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20 novembre 2018

GJ.


Un (long) message collectif pour mes contacts gilets jaunes :

J'aimerais me réjouir de voir les gens se bouger en masse : je sais que certain.e.s le font pour ce qui leur semble être de bonnes raisons, et que les (nombreux) actes homophobes, racistes, sexistes et j'en passe répertoriés depuis samedi sont peut-être le fait d'une minorité de celles et ceux que vous avez rejoint... (ne me faites pas le coup du "faut pas croire les médias", soyez gentils : un collègue de la radio où j'officie bénévolement s'est fait agresser verbalement et physiquement samedi parce qu'il suivait l'action menée à Besac. Pour rappel, Radio Bip est connue pour être une très vieille radio associative très engagée sur le front des inégalités et de la contestation sociale, depuis toujours. Mis à part des fachos, je vois pas qui pourrait avoir envie d'aller casser du journaleux de Bip. Ah tiens, le collègue est d'origine non-franco-française. Le malaise s'installe en moi, j'avoue.

Bon, j'essaie d'être optimiste malgré tout, malgré tous ces actes vraiment moches. C'est une question de moral en berne, je pense : car même si le mouvement dans son ensemble donne vraiment l'impression qu'il s'agit là du premier acte de contestation publique pour bon nombre d'entre vous (ce qui serait réjouissant, quelque part, "mieux vaut tard que jamais" etc), ce qui me flingue le moral depuis le début de cette histoire, c'est bien le motif de l'étincelle déclencheuse du truc. La goutte d'eau pour certain.es trop éloigné.es (pour plein de raisons, bonnes ou mauvaises, ça c'est encore un autre débat, ou plutôt une extension du même débat) des pourtant milliards de raisons de se retourner contre un pouvoir et un système (c'est un peu la même chose pour beaucoup) en place insupportable, inacceptable, odieux et destructeur à mille niveaux. Là-dessus, on est d'accord, et je crois qu'on est nombreux.

Alors voilà, en gros : ce samedi, un peu partout, il y a un appel à la Manifestation NousToutes contre les violences sexistes. Pour rappel et pour prendre un exemple parmi tant d'autres, tout proche de nous (si tu vis dans ma région en tout cas) une femme s'est fait égorger à Besançon tout récemment. Par son ex-mari, donc. Les flics étaient prévenus des menaces qu'elle avait reçu, la justice n'a pas réagi, bim, elle est morte : si le montant qu'on te fait raquer pour remplir ton réservoir te semble choquant au point d'aller affronter le froid sur des rond-points pendant des plombes, je me dis que peut-être, ce genre de trucs pourrait également te sembler une cause valable ? Hmm... Attends... je crois que je connais la réponse.

Sinon, en ce moment même se tient le Rassemblement journée internationale des droits de l'enfant. Là encore, c'est une raison de montrer qu'on est ensemble face à la connerie du monde qui nous entoure, je crois.

Et puis donc, en ce qui concerne l'article ci-dessous : des exemples dégueulasses de la conduite de certain.e.s gilets jaunes ces derniers jours, y'en a eu plein, donc. Le coup de la dénonciation du camion, là, c'est juste une grosse tâche dégueulasse sur votre gilet, par contre, et ça va être chaud pour la nettoyer.

Ne me faites pas le coup des "ça arrive les débordements, y'en a dans toutes les manifs" : c'est vrai, dans les grosses manifs de gauche assumées comme telles, ça arrive aussi, mais pas mal de manifestants veillent au grain et n'hésitent pas à prendre position et à virer les fachos qui s'incrustent en se disant que l'on est tous uni.e.s dans la contestation. Laisser faire les sacs à merde qui enlèvent leurs voiles à des meufs au volant, qui s'en prennent à des minorités au volant, c'est comme de dire que vous êtes donc okay là-dessus. Vous êtes okay là-dessus ?

Ne me faites pas non plus le coup du "ouais mais euh y'a des méchants casseurs dans les manifs habituelles, et puis les blackblocks aussi, tout ça, c'est des salauds aussi, ils pètent des trucs" : ça signifierait que casser du matériel et casser des vies humaines c'est une comparaison que vous pouvez donc faire, et ça explique donc pourquoi vous descendez dans la rue pour votre réservoir et pas quand des nanas se noient en passant illégalement la frontière parce que personne n'en a rien à foutre, quand bien même des réfugié.e.s ont tout perdu, quand bien même il y a de fortes chances que leurs vies soient toujours mille fois plus pourrave que celle d'un mec ou d'une meuf qui prend des journées pour aller bloquer une route.

Bref : les gilets jaunes, si vous avez besoin de renfort pour défendre votre cause, moi je veux bien venir parce qu'on a des combats en commun, visiblement. Mais pour avoir envie de vous rejoindre, va falloir faire un sacré ménage dans la hiérarchie de vos revendications, dans vos rangs, dans vos priorités et dans vos manières de faire.
Parce que pour le moment, il y a beaucoup trop de trucs qui sentent pas bon dans votre mouvement, de votre impulsion de départ aux procédés divers et variés.

ps :
"Pour ma part j'irais pas tremper l'orteil dans un mouvement qui permet ça, je continue de faire tourner (compulsivement) sur mon compte facebook tous les cas d’agression racistes et homophobes, pas pour conforter l’idée que tout gilet jaune est un facho en puissance et que ce mouvement est vraiment trop pourri, juste pour ne pas fermer les yeux sur ce qui est lié à un mouvement politique dont l'idée de départ est de droite (et pas apolitique), sous pretexte de faire feu de tout bois." (post emprunté à Eric Maldeteuté).
Ben voilà, pas mieux.

ps2 :
🏴

22 avril 2018

Dehors les bleus.

J'avais lu un truc concernant le pourcentage de la population française actuelle qui aurait "des origines étrangères" de seconde ou troisième génération ; dont les parents, les grand-parents ou les arrières grands-parents étaient issus de tel ou tel courant migratoire au cours du siècle dernier.

Je ne me souviens plus précisément du chiffre, mais c'était évidemment énorme, parce que cette culture du "français de souche" est un fantasme d'une connerie abyssale, insondable : comment diable des gens, en 2018, peuvent encore essayer de s'agripper à un mirage aussi bête, aussi creux ? Qu'est-ce qui leur fait croire que la misère de notre société, que leurs revendications diverses, sont reliées aux flux migratoires passés ou à venir ? Comment le système dans lequel on s'agite a réussi à ce point ce tour de passe-passe désignant cette "problématique" comme un truc à combattre à ce point ? L'idéologie raciste m'a toujours échappé, mais la petite rando de cette bande de largués m'épate au plus haut point.

Je me demande si les jeunes trous du cul qui sont allés se promener dans la neige avec leurs petits blousons bleus de merde se rendent compte que leur geste symbolique et pathétique donne un drôle d'écho à leur propre existence ? Qu'en allant prendre la pose entre deux sapins pour se donner l'impression qu'ils sont quelqu'un, ils réfutent leur propre filiation familiale, leur propre apparition au monde ? Pourquoi ne vont-ils pas plutôt se jeter dans une crevasse, tant qu'à faire ? Le jour où j'aurai honte d'avoir du sang "étranger" dans les veines, d'avoir eu une grand-mère qui baragouinait le français avec un accent espagnol toute sa vie, de ne pas être complètement franco-français, et bien plutôt que d'aller acheter une doudoune chez Décathlon et d'aller faire le paon sur fond blanc, j'espère trouver un truc qui en jette un peu plus. Se jeter d'une falaise ça a quand même plus de force, dans le geste, non ?


Bonus : cliquez ici.  :)

21 août 2006

WITNESS THE FITNESS !

Alors d'abord, la fiche bricolage du professeur jUne : aujourd'hui, comment réparer son casque lorsque celui-ci est cassé ? Hein ? Alors, il vous faut un tournevis, une plaque de gaz (pour chauffer le tournevis, parce que vous n'avez pas de perceuse, hein), un écrou et une vis.
Et du temps.
Et des pansements, aussi :

casquebricolage

Bon, j'ai mis 3 heures, mais le résultat est là : un casque blindé, qui a certes pris un peu de poids, mais qui fonctionne mieux que jamais, et qui devrait perdurer un peu plus longtemps dans le temps...

Bon et alors quoi ?

Vendredi après-midi, session freesbee nounours avec Jeff, pendant les quelques heures ou le climat s'est montré clément : une apparition furtive du soleil et nous en étions déjà à nous éclater les doigts (cet enculé de Jeff est fort, je dois bien admettre).
Fin d'après-midi, petit coup de main au gars Guillaume Long qui emménageait du côté du quartier Battant. Autant dire qu'entre le freesbee et le déménagement, j'avais épuisé mon crédit "activité physique" pour la semaine, hein.

Le soir, virée à la Crémerie (déjà ?) pour une soirée drum'n'bass made in Feetwan. Les gens étaient nombreux et chauds, et à 2 heures, j'ai esquivé l'after qui se montait, pour remonter à la maison, juste à temps pour me faire brancher par 3 ou 4 mecs bien imbibés qui, apparemment, n'avaient jamais vu de zozo marcher dans la rue avec un gros casque sur la tête. Bon, les mecs me faisaient des signes alors que je les croisais, j'enlevais donc le truc de mes oreilles, pour tomber sur un peu près ça :
"Eh le mariole, il est assez gros ton casque ? T'a pas froid aux oreilles ?
- Euh, pardon ?
- Je te demandais si t'avais pas un casque encore plus gros ?
- Ah, mon casque ? Ouais, j'aime bien vraiment entendre ce que j'écoutes, alors autant avoir un vrai casque, pas vrai ?
- Ouais ouais, en fait t'es surtout un gros frimeur avec ton gros casque, non ? Tu te crois où ? Ah ah ah, écoutez ça, les gars, le mec écoute du rap. Hein, t'écoutes du rap, connard ?"


