31 mai 2020

Minneapolis ❤

Minneapolis est une ville qui compte pour moi, depuis environ 25 ans, et pour autant de raisons différentes.

Ces derniers jours, c'est de là que démarre un bon gros bordel qui s'étend un peu chaque jour, jusqu'à ce que la répression policière à l'œuvre prenne une fois de plus une longueur d'avance à grand coups de violence inacceptable.

George Floyd était afro-ricain, il s'y est fait assassiner il y a quelques jours par une énième saloperie de flic à l'œuvre. Depuis, ça crâme et ça pète d'un peu partout, mais en attendant, le flic est accusé d'homicide involontaire, ce qui devrait légitimement donner envie de continuer à crâmer tous les comicos du middle west à celles et ceux qui auront vu la fameuse vidéo (où le mec perd connaissance avant de crever).

Minneapolis est une ville comme plein d'autres villes de partout dans le monde : on y parque des minorités dans des quartiers, on les laisse se démerder, et évidemment, on sait comment ça se termine.

Je pense à tous les potes là-bas, il y en a plein qui me viennent en tête, mais curieusement je pense avant tout aux afro-ricains. Je pense aussi à toutes les victimes (souvent noires aux USA) de ces tas de merde habilités à tuer.

Aujourd'hui plus qu'hier, moins que demain : all cops are bastards.
Là-bas, ici, ailleurs : la police tue.
#blacklivesmatter #whiteprivilege #acab #1312

[Photo Karem Yucel pour l'AFP]

12 mai 2020

Je t'en foutrais, du fooding.

Salut, je vais faire comme si j'étais un influenceur du fooding sur insta okay ?
Alors voilà ce qu'on a fait des gros radis : en poêlée, sur un lit d'oignons et d'échalottes revenus à l'huile et au beurre sinon la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, avec la gomme de baies roses, d'un fond de poivre vert dessous, le tout bazardé sur trois feuilles de salades vinaigrées, avec deux œufs pochés et un ou deux cornichon sorti du bocal en attendant les prochains qui poussent juste derrière.
Bon okay c'est nul et pas intéressant, on oublie ma nouvelle carrière, alors.


Après le fooding, le footing. Pfffff, ce déconfinement à la noix me renvoie à mes plus sombres heures de vanneur à deux balles, ma parole.
Hier en allant me promener dans les rues avec Nini (happy 10 mois Nini !), au loin j'ai vu un 45 tours par terre, sur la route ! J'ai poussé la poussette, tout excité et affamé par l'odeur du vinyl frais mais stupeur, c'était une plaque du service des eaux, ces enfoirés ont peint le centre, c'est pas loin d'être le même diamètre, bref, je me suis fait avoir comme un bleu. Justement.


9 mai 2020

L'humilité.

Je le savais parce que je l'avais lu à plusieurs reprises, et on me l'avait dit aussi : le jardin, c'est une leçon d'humilité permanente. Et si les leçons ne sont pas toujours très agréables dans la vie, celles du jardin sont souvent constructives, et parfois même hilarantes si on décide d'en sourire plutôt que de s'en plaindre.

Depuis la saison de l'an passé, on a tardé à cuisiner/bouffer toutes les courges et les butternuts que le jardin avait produit à l'automne.
Il en restait quelques-unes qui, parce qu'on a tendance à déplacer les choses sans savoir où elles finissent, ont évité de passer à la cocotte durant l'hiver, et il y a trois semaines de cela, nous nous sommes demandés ce qu'il en était de la dernière grosse courge qui attendait son heure, au sec (et au chaud : ce détail à son importance pour la suite de mon histoire passionnante du samedi).
J'ai hésité à la cuisiner, Charlotte m'expliquant qu'elle avait probablement tourné même si cela ne se voyait pas : en l'ouvrant, sa chair semblait impeccable (fin avril, bordel ! quelle conservation...) mais j'observais que parmi ses nombreuses graines, mais une certaine odeur de fruit trop mûr en émanait, et certaines commençaient à germer, avec une pousse de plusieurs millimètres pour certaines !

