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12 janvier 2026

Thierry / Barthélémy Schwartz, 1963-2026 🖤

Au mitan des 80's, Barthélémy Schwartz avait concocté Dorénavant, une revue critique et théorique qui avait marqué pas mal de monde en son temps (cf. l'excellent dossier, très riche et instructif, que du9.org lui avait consacré en décembre 2015). Abordant la bande dessinée comme probablement personne ne l'avait fait auparavant, il appliquait une approche mêlant ressenti et poésie, focalisant sur ce qu'il restait d'une lecture plutôt que d'ausculter ses coulisses sous toutes les coutures. C'était un drôle de truc, ça le reste encore.

C'était principalement pour cela que je connaissais son nom, avant de le rencontrer et d'être épaté par sa perpétuelle curiosité et son inébranlable envie de continuer à creuser des voies, à faire que les idées apparaissent et que la friction opère... Ce type de chaudières que l'on est toujours content de croiser dans sa vie, pour tant de raisons : il y a une dizaine d'année, il m'avait gentiment proposé de contribuer à un numéro de L'Échaudée, et je dois avouer que je n'en menais pas large (j'ai refait quinze fois mon papier, aucun ne me convenait, et celui publié n'était probablement pas davantage satisfaisant, ah ah ah).
Ça reste un super souvenir, avec l'accolade de Peter Blegvad qui plus est : un SUPER souvenir, de fait.

Chier.

Pour tracer la transversale qui le caractérisait, je pense évidemment à ce livre un peu fou, Le Rêveur captif, qui relie aspirations surréalistes, souvenirs situ, obsessions culturelles et personnelles, fragments de rêves, avait été évidemment publié à L'Apocalypse, la structure de Jean-Christophe Menu (qui d'autre ?) ; mais aussi à Benjamin Peret, l’astre noir du surréalisme du côté des éditions Libertalia : avec ces deux titres là, on tient déjà une solide piste à creuser.



   

Il faut évidemment également fouiner du côté des différentes parutions chez Ab Irato Éditions, la structure qu'il a co-animé avec Eve Mairot, à qui je pense très fort aujourd'hui (je sais que je ne suis pas le seul), tout comme à JCM, Gérald, LLDM et toutes celles et ceux ayant eu la chance de collaborer avec lui à diverses occasions.

🖤
 Thierry / Barthélémy Schwartz, 1963-2026 🖤

16 mai 2025

Paname express : balade dans le XVIIIème, vernissage Adrian Tomine à la Galerie Martel.

Rapide passage par Paname pour le vernissage de l'exposition Adrian Tomine à la Galerie Martel : il faisait beau et j'ai fait le tour du 18ème en compagnie d'un guide idéal en la personne de l'amigo JCM.
On a contourné ou traversé les sites touristiques déjà assaillis, on a beaucoup marché, on a diggé dans les vieux bouquins, les vieilles revues puis les skeuds évidemment (notamment du côté de La Spirale, rue Tholozé, tenue par Manu Brughera).
Avant et après ces sessions aussi réjouissantes pour mon cœur qu'épuisantes pour mes panards, c'était chouette de refaire le monde avec Laura et lui. C'est chiant d'habiter loin des gens qu'on aime.


(étape eau gazeuse avant d'arpenter l'autre côté de la butte)

(Mon futur lumbago immortalisé par JCM)


Un peu plus tard, on a retrouvé une sacré brochette du côté de la rue Martel, et j'en profite pour placer un merci à Pierre de Garde et à Guillaume Bla, à qui j'ai emprunté quelques-unes des photos suivantes : mon smartphone et moi, on est les pires photographes du monde, je pique donc celles des autres comme le fieffé salaud que je suis.

Comme toujours, je regrette que ces rassemblements un peu mondains se fassent dans l'urgence, le piétinage et la va-vite, mais croiser quelques vieilles connaissances bulledairiennes était cool !
Beaucoup de monde au vernissage, Adrian était disponible et semblait heureux d'être là (avec Sarah, sa très chouette épouse), il m'a semblé (un peu plus tard, le dîner me l'a confirmé). La sélection des œuvres rendait super bien aux murs, ses pièces sont très belles, on le savait mais combien de fois avait-on peu le constater en France, sans avoir besoin de traverser l'Atlantique ? Pas tant que ça ; merci à la Galerie Martel pour cette belle opportunité.

J'ai pu également voir la chouette petite édition des éditions italiennes Sigaretten, "Adrian Tomine/Drawings and questions", qui comporte une petite préface que j'ai eu la joie de signer (et qui apparaît en italien, en anglais et en français, mazette).

Le livre comporte également une belle repro grand format, il comblera les amateurs du dessin de Tomine, en s'attardant sur certains des détails qui font sa qualité.
Il a une bonne tronche :


Il est dispo en VPC ici
, mais je suppose qu'il y en a quelques exemplaires du côté de la Galerie Martel !

Une fois encore, merci à Rina et Simone chez Martel pour leur confiance, et pour le toujours très bel accueil. Je ne doute pas qu'un dîner attablé entre Tomine, Menu, Mattotti et bien d'autres soit déjà un moment à chérir en soi, mais il se trouve que Rina est une reine aux fourneaux, la cuisine italienne au top du top de l'authenticité. Miam, et voilà, rien que d'écrire ça, j'ai faim.



