en recause dès qu'une date tombe.

=> un peu de skate entre 2 nuages, juste le temps d'aller constater que je ne rentre pas plus d'un ollie sur 3 ; ca m'apprendra à mater la dernière vidéo Cliché, "Hello Jojo", ou des zozos un peu enervés rident des fontaines bisontines, ca motive mais la réalité finit toujours par me rattraper, évidemment. Je verrais ça l'année prochaine. Ou dans une autre vie.

=> Ce week-end, c'est la Saint Pacôme !
Tous à Strasbourg pour saluer (ou découvrir) le boulot des furieux de l'Institut Pacôme, micro-éditeur dont les magnifiques ouvrages (qui tiennent davantage du bel objet) méritent le détour. De vendredi 5 au dimanche 7 mai, à Strasbourg, donc.

=> Nothing but geeks, part. 231874 : j'ai beau rien vouloir en attendre, le trailer de X-Men 3 m'a quand même vachement motivé.
Voilà ce que c'est, de toucher à mes rêves de môme : dans la bande annonce, Phénix est aux côtés de Magneto, Marko se refait la pub Levis à sa manière ("Un mur ? Où çà, un mur ?"), les Morlocks ont l'air nombreux, Angel et the Beast sont du voyage...
La bande annonce insiste sur un supposé aspect sombre de la franchise X (ouais, on s'attend quand même à autre chose que Barbapapa si ce troisième film suit un peu le Dark Phoenix, mais dieu sait ce que va en faire Hollywood), avec des héros en rang d'oignons, dans l'attente d'une action imminente (un peu comme si c'était Arthur Adams qui était metteur en scène), je me demande bien ce qu'ils nous en ont fait.
Une chose est sûre, c'est que je serais, bon mouton que je suis, en première ligne pour le jour de la sortie, avec copain Dude à côté.
Eh, je n'ai pas succombé à "V pour Vendetta" (aucune des adaptations de l'oeuvre de Moore ne m'ayant convaincu suffisemment pour que j'ose remettre le couvert, même si les amateurs du barbu ont l'air moins en colère qu'à l'accoutumée...), c'est déjà pas mal, faut pas trop m'en demander, non plus...

=> Lu que des bandes dessinées, ces derniers jours...

- "Mon Killoffer de poche", par François Ayrolles (L'Association) : cette petite Patte de Mouche est un formidable hommage à cette entité hors-norme qu'est le Killoffer, auteur doué d'un égo apparemment à la hauteur de son talent (énormes tous deux, si j'en crois les legendes urbaines - le Killo étant de toutes manières à des années lumières de mes naïves considérations toutes terriennes).
Ayrolles maitrisant aussi bien, quand à lui, le sens de la dérision que le pinceau souple, voici donc une parfaite introduction pour la lecture suivante...

- "Le rock et si je ne m'abuse le roll", par Killoffer (L'Association), tiens-donc.
Bon, Killoffer, c'est comme l'aneth sur les crêpes au froment, on aime ou on déteste ; moi, j'ai perdu toute notion d'objectivité au fur et à mesure que L'asso sortait ses Lapins (Killo y figurant de manière grandiose quasi-systématiquement), après avoir remarqué le zozo et son sens du degradé quasi-mystique dans le Psykopat (ca commence à dater, hein). Plus bavard que son chef d'oeuvre (c'est mon blog, je dis ce que je veux) "676 apparitions", cette courte Patte de Mouche (vibrant plaidoyer pour le sweat à rayures) saura satisfaire tous les amateurs du noir et blanc divin du bonhomme, et l'histoire qu'il nous conte, du début à la fin, est une petite tentative d'apnée réussie juste à la frontière du monde réel et du monde de Killo. Et c'est tout simplement classe, as usual.

- Delcourt, si je dis pas de conneries, prend du retard sur la sortie française de "Murder me dead" du génial Lapham, mais tient les délais de bouses comme le "Bodybags" de Jason Pearson, vaine tentative de faire du divertissement mature (lire "un peu de cul, un peu de bourrin, pas mal de dialogues dégueus"), mais qui échoue, Pearson s'emmêlant les pinceaux (mal nettoyés, au passage) entre une narration super pauvre et un scénario pas plus avançé : un boeuf plus à l'aise dans le maniement des gros calibres que dans les relations humaines retrouve enfin sa fille, une ado très mature pour son âge qui tient de papa quand il s'agit de kalashnikover à tout va. C'est pauvre, les dialogues sont horribles, on tient pas 3 pages. Je crois que Pearson s'y est repris à plusieurs fois sur cette (mini ?) série, j'ose espèrer qu'il s'agit du premier arc (?), et que la suite est moins nase. Bon, on s'en fout, de toutes façons.

