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18 mai 2006

JURA, POTES, ARRIVAGES POSTAUX

Vite fait, parce que même au plus profond de mes petites vacances, mon petit blog me manque, quelques trucs en vrac, mais vite fait, hein. En vacances depuis samedi dernier, donc, et je dois bien admettre qu'à part me vautrer dans un fauteuil en attendant la fin de pluie, un bouquin à la main, j'ai pas foutu grand chose, à part pousser quelques disques sur les platines.
Une migraine ophtalmique et quelques crampes de doigt plus tard...

Reçu pas mal de trucs : le nouveau Derapage Comix (déjà le 3ème, mazette que sont productifs ces deux espèces de belges que sont Dampremy Jack et Marshall Joe !), une tripotée du "Liltrip Polychrome", ouvrage à quatre mains, quelques bombes de peinture et un objectif d'appareil photo, et signé Akroe et Krsn.
En parlant des deux meussieurs, c'est donc confirmé (le fly arrive et sera posté avant la semaine prochaine) :
Vendredi 9 juin 2006, Akroe & Krsn à la librairie pour une rencontre-dédicace de "Liltrip polychrome".
Le soir, les oreilles saigneront du côté de l'Asylum (Besançon, à deux pas de la lib), avec dj Rokea, Krsn, Feetwan et moi-même, avec en very specheul guest, monsieur Tacteel. Ca devrait être une grosse grosse soirée. Viendez nombreux.

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Je rangerais mon bureau si je veux.

Mardi 16, tracé très tôt dans le Jura pour une journée famille. Après une matinée avec mon frère, Drine me rejoint et on passe l'après-midi chez ma soeur et mon beauf, à jouer notamment aux cartes Marvel avec mon petit neveu de bientôt 5 ans, impec... Arès ça, retrouvé quelques potes (Elise, Alcor, Tom db, et Dude) pour une soirée bien tranquille, terrasse, puis restau, puis squatt et discussion quelque part au centre d'une ville aussi morte qu'elle l'était lorsque nous l'avons quasiment tous quitté, tous les bars étant bien évidemment fermés...
Et hop, le blog se transforme momentanément en photoblog...

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Trois gros nases, hin hin hin.

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Tom et Elise.

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Dole de nuit, part.1

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Dole de nuit, part.2

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Jura reprazent, part. 546846984.

Après tout ça, retour chez la frangine et retour sur besançon le mercredi.
A retenir de ces 2 derniers jours :
- le chien de mon frangin est une vraie débroussailleuse poilue,
- mon petit neveu kiffe Octopus, la Chose et Hulk, mais n'aime ni Wolverine, ni Spider-Man, ni Angel... C'est plus ce que c'était, hein...
- cette maudite ville de Dole est donc plus morte que jamais,
- Dude est un vrai seigneur, gloire à lui, allelluia tout ça. Ca se paiera mercredi prochain... Hopefully.

Pas trop le temps de poster, disais-je, même pas pour checker les disques qui trainent devant les platines.
Hop, qu'à cela ne tienne, dans le cadre d'un projet en cours, j'ai remis la main sur pas mal de vieilles saloperies...
Voilà une playlist datant de 9 ans, à quelques jours près :

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Allez, zou, bientôt encore des conneries ici, ou ailleurs.
Ou pas, et ca sera peut-être pas plus mal.

4 février 2006

"CASH !", PAM SAID.

Tout petit week-end, avec plein d'heures de sommeil en retard récupérées, et pas grand chose d'autre.Avant de taper ces mots, je me suis laissé absorber par une séance de légumisation devant France 2 qui diffusait "Jackie Brown" de Tarantino. Je n'avais pas revu ce film depuis sa sortie, et même si j'adore la plupart des films du bonhomme, je crois que celui-ci est le plus réussi, le plus maitrisé, probablement le plus fin, le moins easy-heavy, aussi. Et puis putain, malgré la VF, quelle putain de BO... Je me souvenais pas qu'il y avait autant de pépites, autant d'hymnes extirpés dans "JB" ; rien que pour l'OST, déjà, c'est un putain de bon film.

