22 mars 2015

3 women.








Il faisait moyennement beau et un peu froid ce dimanche, plus frais en tout cas que ces derniers jours. Le genre de temps qui fait qu'on passe un bout de cette journée de mars au musée, par exemple. Sauf que d'expo stimulante alentour, point d'ombre (ou bien on les avait déjà vues), du coup on a regardé un vieux Altman.
Et on a largement eu notre compte d'images fascinantes.

22 février 2015

Vincent n'a pas d'écailles

Rien que pour une scène très très courte, un seul petit plan : lorsque le personnage principal se laisse porter dans le ruisseau qui longe la route, en faisant la planche et en s'éloignant ainsi du spectateur, alors que seul le clapotis de l'eau se fait entendre dans le crépuscule ; et qu'alors, sur la route qui croise le ruisseau, un véhicule nous arrive dessus, musique à fond, vacarme assourdi.
L'effet est saisissant (peut-être facile, mais on s'en fout) et il donne le ton de ce que l'on va voir. En tout cas, pour moi, cette petite scène là est un drôle d’écho à l’ambiance de spleen socialo-existentiel généralisé de ce début d’année.


Un autre écho, c’est celui que ressentiront aussi toutes les personnes qui comme moi auront été bercées tout môme par le mythe du super-héros qui porte sa différence comme une malédiction davantage que comme un don : parce que la différence se paie, toujours, le personnage du film n’y échappera pas.
Thème maintes fois développé dans le comics mainstream US (les amateurs de blockbusters made in Marvel devraient sourire lors d’un petit clin d’œil particulièrement réussi, par ailleurs), directement hérité d’une tradition du mythe du surhomme qui devrait s’élever mais qui en est incapable, lesté par des attaches bien humaines, elles.
Si cela peut sembler vu et revu (surtout pour les lecteurs Lug des 70's), je ne me souviens pour autant pas d’avoir vu ce sujet aussi bien exploité dans le cinoche français.
Ah oui, parce que c’est un film français : je suis tellement peu enthousiaste quant à la majeure partie des long-métrages français que je vois que je ne puis que le remarquer, vindzouss’ : ainsi donc, le cinéma français peut parfois encore surprendre.

Et finalement, cette relecture rejoint donc quelque chose de plus large : la notion de différence, tout simplement.
Comment peut-on s’y retrouver, dans ce monde, si l’on y ressemble pas ? Si l'on se sent profondément différent, si on l'est ? Finalement, le film, dans sa tentative d’exploration d’un ressentiment singulier (l'incapacité à trouver sa place), est bien plus d’actualité que pas mal de longs métrages franchouillards casse-couilles qui se reniflent le cul sans jamais sonner juste. On est ni dans le nombrilisme rebutant, ni dans le clinquant tape à l’œil, on est… ailleurs. Dans un film où il y a des courses-poursuites avec des flics sans coups de feu, dans des évocations du surhomme sans combat, sans exploit salvateur (le coup de la béttonière, belle manière de se débarrasser d’un besoin tout en l’esquivant), dans une histoire d'amour qui échappe à beaucoup de clichés habituellement croisés sur les écrans…


Les dialogues très rares, l’absence de musique (qui plus est, le générique de fin est affublé d'un inattendu super morceau de William Onyeabor, dont je croyais en avoir un peu marre - là, ça va !), et surtout une simplicité tellement frontale qu’elle en est déstabilisante, voilà quelques ingrédients supplémentaires pour une séance qui fait bigrement du bien. Alors oui, on peut trouver de solides problèmes de rythme à Vincent n'a pas d'écailles, c’est évident. Mais le film transpire tellement la sincérité et la simplicité qu’on s’en tape, de ces problèmes de rythme, et je veux bien aller voir des films avec des problèmes de rythme comme ça tous les jours, moi, tiens.

Thomas Salvador explique dans différents entretiens que raconter une histoire n’est pas son fort, qu’il n’est pas à l’aise avec ça. Peut-être que c’est cela qui l’a longtemps retenu du côté du court-métrage, où il lui était peut-être plus facile de contourner cet obstacle tout en s'essayant à quelque chose de plus évocateur que narratif.
Il y quelque chose de bancal dans ce film bien plus poétique que sa présentation ne le laisse supposer, mais on s’en tape. Ce qui reste une fois que l’eau s’évapore, c’est l’envie d’y retourner.

13 février 2015

Clark Gaybeul Deux Point Zéro.

Etant môme, la découverte de Fluide Glacial m'a brutalement extirpé de mon obsession pour les comics de super héros, qui succédait elle même à mon obnubilation du Journal de Mickey. Ce genre de découvertes a influencé beaucoup de choses, puisqu'à plus de quarante balais, cette saloperie de bande dessinée prend beaucoup, beaucoup de place dans ma vie.
Alors lorsque ma tronche est dans le dernier Fluide, sous la plume de monsieur Jean-Christophe Menu, non seulement je suis ému comme au premier jour, mais en plus je suis fier comme un paon.
C'était mon quart d'heure de gloire, cette fois je vous fiche la paix.