(on se serait crus à une bullerencontre, comme à l'époque)



(merci Laura Park pour la photo !)





 

24 janvier 2024

Grosse clique autour de la table.

 C'était le vernissage de l'expo Daniel Clowes a la Galerie Martel hier, et c'était super. 🔥

L'occasion aussi, après le grand raout, de passer quelques moments privilégiés avec des petits débutants très prometteurs comme Lorenzo Mattotti, Loustal, Sammy Harkham, Laura Park, Jc Menu, Eric Reynolds, Dan Clowes, etc. 😅

L'expo est au top, il a fait beau, le dîner était formidable, et avant ça on même un peu diggé avec l'amigo Menu : en ces périodes reloues, un peu de carburant pour la santé mentale, moi je prends.

Merci mille fois pour la confiance a Rina et Simone de la galerie Martel. 💕

En parlant de santé mentale : pas de festoche d'Angloulêrme cette fois, mais bises et courage à toutes celles et ceux qui y passeront un moment, pour le taf, le plaisir, les potes, ou les trois. 🤐

Ps. Justine Triet (cette meuf super classe), entre quelques nominations aux Oscars, est passée vite fait voir l'un de ses auteurs favoris, d'ou la toph.

 

Diggin' with Jean-Christophe.

Dan Clowes et Justine Triet.




 

22 janvier 2023

Demandez le programme.


Nan mais cette affiche de Julie Doucet, quoi.
Pas peu fier d'avoir contribué à ce que tout ça se fasse, je dois bien l'avouer !

Dans quelques jours, c'est le début du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême. Tout le monde va courir dans tous les sens pour voir un maximum de gens et trouver les plus chouettes bouquins, et j'ajoute ma modeste contribution à la liste de choses à faire/voir/etc :  (edit d'instagrammeur a deux balles : je pensais tagger tout le monde après avoir découpé mon texte, mais on ne peut pas corriger ses propres commentaires sur insta ? Grrr.)

- jeudi 26 janvier à 10h, à l'Auditorium du Conservatoire, une petite présentation par Peter Maresca en proposition satellitaire à l'exposition Couleurs ! proposée par Sonia et Cathia Engelbach  : les origines de la bande dessinée par le fondateur de Sunday Press Books, maison d'édition spécialisée en rééditions patrimoniales maintes fois primées. Le type est un puit de science et surtout un vrai enthousiaste de la chose imprimée.

- jeudi à 14h en grande salle du Théâtre, masterclass de Junji Itô, par Stéphane du Mesnildot qui était aux manettes de l'expo consacrée au très grand japonais.

- jeudi à 17h, au Forum du Nouveau Monde, j'accueille Erik Svetoft, l'auteur suédois du grotesque et dérangeant SPA (L'Employé du moi), où l'on essaiera de comprendre ce qui est le plus perturbant dans son travail d'auteur, de dessinateur, d'animateur et ce qui sépare et rapproche tout cela.

- vendredi à 10h, Xavier Guilbert cuisine le grand mestre argentin Liniers, qui signe depuis plus de vingt ans ce qui est peut-être le strip le plus passionnant de notre époque. A chacun d'y retrouver sa part de Mafalda et de Peanuts, de Calvin & Hobbes ou de Krazy Kat. C'est à l'Auditorium du Conservatoire. Ça va être vachement bien.

- vendredi à 11h, du coté du Quartier BD Ciné Séries (au Cinéma CGR), Guillaume Gwardeath présentera le film dont il est le co-auteur, "Fanzinat, passion et histoires des fanzines en France", qui dure une grosse heure et qui sera suivie d'un petit bla-bla avec Julie Doucet, Jean-Christophe Menu et ma pomme. Je pense qu'on parlera de fanzines, mais je suis pas sûr.

- vendredi à 15h, découvrons "La bouleversante bande dessinée Brésillienne", avec pas mal de monde réuni pour l'occasion : Érico Assis, Marcelo Lelis, Marcello Quintanilha, Rogério de Campos, Luciana Falcon, André Diniz. Tout le monde aura en tête que le dernier Fauve d'Or a été remis en mars dernier à Marcello Quintanilha, qui revient donc avec la moitié du Brésil dans ses bagages.

- vendredi, juste après, à 16h, une rencontre qui s'annonce super entre Sole Otero, Maybelline Skvortzoff & Aroha Travé : des autrices remarquées récemment (pour Otero), très récemment (pour Skvortzoff, et très bientôt (Travé). C'est toujours casse-gueule de réunir des autrices, très vite ça peut donner un truc genre "les femmes dans la bd, gnia gnia nia", mais là on est du trio de choc quand il s'agit d'aborder la chose bande dessinée avec des voix singulières et qui pourtant se retrouvent sur certains points.

- vendredi à 18h30, on parlera de plein de choses et notamment du langage de la bande dessinée et de quelques-uns des ses possibilités avec Benjamin Adam et Martin Panchaud, deux auteurs qui ne rechignent pas à bousculer un peu nos habitudes de lecteurs, de lectrices. Ça sera salle Buñuel à l'Espace Franquin.