Bon, je commencais à regretter de m'être arrêté, d'habitude je trace la route mais après les quelques bières bues pendant la soirée, j'étais chaud comme la braise, et probablement un peu maso, aussi :
"Ben écoute, si tu sais ou je pourrais en trouver un encore plus gros, ca m'interresse, comme ça j'entendrais plus les relous dans ton genre, genre...
- Attends, t'a dit quoi, là ?

(là, un troisième crétin arrive, passablement ivre aussi :)
- C'est à qui que tu causes comme ça, minus ? Ah tu fais moins le malin sans tes potes les melons, hein ?
(ca faisait bien 15 ans qu'on m'avait pas traité de minus, au passage, et pas assez longtemps que j'avais entendu le doux terme de "melon")
- Ah nous y voilà, je suis un frimeur minus, surement pote avec des "melons", ah ah ah, allez, tu sais quoi...
- Nan nan nan tu restes là, avec ta musique de bougnoule, connard !
- C'est qui que tu traites de connard, bâtard ?"


Et là, j'étais super chaud, bien décidé à défendre ma position de minus, voire à défendre la justice et la fraternité républicaine, malgré le constat évident que face à n'importe lequel de ces connards (look tunning, face de rien, la totale), je n'aurais pas tenu 20 secondes. D'ailleurs je vois pas face à qui je pourrais tenir 20 secondes, en y réflechissant bien. Ah si, peut-être face à Mimi Mathy, ligotée dans le dos. Et encore. Si elle était droguée, peut-être. Bref.
Alors que deux des 4 crétins avaient l'air super motivé pour me gonfler les burnes (et éventuellement me casser la gueule), et qu'il me semblait décuiter à grande vitesse, cette montagne d'Ali, un vieux pote à tendance euh, "téci", déboule de la rue adjacente, assistant à la scène, et s'arrêtant net, comprenant la situation. Je croise son regard, il capte le mien, hoche la tête comme pour me demander si ca allait...
J'y croyais même pas, je me voyais déjà en train d'avoir mal je sais pas où (au nez, peut-être, ou au ventre, genre) (ca faisait une paie, mais ces choses-là reviennent vite, hein...), de remonter chez moi avec mon casque à nouveau cassé... Et subitement, sorti de nulle part, Ali, sa gueule de biais, sa masse musculaire, son téléphone portable (à tendance gyrophare) à la main, et son regard de mec qu'aime pas trop des mots comme "melon"... Incroyable.

Au moment ou le second connard commencait à s'impatienter (ca devait le démanger d'étaler le poids plume qui le qualifia de "bâtard", en tout cas, c'est l'impression qu'il m'a laissé), je me laissais aller et j'élevais la voix :
"Et sinon tu sais ce qu'elle te dit, ma musique de bougnoule ?
- Eh mais toi, t'a un sérieux problème, mec, mais bon, je vais t'expliquer ça...
- Ah ben super, t'a rien contre le fait de l'expliquer aussi à mon pote Ali ? AAAAALLLLLIIIIII !!!!"
.

Ouais, c'est nul, c'est lâche, et tout. Mais bon, Ali n'est jamais avare de taquets dans la gueule, et puis bon, ils étaient 4, j'étais seul avec mon casque et "ma musique de bougnoule" (c'est vrai que le beat qui sortait du casque, et signé Funkstorung, est un pur produit du maghreb, bon, un maghreb à tendance allemande, mais la géographie, comme quoi que ce soit d'ailleurs, n'avait pas l'air d'être le fort de ces probables connards de Haute-Saône)...
3 des 4 mecs firent la tronche et se sentaient subitement moins en verve, malgré une supériorité physique indéniable, et le quatrième, le cervelet de la bande, me sortit un magnifique "Ah ouais d'accord, tu veux te la jouer avec tes potes...
- Nan mec, moi je veux me la jouer que dalle, je remonte chez moi tranquille, et mon casque et moi, on vous avait pas sonné, je crois.
- Nan mais si tu veux qu'on se la donne, on se la donne, hein..."


Je commencais à désespérer : ce qui aurait pu se finir avec une probable claque humiliante dans ma gueule était en train de virer au bon vieux baston minable, et le fait qu'Ali approcha sa carcasse en 2 temps 3 mouvements, n'allait peut-être pas stimuler un soudain traité de paix.
Abruptement, Ali approcha sa tête à environ 5 millimètres du plus balèze des 4, imposant son regard noir (mais alors, super noir, hein), et balanca un "Alors les gars, on s'amuse bien ?" du plus bel effet ; le plus gros des 4 crétins, qui avait un peu la tête d'un Jacques Ballutin jeune et costaud, haussa les épaules et laissa échapper un "Non mais y'a pas d'embrouilles, hein, on allait récupèrer notre voiture au parking, tranquille, et...
- Lui raconte pas ta vie, qu'est-ce qu'il à, lui aussi, hein, qu'est-ce qu'il à ?"
, répondit le mec au gros QI, qui était le moins balèze, mais, comme à l'accoutumée, le plus teigneux, et le plus aggressif.
"Il a rien du tout, mais ca peut venir, selon ce que me dit mon ami Ju, hein, Ju ?, me fit Ali, calme, serein, mais, je connais la bête, prêt à bondir.
- Moi je dis rien, je pense que nous ne tomberons pas d'accord au vu des expressions lancées par monsieur ce soir, et qu'on ferait mieux de laisser tomber"
...
La voix de la sagesse, c'est moi. Bon, et puis même si je suis super confiant envers mon pote, ils étaient 4 quand même, et les sauvages de la Haute-Saône, je les connais, ils sont pires que les jurassiens ou que les bressans, ils te sortent une serpette du coffre, ca tarde pas, hein.
"Attends, tu me traites de bâtard et après tu flippes, connard ? C'est pas très glorieux, dis-moi, me fit l'autre.
- Ah mais il me semble qu'au jeu des insultes, j'arriverais pas premier, si je me souviens bien, t'avais pas dit quelque chose au sujet des gens, euh, comment dire, des gens comme le gars, là ? Fis-je en montrant Ali en pointant le menton dans sa direction.
- Qu'est-ce qu'il a dit, Ju ? répondit Ali.
- Rien de très malin, mais on peut aller chacun de notre côté et oublier ça, exceptionnellement, non les gars ? fis-je en brillant stratège pacifiste que je suis...
- Attends tu rigoles ou quoi, minus
(le mec avait les yeux brillants, il devait être super satisfait du vocabulaire grandiose qu'il avait trouvé), tu crois que ca va se régler comme ça ? Tu veux rire ?"
Et au moment précis ou je me disais que ca ne pouvait que mal finir, remonté comme le nain l'était, de la petite rue du cinoche arriva je sais pas, 6 ou 7 mecs, des potes à Ali, une majorité de reubeus. Je me disais que même Mathieu Kassovitz l'aurait pas tourné aussi bien, cette scène super cliché, et aussitôt après, je pensais que si les crétins étaient vraiment décidés, les potes d'Ali, vu l'attitude de certains d'entre eux, auraient répondu présents. Et la supériorité du nombre n'étant jamais une donnée stimulant la réaction intelligente, je me disais aussi que cette soirée allait mal, vraiment mal se terminer...
Les lascars arrivaient, tous ayant perçu le souçi, et affichant une attitude vraiment, mais alors vraiment pas sympa. C'était rassurant et jubilatoire de se sentir subitement "du meilleur côté", mais la dernière chose que je voulais, c'était que ca parte en vrille. Et ca ne pouvait que partir en vrille...
Averell, le plus balèze des 4 crétins, pris son pote mini-QI par l'épaule, et le somma de le suivre. Les 4 connards prirent donc la même direction, et en 4 secondes, les 4 silhouettes de ces fils de merdes de fachos de merde étaient déjà éloignées.
Un des potes d'Ali, agaçé et apparemment stimulé par le faciès des connards, insistait pour que cela ne finisse pas comme ça, mais tous les autres eurent la sagesse de laisser tomber. Alors que je tapais une bise à Ali et que celui-ci me demandait comment ca allait depuis la dernière fois, j'en finissais pas de lui dire 15321384 fois merci ; et ses potes de me demander ce qui s'était passé, ce qui s'était dit. J'hésitais à resortir les mots que les tocards sortirent, de peur que l'énervé du crew d'Ali se mette à courrir après eux, et la posture adoptée par la majorité de la bande me bluffa.
"Tu sais, si on devait se battre à chaque fois qu'un rebeu ou qu'un black se faisait insulter de melon ou de bougnoule, ca serait la guerre civile en permanence, mon frère !" me dit un putain de grand black qui portait un maillot des Knicks qui lui tombait presque sur les chevilles, et des diam's aux oreilles, des diam's gros comme mes poings ; ou presque. Bref.

Le pire, c'est que je le sais bien, tout ça.
Mais je l'avais presque oublié.
En remontant chez moi, je me suis souvenu de mon enfance dans une cité plutot calme et cool, à Dole, des premières prises de tête raciales à l'école primaire, puis plus tard, dans les soirées à la con des bleds alentours. Passablement éméché, j'essayais d'évaluer la situation actuelle et future, tentant une grosse synthèse de ce que pouvait produire dans mon crâne les conversations avec des potes feujs, des potes reubeus, des potes rien du tout, et les lectures régulières du Monde Diplo, de Courrier International, et du matraquage médiatique qui offre un boulevard aux Sarko en tout genre... La mélasse.
C'est vraiment pas gagné pour la bande à Ali, ni pour les autres.
Après coup, j'ai presque regretté de ne pas avoir laissé les 4 crétins du 7-0 dans la misère...