[lire le numéro de février 2015 du magazine Fluide Glacial pour comprendre de quoi il retourne]

7 février 2015

La dernière chose à garder au PS est un homme.


FILOCHE démolit MACRON from Là-bas si j'y suis on Vimeo.

La seule chose à garder au Parti Socialiste est un type dont le seul défaut est de vouloir y croire (au PS), encore et toujours.
Le genre de socialiste qui te passe un coup de fil quand tu te fais virer abusivement pour te conseiller et te refiler un peu la niaque, là où par exemple des socialistes de ta ville, bien moins concernés, n'en ont rien à secouer de ta face.
Gloire à Filoche, et crâmons Macron.

2 février 2015

Douze mètres de neige sur cinq jours.

C'est à peu de choses près ce qu'on s'est pris sur la tronche durant ce court séjour dans le Haut-Jura, et ça tombe bien parce qu'on venait pas pour autre chose.
Donc on a bouffé de la neige, pas mal, pendant qu'à Angoulême l'heure était à l'émotion (et au consensus moi côté palmarès, mais ça, finalement, on s'en cogne un peu). Au programme aussi : un  peu de glissades, un peu de lectures, et puis beaucoup de neige, donc.
Et maintenant faut se remettre à bosser, allez zou.

Jour 1 (après on l'a perdue).

"On continue avec le même scénario".

The daily task (devant la porte de la maison).




On sait pas quand on y retournera, mais on y retournera hein.

28 décembre 2014

La même, un an plus tard.

(Un an plus tard après ça, donc).
Oui, je sais, les listes de fin d'année, c'est hasbeen, et puis à une époque où tout le monde balance ses coups de cœur et/ou fait sa promo à longueur de journée sur les réseaux sociaux, quel intérêt ? Ben pour commencer, pour répondre une fois pour toutes aux copains et copines qui me demandent mon avis sur ce que furent les sorties marquantes de l'année écoulée (pour une raison ou pour une autre). Et à part ça ? Hmmm... Laissez-moi réfléchir un moment...

Les très grosses, grosses claques :
- Krazy Kat de George Herriman (Les Rêveurs)
- Calavera
de Charles Burns (Cornélius)
- S.G.
de Helge Reumann (United Dead Artists)


Les super bons trucs :
- Julio de Gilbert Hernandez (Atrabile) : Atrabile continue son excellent travail de traduction des maîtres américains, avec quelques-unes de leurs œuvres récentes, à tomber.
- Tournevis Par Olive Booger (L'Employé du Moi) : un jour, le monde prendra les élans d'Olive Booger pour ce qu'ils sont, à savoir certaines des plus belles et plus surprenantes pages de la bande dessinée contemporaine.
- Here, de Richard McGuire (Pantheon) (attaaation, c'est en anglais) : parce qu'un bouquin inspiré par quelques unes des plus intelligents pages de bande dessinée jamais réalisées ne peut pas être passé sous silence...
- Sunny de Matsumoto Taiyo (Kana) : bon, je n'ai pas encore lu la suite de la série, et en français on est en retard sur la VO ou sur la version américaine, mais d'ores et déjà, c'est tellement bien...
- Recidivist IV de Zak Sally (La Mano) (attaaation, c'est en anglais) : écrit, dessiné, imprimé (plus de 9 passages sur certaines pages), plié, agrafé ; livré avec un cd de musique jouée et enregistrée, dupliqué et inséré ; bref, 100% made in Zak Sally, et dispo auprès de l'auteur seulement.
- Tulipe de Sophie Guerrive (en ligne ici-même) : l'un de trucs les plus poétiques et justes du moment n'a toujours pas de forme livre, et m'oblige à suivre l'un de ces milliards de blogs. La différence avec les autres ? Celui-ci est super, super bien.
- The Hospital Suite de John Porcellino (Drawn & Quarterly) (attaaation, c'est en anglais) : pas de surprises pour les amateurs de King-Cat, on est dans de l'autobio frontale mais bigrement touchante.
- Plus si entente de Dominique Goblet et Kai Pfeiffer (Fremok) : l'étrange et bien indescriptible rencontre de deux auteurs bien décidés à en découdre avec l'idée que vous vous faites de la narration en images.
- Building stories de Chris Ware (Delcourt) : si vous êtes anglophone, vous le trouverez bien moins cher en VO que dans la version française proposée par un éditeur qui n'a pas besoin de votre caillasse, les amis)
- Métamune Comix de Jean-Christophe Menu (L’Apocalypse) : le retour de Menu l'auteur (bien trop rare), publié chez Menu l'éditeur, le temps d'un livre-objet au jusqu'auboutisme confondant et bigrement touchant. Et je dis pas ça parce que j'ai la grosse joie d'avoir ma tronche dedans, hein, que les choses soient claires, hin hin hin.
- Maximal Spleen de Simon Hanselmann (Misma) : dérangeant et sinistrement drôle, l'australien le plus déroutant du moment continue d'être choyé par les chouettes Misma, qui eux, méritent largement votre pognon.
- Bernadette, d'El Don Guillermo (Les Requins Marteaux) : en parlant de Misma, tiens... Le bouquin le plus marrant de la collection BD Cul des Requins à ce jour, à mes yeux.
- Never Forgets de Yumi Sakugawa (auto-publié) (attaaation, c'est en anglais) : encore quelqu'un à surveiller de très près, qui aura déjà un lectorat bien marqué par ses précédents bouquins. On trouve ça sur son site.
-
How To Be Happy d’Eleanor Davis (Fantagraphics) (attaaation, c'est en anglais) : une collection de belles histoires courtes de la grande Eleanor, qu'on désespère de croiser en français.
- Sex and Fury de Bonten Taro (Le Lézard Noir) : magnifique objet qui réunit quelques thèmes de prédilection du furieux japonais, et où la fin de Mishima croise le monde du tatouage, où yakuzas et sinistres apparitions se suivent dans une ronde singulière dont l'auteur avait le secret...
- God and the Devil at War in the Garden d'Anders Nilsen (auto-publié) (attaaation, c'est en anglais) : un nouveau chapitre à son livre précédent, et quelques pages supplémentaires qui n'en finissent pas de faire croître l'univers magistralement mené par le ricain qui tape les 180° les plus fluides de la scène indé. Et pendant qu'on y est, ne manquez pas la belle proposition publié sur le site du New-York Times, pas moins : Me and the Universe, c'est juste là.
- En toute simplicité de Michael Deforge (Atrabile) : second bouquin du prodige canadien publié cher les suisses d'Atrabile, seconde petite démonstration bien convaincante du bonhomme.
- Mes cent démons de Lynda Barry (Ca et Là) : un énorme classique déboule en français, et quasiment tout le monde s'en fout, c'est dingue ça quand même. Linda Barry, énorme, à lire.
- Vous êtes tous jaloux de mon jetpack
de Tom Gauld (2024) : après l'excellent Goliath l'an passé, la suite de la traduction de l'œuvre de l'auteur anglais le plus chouette de la dernière décennie.