=> Vendredi soir, vernissage de l'expo Berth : Nancy, Bob la Route (si, si) et moi-même bravant le froid pour jeter un oeil à cette rétrospective du monsieur ; arrivés trop tard pour s'envoyer les canapés au foie gras du coin, on se contente de commenter la triste actualité, celle qui concerne "l'affaire des caricatures", comme il semble convenir de la nommer ces derniers jours.

BertQuelTalent

/edit :
Non, ce n'est pas le cousin Machin from the Adams Family ! Bert et sa sensuelle épaule, Bob la Loutre de dos, moi, Nancy.

On pourrait déblatérer des heures sur ce sujet, et d'autres le font bien mieux que moi, mais bon :
- non, il n'aurait pas fallu publier ces dessins, non pas parce qu'ils auraient pu blesser qui que ce soit, mais simplement parce qu'ils étaient mauvais.
- oui, on doit publier ce genre de trucs : priver l'expression, quelle qu'elle soit, de tout ou partie de ce qu'elle est, revient à l'annihiler, purement et simplement. Cela s'appele la liberté d'expression, et la question subite (qui revient, ceci dit, par cycles ponctuels) semble être : "Est-elle acceptable ?", ou, de manière plus directe : "Faut-il censurer la censure ?".
Ben ouais, enfin, il me semble. Pour les échanges parfois constructifs qu'elle peut génerer (même si sur ce coup, ca semble mal parti).
Parce que d'après le coran (et d'après ce que j'en ai compris, et merci à Nassim pour la conversation), la représentation du prophète ne peut être proposée par un homme : peut-on donc imaginer que le fait de reconnaître une représentation serait réfuter les écrits ? C'est pas un peu paradoxal, ça ?
Parce qu'un film qui fait brûler les cinémas ou un dessin qui fait crâmer les ambassades, c'est pareil, c'est faire tout ce qu'il faut pour conserver le triste écart entre les peuples, entre les confessions. La provocation n'existe que si on la reconnait, c'est pas toujours facile de se contenir quand on se sent heurté, mais il faudrait aussi que la communauté feuj' foute le feu à toutes les ambassades françaises à travers le monde : la France n'est-il pas le pays ou parait sans opposition aucune "Minute", un torchon qui ne se prive pas d'exposer un ton quasi-nostalgique d'une certaine époque ou il ne fallait pas bon se réclamer du judaïsme. Ah ouais, j'imagine bien que la France n'est pas le seul pays à publier ce genre de merdes : elle est où, là, la censure ?

L'église catholique a t'elle moins tiqué sur les "attaques" qu'elle a pu se prendre dans la gueule depuis des décennies ? Encore récemment sur les affaires des curés pédophiles, notamment, elle a plié le dos, parce que c'était la meilleure chose à faire. Ne peut-on considérer une satire, un allumage en régle des terroristes musulmans (qui représentent une partie infime des musulmans) au même titre qu'une satire des curés pédophiles (qui représentent une partie infime des curés) ?
Parfois, j'aimerais avoir la foi, celle des croyants ; la fascination que peuvent exercer sur moi des zozos prêts à crâmer des trucs au nom de leurs écrits divins, ca me sidère, et c'est valable autant pour ceux qui parle à Dieu avant chaque repas (au nom du père, du fils, et du... mais ou est le dessert ?), que pour ceux qui le passent dans un ordre précis (ne va pas bouffer ton produit laitier pendant le repas, malheureux), bref. Et puis j'y réfléchis un peu, et je me dis, qu'en fait, non, ca va comme ça, merci. 8)

Croyants de tout bord, foutez-vous de ma gueule de non-croyant, je vous jure que je n'irais pas brûler vos bicoques, que je ne boycotterais pas les produits de vos pays pour autant. Ils sont raisons, les défenseurs des caricaturistes, ca manque d'un peu de légéreté, tout ça. On croirait davantage à la spiritualité des gens, s'ils n'étaient pas aussi proches des basses considérations humoristiques d'une poignée d'artistes. Ca relève d'un gros fossé culturel, probablement ; et d'un peu de compréhension, je sais pas...
Bref.