J'ai donc vidé la bête et me suis demandé ce qu'il adviendrait de ces dizaines de graines dans un état de sortie d'hibernation quelque peu innattendu. Plutôt que d'aller verser tout ça à l'un ou l'autre des composts, j'ai décidé d'aller étaler ça sous deux ou trois centimètres de terre dans un coin du jardin que je comptais laisser en jachère pour la saison à venir. J'ai étalé les graines germées, j'ai jeté quelques poignées de terre mélangée à une poignée de terreau, et j'ai oublié le truc, ou si peu : quinze jours plus tard, et juste à côté, j'allais repiquer en terre quelques-uns de mes semis de courges, butternuts, potirons, potimarrons, courgettes, et je regardais ce bout de terre ne me disant qu'il ne s'y passerait rien.

Ces derniers jours, alors que je protège mes divers plants isolés comme je peux, que cela soit sous cloche ou derrière une barrière de cendres, j'ai observé que du côté de l'endroit laissé à son compte, dont je ne m'occupe absolument pas, c'était la grosse teuf chez les butternuts : des dizaine de graines ont germé, et tout pousse très très bien sans mes coups de main. Les limaces ont brouté quelques pousses, mais il en reste DES DIZAINES BORDEL.

C'est assez humiliant quand on y pense : j'ai passé quelques heures à chérir mes petits semis ces dernières semaines, mon petit terreau préparé, mon petit compost trié, ma terre tellement argileuse remuée autant qu'il est possible de le faire, le repiquage en terre étalé, les pousses protégées, etc. Tout ça pour un résultat assez modeste pour l'heure.
Et à côté, à moins d'un mètre, la nature se charge de me rappeler qu'on est vraiment peu de choses.
C'est super drôle, et çà me donne encore plus envie de continuer à tenter des trucs, du coup !

Quelques cucurbitacées passées des semis aux pots individuels, et à repiquer.

Celles qui sont déjà en terre (très peu, surtout pour tester les périodes et la météo).

Et ici, monsieur et madame "j'en ai rien foutre on verra bien" ont des courges, comment les appellent-elles ?

6 mai 2020

🎖 Top 3 du mois de mai 2020 🎖

Je ne lis pas du tout, depuis des semaines. J'ouvre des tonnes de livres, je les repose. Chacun d'entre eux me semble super intéressant, et ne pas arriver à m'y plonger et à me laisser porter par ce qu'ils me raconteraient me frustre au plus haut point. Je suis bon à rien depuis des semaines, pas envie, plus d'envie, à peu de choses près :

TOP 3 DES TRUCS POUR LESQUELS J'AI UN TOUT PETIT D'ENVIE QUAND MÊME • MAI 2020- être au jardin, les mains crottées, planter, repiquer, essayer, planter et se planter, ré-essayer, regarder pousser. Même quand ça marche pas, même quand la météo m'arrange pas, même quand je comprends pas pourquoi ça se passe pas comme je le souhaiterais, c'est pas bien grave, à la fin il y a toujours une pousse qui se fraie un passage, un tubercule qui apparaît, une feuille qui pointe son cul, et tout le reste est aussitôt oublié.
- foutre le feu à l'état, à ses bureaux, ses tables rondes, ses réunions, ses conseils extraordinaires, son sénat, ses officines, toutes sans exception. Que tout crame, que tout s'envole, que tout s'évapore, que tout parte en fumée, assez pour qu'il n'en reste rien. C'est un rêve de môme et je sais qu'il y a fort peu de chances pour que cela se concrétise de mon vivant, mais j'en rêve.
- partir d'ici et trouver l'endroit où passer le reste de ma vie, sachant que j'ai jamais été aussi fauché. Un endroit isolé, éloigné de la civilisation mais avec une bonne connexion internet pour pouvoir continuer à dire des conneries sur mon blog et télécharger illégalement les épisodes de The Last Dance qui passe en ce moment sur netflix.

Ces derniers jours, on a maté "L'AN 01" d'après le bouquin Gébé, et réalisé par lui-même et Jacques Doillon. On l'a maté ensemble pendant le confinement avec des dizaines et des dizaines de copines, de copains, d'inconnu.e.s, en même temps, via un petit rendez-vous lancé sur facebook. C'était chouette, c'est toujours chouette.


On se fait à manger avec un peu plus de soin et de temps que d'habitude, encore que.