- J'avais, je crois, déjà dit tout le bien que je pensais du "Pedro and me" de Judd Winick. Le bouquin vient d'être traduit en français, et le résultat proposé par les éditions Ca et Là, une fois de plus, tient bien la route.
Cà et Là, quoi qu'on en dise (bouquins un peu chers, quoique dans le cas de "Pedro et moi", ca reste acceptable), s'impose déjà comme un éditeur spécialisé dans la traduction réussie : on est loin des approximations (expressions littérales dégueues, coquilles toutes les 12 pages) de Rackam ou des manques de rigueur (vocable appauvri, dialogues dépouillés de leur sens premier) de Delcourt.
La manière qu'à Winick d'aborder le HIV et le SIDA (le sujet du bouquin, par le biais d'un témoignage d'amitié de 200 pages) font largement oublier une narration bizarrement rythmée, un découpage un peu bancal, ou un dessin parfois un peu hésitant ; les dialogues, la façon d'aborder de tels sujets, sont brillants, et évitent intelligemment le piège du pathos merdique façon téléfilm M6.
Chouette bouquin.

- "Die europanichos assimil" par Benoit Jacques (L'Association).
Une méthode Assimil impeccable pour tous ceux qui ne maitriseraient pas encore l'esperanto euro-débile. Idéal pour se prendre une monstre murge aux quatre coins du vieux continent, tout en évitant les pièges à touristes. Vachement drôle, vachement bien fichu, et très très con.

- "Capucin : la mauvaise pente" par Florence Dupré-La Tour (Bayou/Gallimard) : un petit bouquin attachant et réussi, même si les influences, scénaristiques comme graphiques, sont encore trop présentes pour en faire une réussite totale.
Néammoins, cette jeune auteur propose une tranche d'aventures (avec un grand A) du petit Capucin, qui se retrouve à devoir se sortir du mauvais pas dans lequel la vie l'a jeté. Abandonné par les siens, progéniture d'anciens nobles (aujourd'hui déchus par la faute d'un mééééééchant qui devra bien payer un jour...), Capucin, accompagné par son seul -et peu motivé- destrier (tous deux sortes de bâtards Sfaro-Mizukoien, pour faire simple et rapide) séduisent à grand renfort de fantaisie (au sens non-péoratif du terme) et de liberté de ton.
Le fait qu'un tel bouquin sorte dans la collection dirigée par Sfar sera une perche tendue aux détracteurs de la demoiselle, ancienne collaboratrice sur le dessin animé Petit vampire, "Capucin" rappelant tout de même énormément la manière d'écrire ET de dessiner du "boss" ; ce qui n'enlève rien au talent de la dame. Attendons un peu la suite, et un peu d'émancipation ?

- "Fraise et chocolat" d'Aurelia Aurita. Et là, je suis bien emmerdé...
Parce que, d'abord, j'avais adoré "Angora", le premier bouquin de la demoiselle, lors de sa sortie ; graphiquement, j'avais été totalement séduit, et les historiettes de cet ouvrage m'avait réellement enthousiasmé. Aurelia Aurita tournait déjà autour de son nombril, de manière ultra-narcissique, mais plutot plaisante : maniérée à un tel point qu'on ne pouvait que suivre ses états d'âme à distance, sans voyeurisme mais avec une curiositée atisée par des réflexions assez inédites alors.

Dans "Fraise et chocolat", elle descend d'un cran et tourne donc autour de son cul (pour faire court).
Et je suis donc très, très partagé : je suis ravi de voir qu'une nana livre une tranche d'autobio-cul plutot joviale et jouissive (c'est le cas de le dire), ca change de la tonalité maussade souvent en vigueur dans ce type de récit, ok.
Et un point de vue féminin sur le cul, c'est trop rare pour qu'on ne l'apprécie pas à sa juste valeur, ok. Après tout, la littérature, le cinéma, me semblent avoir été davantage utilisés par les femmes pour raconter ce genre d'histoires. Une fois de plus, le manque de nénéttes dans la bande dessinée fait passer ce type de bouquins pour un petit évenement en soi, alors que l'on ne compte plus les bouquins signés par des hommes qui parlent de leur vie sexuelle (pour le meilleur et pour le pire). On pouvait donc se dire que "Fraise..." allait apporter une grosse pierre à la parité dans les témoignages emplis de sexe, côté féminin.