- samedi à 10h, on commencera à avoir des poches sous les yeux mais le grand Geof Darrow devrait nous réveiller un peu. Le dessinateur de "Big Guy and Rusty the boy robot" (avec Frank Miller au sénat) ou surtout de la série "Shaolin Cowboy" (désormais disponible chez Futuropolis, avec encore pas mal de choses à venir prochainement) est connu pour ses compositions prodigieuses, et ont donné envie d'arrêter de dessiner à plus d'un.e (ou le contraire, en fait), on parlera de son dessin vertigineux évidemment, mais aussi de l'aspect défoulatoire hardcore présent dans ses violentes critiques de l'Amérique de Trump. La thérapie de groupe sera assurée par Chris Stupnicki et ma pomme, en Salle Nemo, à La Cité.

- samedi à 12h, Forum du Nouveau Monde : on va voir comment relier les travaux de Sophie Guerrive, de Linnea Sterte et de Jens Harder. Quand vous mettez leurs livres les uns à côté des autres, c'est plus cohérent que ça en a l'air ! On va voir ça grâce à Sarah Vuillermoz, qui n'a plus à prouver qu'elle sait relier les choses impeccablement.

- samedi à 14h, on reste chez les cainri, mais direction la côte ouest, le long du grand pacifique, tout ça, avec Jordan Crane et Sammy Harkham, dont les derniers bouquins (sortis respectivement chez Ça et Là/L'employé du moi et Cornélius) sont des achèvements qu'il convenait de saluer correctement. On parlera de leur travail d'auteur, d'éditeur de revues collectives marquantes, et de bien d'autres choses, ça sera Studio Bagouet au Théâtre et c'est Xavier Guilbert (donc il y aura un powerpoint chiadé) et ma pomme (donc il y aura des "euh" dans l'énonciation des questions).

- samedi à 15h puis à 16h, deux rencontres successives autour de l'exposition Worldwide Comics Explosion, dont on s'est occupés avec Sonia Déchamps et Benjamin Route. Sur les dix auteurs et autrices montrées dans l'expo, on aura MS Harkness (USA), Juliana Hyrri (Finlande), Anabel Colazo (Espagne) et Sole Otero (Argentine) à 15h, puis Erlend Hjortland Sandøy (Norvège), Zuzu (Italie) et Pao-Yen Ding (Taïwan) à 16h. C'est à l'Espace Conférences du Pavillon Jeunes Talents.

- samedi à 17h, on va discuter un peu avec Julie Doucet Salle Buñuel à l'Espace Franquin. On montrera des images d'hier et aujourd'hui, on essaiera de parler de plein de trucs mais ça sera chouette si le public mettait la main à la patte après notre blabla : venez nombreuses et nombreux, c'est le moment de tout savoir sur l'œuvre de l'ultra chouette Julie.

- samedi, salle Nemo, 18h, un moment avec Derf Backderf, animé par Vincent Brunner. Honoré par une belle expo au dernier festival Quai des Bulles qui a été plus réactif que d'autres pour célébrer le bonhomme, ce devrait être un chouette moment où plutôt que de focaliser sur la version Netflix de Dahmer, on pourrit en profiter pour saluer aussi le très beau travail d'investigation et de reconstruction historique réalisé pour "Kent State".

- dimanche à 11h, direction salle Nemo pour une dose de bande dessinée québécoise avec Julie Doucet mais aussi Obom, Julie Delporte, Marc Tessier, Siris... Maël Rannou aux commandes, qui va probablement apprendre des choses sur la bande dessinée québécoise aux québécois, avant de payer sa tournée de poutine géante.

- dimanche à 12h, l'immense Cardon discutera avec Philippe Poutou, et c'est Lucie Servin qui modérera tout ça : une sorte d'anti-messe dominicale, pour bien amorcer la redescente de ce festival, ça devrait être pas mal du tout.

Bon allez, zou.
Je suis pas mécontent de cette prog pondue principalement avec Sonia, on a fait ce qu'on a pu, et c'est pas peu dire. On espère surtout que le plus grand nombre s'y retrouvera.

Ah oui et sinon : prévoyez d'avoir une piécette de 2 € dans vos poches durant ce festival. Je dis ça, je dis rien.

13 février 2015

Clark Gaybeul Deux Point Zéro.

Etant môme, la découverte de Fluide Glacial m'a brutalement extirpé de mon obsession pour les comics de super héros, qui succédait elle même à mon obnubilation du Journal de Mickey. Ce genre de découvertes a influencé beaucoup de choses, puisqu'à plus de quarante balais, cette saloperie de bande dessinée prend beaucoup, beaucoup de place dans ma vie.
Alors lorsque ma tronche est dans le dernier Fluide, sous la plume de monsieur Jean-Christophe Menu, non seulement je suis ému comme au premier jour, mais en plus je suis fier comme un paon.
C'était mon quart d'heure de gloire, cette fois je vous fiche la paix.

[lire le numéro de février 2015 du magazine Fluide Glacial pour comprendre de quoi il retourne]