On a repéré plusieurs lucanes de toutes sortes aux alentours du tas de bois sous l'abri (la période de repro in full effect !).


Je chille avec ma fille, et ça, ça éclipse tous les TOP 3 du monde.


Pendant ce temps, Pépée et Hercule innovent dans leurs spots improbables et leurs planques secrètes dans le garage/atelier :

2 mai 2020

Metamorpho.

L'auteur de bande dessinée nord américain Noah VanSciver a initié une petite série de vidéos qu'il partage sur youtube, ça mange pas de pain et c'est fait sans prétention mais ça fait du bien de voir les gens que l'on aime bien évoquer leur vie d'aujourd'hui, en cette période à la con.
Il a partagé une vidéo avec John Porcellino, et une autre, hier, avec Zak Sally.

Les deux lascars parlent de Roy Crane, de Metamorpho, de Sandman, de leurs projets en cours, de leur confinement, de pas mal d'autres trucs, et à un moment, ils parlent de Pierre Feuille Ciseaux, la résidence collective que l'on organise avec l'asso ChiFouMi : Noah était résident de PFC#6 l'an passé, et Zak était de retour pour PFC#7, en janvier dernier (après avoir fait PFC#3 à Arc-et-Senans, et PFC#4 et #5 à Minneapolis). Les deux dernières étaient à Angoulême, c'est donc marrant de voir deux ricains échanger sur leurs résidences françaises à un an d'intervalle, même si c'est très succinct.

J'ajoute que j'ai pas besoin de ce passage qui m'a tiré la larme à l'œil pour préciser que Zak est l'une des plus belles rencontres humaines de ma vie, en plus d'être un type extraordinaire particulièrement intéressant et terriblement attachant à plein de titres. C'est l'une des plus belles choses que de passer du temps sur un truc comme PFC : j'ai rencontré des gens qui sont devenus parfois mes meilleur.e.s ami.e.s sur cette putain de planète folle.
Il n'y a pas grand chose de plus précieux.


30 avril 2020

Diaporama du jardin au dernier jour d'avril.

Session photo à deux balles : rien de spectaculaire, pas de "ooooh les belles fraises "(on est encore en avril, banane), pas de "oh quel bel angle de vue", y'a pas marqué Brassaï hé oh.

Depuis hier, ça pleut et ça pleut bien, le mec qui déteste la pluie en moi est vert et s'était habitué à ce mois d'avril super sec, mais le jardinier à deux balles en moi, lui, est ravi : j'ai pu défragmenter la terre du jardin, que je n'avais pas assez préparé en imaginant déménager au printemps.
Confinement oblige (et rentrées économies désastreuses qui l'accompagnent), le déménagement est reporté à je sais pas quand, alors hop, décision de dernière minute : jardin, nouvelle saison !

Je me suis pété le dos trois heures ce matin sous la pluie, les voisins devaient se dire que j'étais cinglé. La terre avait bien bu la flotte et j'ai enfin pu préparer le terrain, après avoir flippé ma race pendant des semaines (j'avais essayé, hein ! Quel idiot).
Mais je n'oublie pas la mine du voisin de 80 balais, à l'automne dernier, qui m'a avoué gentimentavoir été soufflé par la quantité de trucs que j'avais réussi à faire pousser avec mes installations à deux balles et mes bouts de bois à la con. Ça m'avait rempli de joie et de satisfaction, lui qui jardine depuis... depuis avant que je naisse, c'est dire s'il jardine depuis longtemps.
"Vous n'arrosiez jamais !", ben non, enfin, un tout petit peu quoi. J'ai pas arrosé plus de dix fois sur toute la saison, et mis à part un manque de calcium côté tomates lorsqu'elles sortaient (le fameux cul noir), j'ai pas eu besoin.
"Mais avec quoi vous chassez vos bestioles ? Les limaces ont été chiantes cette année non ?", ben avec rien, j'ajoute rien, j'utilise rien. Je mets des cloches quand c'est trop petit (des bouteilles de coca coupées en deux et percées tout petit une dizaine de fois), je plante un peu de mellifères partout autour et un peu au milieu, je saupoudre de la cendre accumulée des feux de poêle autour des plants qui commencent à se faire grignoter, et je sais que je vais avoir des trucs qui vont se faire bouffer, mais bon, ça fait partie du jeu donc voilà.
"Dites-moi et je passe un coup avec le motoculteur, ça vous fera gagner des heures à suer hein !", ouais mais vous vexez pas mais non : quand je bouffe mes tomates, mes haricots, mes aubergines la saison venue, elles ont encore meilleur goût : je me souviens que j'en ai chié, que j'ai pas consommé de carburant de moteur de je sais pas quoi, et non, ça n'a pas meilleur goût parce que c'est le fruit d'un labeur, c'est juste que pour moi qui chie des montagnes sur la valeur travail, justement, là c'est super de pouvoir se dire que j'en ai chié un bras pour voir sortir un haricot, et pas pour enrichir un patron.
Pends ton patron ! Cajole ton potiron !