Bon en fait il y a eu quelques bons bouquins cette année... Je creuse dans mes achats de cette année et j'en trouve encore :
- La Nouvelle Encyclopédie de Masse - A-M de Francis Masse (Glénat)
- Ed the Happy Clown de Chester Brown (Cornélius) : un des titres les plus marquants de la fin des années 80 enfin dispo en français.
- Et tu connaîtras l'univers et les dieux de Jesse Jacobs (Tanibis)
- Une vie de famille agréable d’Antoine Marchalot (Les Requins Marteaux) : l'un des trucs les plus drôles arrivés cette année.
-
Punk rock & mobile homes
de Derf Backderf (Ca et Là)
- Carnation de Xavier Mussat (Casterman)
- L’arabe du futur de Riad Sattouf (Allary) : tout le monde en a parlé et je n'ai rien ajouté, si ce n'est que pour une fois, les médias se sont énervés sur un truc plutôt pas mal.
-
Les gris colorés
de Victor Hussenot (La Cinquième Couche) : un jeune auteur qui visiblement à bien des choses à faire de ce langage bande dessinée, et dont chaque publication donne envie de lire la suite.
- Moderne Olympia de Catherine Meurisse (Futuropolis)
- La Passion des Anabaptistes (tome 2), de David Vandermeulen et Ambre (6 Pieds sous terre) : je sais toujours pas ce qu'il y a de plus brillant dans ces bouquins, cette petite histoire dans la grande histoire reconstituée avec exigence et abnégation, ou les prouesses graphiques de ce très grand format magnifique.
- Fran de Jim Woodring (L’Association)
- Lupus (intégrale) de  Frederik Peeters (Atrabile) : le gros classique de Frederik Peeters dans une édition plutôt chouette.
- Pogo de Walt Kelly (Akiléos) : bon, évitez la VF pour cause de (re-)composition typographique bien dégueulasse.
- Orientalisme de Nicolas Presl (Atrabile)


Bon voilà quoi.

21 novembre 2014

Rien ne change, au fond.

(ego-trip rétrospectif)
Des décennies à tout accumuler, tout et n'importe quoi. Surtout n'importe quoi.
Des cartons posés les uns sur les autres, content des trucs entassés les uns sur les autres.
Rien n'est trié, tout est en vrac, le bon grain côtoie l'ivraie et il faudrait des années et un archéologue susceptible de me trépaner pour s'y retrouver.
En tout cas : j'ai constaté entre douze (re-)découvertes que rien ne change vraiment, finalement.



La suite bientôt. Celle qui lorgne vers demain plutôt qu'hier. Maudits cartons à trier !

5 novembre 2014

Je viens d'embaucher Spielberg.

Il est assez sympa mais pas aussi doué que tout le monde le dit.



Ma vie se résume donc, ces derniers mois, à des falaises et à des chats qui sautent. Bon il y a bien quelques autres trucs mais je n'ai pas forcément de vidéos donc... La suite bientôt.