=> "Pourquoi j'ai du mal avec Futuropobis, part.427"
Ca ressemblerait à de l'acharnement que j'en aurais pas grand chose à foutre, mais les faits sont là, jamais depuis que j'ai fait ce métier on m'a fait ce coup-là : alors que je bossais les commandes de ce décidément fort noble éditeur, il est apparu qu'il était "impossible" de commander une floppée de nouveaux titres ("Après la guerre #1" de Brunschwig, Martin et Jouvray, "Guerres civiles #1" de Morvan, Ricard, Gaultier et Galopin, "L'idole dans la bombe #1" de Presle, Jouvray et Jouvray, "Le monde de Lucie #1" de Kris, Martinez et Thomas, soit l'intégralité de la nouvelle collection baptisée "32") au quantités souhaitées par le libraire.

Ces séries sont disponibles uniquement par pack de 10 exemplaires chacun ; "Oui, mais y'a un super joli présentoir qui va avec". Chouette alors.
Futuropobis est mis en place par la force de vente de Delsol (soit le réseau de diffusion de Delcourt et Soleil utilisant Hachette), pourtant pas des exemples d'humilité dans le marketting ("...Mais tu y es pas, coco, on est au 21ème siècle, c'est dent pour dent, faut rentrer dedans pour survivre..." me répondra-t'on), et malgré cela, ils arrivent avec des régles supplémentaires qu'ils veulent imposer, et c'est comme ça, c'est tout ?
Le libraire naîf et sinçèrement de bonne volonté :
"Mais je peux pas choisir mes quantités ? J'ai envie de lire (et j'espère de défendre) le "Guerres civiles", signés par des auteurs dont j'aime assez le boulot ? Au vu des quelques pages montrées dans la brochure de promotion de la collection "32" (et qui, si on en croit Futuropobis, relève d'une idée aussi ébouriffante qu'inédite, celle de proposer des 32 pages "pas chers", sur un rythme assez soutenu, un peu dans l'esprit comics, couverture souple mais grand format, bref, tout un concept complètement innovateur et super osé, quoi), j'ai pas spécialement un bon feeling avec "Le monde de Lucie", notamment...
- Ben nan, c'est les packs de 10, voilà.
- Mais je veux bien prendre une dizaine de titres de ceux dont j'attend quelque chose, mais moins des autres et...
- Nan nan, c'est 10 de chaque, minimum, ou rien.
- Ah ouais ? Ben ca sera rien, alors."


Ouais, mais voilà : nous autres libraires, on joue pas le jeu, hein, du coup, on est pas sympas avec le boulot effectué par les auteurs, puis c'est priver le lectorat de titres formidables et accessibles, et puis...
Avril, c'est pas le mois ou les libraires ont des masses de pognon à investir dans des quantités de sorties superflues (les quantités, hein).
Et Avril, c'est le mois ou Delcourt propose 27 nouveaux titres, et Soleil 16.
Alors voilà : chers auteurs, désolé, nous n'aurons pas vos bouquins à la mise en place, c'est très con, mais c'est comme ça.
J'étais pas libraire du temps de Futuropolis, mais j'ai peine à croire que chez tous les libraires il y avait des dizaines de leurs titres.
Ah je suis trop con, j'oubliais que "l'industrie de la bédé à changé, coco".
Soit.


=> Ces derniers jours, quelques lectures :
- "Pigeon", de Dampremy Jack et Marshall Joe :
le second "Dérapage comix" des 2 zozos belges me semble un poil en deçà du premier, non pas dans les idées (toujours aussi hautement bien débalées), mais dans la forme ; il n'en reste pas moins un truc à lire absolument, parce que joli petit objet pas reuch (3 euros msieurdame), et surtout parce que ca demeure un des chouettes trucs micro-auto-édité à ne pas louper. Bien joué les garçons.