(ce post est big-up aux copines et copains les ratounnets de la Perle du Limousin)


Marguerites autour du jardin principal.

1er spot de ravitaillement en flotte pour les oiseaux (à hauteur pour voir les éventuels prédateurs), sponsorisé par Kellogg's, sympa Kellogg's.

Le compost abrité vit ses derniers jours, ça pourrit de partout.

La planque temporaire à hérissons, qui a hébérgé plusieurs specimen cet hiver, bientôt démonté.

2ème spot de ravitaillement en flotte pour les oiseaux, pile sous un micro trou dans la gouttière de l'appentis, sponsorisé par Kellogg's, sympa Kellogg's.

L'un des spots principaux pour les butineurs, avec plein de mélifères alentour qui tardent à sortir...

Quelques aromates en bac et en pot, quelques cucurbitacées variées en terre (et sous cloche) en guise de témoins de gelée/température/etc.

Un peu d'oignon et d'ail qui pointent derrière le gros thym.

La souche de l'arbre que nous n'avons jamais connu, quartier général des insectes du côté nord du jardin.

Un autre spot à insectes, de l'autre côté du jardin.

Cucurbitacées du jour, en sortie de semi et en attente de repiquage au jardin : Bleues de Hongrie, Futsu Black, musquées de Provence, aubergines Black Beauty, butternuts, courgettes vertes non coureuses, courgettes Genovese, courges Violina, aubergines Listada de Gandia (une petite moitié issue de graines récupérées de la saison passée).

Le spot de repiquage et de bouturage à l'abri : une magnifique table de jardin bancale.

Trappe relevée : collecteur d'eau de pluie plein !

28 avril 2020

Dick Griffin, les oignons à la con, Adak bientôt.


Cecil McBee est super, super super bon sur plusieurs morceaux du génial album "The Eight Wonder" de Dick Griffin, paru sur Strata-East en 74.

L'album est bien chanmé sans être aussi aventureux que pas mal d'autres trucs parus à la même époque sur le même label ou ses semblables, il tient de bout en bout par la simplicité apparente de quelques thèmes et la dinguerie de sa section rythmique, entre autres : on est dans une sorte de sas intermédiaire entre le post-bop et les élans free, mais il y a un peu de joie communicative (et pas seulement de la prise de tête technicienne), et même un de Brésil dans tout ça.

Freddie Waits
à la batterie et Cecil McBee (l'un de mes contrebassistes favoris) font vraiment un super boulot, j'arrive pas à savoir s'il y a un morceau qui se distingue des autres.

Tout l'album est tellement cool!



Et à part ça ?
Pas grand chose.
On est confinés.
On a plus de sous.
C'est la merde.
Je viens d'aller checker l'échalote, l'oignons, l'ail au jardin, et je crois que j'ai réussi à foirer les trucs les plus simples (j'ai enrichi ma terre trop tardivement, mais quelle erreur de débutaaaaaaant de merde hein). Genre j'ai 10% de truc qui ont pris, le reste a l'air perdu.
Les semis sont quasi tous sortis, mes graines de la saison passée donnent aussi, ça c'est cool. Tout pousse à peu près bien, quelques trucs mis à part, et je me prends la tête à savoir si je vais aller mettre tout ça en terre bientôt ou pas gnia gnia gnia : trop tôt, trop tard, les saints de glace gnia gnia gnia, l'an passé, avril chaud, mai dégueu, gnia gnia gnia. On verra.
Il flottait pas mal (tant mieux, tout le monde, le sol de mon jardin aussi, en avait besoin) alors que je mettais en terre quelques pieds de courgettes, courges, etc (pas tous hein: quelques pieds-témoins on va dire) alors je suis rentré, faut pas déconner non plus, je vais passer deux heures en k-way alors que je pourrais écouter des disques au sec.