Bon, et sinon ?
Très peu lu, très peu été productif en quoi que ce soit. Eh, c'est les vacances, alors... Alors je dors, bordel !
Ah si quand même : Christopher Priest devient gonflant et redondant avec "Black panther" (le tome 4 en VF est sorti chez Marvel France), c'est chiant comme la pluie et totalement téléphoné, Geoff Darrow est de plus en plus barré avec son "Shaolin Cow-Boy" (mon royaume pour voir les planches "pour de vrai") et pour finir, John Irving je trouve ça super chiant ; ouais, "aussi".

Sinon, maté "Lord of war" hier soir, un truc avec Nicolas Cage, Ethan Hawke, Jared Leto, produit par Philippe Rousselet et écrit et réalisé par Andrew Nichol (pas sûr de moi pour l'orthographe...) ; le genre de film dont le traitement scénaristique était sûrement censé valoriser un cynisme jusqu'auboutiste, mais qui au final est complètement vidé de son caractère "message" par sa volonté de plaire, vraiment... Du coup, on arriverait presque à s'attacher au personnage principal du film, un important trafiquant d'armes, à qui l'on pourrait presque trouver des excuses... Et puis non. Cage fait son Cage, sans cabotiner mais en restant fidèle à son jeu en mode "minimum syndical" (c'est dommage, je le trouve pas mauvais, ce mec), Jared Leto, défoncé en quasi-permanence a l'air de faire sa suite, version soft, de "Requiem for a dream"... L'image est belle, quoiqu'un poil trop démonstrative (Rousselet ne fait "que" produire ce truc ?), mais voilà, ca ronronne, ca effleure des sujets bien vus (et à exploiter), mais ca reste le cul coincé entre plein de chaises, et donc, on se fait pas mal chier. J'avais lu à sa sortie "pamphlet engagé", warf warf. Bref.

Allez... Soyons un peu positifs ! C'est pas parce que mes 15 jours de vacances se passent sous la flotte que tout va mal. D'abord, parce que parfois, c'est beau l'amour (c'est dur, mais c'est beau)... Uh uh uh.

Ensuite : je vais probablement passer pour le mec qui se répète un peu (beaucoup), mais samedi soir c'était Boogie time, et que dire ? Que depuis mon arrivée à Besançon il y a une demi-douzaine d'années, cette soirée fut probablement la meilleure, en terme de satisfaction personnelle.
D'abord, parce que la soirée avait bien débuté chez Sophie et Narqo, avec Tristan, pour une petite bouffe bien chouette, ponctuée par une tarte à la rhubarbe accompagnée d'une glace caramel, bref, un bien bon début.
Ensuite, parce qu'alors que nous n'étions encore qu'à caller la sono, Tristan, Narqo et moi-même (il ne manquait que Zo pour que le crew soit au complet), que mon gars Sto à déboulé super tôt, pour ne partir qu'à la fin, et c'était franchement cool de le voir bouger son booty à une soirée bisontine, nom de dzousss. Evidemment, Cécile et Jeff étaient de la partie, le gars Balthazar aussi, Alex et sa clique, entre autres, et tout ce petit monde a eu l'air de passer une bonne soirée, ca fait plaisir.

boogiestonarqo
(Sto et Narqo).

Et ce qui fait encore davantage plaisir, pour couronner le tout, c'est d'avoir été rejoint par pas mal de gens (et ce, relativement tôt), qui étaient, ma foi, super chauds, et c'est rien de le dire : il était guère plus d'onze heures que la petite piste de La Crémerie (le nouveau quartier général du retour du Boogie, qu'on se le dise) était déjà pleine, et que ca soit sur l'afrofunk de Sharon Jones ou sur le hip hop peinard des Jurassic Five, les gens ont dansé comme des guedins, incroyable.
Big big biiiiiiiiig boogie time : Tristan qui balance le remix de "Witness..." de Roots Manuva, et les gens tous à donf... L'hallu. Ca regonfle à bloc, en tout cas.

boogie0512

Besançon, tout chaud le samedi soir sur autre chose que du métal ou de la hard-tech ? Waouh.
Et comme le crémier avait l'air plutôt content de la soirée, lors du petit after chez Tristan (avec Narqo et Sophie, Jeff et Cécile, Balthouze, les gars de Honeybox, etc), eh ben plein de boogie tout prochainement :

boogie092006flywebCOUL

On air on radiojUne :
Pas mal de trucs en ce moment, je ne fais que mixer à la maison pendant ces vacances... Ca et jouer au freesbee quand le temps le permet ! Donc plutôt que de creuser dans les piles de skeuds qui s'accumulent tout partout, une playlist de ce que j'ai joué samedi soir au Boogie :

- King Tubby "Blessed dub".
- Fat Freddy's Drop "Hope".
- Shuggie Otis "Inspiration information".
- Sharon Jones & the DapKings "How long do I have to wait for you" (Daptones).
- The TSU Toronadoes "Getting the corners".
- Build an ark "The blessing song" (Kindred Spirits), je me remet toujours pas de ce morceau...
- David Axelrod "Good day sunshine" (par Ray Brown, en fait).
- Breakestra "At the end of the day" (Ubiquity 10").
- Tony Alvon "Sexy coffee pot".
- Ramsey Lewis "Back in the USSR".
- Jurassic Five "Jayou".
- Jeru the Damaja "Come clean". C'est marrant, c'est en réécoutant le premier Cinematic Orchestra, tranquille à la maison, que le Solid Steel de dj Food m'est revenu en tête, et ce morceau culte de Jeru dans la foulée (checkez la Solid Steel pour apprécier comment le Jeru est amené sur le "Channel one suite" de la bande à Swinscoe..).
- De La Soul "Me myself & I".
- Pete Rock & CL Smooth "I got a love".
- Labbi Siffre "I got (the blues)" était dans mon sac, et cet enculé de Tristan l'a passé EXACTEMENT quand je voulais le faire ! Quelle enflure... 8)
- Cymande "BRA".
- Herman Kelly "Let's dance to the drummer beat".
- Funk inc "Kool is back".
- Brenda & the Tabulations "Hey boy !", magnifique pépite boogie sortie en 66 sur Dionn ; Brenda et ses Tabulations (un groupe de dactylos ?) sont davantage connues, je crois, pour leur reprise (moyenne...) du "California Soul" de Marvin Gaye et Tammi Terrell, sublimé par Marlena.
- Charles Wright & the Watts 103rd street band "Express yourself". Ah putain j'aurais du le passer, le NWA qui couvait dans mon sac ! 8)
- Sharon Jones & the DapKings "I just dropped in to see what condition my condition is" (Daptones 10").
- The Vibrettes "Humpty dump" ; non, non, pas le nouveau combo de nénéttes, non, les Vibrettes d'il y a déjà quelques décennies, dont le classique "humpty dump" a servi de base au personnage des Digital Underground, big nose and co... Et à la "Humpty dance", aussi ! Ca nous rajeunit pas, crévindzousss.
- Catherina Valente "39° de fièvre", la reprise du mythique "Fever" de Davenport, en version française dont je me lasse pas. Ce titre, comme plein d'autres, est dispo sur les excellentes compilations produites par les gens du label St-Germain des Près, à savoir, toute la bande à dj Bronco, à Bando, aux gens de Pure Records... En l'occurence, sur la seconde compilation "Orchestral Party".
- Ozomatli "Cut Chemist suite" (Almo).
- Quasimoto "Life is...".
- Diplo "florida" (Big dada).
- AntiPop Consortium "Ghostlawns", mais pas le remix de Mike Ladd que je joue d'habitude : l'original, parce que mon bro Feet venait d'arriver à la soirée, et qu'il kiffe ce titre. 8)
- Dillinger "Flat food hustling".
- Kid 606 "Xanopticon bizarre" ($ #10).
Ouais, le boogie, ca commence cool, mais ca finit quand même avec du Kid 606 et autres Planet Mu...


junecasque
Oh le joli casque. 8)

Bon.
Demain, journée à Dijon, notamment pour croiser Alcor le Raclo, et fin de semaine, petit passage chez Maman, et décollage pour Rome, avec quelques millions de disques, pour le mariage de Maud et Tom, à la Villa Medicis. Ouais, un mariage à la Villa Medicis, c'est pas tous les jours que ca arrive, et que l'on me demande d'y jouer quelques disques pour un mariage (pas de "Danse des canards" ni de Bézu, hein, du vrai bon gros son, heavy-funk-sugar-soul-afro-broken-hip-hop and co, quoi !), encore moins, alors... Avec un peu de chance, l'aéroport ne perdra pas les disques, et nous ramènerons quelques photos !
A bientôt, peut-être. Ou pas, hein.

7 avril 2006

intro + contenu + outro.

Ouf ! Enfin, une nouvelle bécane à la maison (many thanks to Bob la Pu... Bob la Loutre), qui cette fois, nous laisse rebrancher la tablette wacom, la MPC, et tout le bordel... Il était temps, et on se retrouve avec 300 gigas, grands dieux, quelle démesure, voilà où ça mène, ma brave dame.
Je me suis donc attelé à la lourde tâche de numériser (c'est comme ça qu'on dit ?) la plupart de mes vynils les plus rares, comme ça, si mon appartement flambe, mon ordi crèvera comme mes disques, et j'aurais fait tout ça pour rien... Uh uh uh.