- "Donjon Monster #10, des soldats d'honneur" de Trondheim, Sfar et Bézian (Delcourt) :
Tout a été dit sur ce nouveau Donjon ; Bézian, c'est tout simplement beau, oui, son noir et blanc se suffit à lui-même, mais oui aussi, la colorisation de Walter est magnifique. Le parti pris narratif peut surprendre, mais convient parfaitement au récit. Un chouette Donjon, avec ses grands moments solennels et de plus en plus souvent glauques, et ses pointes d'absurde débile, un Donjon quoi.

- Le one-shot "Spirou" de Yoann et Vehlman (Dupuis) fût une lecture plaisante, sans plus ; les deux auteurs ont fait mieux ailleurs, avant, autrement, mais s'accapparer ce genre d'univers, c'est quand même pas fastoche-fastoche ; et c'est quand même autrement plus savoureux que les aventures pleines d'action et de "sbing" de Morvan et Munueira. Bon, je suis pas non plus un gros spécialiste de Spirou, je suis probablement donc pas le meilleur placé pour critiquer ce bouquin.

- "Muerto Kid" de Felder et Cizo (Requins Marteaux) :
J'ai été vachement moins enthousiaste que je ne le fus à la lecture de planches ponctuelles parues dans Ferraille mag ; je reste un gros fan de ce personnage, mais paradoxalement, je crois que le format album ne lui rend peut-être pas service. Il y a quelques grand moments, mais dans l'ensemble, je suis moins enthousiaste que je n'aurais voulu l'être. Ca reste un bon moment d'humour typiquement punkoïde proposé par les Requins ou F.

- "Bleu transparent" de Suzuki (Seuil) :
Ne jamais écouter les potes qui parlent d'"un auteur à la Tsuge", expression probablement rapportée d'un mauvais Chronic'Art (hum) : je suis passé complètement à côté de ce bouquin que j'attendais donc, fatalement, pensez : Tsuge, merde ! Ben nan, rien à voir, hein.

- "JLA : Le clou" d'Alan Davis (DC):
Je me suis refait un bon paquet des "New teen Titans" de la bonne époque (Wolfman et Perez, notamment, genre il y a... 20 ans ? Gasp) il y a quelques jours... Ben j'aurais pas du enchainer avec du DC contemporain : je me suis fait chhhhiiiiiieeeer, sévère.

- "Catwoman (Rome)" de Loeb et Sale (Panini) :
A l'image du titre précédent, je suis encore à la recherche d'une histoire potable : chouettes pages de Tim Sale, si on aime le zozo, on en a pour son argent, mais l'histoire, merde... Loeb, il est temps de prendre des vacances, mon gars.

- "Dan & Larry" de Dave Cooper (Seuil) :
Bonne traduction d'un bouquin agréable de Cooper, mais clairement pas son meilleur. Une nouvelle incursion cependant dans l'univers pessimiste et totalement désenchanté d'un auteur incontournable de ces années ; et une nouvelle preuve d'un talent graphique indéniable, il me semble, proposant un bestiaire trash aux moeurs carrément glaques.

- "Le monde change trop vite" d'Ibn Al Rabin (Le Groinge) :
Voilà ce que c'est d'attendre un nouveau titre d'un de mes auteurs favoris (et pour cause, tous ses bouquins m'ont emballé, au bas mot) ; du coup, cette petite fable adaptée d'une impro née lors d'une sessions de la fabrique de fanzine m'a semblé très agréable, très fantaisiste (voilà un joli pléonasme : le fantaisiste Ibn Al Rabin...), mais moins emballante que je ne l'aurais souhaité, là aussi.
Attention, ca reste du Ibn Al Rabin ; c'est donc dans des sphères autrement moins exigues que la plupart de ses contemporains des scènes indé-alter-micro-machin.