Sinon ?
Ah oui.
Tiens, internet, je te file ce truc dans les pattes, on en reparlera tout bientôt :

21 avril 2020

Art Blakey, des petits pots, Michael Jordan.

Attention, post hautement intéressant !

- aujourd'hui j'ai préparé des petits pots de divers trucs pour Sunny, à base de : carottes, courges, spaghettis, framboises, banane, lait de coco, ce genre de trucs.

- aujourd'hui je me suis allé sur discogs pour regarder s'il n'y avait pas une version toute pourrite de "Tough !" d'Art Blakey and the Jazz Messengers, super disque qui date de 66 et pour laquelle j'ai une histoire à la con à vous raconter (d'ailleurs je l'ai fait il y a 15 ans, dites-donc). Pour faire court : j'ai le disque, mais plus la pochette. Parfois sur Discogs, les mecs vendent des pressages tout abîmés pour que dalle, ça me permet de récup certaines pochettes que je trouve super belles sans pouvoir me payer le disque qui lui, peut coûter un bras ou deux. Bref. Là, j'ai besoin que de la pochette, mais le seul exemplaire est en vente à 60 balles... Autant dire : je vais me retrouver avec la bonne pochette, et deux disques... En gros, je règle le problème à moitié uh uh uh.

- aujourd'hui j'ai terminé le plus gros concernant mon gros projet dont je parle depuis quelques temps ici. Ça va donc arriver plus tôt que prévu, qui l'eut crû hein ?

- aujourd'hui je viens de mater le premier épisode de "The last dance", le docu sur Jordan gnia gnia gnia. L'ancien amateur de la NBA que je fût (je le suis un peu moins aujourd'hui) n'a pas appris grand chose, j'espère que la suite sera un peu exaltante.

Allez, ça suffit pour aujourd'hui.



20 avril 2020

The Cosmic Echoes.

Les heures et les jours passent vite, comme d'habitude, confinement ou pas.
Je n'ai jamais compris comment les gens peuvent dire qu'ils s'ennuient. La dernière fois que j'ai ressenti ça, c'était étant gamin, je pense. Depuis bien longtemps, je suis vert que les journées soient aussi courtes, qu'elles passent si vite.

J'avance (bien) sur mon projet à la con.
Je creuse sur la présentation de tout ça et en me documentant je tombe sur des trucs assez gros en terme de surprises et de coïncidences assez troublantes. C'est cocasse et ça me donne l'impression qu'il fallait monter ce truc, décidément, et quand bien même ça n'est pas demain la veille que ça me fera bouffer, pardi.
Début mai, ça sera prêt je pense, si tout va bien, et si ma fille me laisse un peu de temps pour ça entre une balade dans les bois et une séance de Duplo™. Stay tuned !

Et je profite toujours du confinement pour essayer de sauver la saison de jardin qui s'annonce compliquée. J'ai 200 godets de plein de trucs qui commencent à sortir de terre, la question étant de savoir comment je vais pouvoir repiquer sereinement tout ça au jardin, dont la terre super méga ultra-argileuse est sèche comme jamais (et on est qu'en avril, hein). Claude Allègre, au bûcher !

Et puis en rangeant, je retrouve des vieux disques, dont j'avais parfois oublié à quel point l'intérieur des pochettes était super chouette.




16 avril 2020

Lombricompost.

Un micro-post entre deux complaintes sur l'après-confinement qui me met déjà dans tous mes états... Je ne décolère pas ; on va morfler sévère, on le sait ; et on en peut pas dire qu'il y ait des tonnes de raisons d'être optimiste sur l'avenir, sur la manière dont nous devrions nous fédérer les un.e.s les autres, il me semble (mais que les choses soient claires, j'adorerai me planter hein... Je ne demande que ça, même).