CIMG0292
Et hop, un cactus sudiste, made in Drine, last week (voir plus bas).

Autre chose, j'ai encore 12 milliards d'emails sur mon ancien disque dur, et en attendant de récupèrer tout ce bordel, je vais avoir du retard dans mes correspondances. Soyez sympas, et insultez-moi pas trop durement si je ne vous ai pas encore répondu : je suis sévèrement à la bourre, je le sais et en suis désolé.

Et un truc, pendant que j'y pense : lors de la manif' de mardi dernier (le 4 avril), pas mal de pancartes, de drapeaux, de banderolles, de panneaux... Jusqu'à ce qu'on se retouve, toujours dans la foule, quelques dizaines de mètres derrière un truc magnifique (photo à venir), une habile déviation du franco-français "travail famille patrie", magnifiquement détourné.
L'art est-il soluble dans la contestation sociale ? En tout cas, en se frayant un chemin dans la masse pour voir le truc de plus près, paf, je vous le donne en mille : le drapeau suspendu était l'oeuvre de Panzer Cardinal himself, qui soutenait sobrement et dignement son truc, suant sous les rayons du soleil, présent lui aussi.

Ils sont forts, ces auteurs de l'Affaire du Siècle tome 5 ! Et comme l'auto-promo ne saurait décemment s'arrêter là, voici la couverture (en cours...) du numéro à sortir fin avril, le déjà (eh oui) numéro 15...

laffaire15

Bon, en ce moment, je suis un peu tout seul à la maison, Drine reconstruisant lentement sa colonne vertébrale au calme, chez maman. Bilan, je sombre dans une phase gros casanier, ne sortant de chez moi que pour aller bosser, et glandant à l'appart entre casseroles sales partout, linge étendu qui séche partout, cables ordi/mpc/ampli/platine un peu partout, disques étalés partout, bouquins étalés partout... Bref.

Donc : je lis beaucoup en ce moment, j'écoute pas mal de trucs aussi, mais je sors pas trop.
Vivement bientôt (dans le secteur, hein) :
- Ce samedi 8 avril, Baru invité à la librairie. Voilà un personnage que j'ai hâte de rencontrer ; on en reparlera après (fin avril, le beau brun Christophe Gaultier, en mai, la supratalentueuse Nancy Pena (dont "La Guilde de la mer" est ENFIN sorti, j'en parlerais davantage la semaine prochaine, mais en gros, allez investir intelligemment et offrez-vous ce bouquin, c'est aussi simple que ça), et plein de gens en prévision, stay tuned).
- Nouvelle semaine de congés dans la foulée. Récup' des heures de Noël, impeccable en ce moment ; et il y aura une petite soeur en mai, alors tout va bien, pas de surmenage en ce moment.
- One Self (dj Vadim, BluRum 13, Yarah Bravo, Bongo Pete...) en live au Cylindre le dimanche 16 avril (veille de jour férié).
Ca risque fort d'être la date de l'année au Cylindre, j'ai pas grand chose d'autre à dire, mais je pense que le dernier passage de Vadim dans cette salle (2000 ? 2001?) aura marqué suffisamment pour que je ne m'étende dessus...
Ci-dessous un extrait du programme du Cylindre, avec un petit texte par mézigue.

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- Le 22 avril, hop ! Au Noumatrouff de Mulhouse, avec Konono #1. Kinshasa dans la place, ca va êre démoniaque, comme à chaque fois avec ces congolais aux likembés magiques. Un truc à voir, absolument, et à écouter, surtout.
- Une semaine après, festoche des Artefacts (Laiterie de Strasbourg), avec notamment Sharon Jones, Birdy Nam Nam, Architecture in Helsinki...
- Du 21/04 au 26/05, à Dijon, l'asso Sabotage propose le festoche "Kill your pop", avec entre autres Burgalat, Joakim (de Tigersushi), Fugu, Sebastien Tellier, Fog... C'est marrant, ca fait très Dijon, cette affiche, uh uh uh...
- Feetwan et moi-même offrirons une vraie sélection chiadée du cul et tout, un vrai truc travaillé pour l'occasion, pour l'édition 2006 de La Nuit Bleue (7-8 juillet 2006). Breakbeat full spectrum, as usual.
Et rien que de savoir que nous jouerons aux côtés de Venitian Snares ou de Luke Vibert, tout ça dans un cadre ultra-séduisant (la Saline Royale d'Arc-et-Senans, patrimoine de l'humanité selon l'Unesco), moi je dis : chouette. Chouette !

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Et hop encore, le même cactus, en plus gros. Ben ouais, faut bien amortir le numérique, hein.

"Comment réussir un bon début de journée, part. 3265984 :"
être réveillé par un facteur apportant 2 colis au réveil, un rempli de bandes dessinées gentiment offertes par un chouette éditeur, l'autre rempli de skeuds sur lesquels je bavais depuis un moment. Tout ça sous un soleil presque printanier. Les 35h, c'est déjà ça de pris, bordel.
/edit : depuis, j'ai reçu le rappel de ma taxe d'habitation, et il a neigé. Oui, oui, neigé.

Bon, sinon ?

=> En 1998, tout le crew Metalheadz répondait présent et se retrouvaient dans "Talking Headz", un documentaire de 60 minutes qui retrace l'histoire du label, et, en parallèle, l'histoire du mouvement drum'n'bass.

J'avais raté ce truc à l'époque, mais mon homeboy Feet vient de me le refiler, et je dois bien admettre que j'ai bien vibré en voyant tous ces gorets en action. Bon, tout le monde ne dit pas que des choses intelligentes, mais la plupart des membres de ce collectif qui a toujours bien brassé arrivent à restituer leur enthousiasme pour un genre musical qui, mine de rien, est le seul dont les gens de mon âge auront vécu l'arrivée, la naissance, quasiment en direct (considérons le broken beat comme un dérivé batard, hein, et de toutes façons malheureusement trop mineur pour qu'on se touche vraiment dessus) ; ah, je me souviens bien des block parties dans le Bronx à la veille des années 80 mais... Nan, j'déconne.
La drum'n'bass, donc.

MTLHDZ

Bien sûr, c'est (déjà) axé sur l'axe londonien, mais on croise pas mal de gens, et pas mal de ceux qui, par la suite, et déjà à l'époque, montraient la diversité du genre alors au top (il n'y a pas eu un golden age officiel, dans le mouvement ? Ah bon, alors je prend des libertés...) : évidemment, Grooverider ou Lemon D y sont déjà célébrés, mais on y croise aussi une bonne partie du gratin de l'époque, comme Optical, Ed Rush, Lemon D, Adam F, Ray Kieth, Digital, J Majik, Dilinja, Bailey, Randall, Doc Scott, Nathan Haynes, Phil et Jim de Source Direct et leur putain de look d'enfer, Gilles Peterson blablatant devant la BBC, Stuart de Metropolis (THE place, à l'époque au moins, pour le mastering) dans le feu de l'action, les légendaires soirées au Blue Note, et même le bon gros Gus de chez Reinforced. Ah ! Et Goldie, aussi...

Bon, je dois bien avouer que je suis aujourd'hui complètement largué en terme de drum, saoulé par l'essentiel d'une production plutot tabasse proposé par cette scène il y a quelques années (moi je suis plus rollin', comme garçon, et plus ca va, moins ca s'arrange...), et je n'ai pas l'ombre d'une légitimité pour critiquer quoi que ce soit, mais j'étais vachement content d'entendre Adam F, s'il parle du collectif Spiral Tribe comme d'une claque (le mouvement originel, pas les amateurs de tribe royal canin qui suivirent le troupeau et nous arrosent depuis d'une immondissime bouillie aussi kilométrique qu'indigeste, genre), parler également du hip hop comme d'une base antérieure essentielle....

J'aimerais que les kids en kaki et aux chiens pouilleux, qui se vautrent tous les weekends dans des partouzes de décibels aussi creuses qu'inaudibles qu'ils appelent "soirées jungle", qui sont persuadés que la drum'n'bass n'est qu'une course au binaire accéléré et à la tabasse hardue, et qui chient sur les productions Hospital ou autre ("c'est de la house, mec, c'est pas de la drum, va ! La drum, c'est Aphrodite, par exemple, tu vois, mec..."), voient ce docu, et entendent tous ces séminaux zozos parler de leur manière de concevoir le truc, d'appréhender le genre par un bout pour mieux en saisir le contenu : la drum, à la base, c'est un breakbeat, non ? Bref. En tout cas, on se sent moins seul. Quel putain de vieux réac, ce june, hein !