- "Pupshaw, Frank and Pushpaw : the lute string" de Jim Woodring (PressPop Gallery) :
ma meilleure lecture de ces dernières semaines, tout simplement. Alors que Pupshaw et Pushpaw séchent le jardinage demandé par Frank, ils finissent par rencontrer une énième créature complètement barrée (eh, on est dans le bestiaire de Woodring, rien d'étonnant, hein) qui va les vite les "téléporter" dans une dimension parallèlle, peuplée d'encore plus étranges créatures... Il faut le lire pour le comprendre.
Woodring s'en donne à coeur joie : une grosse injection d'imagerie du folklore indien est plus palpable que jamais, et le petit format carré du bouquin lui permet d'étaler sa narration géniale sur des demi pages largeur de toute beauté.
Son encrage est plus chouette que jamais, et pour une fois, les moments simplement drôles occultent la teneur souvent dramatique et les ressorts toujours glauques de ses histoires habituelles ; et on encore droit à des putains de transformation de la part des 2 bestioles, à ne pas manquer...
A noter que ce sont les japonais de PressPop Gallery qui sont aux manettes de la réalisation de ce bouquin, Woodring délaissant Fantagraphics un temps, pour s'aventurer à Tokyo ou il possède une réelle horde de fans.
J'aurais l'occasion d'y revenir, notamment pour parler du DVD "Visions of Frank" sorti chez PressPop toujours, et qui compile 7 petits courts- métrages réalisés par autant de réalisateurs nippons qui tous, à leur manière (animation générée par ordi, découpage/collage, montage 30 images/minute, vitrographie, toutes les méthodes y passent), rendent hommage aux personnages de Woodring, et avec une bande son terrible, et autant de bonus tracks. Incroyable !

- "The clouds above" de Jordan Crane (Fantagraphics) :
Une jolie petite histoie muette ; un bouquin qui vaut surtout pour son joli petit côté objet. L'histoire racontée par Crane, elle, ne m'a guère marqué.

- "Schizo #4" d'Ivan Brunetti (Fantagraphics) :
Sur un format qui donnerait des envies de suicide aux gens de BDGest, Brunetti explore ses sujets favoris, et s'essaie à différents modes d'exploration graphique, souvent très inspirés ; on reste dans la tonalité habituelle de Brunetti, ca gromelle, ca grogne, ca s'appitoie, tout ça sur le mode Brunettien qui est tellement charmant qu'on lui pardonne son apparent côté limite pénible... Encore un auteur à traduire d'urgence !

- "Malinky Robot #2 : bicycle" de Sonny Liew (Slave Labor Graphics) :
Sur un coup de tête (la couv' avait l'air chouette), commandé et... Chouette surprise : un petit comics de 24 pages, petit format, avec une base d'histoire distillée sur plusieurs techniques, graphiquement comme narrativement ; on est pas dans la pure expérimentation, mais on secoue un peu les principes de base et au final, voilà un auteur plébiscité par des gens comme Mazzucchelli, rien que ça ! Rafraichissant et suepr sympa.

- "Sexy Chix, anthology of women cartoonists" (Dark Horse) :
Un super album avec plein de meufs à gros nichons.
Nan, je déconne, ils s'agit là d'une anthologie d'une centaine de pages dans lesquelles vont s'epxrimer uniquement des femmes, de tout âge, de tout style. Je noterais principalement les participations de Jill Thompson, de Gail Simone et Rebecca Woods ("True tales from the shampoo bowl", histoire ok, mais joli encrage), de Colleen Coover (l'auteur de "Small favors"), de Meghan Kinder ("An admission", simplement juste et magnifiquement mis en place, mais qui avair été déjà publiée dans le très bon petit collectif "Senses : sequential art anthology" dont j'ai parlé il y a quelques semaines), et de Joyce Carol Oates (la très populaire auteur de nombreux romans, entre autres) et Laurenn McCubbin (qu'on a vu dans "Rent Girl" chez Last Gasp, aux côtés de Warren Ellis pour "Quit city", chez BoingBoing et derrière le très bon "XXX Livenudegirls") qui signent le très dur "Don't you trust me ?", sacrément bien vu. A boire et à manger, mais le bon est vraiment bon ; tiens, il faudrait que j'aille me coucher, moi.