Je bosse sur un projet que j'ai en tête depuis un peu plus d'un an et que j'espère pouvoir finir de peaufiner pour la fin du mois. On en reparlera. Ça parle de la manière de consommer et de lire, je garde ça pour plus tard, mais ça arrive, ça arrive.

Dans le même temps, j'essaie de rattraper le temps que j'ai perdu tous ces derniers mois au jardin, moi qui imaginait déménager durant le printemps et qui avait décidé de ne pas préparer une nouvelle belle saison sur le coin de terre ici... Du coup malgré une absence de préparation j'ai tout de même des tonnes de semis sur le feu, j'essaie de compenser comme je peux la mauvaise préparation du terrain, mais heureusement, notre compost super massif nous fournit une tonne de came à mélanger chichement aux terres déjà en place. J'ai déjà planté quelques conneries mais mon vrai souci c'est l'absence de flotte de ces beaux mois de mars/avril, bien au delà des normales saisonnières en terme de température, et bien en dessous du quota "normal" de précipitations... Ouh que c'est sec tout ça. On verra bien.
Ce matin je suis justement allé préparer deux bacs (probablement pour les aromates) que j'avais bricolé ces derniers jours avec des vestiges de palettes et des vis de récup : zéro investissement, et puis un mélange de terre et de compost et ça devrait faire la rue Michel comme on dit vindzouss'.

Et sinon, tous les jours je vais faire quelques bornes dans les bois alentours, avec mon mini-quintal sur le dos, qui gazouille devant les arbres en fleurs, qui bougonne aussi, et qui s'endort souvent. On est confinés mais le bois est à nos portes et mis à part un couple de jeune retraités qui s'entretiennent et une jeune meuf qui promène un gros chien, je ne croise personne. Les gens du coin ont probablement mieux à foutre.
Moi, je pense au confinement et à la manière dont je le vivrais si j'étais encore dans une téci, comme jadis. Et je me dis que si je ne vais pas marcher dans la forêt pour moi-même, la moindre des choses serait de le faire pour le moi confiné d'un monde alternatif, qui serait encore coincé dans une existence cadrée et empêchée par trop de contraintes. Aujourd'hui, je suis certes fauché comme jamais, surtout avec toutes ces annulations professionnelles qui me fichent clairement dans une merde noire, mais je ne vis pas plus avec des voisins à droite, à gauche, au dessus, en dessous. 
Lesquel.le.s de mes voisin.e.s de l'époque habitent encore là-bas ? Y sont-ils sereinement confinés ? Lesquels sont résignés ? Lesquels sont en colère ?
Ici, je suis au calme.
A l'orée d'un bois. Je suis un privilégié.
J'en profite.




10 avril 2020

Le 10 avril, c'était mieux avant.




(1990 : la diffusion US de cette nouvelle série cheloue (bientôt sur La 5), et puis la nouvelle claque du Bomb Squad pécho chez mon disquaire dolois préféré = quel mois d'avril !)

6 avril 2020

Split tooth.

J’avais vu passer la publication du bouquin de l’inuite Tanya Tagaq, surtout connue pour son travail d'exploration du chant diphonique, que j'avais remarqué pour sa couverture dont le dessin m'avait attiré l'œil sans que je ne reconnaisse tout à fait son auteur. Bordel, c'était Jaime Hernandez !
Et de fil en aiguille, je découvre avec un an et demi de retard que Xaime a également signé la pochette du disque, mazette de mazette.





• "Croc fendu" de Tanya Tagaq, c'est le bouquin, c'est paru en mars 2020 chez Christian Bourgois éditeur.
• "Split tooth" de Tanya Tagaq, c'est le disque, c'est paru en novembre 2018 chez Six Shooter Records.

"Hé Jaime, je raconte des tonnes de trucs sur la difficulté de l'existence dans le nord du Canada, ça parle aussi du mépris envers la communauté Inuit, de la violence masculine, de l'intimité d'une fille devenant femme, de la balance entre réel et imaginaire, d'un renard lubrique, de... - un renard lubrique ? Okay je le fais".

3 avril 2020

Fleurs confinées.