Tout ça pour dire que depuis le visionnage de ce docu, ben je me coltine une réécoute en boucle de ce que m'ont laissé ces 10 dernières années... Et je me rend compte que ca fait plus de 10 ans que Goldie, assisté par le wonder duo de 4 Hero ou de Rob Playford, a pondu le chef-d'oeuvre "Timeless", notamment... Ca nous rajeunit pas...
Allez, zou, the ultimate drum'n'bass selection from jUne, nom de dzouss ; en restant dans les classiques, hein...
- Adam F "dirty harry" (1997, F-Jams)
- Die "jitta bug" (2000, Full Cycle)
- dj Krust "breaking point" (Full Cycle, je sais plus de quand date le EP "Genetic manipulations"...)
- Dolis Hill "Desist" (1997, Metalheadz)
- Optical "to shape the future" (1997, Metalheadz)
- Roni Size "Daylight" (1995, Full Cycle)
- Roni Size "Brown paper bag" (1997, Talkin' Loud)
- Adam F featuring MC Conrad "F-Jam" (1996, F-Jams)
- Krust "Cold war" (1998, Talkin' Loud)
- Courtney Pine "Tryin times (Peshay remix)" (1997, Talkin' Loud)
- Data "Optimus prime (Underdog remix)" (1998, Sirkus)
- Bel-Air Project "Jazz with altitude" (1997, Corn-Flex)
- Photek "the fifth column" (1997, Science)
- Peshay "Switch" (1999, Island Blue)
- Peshay versus dj Shadow "What does your soul look like ? (part. 1)" (1997, Mo'Wax)
- dj Hype "Supershap shooter" (1996, Ganja Kru)
- Ed Rush and Optical "Zardoz" (1998, Virus)
- Seiji "Density" (1998, Reinforced)
- Bebel Gilberto "So nice (dj Marky and XRS remix)" (2002, Crammed)
- Boymerang "Still" (1997, Higher Ground/Prototype)
- Danny Breaks "Astral vibes" (Droppin' Science)
- High Contrast "Make it tonight" (2000)
- Seiji "the long way" (1997, Reinforced, c'est le Rivet 115, et si quelqu'un le lâche, je suis ultra-méga-preneur, ma copie est bien mangée...)
- Chris Energy "Astral funk" (1996, Reinforced)
- Jon B. "Secrets" (1997, Higher Ground/Prototype)
- Jonny L featuring Lady Miss Kier (1999 ? Un white dont je ne sais plus le titre, chez XL je crois ?)
- Codename John featuring Grooverider "Dream of heaven" (1997, Higher Ground/Prototype).
Et maintenant j'attend qu'Alcor, Howie ou Talo viennent me vanner dans les commentaires... 8)

=> Le magazine Polystyrène, mensuel traitant de l'actualité culturelle du grand est (de Strasbourg à Dijon en passant par Besançon, Nancy, Belfort...), couvre l'essentiel des affaires culturelles du secteur, celles-là même qui souffrent souvent d'un cruel et conséquent manque d'exposition médiatique ; c'est la raison de vivre principale de ce mag qui propose également, ceci étant dit, un paquet de rubriques annexes souvent intéressantes, qui valent également le détour.

Depuis bientôt 100 numéros (quand même), Polystyrène couvre également (et entre autre) l'actu du livre, de la bande dessinée, en proposant chaque mois une sélection de titres, ainsi que plusieurs espaces de création ouverts à des auteurs du secteur ; en plus de graphisme, de peinture, de photo, on aura notamment croisé dans les pages de Poly bien des auteurs de bande dessinée, amateurs ou confirmés, comme Nancy Pena, Drine, Sylvain-Moizie, Lindingre, Vincent Vanoli, Baudoin... pour des planches originales à figure imposée, orchestrées par un curieux pluridisciplinaire qui propose à certains libraires du coin, à compter de ce mois, de répondre par des conseils de lecture à ses questionnaires décidément bien compliqués...

Parmi une vingtaine de questions, il me fallait répondre à 5 d'entre elles, en synthétisant au maximum, ce qui, si vous me connaissez un peu, relève de l'impossible, tout simplement ; la sélection pouvait se permettre de donner un peu dans le pointu, le lectorat de Polystyrène se portant probablement plus facilement du côté des lecteurs audacieux que chez les consommateurs de chez Soleil ou Bamboo... Ce qui, vous l'aurez compris, me convient parfaitement, hein.
Etant totalement incapable de synthétiser, de résumer, de réellement sélectionner, sans être frustré ou me demander quel titre est plus méritoire que l'autre, le mag publie une version light de mes réponses. En voici donc la version originale (et légérement enrichie, au passage), qui vaut ce qu'elle vaut, qui est probablement un instantané d'un moment précis, car en le relisant, j'en changerais déjà la moitié... Bref.

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- Pour ceux qui prendront le train Metz-Dijon :

La position assise et statique imposée par un voyage en train semble idéale pour apprécier le désormais classique "Jimmy Corrigan" de Chris Ware (Delcourt), un pavé qui, à lui tout seul, a fait avancer la bande dessinée d'un grand pas, dans une nouvelle cour toute neuve.

Les anglophones pourront opter pour l'intégrale de la saga onirico-fantastique de Neil Gaiman, "Sandman" (Vertigo/DC), et éviter la vilaine version française publiée partiellement dans un triste désordre ; ou encore pour l'excellent polar ultra-noir (que Tarantino devrait lire), "Stray Bullets" du très bon David Lapham, autopublié via El Capitan (auteur à découvrir en français avec "Tue-moi à en crever" imminent chez Delcourt).

Enfin, on pourra se perdre dans les pensées à tiroir du souvent très bon Joann Sfar : ses "Carnets" (à L'Association) sont incontournables pour qui est déjà un peu familier de l'oeuvre du l'auteur du "Chat du rabbin", entre autre ; et hop, 800 pages d'un coup au fond du sac.

- Pour que Blake et Mortimer découvrent des femmes (avec un cerveau) :

La bande dessinée étant historiquement un milieu excessivement masculin, on ne sera pas étonné du peu de représentation "valable" de la femme, la parité (l'égalité ?) étant un concept malheureusement aussi abstrait en bande dessinée que dans la vie de tous les jours.
On orientera donc progressivement notre vieux couple vers la malice de Laureline, l'une des premières héroïnes dotées d'autre chose qu'une simple plastique ("Valerian agent spatio-temporel" par Christin et Mézieres , Dargaud), puis vers la subtilité de l'héroine de Tardi, "Adèle Blanc-Sec" (chez Casterman), voire vers le jusquauboutisme déluré de la "Jeannine" de Reiser (Albin Michel).

Et puis, au risque d'être un peu secoué, Blake pourrait se perdre aussi dans les récits emprunts d'autobiographie des talentueuses Anna Sommer, Jenni Rope, Roberta Gregory, Kiriko Nananan, Debbie Drechsler, Jessica Abel, ou de la géniale Julie Doucet, pendant que Mortimer ira lire la très bonne récente version française de "Locas", de Jaime Hernandez (Seuil), "Mariée par correspondance" de Mark Kalesniko (Paquet, ou encore mieux, enrichissez donc l'éditeur original américain), ou encore la trilogie des "Nuits" de Baladi (La cafetière).
Espérons que nos deux compères ne soient pas trop traumatisés par toutes ces rencontres...

- Pour mieux connaître le monde que The Economist :

Depuis son fauteuil, on lira du reportage, du témoignage, venant de l'hexagone, avec "Rural" ou "Les mauvaises gens" d'Etienne Davodeau (Delcourt), ou d'ailleurs : le grandiose "30/40" de Willem (pépite difficilement trouvable mais encore disponible éditée chez Futuropolis, vaillant éditeur aujourd'hui défunt), "Gorazde" ou "Palestine" du formidable Joe Sacco (Rackham), "Pyongyang" de Guy Delisle (L'Association), "Deogratias" de Stassen (Aire Libre/Dupuis), auxquels on ajoutera les trois "Le photographe" de Guibert, Lefèvre et Lemercier (Aire Libre/Dupuis), ainsi que le trop méconnu "Les rois vagabonds" de James Vance et Dan Burr (Vertige Graphic).
Autant de bons bouquins qui portent chacun un regard trop peu courant en bande dessinée, celui du reportage souvent critique, souvent bien fait.

- Pour oublier les nouveaux Star Wars de George Lucas :

On se consolera avec "L'ambassadeur des ombres", le 6ème album des aventures de "Valerian agent spatio-temporel" (décidément...) de Mezières et Christin (Dargaud), un classique de SF plutôt intelligente, et tout public.
Puis avec l'incontournable série post-SF de Frederik Peeters, "Lupus", qui doit plus à "Solaris" ou "2001" qu'à l'univers de Lucas (et dont le tome 4 -et dernier- est dans toutes les bonnes librairies).

Et parce que la science-fiction n'est pas le genre le plus dignement représenté en bande dessinée, on préférera s'aventurer dans les univers proches du comics de superhéros, de l'anticipation trash ou du fantastique bargeot, avec certains épisodes de la série X-Men (notamment les récents "New X-men" du bargeot Morrison), traduite en France en grosse intégrale, collection Marvel Deluxe) ou «Teen Titans» de Perez et Wolfman (enfin disponible en France de manière digne, après une première publication avec une traduction à gerber et un lettrage dégueu en kiosque dans les années 80), le classique "Akira" d'Otomo (Glénat), ou le génial "The invisibles" de Grant Morrison (en vo, Vertigo/DC).

- Pour toucher l'héritage de mémé qui est cardiaque :

On ira crescendo dans les lectures barrées, en commencant par "Spirale" de Junji Ito (Tonkam), trois tomes d'une saga d'horreur qui n'en finit pas, ou par le géniallissime Stéphane Blanquet ("Guimauve", "La nouvelle aux pis" chez Cornelius, ou "Mon méchant moi" chez Chacal Puant) ; on enchainera avec "Serpent rouge" de Hideshi Hino (IMHO), "From Hell" d'Alan Moore et Eddie Campbell (Delcourt), notamment pour une scène d'autopsie d'anthologie, et enfin avec "La jeune fille aux camélias" de Suehiro Maruo (IMHO).
Si avec tout ça mémé n'y met pas du sien...