- "New Recruits" (Dark Horse) :
A l'image du collectif précédent, du bon et du moins bon, même si le tout reste d'excellente facture ; 6 histoires, avec des talents bien diversifiés aux contrôles : le très cartoony anglais I.N.J Culbard propose un truc à l'ambiance victorienne très joli (scénar un poil moyen), le brésilien RHS réalise un melting-pot de techniques et un rythme narratif inventif et plutot pas mal, et Jacob Chabot balance une histoire bargeote et très drôle, un mec à suivre ; le reste est sympa maispas à tomber par terre. Mais sympa. Mais pas à tomber par terre. Mais sympa.

- "Lointain" de Claude Desmedt (L'employé du moi) :
Si on oublie le dessin fortement inspiré par Larcenet, qui m'a carrément gêné sur les premières pages, on se laisse vite aller à un récit muet, implacable et très bien narré ; seul problème, ca commence tellement trashy qu'on ne peut-être que désapointé par le dernier quart de l'histoire, qui finit plutot bien, et qui, du coup casse les espérances d'un truc glauque assumé jusqu'au bout. "Lointain" reste une lecture agréable, servi par une narration relativement efficace, mais qui n'efface pas la grosse influence graphique trop palpable.

- "L'amour au dernier regard" de Marko Turunen (Frémok) :
Que dire ? Les amateurs de Turunen seront ravis de cette réédition (en bichro), les autres auront du mal. Moi j'ai adoré, même si ce n'était pas mon favori.

- "Le sabre et l'épée #1 : la yesha" de Chauvel, Boivin et Araldi (Delcourt) :
Attendez, c'est vraiment le même dessinateur qui avait fait "Lili & Winker" avec le même Chauvel ? Ben dites-donc... C'est autrement moins personnel, c'est bien dommage ; action, aventure, un brin de fantastique, ca tourne bien, ca en fait un divertissement correct pour les soirs de fatigue.

- "Ferraille #27" (Requins Marteaux) :
Un pavé terrible, qu'on avait attendu, et ca en valait la peine : 180 pages, avec Sara Varon (pas d'inédit), Ruppert & Mulot qui continuent leur trip halluciné d'une violence presqu'inédite (et plus Easton-Ellissienne que jamais sur la seconde histoire), Lindingre très très con comme on aime (Lindingre qu'on retrouve dans le dernier Polystyrène), Trondheim pour des pages assez critiques qui avaient été commandées par Télérama, sans être publiées par ce journal (on peut comprendre pourquoi), le très bon Vandermeulen plus drôle que jamais, l'auteur de "Kinky et Cosy", Nix, en pleine forme, du "Dickie" de Pieter de Poortere plus poilant que jamais, Bouzard en décérébré total bien marrant, Blutch (en mode Petit Christian) sur 3 pages (sans plus), Seb Lumineau en grande forme, Debeurme en sordide habituel (mais magnifique)... Plus que jamais, donner votre pognon à Franky, il en vaut la peine.

- "Le retour de l'éléphant" de Paul Hornschemeier (Actes Sud) :
Etait-ce une bonne idée de mêler les pages des "Forlorn funnies" de Hornschemeier avec son récit-titre, parus à l'origine dans pas moins de 3 ouvrages différents ? Actes Sud a cru bon de nous proposer une grose dose du prolixe de Chicago, mais je doute de la pertinence du truc. Au final, on se retrouve avec une somme de choses (des très bonnes comme des moyennement réussies) qui n'ont pas grand chose à voir les unes avec les autres. Ceci étant dit, en considérant le bouquin comme un panorama de l'oeuvre récente du monsieur, on peut apprécier le bouquin, surtout, donc, pour une des histoires les plus insoutenables de ces dernières années, celle qui clôt ce livre qui porte son titre.