La vieille serre abandonnée par les voisins qui ne sont jamais là (ils vivent la plupart du temps dans une maison dans un village proche, et ne passent ici que pour "entretenir") tombait en décrépitude chaque mois davantage. C'est quelque chose que nous observons de puis notre emménagement ici il y a un an et demi environ.
Mais ce printemps, surprise ! Du soleil, de l'humidité, un abris : des fleurs poussent.
Mais elles sont confinées elle aussi.
Nous allons aller les sortir de là.
 
Pendant ce temps, celles et ceux qui me demandent des nouvelles d'Hercule seront contents de savoir qu'il prend bien son traitement (je met des gants pour lui maintenir les pattes pendant que Charlotte lui jette ses comprimés dans le gouffre plein de crocs qui lui sert de gueule), et qu'il semble aller un peu mieux.


1 avril 2020

On fera du yoga jusqu'en enfer.

"Jour 12 ou 13, j'ai perdu le compte. Je sais en revanche qu'une peur chasse l'autre. Maintenant, je crains moins le virus que notre normalité. Les premiers temps, je m'étais pris à croire que la catastrophe aurait du bon. Enfin, nous saurions collectivement, par la chair et l'esprit, combien notre fonctionnement est condamné. Car en comparaison des désordres que nous promet notre nouveau climat, cette épidémie fait figure de pschitt bénin. Depuis dix ans facile, les scientifiques le rabâchent. Absolument tous les chiffres sont sur la table. C'est la merde majuscule. Notre civilisation ressemble à une chute de dominos et l'idéologie de nos princes est vouée au déni, aux ajournements répétés, car dans l'oeil du manager, l'horizon est à six mois, l'indicateur forcément économique, les seules améliorations sémantiques. Après le développement durable et la croissance verte, on nous servira bientôt de la résilience démocratique, de la performance humaniste, du statu quo de progrès, des grands soirs libéraux, une finance conscientisée. Notre époque se paie d'oxymores, elle cache son cadavre à venir sous un déluge d'en même temps. J'espérais que ce moment fairait brèche dans l'opacité de ce verbiage. J'imaginais un réveil en sursaut, comme en plein cauchemar. Quedal. Dans les palais, ça cause toujours com, ça tactique, ça louvoie. Chez les enfants gâtés, on fait comme d'hab, on transforme chaque minute en occasion de jouir. Les drames sont définitivement solubles dans le lifestyle. L'exhibition des desserts et la course au bonheur se poursuivent peinard. On fera du yoga jusqu'en enfer. Et partout cette idéologie des optimistes, qui sacrifieront jusqu'au bout la difficulté des faits à leur devoir de félicité. Ah oui, nous aurons été contents, ravis comme à la crèche et chaque cataclysme nous trouvera plus démunis, nos armoires pleines et le cerveau vide. Des historiens se pencheront un jour sur nos psychopathologies fin de siècle. Ils diront ces gens n'auraient pas sacrifié une minute de joie pour sauver leur monde."

Nicolas Mathieu, sur sa page instagram, fin mars 2020.



30 mars 2020

Scotch & Penicillin

je passe énormément, énooooormément de temps devant mon ordinateur.
Entre mes activités professionnelles, mes relations amicales, mes échanges associatifs, les mails des labels de disques ou des maisons d'édition que je suis ou je ne sais quoi, ma boîte mail est constamment ouverte et j'y passe plusieurs heures par jour, depuis des année.
Régulièrement, on se rend compte qu'il y a des emails qui arrivent qui font davantage plaisir que d'autres, et de temps en temps, il y a ceux dont on sait déjà que : 1. ils tombent à pic. et 2. on va s'en délecter.
La newsletter de Tony Papin, "Scotch & Penicillin" fait partie de cette catégorie. J'ai reçu la dernière (un peu courte ! Frustration & confinement) hier, et elle ne déroge pas.
Quelques tuyaux de lectures, d'écoutes, quelques trucs partagés, la modestie d'une proposition de partage simple, avec un poignée d'anecdotes personnelles qui ont fait la renommé international de cet artiste rare et précieux.
Pour s'abonner il faut envoyer un mail ici.




28 mars 2020

25 ans pile poil.

Le 28 mars 1995, soit il y a 25 ans très précisément, sortait ce disque :


Je dois reconnaître ne plus avoir tellement suivi les deux lascars après ça, mais à l'époque, mazette, quelle claque, quel fondamental on s'est pris alors.