- Pour sauvegarder les forêts en incitant à lire de la bd sur le net :

L'éditeur belge "L'employé du moi" développe énormément de projets pas forcément imprimés, avec une ribambelle d'auteurs à suivre.
Le projet initié "pour rire" sur le très bon forum barbelith.com a donné vie à "Jenny Everywhere", première héroine copyleft : le genre de proposition qui donne tout son sens au web, tandis que l'allemand Demian 5 exploite les caractéristiques de votre écran comme personne.
Ensuite, on pourra aller picorer les sites de l'américain Kazu Kibuishi, des belges (encore ?) Dampremy Jack et Marshall Joe, de James Ottoprod, de Louis-Bertrand Devaud, de Melvil Massacre ou consulter chaque numéro du fanzine L'affaire du siècle tome 5.
Enfin, un peu de réflexion sur le merveilleux petit monde de la bande dessinée, avec les sites de Nicolas -XRXD- Verstappen ou Harry Morgan.

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Voilà, bon, c'est une sélection qui a déjà changé, hein, et que j'aurais modifié probablement encore pas mal de fois, mais elle me semblait valable... Qu'auriez-vous proposé ? Ca m'intéresserait de savoir.

Et puis, dans le dernier Poly (le #96, celui-là même avec mézigue en douzième de page, rien que pour ça faut en acheter une vingtaine et je sais pas, moi, les offrir ? Hum), une couv avec Baru, le monsieur s'avérant passionnant dans l'entretien fait avec lui. Je sais, je sais, je dis ça trop souvent... Mais le gars Baru, après plus de 20 ans d'énervement engagé (mais toujours raisonné), ne lâche que dalle, et reste un des (trop) rares témoins d'une époque merdique qui laissera des bouquins qui tiennent énormément du constat social, du témoignage assez brut, signés par un mec super lucide sur cette échelle sociale dont il éclate une marche, de temps en temps.
Super papier proposé par Fabien Texier (as usual) ; vous connaissez beaucoup de magazines culturels non spécialisés qui traitent de bande dessinée ? Poly fait même la couv...

=> Depuis Cologne, et depuis 25 ans déjà, les éditions Taschen proposent une floppée de bouquins dont le point commun pourrait être un certain aspect de la vulgarisation de l'art pictural, de manière assez large. Bien sûr, il sera de bon ton pour les réels amateurs de cracher dans la soupe que nous balancent ces allemands, et on pourra blablater durant des plombes sur la forme (une facheuse tendance à ne pas prendre de risque avec des maquettes bien dans l'air du temps, des impressions moyennes, un contenant maussade et très "catalogue") autant que sur le fond (un espèce de grand écart entre la soupe compilatoire aux vues très précises : se réferer aux titres, aux thématiques abordées, aux artistes publiés) ; s'ils ne sont pas de beaux livres d'art, qui ne traitent d'ailleurs pas forcément de ce qu'on trouve de plus noble sous cette vaste dénomination (c'est vrai, après tout, ca veut dire quoi, "art", d'abord ?), les livres de chez Taschen permettent la découverte à moindre coût, et donneront peut-être envie de creuser un peu plus dans les rayons des librairies.

Bref. C'est donc l'anniversaire de Taschen, et la plupart des librairies offrent donc un choix de livres à prix carrément réduit ; alors bon, depuis quand vais-je claquer ma tune dans des offres promotionelles à la con ? C'est un peu près tout ce que je déteste, les soldes dans l'édition : que signifie au juste le fait d'acquérir des bouquins bradés ? Ben faut avouer un truc, c'est tout simplement que lorsqu'on se plaint du prix d'une bande dessinée, ou d'un roman, on devrait aller checker les étiquettes du rayon "beaux livres"... Parce que si l'édition est un marché réservé aux nantis, les livres d'art, sont carrément proscris pour les rmistes, de rares éditeurs ou petites collections mises à part. Non, je ne crache pas sur l'édition "Beaux livres" : les coûts de fabrication sont là, il s'agit relativement souvent de faibles tirages (donc durs à amortir), les objets sont souvent à tomber par terre, c'est clair.
Bon, en allant voir quels sont les titres bénéficiant du prix spécial anniversaire, ca vaut le coup de regarder à côté : il y a plein de chouettes titres, proposés par autant d'éditeurs.


=> Lectures de ces derniers jours :

- Après le Comix Club #3 au Groinge et L'Eprouvette #1 à l'Asso, et en attendant de lire le nouveau Banana d'Evariste Blanchet and co, je me recoltine "Avanies et mascarade", de Bruno Lecigne, sous-titré "l'évolution de la bande dessinée en France dans les années 70", un bouquin paru en 1981 chez Futuropolis.
J'ignore quel fût l'accueil réservé à ce bouquin lors de sa sortie (j'avais pas 10 ans...), e je serais curieux de le savoir. En tout cas, en ces temps où il y a quelques tonnes de trucs à dire sur le médium aujourd'hui, sur le monde de l'édition, et sur la responsabilité des éditeurs quant au mur qui s'approche (oui, oui, et oui, un peu de fatalisme pessimiste, si si, j'insiste), la lecture de ce petit bouquin est presque rassurante...

- Stanislas Lem est mort à 85 ans, le jour même ou je le citais dans quelques lignes écrites sur le quatrième tome de "Lupus", de Frederik Peeters. Du coup je me suis relu "Solaris" (oui, oui, les deux films, tout ça), et une fois de plus, j'ai trouvé ça réellement super fort. Je sais, c'est court ; eh, je suis pas critique

- Peeters qu'on retrouve dans "L'Association en Inde", aux côtés de Thiriet, Hagelberg, Tukiainen, et Delisle. Anecdotes ou récits d'un séjour, l'idée déjà installée (après l'Egypte et le Mexique) fait son chemin, et, comme d'habitude, il y en aura pour tout le monde ; Delisle, Thiriet et Peeters ayant effectué un séjour ensemble, on retrouve dans les histoires des deux premiers d'amusants détails de leur trip commun. Thiriet tient un carnet réactif et très premier degré, Delisle fait du Delisle (gros gaufrier de base servant à merveille l'habituelle fluidité narrative -et muette- du gugusse, pour de très bonne séquences, drôles et subtiles), et Peeters nous narre un "simple" accident de la route, avec l'énervant talent qu'on lui connaît, avec l'énervant coup de pinceau qu'on lui connait, etc. Hagelberg et Tukiainen font ce qu'il peuvent, mais je ne suis pas sûr que le carnet de bord, ou que le voyage, soit réellement une matière première idéale pour eux ; bon, Hagelberg, c'est bien évidemment magistral graphiquement, et c'est déjà ça de pris.
Préférences pour les historiettes de Delisle et Peeters, donc.

- Myriam Jung et Julie Joliat invitées à oeuvrer aux côtés du barreur Romuald Genevois, à bord de "Agent Orange", trois tomes synchrones de textes de Nicolas Machiavel (écrits en 1502 et 1521) déconstruits (ou enrichis, c'est selon) : comme d'habitude avec les Editions Cardinal, on s'approprie un texte et on l'emporte complètement ailleurs, en des terres ou de jeunes graphistes usent de toutes leurs technique, de toutes leurs idées, pour rendre des copies fraîches, propres, et bien souvent enthousiasmantes.
Plutot que d'essayer de résumer des sensations rétiniennes, faut se trouver les bouquins, disponibles sous deux formes, la première étant trois livres différents défait chacun par un graphiste, la seconde étant un bouquin épais, comportant l'intégralité des trois bouquins. Tout ça pour même prix : choisis ton camp, camarade.

- Arne Bellstorf vient de se faire traduire en français par le bais des Editions de l'An 2, dans un bouquin d'une petite centaine de pages s'intitulant "Un été calme", ouais, encore de la bande dessinée, pfff, hein.
On aura notamment croisé cet auteur dans Strapazin, mais aussi dans divers récits courts parus ici ou là. Pour le coup, je regrette un peu ce que j'avais lu du bonhomme : ca m'avait généralement bien plus, et j'attendais un peu ce bouquin. Puis, les auteurs allemands édités en français sont une denrée trop rare pour les snobber...

Non pas qu'"Un été calme" soit un mauvais bouquin, loin de là, mais il souffre de pas mal de trucs qui m'ont empéché de l'apprécier pleinement ; d'abord, sans avoir lu la version originale (je ne capte de toutes manières pas le moindre mot d'allemand), j'ai des doutes quand à la réussite de la traduction. Ok, le récit, tout en rythme ankylosé, ne devait pas être évident à mettre en place, mais là, une évidence s'impose d'elle même, ca ne colle pas. Comme si ca ne suffisait pas, malheureusement, l'éditeur, une fois n'est pas coutume, s'offre un lettrage assez fadasse, même si, une fois encore, je n'ai pas lu la VO pour comparer. Les dialogues sont perdus dans des phylactères trop gros pour eux, et flottent péniblement dans leurs cases. Bof.

L'histoire de Christophe, jeune lycéen à peine spectateur de sa propre existence morose et tristement banale (parents séparés, mère à côté de la plaque, père et entourage invisible, passions inexistantes), et qui, à l'approche de la rentrée (Christophe redouble sa seconde), rencontre une fille, est exempte de toute originalité scénaristique, mais là n'est pas le problème : on est dans la tranche de vie du mâle post-ado moyen (désert sentimental, jeux vidéos, sentiment d'incompréhension, et branlette sont donc au programme), dans l'éventuel souvenir autobio revu et peut-être autofictionné, alors que la trame de base soit assez commune, pourquoi pas, hein.
Mais difficile d'apprécier une histoire basée sur des simili-dialogues lorsque l'échange (ou plutôt, le non-échange) est aussi mal restitué qu'ici ; les rares faits relatés dans cette histoire ne font jamais réellement décoller l'intérêt qu'on pourrait lui porter, et les personnages ne sont guère aidés dans leur mission, nous emporter avec eux. Bon, une fois de plus, cet avis tout personnel ne sera peut-être pas validé par le plus grand nombre, hein ; mais un autre point m'a géné : la restitution graphique des personnages, de leurs déplacements dans cette histoire.