- "Le photographe #3" de Guibert, Lefèvre et Lemercier (Dupuis) :
Suite et fin. Toujours aussi fortiche, toujours aussi bluffant, toujours aussi réussi ; rien à redire, belle fin d'une série de bouquins qui méritent leur succès.

- "Demi-course et casquette Motul #1 : petit plateau" de Christophe Gaultier (Dupuis) :
première impression en refermant le bouquin : ce genre de récits autobiographiques, nous sommes désormais habtiués à les lire sur des paginations supérieures ; du coup, petite frustration en refermant le bouquin, tellement c'était tout simplement bon de le lire.
Toujours le superbe trait de Gaultier, qui de plus en plus s'éloigne de ses influences pour partir dans un style de plus en plus maitrisé, limpide, et qui sert son découpage, tout ça pour proposer une lecture rythmée, et pleine de bonnes choses. Le contenu, maintenant ? Ben l'humour très particulier de l'auteur, dans lequel je me retrouve à 200% (pas l'auteur, hein, l'humour), utilisé pour une collection de petits récits, remontant à l'enfance. Une suite de souvenirs tantôt acides, tantôt touchants, parfois très cons, et toujours réussis.
Des détails de souvenirs apparemment digérés, assimilés, et, malheureusement, oubliés pour la plupart du temps, se réveillent, et on ne peut qu'être touchés par ce super premier libre en solo. Entre jolie poésie naïve (mais pas niaiseuse pour autant) et franche poilade, à lire et offrir.

- "Les aventures de MégaMonsieur #1: l'attaque des ploutes" par Martin Desbats (Onomatopées) :
C'était le dernier des 6 titres sortis simultanément dans cette nouvelle collection de bandes dessinées proposées par l'éditeur Lito, et probablement l'un des meilleurs (j'ai évoqué les autres dans un post il y a quelques semaines). Déjanté et super fantaisiste, Mégamonsieur est un super-héros en devenir, enfanté par la ville, et qui tachera de sortir son environnement du guépier dans lequel il s'est fourré. Riche en symbolique à tendance "critique de la société de consommation", ce premier bouquin (je crois ?) est un petit pamphlet délirant et moins léger qu'il n'en a l'air, idéal à lire avec son neveu de 5 ans sur les genoux. Et après, on lui enlève le bouquin des pattes et on le garde.

A venir prochainement, des tonnes de trucs, mais surtout :
- la traduction française de "Gloomcookie" de Serena Valentino et Ted Naifeh, chez Akiléos.
- "Petites hontes enfantines" de Laureline Mattiussi, à la Boite a bulles.
- "Ice Cream" de Anthony Pastor, à L'an 2.
- "Popbot #2" ou "Lore" d'Ashley Wood, chez Carabas, normalement d'ici 2012. Quoique, ils préférent nous sortir du "Winx club", chez Carabas.
- "Le mois de Dolph : octobre 2005", de Dolph, au Groinge.
- "Le champ cardiaque" de Blanquet et Jeanne (Requins Marteaux).
- "Prisionnière de l'armée rouge" de Romain Slocombe, enfin une réédition ? Au Lézard Noir.
- "La putain P." de Anke Feuchtenberger se retrouve au Frémok.
- "Mongo le magnifique #2" de Bollée d'après Chesbro (EP).
- "20th century boys #19" d'Urasawa (Génération comics).
- "Kinky et Cosy #2 : rincez-moi, svp" de Nix (Le lombard).
- "La maison qui pue #5", chez les mêmes.
- "La frontière #2 : in dog we trust", chez Glénat, pour les 48 pages de pure poilade que cela promet (les 3 acheteurs du premier tome me comprendront).
- Qu'est-ce que ce pauvre dj Hide est allé foutre hors de son Shibuya pour se retrouver dans cette aventure bien foireuse qu'est l'OuMuPo ?
- "OVNI" de Trondheim et Parme (Delcourt).
- "Doraemon" ? LE Doraemon débarquerait chez Kana en avril ? Terrible ! 8)
- "Veuve poignet" de Greg Shaw (La 5ème couche).
- "Black #4" (Vertige Graphic).
- "Jules #5" d'Emile Bravo (Dargaud).
- "L'école de la misère" d'Yvan Alagbé (Frémok).
- "J'ai tué Géronimo" de Loo Hui Phang et Cédric Manche, chez Atrabile.
- "Waraba #1" de Jouvray et Kalonji (Vents d'Ouest).
- "Charge" de Baladi et Ghostape (La Cafetière).
- "La guilde de la mer" de Nancy Pena, à la Boite a bulles.
- 6 nouvelles "Pattes de mouche" à L'asso (dont Baladi, Killofer et Rupert/Mulot).
- L'Eprouvette #1, à L'Asso.