Mais voilà : je n'ai pas vu/lu grand chose d'autre qu'une longue déblatération de plans cul, comme une sorte de manifeste pro-charnel, comme une liste de "trucs à faire/faits", mis bout à bout (hum) sans réelle construction, sans grande attention portée à un quelconque rythme.
Alors on se frotte doucement au bouquin, on fait vite des parallèles, des comparaisons entre nos histoires de cul et celles de l'auteur, fatalement. Et très vite, on se dit que tout ça aurait pu être autrement plus satisfaisant si Aurelia Aurita avait pris le temps, un peu plus de temps, à raconter "le reste" : la passion amoureuse, les vertiges, la fusion physique et les explorations, les découvertes, les furieux enthousiasmes et les premières déceptions, bref, le tronc commun des scénes vécues par tout jeune couple : voilà déjà bien des choses à dire, bien des choses à raconter.
L'échange entre Aurelia et son amant est bien là, on se rend compte que chacun à l'air de jouir réellement d'une histoire sexuelle idéale, partagée, épanouie : le plaisir ne se donne ni ne se reçoit, au fond (hum), mais s'échange incessament, plutôt.
Mais dans "Fraise et chocolat", on virevolte de carresses en cunnis, de pipes en sodomies, en ne s'attardant guère sur ces vibrations inhérentes à toute passion naissante, à ces détails qui donnent encore plus de force à l'acte charnel ; c'est dommage, il y en a, mais on passe vite, trop vite, au concret, au cul d'Aurelia et à la bite de Boilet, donc. Un peu le cul pour le cul, donc. Soit.

Si on passe sur notre côté voyeur, bien flatté à la lecture de ce bouquin, il ne reste finalement pas grand chose de "Fraise et chocolat" ; Aurelia Aurita n'a pas le talent de certaines de ses aînées qui ont su, quant à elles, marrier vie sexuelle (vécue ou fantasmée) et vrai intérêt scénaristique.
Julie Doucet écartant les jambes et changeant de tampon m'a semblé autrement plus intéressant, plus constructif, plus... séduisant (non, je ne suis pourtant pas un fétichiste des serviettes usées, pas plus que je ne suis un obsédé des menstrues).
Par ailleurs, bien des récits super intimistes de Jenni Rope, de Roberta Gregory, ou d'Anna Sommer abordent le cul de manière aussi franche et crue, mais de manière plus... riche, je ne sais si c'est le bon mot, mais c'est le sentiment que ca mévoque en comparaison.

C'est d'autant moins facile pour moi de critiquer ce genre de bouquins que ma propre nana adore, dans ses petites historiettes dessinées, mettre en scène sa propre expérience, ses propres anecdotes, tournant souvent autour du cul, de la bite, et du reste.
Je ne suis pas forcément toujours client, d'ailleurs, mais au moins, je peux en parler avec elle et la questionner sur sa motivation, sur ses envies. J'ai alors l'impression que la gratuité des scènes de cul s'estompe, ou trouve une résonnance dans un "autre chose".
Et je n'ai pas l'impression que notre histoire soit des plus prudes (ceci dit, cela, tous les lecteurs de "Fraise et chocolat" pourront le dire plutot que d'avouer une pauvreté socialo-sexuelle, par exemple), mais je n'aime pas non plus particulièrement qu'elle oeuvre sur une "simple" histoire de cul. Le sexe en tant que seul sujet d'un bouquin, ca doit être rudement bien fait pour ne pas sombrer dans le purement gratuit, totalement superflu. Et c'est un peu le sentiment que j'ai après lecture de ce bouquin...

Reste la manière de faire, graphiquement parlant.
Aurelia Aurita a choisi l'économie de trait, aux antipodes des effets soignés, du style très poli qu'elle avait montré dans "Angora" ; et comme c'était précisemment cette façon de dessiner, d'encrer, qui m'avait séduit, j'ai été d'autant plus déçu à la lecture de "Fraise et chocolat"... Les presque-croquis vont droit au but, certes, le découpage semble spontané, probablement fait dans l'urgence d'exprimer un moment, une suite d'événements, de ressentiments, mais ne tient pas plus que sur 10 pages. Je me suis lassé très vite de ce parti-pris, et au final, je suis ressorti très déçu de cette lecture. Il ne faut pas lire le dernier ouvrage signé Frédéric Poincelet dans les mêmes temps : en voilà un qui a su mettre son habilité graphique au service de son récit, largement aussi cru, mais aux antipodes de cette approche purement et uniquement, gratuitement exhibo (on en reparlera).

On pourra rétorquer que Boilet aura assez parlé de sa bite dans ses bouquins, et que le point de vue d'une de ses partenaires ne sera que bienvenu...
On pourra appeler à une nouvelle exploration ego-trip, et insister sur la manière de citer les banalités du quotidien pour toucher à l'universalité de la sexualité...
On pourra s'arrêter sur le fait qu'une jeune femme exposant aussi ouvertement sa sexualité est suffisamment rare en bande dessinée pour qu'on dénigre le bouquin, et qu'il faudrait lui reconnaître des qualités un peu plus larges...
Qualités que "Fraise et chocolat" n'a pas, malheureusement.
Un bouquin dont la couverture sourit, mais finalement plutot attristant, à plus d'un titre.