Arne Bellstorf dessine bien, connaît ses classiques (difficile de ne pas penser à Dan Clowes dans le découpage de l'action, mais aussi dans les angles de vue), et fait ce qu'il peut pour pousser ses personnages dans son histoire. Volonté de l'auteur d'exprimer la solitude psychologique de Christophe, ce dernier évolue dans un sorte de lotissement "classe moyennes +", et ne croise jamais personne, à part certains membres de sa famille et quelques très rares personnages secondaires ; le désert relationnel qui l'entoure est donc paradoxalement palpable, et l'arrivée d'une nénétte dans cette histoire n'aboutira guère sur autre chose que l'éternel constat d'une adolescence perdue, bla bla bla, tout ça. Ok, soit.
Je n'ai pas spécialement adhéré aux tronches de vers des personnages principaux. Si leurs corps sont normalement representés, leurs têtes sont démesurément allongées, appuyant au passage leur aspect de gros lombrics dociles, lents, comateux, que leurs regards à moitié éteint, et dépourvus de toute trace de vie, ne font que souligner davantage. On pense à un Hornschemeier mal réveillé, quelque chose comme ça. C'est un peu comme si les personnages d'Adrian Tomine se seraient fait greffer la nuque de Jabba le Hut : ca colle pas. Mais une fois encore, c'est une observation seulement personnelle, et pas une critique constructive, hein.

On peut imaginer qu'Arne Bellstorf à lu les chroniqueurs contemporains, des auteurs comme Tomine, Clowes, ou Terry Moore ; mais son style a du mal à se prêter au genre : l'apparence terriblement monotone des personnages semble figée, et c'est la dernière chose à souhaiter lorsqu'on traite "d'histoires de la vie de tous les jours", je crois... La retranscription du registre d'émotions devrait aller un peu plus loin à mon goût, mais là encore, c'est tout personnel. On reste dans un même univers figé, et les visages demeurent impassibles, bien trop souvent, aucune émotion ne transite réellement.
Quand à la tonalité générale, je sortais du visionnage de trucs de Larry Clark : on pourrait penser à lui, à ses constats filmographiques ou photographiques d'une génération désabusée à l'extrême et totalement vide, la violence physique et le cul décomplexé en moins (la comparaison est donc bien foireuse, car il ne reste pas grand chose de Clark sans tout celà...).
"C'est bien égal, si ça me plaît ou non", déclare le perso principal à sa mère, troisième personnage principal de ce récit ; ca tombe plutôt bien.

- "(...) Et les hommes se mirent alors à danser entre eux, à s'embrasser, à chanter pour la liberté retrouvée. Et c'est ainsi que Sun Ra fut le premier homme musicien de jazz et noir à devenir président des Etats-Unis. C'est également ainsi que le meilleur buveur de vin de palme chaque année est nommé secrétaire général des Nations Unies. C'est ainsi, enfin, que le jazz conquit le monde.
Epilogue : Un an après cette aventure, John Coltrane fut canonisé par le pape sous le nom de Saint Trane. Le premier volet de son oeuvre A Love Supreme remplaca le Gloria dans la messe catholique."


Pas franchement un bouquin des plus optimistes quand à l'évolution naturelle des ex-jeunes états africains, "Jazz et vin de palme" de Emmanuel Dongala (collection Motifs du Serpent à Plumes) est un recueil de drôles de nouvelles que l'auteur à signé à 40 ans, en 1982, et où il revient sur ces moments qu'on imagine forts, lorsque Brazzaville et le Congo entier devenaient indépendants, portés par bien des vents qui depuis, se sont simplement éteints.

"(...)
O mort immortel
tombé sous les coups mortels
des capitalistes-impérialistes
Notre cellule n°5, arrondissement
roueg et révolutionnaire
soutiendra pendant cent ans
le plan triennal
du développement économique autocentré..."


Certaines nouvelles sont acides, corrosives et sans pitié sur la désillusion post-révolution Rouge, d'autres douces amères avec le jazz des clubs de Manhattan en fond sonore, mais toutes sont parfaitement drôles. Un chouette petit bouquin, je découvre ENCORE un auteur ma foi fort appétissant. Pffff.

- La grosse satisfaction, c'est d'avoir ENFIN entre les mains autre chose qu'une pochette de disque, qu'une illustration, ou qu'une nouvelle signée par cet enculé de Tomer Hanuka : "The Placebo Man" (Alternative comics) est un bouquin de 130 pages qui reprend notamment les 5 numéros de "Bipolar", son comic tendant vers l'expérimental ; et sur 130 pages, c'est tout simplement excessivement sublime, tant dans l'univers abordé que dans l'éxécution des planches.

thomer

Il y a un côté malsain, oppressant dans les histoires que Tomer nous raconte. Il y a une pression, un stress, qui se dégage de la lecture de ses trucs. Et pourtant, rien d'ultra-gore, rien de super choquant, ni de foncièrement dérangeant.
Juste une atmosphère.

Hanuka est autre chose qu'un gribouilleur, on le savait déjà (j'écris ces mots en écoutant le "Bazooka tooth" d'Aesop Rock, et cette pochette, putain, cette pochette...).
La puissance évocatrice de son dessin est incroyable, et en ce qui me concerne, moi qui n'avais choppé que deux de ses "Bipolar", c'est 130 pages de folie pure qui ont déferlé d'un seul coup entre mes pattes : une grosse, grosse claque.
Je ne saurais pas rattacher Hanuka à une école particulière. Son dessin est intense, mais c'est surtout sa composition et son sens de la narration qui me semblent vraiment convaincants au possible. Il remercie Farel Dalrymple, Dean Haspiel, James Jean ou Matt Madden, et on distingue alors peut-être un peu la famille, l'univers. L'aspect brut de certaines histoires m'ont rappelé les trucs les plus bargeots de David Lapham, dans la façon d'aborder et de déconstruire, voire, pour certaines cases très précises et très audacieuses, un Munoz version 2006.
Mais pour l'essentiel, dur dur de figer Hanuka le dessinateur-illustrateur-graphiste-storyteller dans une case précise : on est dans du solide, dans du costaud, et le pire c'est que j'ai réellement la sensation que ce zozo n'a pas craché le plus gros de sa valda.
Celles et ceux qui apprécient le trucs de Paul Pope, de David Toffolo, de Becky Cloonan, de Gipi ou de R. Kikuo Johnson devraient tenter la lecture des bouquins de Tomer Hanuka.
Point de vue à la con : ce mec n'a clairement pas atteint ses limites, progressant à vue d'oeil dans les diverses manières qu'il a d'aborder les arts graphiques. "The placebo man" serait dont un recueil d'oeuvres passées (2000-2005), et la suite devrait claquer sévère.
Tomer Hanuka.
La grosse, grosse classe.

Voilà pour les lectures.

On air on radiojune :
- Wendell Harrison "Tons and tons of B.S.", aaaaaah, Detroit, les 70's, tout ça...
- Revival nawak ! Audiopulse is fuckin with Dead or Alive, et ca le fait sévère... Pas de mouchoirs, ou alors, pour essuyer ton mascara, honey.
- Freestyle Fellowship sur l'exccccccelente compil' Constant Elevation, "crazy", le hip hop moderne comme je le voyais, moi... Bon.
- Congotronics2, compilation de saloperies congolaises incroyables, avec des formations qui mettent de graaaaandes claques dans la gueule d'un afro mélant modernisme et traditions, le tout secoué par de grosses décharges électriques, non-stop. Impossible de rester assi. "Congotronics 2", chez les belges de Crammed.
- The Last Poets & Jimmy Hendrix "Doriella du fontaine", merci Alex pour ce formidable track dont j'ignorais l'existence (moi, les guitares...).
- Un jour, le printemps s'est décidé à faire des disques. Depuis, il s'appele Build An Ark, et c'est simplement superbe. Everything from the bay !
- Et je viens de recevoir un super cd de Pascal Brutal, avec des titres aussi prometteurs que "Introduction dans le futur", "hip hop pascal (feat MC Predesso)", ou "Pascal original tunning dancefloor megamix". Tu vois, ca devrait cracher dans le ghetto blaster, t'as vu, 'culé, tu vois. J'écoute ca ce soir, mais une chose est sûre : Riad Sattouf est grave.

Bientôt encore des conneries ici.
Ou ailleurs.
Ou pas.

MINI-SAFARI PHOTO (courtesy of Sandrina Cambera).
Et en attendant, encore quelques photos prises par Drine il y a une dizaine de jours : elle a trouvé une jolie maison, dans le sud . Ouais, ouais, la Franche-Comté, et surtout son climat, y'en a marre, hein....

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Bonne fin de semaine, et à bientôt...

24 mars 2006

Broken frite.




World Trade... French Fries ?

Zyva, j'kiffe le broken frite.
Hum.