Et comme pour beaucoup de choses, certains trucs ne changent pas :

19 mars 2020

Confinement, suite.

Nouvelles données chiffrées du jour, à prendre en compte évidemment :

- 100% des gens qui arrivent à s'émouvoir devant la généreuse distribution de gel hydro-alcoolisé OFFERT par ces gens sympathiques de chez LVMH devraient sortir leurs doigts de leurs culs plus souvent pour aller voir de près à quoi ressemble la solidarité EN VRAI. Le cabinet de comm au service de Bernard Arnault n'a pas davantage de générosité sincère qu'elle n'a de limites dans la décence.
"Nan mais t'es jamais content, ça ne te fait donc pas plaisir de voir qu'un grand groupe de luxe ne lésine pas sur la dépense ?", nan ce qui me ferait plaisir c'est qu'on promène la tête de Bernard sur une pique, avec celles de tous les connards et de toutes les connasses qui croient se faire plaisir en leur donnant du blé le reste du temps, pardi.

- 100% des gens qui arrivent à s'émouvoir de la toute fraîche prose nombriliste de Leila Slimani devraient plutôt assumer leur nature drôle et rigolote et s'abonner derechef à HAHA, quitte à se marrer, autant le faire franchement. Ou alors c'était une stratégie de l'autrice pour se faire embaucher chez eux, j'en sais rien.
"Nan mais elle enseigne en prison, c'est une belle personne" ouais vazi moi aussi je vais en zonz' pour parler culture à des gens confinés POUR DE VRAI dans des conditions généralement bien pire que merdiques, et jamais personne ne m'a dit que j'étais une belle personne alors steuplaît hein.

- 100% des mes petites graines de légumes et fleurs récupéré.e.s de l'an passé me hurlent de les semer, de les planter pour m'occuper intelligemment l'esprit plutôt que de dire des conneries sur les réseaux sociaux, mais : on est censés déménager bientôt et j'ai pas envie que les chasseurs qui emménageront ici quand nous partirons ne bouffent les fruits de mes efforts en ragoût avec du sanglier ou du faisan.
"Nan mais ce qui compte, c'est le plaisir que tu tires à mettre les mains dans la terre, pas ce que tu en fais" : alors déjà je suis pas Patrick Swayze et en plus t'as pas goûté mes noires de crimée pour dire ça.

18 mars 2020

Bordel.

J'ai commencé à écrire plein de posts ces derniers jours mais je crois qu'il n'y avait rien de pertinent, rien d'intéressant, rien qui ne soit déjà étalé partout sur votre fil d'actualité, alors dans un geste de générosité inouïe, je vais vous épargner et me contenter de poster un peu de musique de temps en temps, en attendant que la déprime (état de santé de mes proches ; équation bien connue du genre : plus de taf = pas de tunes ; bilan du monde alentour et de la mélasse issue du capitalisme et de la connerie humaine (pléonasme, je sais) ; etc) ne s'éloigne en même temps que la colère.
Bisous tout le monde, prenez soin de vous et des autres, peu importe l'ordre, ça fonctionne dans les deux sens !



 

Confinement, suite.

Quelques chiffres et statistiques -importantes elles aussi- sur la situation actuelle :

- si je commence à chanter les louanges du service public à ma fenêtre tous les soirs à 20h, il y a 97,5% de chances que je me fasse fusiller par mes connards de voisins chasseurs dès le premier soir.

- ma meuf et moi, on va galérer sur les rentrées de tunes pour la période à venir, alors par solidarité et aussi par élan winner-winner, elle a décidé de monter un atelier clando de fabrication de masques pour nos contacts bossant dans le médical ou le social qui en auront besoin. Chiffre d'affaire prévisionnel : 0 €.

- dans 100% des cas où j'éternue ces jours-ci, mon moi intérieur semi-hypocondriaque manque de peu l'infarctus du myocarde, alors que c'est juste le début de la pollinisation pour nous autres allergiques.

- 85% des disques qui passent à la maison depuis quelques jours sont brésiliens.

A demain, si Philippe de Dieuleveult, pour d'autres chiffres et statistiques.