=> Parmi les parisiens qui lisent ces mots (j'espère qu'il y en a au moins un ou deux, sinon j'ai encore l'air con), est-ce que certains n'iraient pas a Periscopages de Rennes, dans 15 jours ? J'irais bien faire un saut... Mais putain, c'est un peu loin pour mon budget de ce mois...

On air on radiojune :

=> Non, autant je veux bien reconnaître des qualités au boulot de Danger Mouse en général (même si je ne suis guère fan de ses dernières prods, je dois bien avouer), autant Gnarls Barkley n'a de vraiment bonnard que le nom (et quelques photos de presse, le marketting 2006, c'est efficace, hein). Je veux dire, "Crazy" est bien fichu, ok ; mais le reste de l'album est quand même assez chiant. Et Cee Lo fait ce qu'il peut, et se démerde même plutôt pas mal en chantant, mais il y a encore du boulot pour me faire oublier Goodie Mob, uh uh uh (nan je kiffe pas trop le dirty south, chacun son truc, hein).

=> Breakestra avec Choklate "take my time", sur myspace, chez Breakestra.

=> Ghislain Poirier vient de pondre une Solid Steel de 30 minutes.
Avec, entre autres, Jackson, Dabaaz, Shadetek, The Bug, Modeselektor, et le "Musclor" de Para One/TTC.

=> Mike Relm, quand à lui, balance un mix de mise en bouche en attendant "The return of Dr. Octagon", le nouvel album qu'il a produit, et qui s'annonce huuuuge.
Mike Relm, il est fort, et il est cool.

=> "Say hey there" d'Atmosphere, la vidéo, est dispo sur MTVU, chez Rhymesayers, et sur la myspace page d'Atmos'.

playlistVisu

1. "Diggin' on blue" mixed by Pete Rock feat. Lord Jamar, Talib Kweli, Shabaam Sahdeeq, Shan J. Period... Un truc japonais ou Pete Rock passe à la moulinette des trucs comme Gene Harris, Herbie Hancock, Lee Morgan, Lonnie Smith... Une mixtape bizarre, la collision entre Pete Rock et Blue Note.
2. Ils devaient prendre du temps à démêler, les zozos de Chocolate Milk et leurs 8 afros... Circa RCA 1976, avec le père Allen Toussaint aux manettes.
3. Bordel de merde, dans la série "ça nous rajeunit pas", l'album "Labcabincalifornia" de The Pharcyde a plus de 10 ans ! Merde alors. Pas mal de trucs alors imparables, aujourd'hui classiques, avec notamment 6 prods du regretté Jay Dilla, bon ok c'était pas encore le maestro de ces dernières années, mais ca suffisait pour nous claquer la tronche quelque chose de sévère, déjà alors... Je me suis même surpris à me souvenir des premiers couplets de "groupie therapy", mot pour mot... Merde, ou est passé Fat Lip, encore ?!
4. "There's a riot goin' on" clamait alors la famille Stone ; depuis, Sly s'est fait pouser une crête mais il n'était pas aux manifs anti-CPE.
5. "Rapperfection/You suck/Syllable practice" par Edan, grosse claque de déjà 5 ans et pas une ride, merci Landspeed. Pur hip hop d'enculé.
6. Eu envie de récouter cet album d'Archie Shepp, "A sea of faces" (1975, le second Black Saint), sur lequel joue le pianiste Dave Burrell, qui passe par Besançon (avec Leena Conquest) le 19 mai 2006.
7. Shaaaaaaaron Jones and the Dap-Kings, "Naturally" ! La diva afro-funk sur le quatrième LP de chez Daptone.
8. Un mix radio de Fauna Flash (avec Jazztronik, Da Lata, Marcos Valle...), balançé par Compost en 2001.
9. "Ethiopian modern instrumentals hits", rien que le titre assure un max, déjà... une compil de trucs datant de 1696 (droit dans le trip des très bons "Ethiopiques" de chez Buda Musique), proposée en réédition en 2003 par les gens de L'Arôme productions ; avec Mulatu et la clique habituelle...
10. "Put your phazers on stun throw your health food skyward" par Earl Zinger, chez Red Egyptian.
11. Little Brothers (aka Phonte, Big Pooh et 9th Wonder), l'album "The listening" sorti en 2003 chez ABB. Tout n'est pas mortel mais bon, certaines prods sont vraiment fat.

Allez, zou.
Bientôt encore des conneries ici.
Ou ailleurs.
Ou pas, d'ailleurs.