Bon.
Je travaille dans un sous-sol, mais les clameurs de la rue me parviennent. J'entends les mêmes chants débiles que je beuglais pendant le régne de Devaquet ("si tu savaaiiiis..."), et je me demande qui peut croire en quoi que ce soit dans cet avenir incertain ; je me dis que j'ai un taf, mais que j'ai encore un paquet de conscrits qui rament encore d'une mission intérim à un CDD, et que rien n'est acquis. Je me dis aussi que mes regrets de jeune adulte confronté au monde du travail relativement tôt (j'ai stoppé l'école bien avant la majorité) sont loin, morts et enterrés sous une épaisse couche de tristes constatations.
Que je me plaignais de débarquer dans un environnement professionnel hostile, mais que je ne l'échangerais pour rien au monde contre celui qu'on refourgue aux gosses de 20 ans qui, avec un bac+3, n'ont pas l'air de grand chose pour autant.
Que l'émancipation du nain hargneux au karcher d'argent d'un gouvernement prenant ses distances avec un succès l'année prochaine me fait flipper sévère, et que mes heures de sommeil en retard me rattrapent et encoragent ma parano et mon pessismisme.

Pendant ce temps là, Drine est toujours en vacances au bord de la grande mare méditteranéenne, et je me transforme lentement en misérable cloporte, profitant de son absence pour pousser le volume des trucs qui la saoûlent habituellement quand elle est là...
Marlena, Fontella, Minnie, Letta, et plein de filles peuvent donc couiner à loisir, et moi je savoure en finissant plusieurs bouquins tous aussi moyens les uns que les autres, dont je ne parlerais même pas. Ah, si, mais plus tard, peut-être.

En feuilletant la nouvelle formule des Inrocks (si, si, j'essaie, quand même : déception quand même, notamment avec des potins débiles sans interêt ponctuant cette nouvelle mouture, cassant au passage la tentative de minimum de tonalité sérieuse de l'ensemble), je vois que l'habituellement sympathique Joseph Ghosn (qui parle la plupart du temps de très bons bouquins) confond Kevin Huizenga et John Hankiewicz ; non, le premier ne fait pas partie de The Holy Consumption, ce qui ne l'empêche pas de faire de très bons bouquins.

Lu quelques trucs cools quand même :
- "Les hommes jaunes" d'Urs Widmer, chez 10-18 ; Zurichois maintes fois primé (notamment avec le Preis des Literaturmagazins, prestigieux prix allemand), je découvre ce zozo, et c'est pas mal du tout. Si quelqu'un en a lu d'autres, je veux bien un conseil de lecture, là...
- "Kirihito" d'Osamu Tezuka, chez Delcourt ; conclusion d'un des trucs vraiment bonnards de Tezuka. Impeccable.
- "Héros" de Flix, chez Paquet. Mouairf, j'ai pas accroché une seconde ; l'interview inclus dans le bouquin ne procure pas davantage de satisfaction. Flix a lu Max Frisch ? Super, quelle nouvelle indispensable.
- "Une journée bien pourrie" de Fifi, à La Boite d'Aluminium. Très drôle, très con, très laché : irréverencieux sans être super trashos, Fifi propose un très agréable moment de lecture. Ca pète pas plus haut que son cul, c'est chouette.
- "Sur les traces de Dracula : Vlad l'empereur", de Hermann & Yves H., chez Casterman, est probablement la bouse du mois ; je sais, je sais, "mais pourquoi essayer de lire ce genre de trucs, ju ?"... je sais, je sais. A éviter à tout prix.
- "Teen Titans : archives DC 1980-81", de Perez et Wolfman, chez Panini ; enfin à disposition des non-anglophones, une série incontournable en matière de super-héros à collant moulant, qui a marqué le genre.

Voilà.
Ah oui : et puis, des bises à Sunny et Luna, et à leurs parents (surtout leur maman, leur papa est trop con)(Yoooo zyva beef-clash live and direct yooo).

Et sinon ?
=> Une video à checker, une de plus, sur youtube, balancée par Vayabobo, sympa sur ce coup : "Two men, one shark, lot's of love!".

=> Pacman en junkie, Frogger en terroriste, et Donkey kong, Mario et la Princesse en ménage à 3 ?
"From creators Frank Meyer, Scott Chernoff and BJ Guyer, the TV pilot Videogame Theater delves into the world of classic videogames, supplying twisted, darkly comedic behind the scenes back-stories to iconoclastic characters."
C'était le lien spécial geek, et il y a également ici ou .

=> Madlib vient de sortir "The Beat konducta" (qui défouraille, as usual, mais qui ne vous surprendra guère si vous achetez les 45 tours limités de chez Stonesthrow), et il podcaste, via myspace, le bougre :
"Podcast from the Beat Konducta Body: STONES THROW PODCAST No.2: THE BEAT KONDUCTA
Tracks from "Beat Konducta Vol. 1-2: Movie Scenes," with some cameos from MF DOOM and Talib Kweli. Mixed by J Rocc!"


=> Pendant qu'on est dans le son, et toujours sur myspace, dj Woody balance souvent du minimix, le dernier en date est une fois de plus assez béton, sans être ni orienté trop turntablizm, ni être démonstratif-relou. Just dancefloor oriented, baby...

=> Changeons de cap, jean-louis : David Scrima, toujours aussi productif, bloque sur Katerine.
Complet avec des carnets et tout, j'adore, j'adore, j'adore, j'adore, j'adooooôôôôôooore...

Je crois que c'est tout.

17 janvier 2006

HIP HOP MON OEIL, REPUBLIQUE MON CUL.

Hier soir, j'envoie un petit SMS à ma mère, installée en Alsace, entre Colmar et Mulhouse, depuis quelques années, pour son plus grand malheur : "comment ca rigole pas a ensisheim !".

2 minutes plus tard, coup de fil de maman, excédée :
"Tu sais, on est effarés, ici, nous ; on sympathise avec des gens, et à la première bouffe ensemble, on se rend compte du taux de fachos peuplant les alentours, et ca fait super peur... Ce qui est arrivé, j'ose pas en parler avec le voisinage, j'ai peur de leurs opinions, de me rendre compte qu'ils sont tous lecteurs de Minute. Si tu savais comme j'ai hâte de revenir dans nos coins !
- M'man, t'es bien placée pour savoir que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs...
- ...Mais elle l'est moins ici, indubitablement. Bien sûr qu'il y a du facho, mais tu connais les scores du FN, ici ?
- Oui m'man, tout le monde sait qu'il y a un truc de pourri en Alsace, mais c'est vrai aussi qu'on peut pas généraliser, vous êtes probablement des tonnes à être dégoutés...
- 26% aux cantonales de 2004 !
- Ah ouais, quand même. C'est quoi le problème, m'man ?
- Le problème c'est que si le maire d'un bled prend de telles décisions et commet de tels actes n'importe où ailleurs qu'en Alsace, quasi sûr qu'il y a un sitting, voire un molotov qu'atterit sur sa porte dans les 24 heures.
- Ben si un maire commence à faire n'imp, ca serait presque compréhensible qu'il se fasse crâmer sa maison vieille pierres, nan ? En tout cas, faudrait pas qu'il s'étonne...
- Ben ici, que dalle, rien, personne bronche, à part le procureur de Colmar. Etonnant, non ? Et les rares personnes avec qui j'en ai parlé avaient l'air étonnés de me voir outrée..."


L'étonnant c'est que ce connard sismique de Michel Habig, maire d'Ensisheim, n'en est pas à ses premiers exploits ; si l'UMP a déjà ratissé large dans les rangs d'une droite encore plus extrême, en voilà un qui a du carrément se tromper de parti :
"En 2001, deux tas de purin avaient été déversés sur les chemins menant à un campement illégal dont la mairie tentait d'obtenir l'expulsion. Certains riverains avaient assuré que c'était une camionnette de la commune qui avait déposé le lisier. Cette version avait été démentie à l'époque par Michel Habig, qui avait également assuré que la coupure d'un câble électrique alimentant le campement par une tondeuse de la mairie «n'était pas un acte volontaire»."

Apparemment, le parquet de Colmar se réveille, et va faire comparaitre le maire crispé devant le tribunal correctionnel, minimum. "Destruction de biens appartenant à autrui par l'effet d'une substance incendiaire", peut-être 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende.
Sinon, je vais bientôt aller visiter ma famille là-bas, personne n'est pyromane dans le coin ? Y'a de la place pour vous dans la voiture, faut le savoir ! 8)

Et pendant ce temps-là, le photographe Thomas Morfin (journaleux à l'AFP), expose jusqu'au 8 février à la Galerie Artazart, Paris :
"Hip Hop Mon Oeil est le portrait d'une autre scène rap française, résolument novatrice et ouverte aux sonorités électroniques. 30 artistes photographiés entre 2001 et 2005 parmi lesquels La Caution, TTC, Triptik, Birdy Nam Nam, Fuckaloop, James Delleck, Klub Des Loosers..."...
Je sais pas ce que ca vaut, mais sur le papier, ca peut être sympa.


Quoi d'autre ? Plein de bouquins lus, plein de biens, quelques-uns pas terribles, aussi.
Et la grosse séance de rattrapage proposé chaque année par Télérama, aussi, débute demain ; Drine et moi avons bouclé notre programme, à base de "Vie aquatique", "Caché", "Broken Flowers", "Le cauchemar de Darwin"... A 3 euros, ca vaut le coup d'aller (re)voir de bons films.

Et pour ceux qui s'y sont interressés, que dire ? Charcutage de gencive imminent, ca me paraît bien... 8)

Ah ! Et aussi, contrairement à ce que certains m'ont dit par mail, non, la personne au masque, un post plus bas, ce n'est pas moi ! Je suis autrement plus photogénique, merde... 8)

Hop je suis parti.