Et surtout, surtout :
- "Ganges" puis "Malédictions" de Kevin Huizenga, et "Trois histoires" de Sammy Harkham (Vertige Graphic) : 2 auteurs incontournables de la nouvelle scène ricaine, deux talents différents mais qu'il faut lire ; décidément, Vertige Graphic propose de plus en plus de bonnes choses.

- "Lupus #4" de Frederik Peeters, chez Atrabile : la conclusion de la meilleure série francophone de ces dernières années, signé par le fabuleux Frederik Peeters, met un terme à une aventure qui restera dans les annales de la bande dessinée dès lors que les retardataires s'y seront collés (uh uh uh) (et avec des tout petits morceaux de bisontine dedans, aussi).

- "Tue-moi à en crever" de David Lapham (Delcourt), serait l'occasion d'honorer ENFIN ce génial auteur, avec une traduction de sa micro-série "Murder me dead" parue il y a 6 ou 7 ans, tandis que "Stray Bullets", l'une des meilleures séries débutées au milieu des 90's, continue de paraitre dans un désert médiatique tout simplement lamentable ; 2 éditeurs français s'y étaient collés, sans succès. La France est-elle prête pour David Lapham ? Rien n'est moins sûr.

- "En route pour Seattle" de Peter Bagge (Rackham) : n'aurait-il pas fallu éditer le très bon Bagge plus tôt ? Le public se retrouvera t'il dans cet univers très connoté early 90's ? Combien de fois se mangera t-on le mot "bd grunge" pour parler de cette série très drôle que pouvait être "Hate" ?


On Air on radiojUne :
- Enoooooooooooorme, la reprise du "Close to me" de The Cure par la fabuleuse Pyeng Threadgill.
La plus belle chanson de ce début d'année est une reprise, c'est pas de ma faute ; et son second album tout frais, "Of the air", est son premier réel album personnel, et je n'espère qu'une chose, c'est qu'elle poursuive dans cette voie, parce que bordel, c'est tout simplement super beau. Il y a autant de post-pop que de 22st century soul là-dedans, le tout dans une grosse marmite jazz qui chauffe tout doucement... Je rêve de la voir en live, il parait que ca défouraille.
- Toujours Mike boo "dunhill drone commitee", englué dans du bon gros post-abstract qui défouraille.
- Id & sleeper, moi qui ne pensais plus être enthousiasmé par Anticon, voilà une grosse Musherie qui va rester.
- le morceau que Keiichi Kitahara a composé pour un des court-métrage qui composent "Visions of Frank" (PressPop).
- Masada String Trio, pfffff Zorn il fait ce qu'il veut, ca le fait toujours, ca devient pénible à la fin.

Hop je suis plus là, zou

3 janvier 2006

2006, PREMIERE.

D'année en année, je passe la période de fête avec de moins en moins d'enthousiasme, mais cette année, c'est record battu ; ce qui me fait moins me sentir seul, c'est qu'autour de moi, j'ai pas l'impression que ca soit la folie non plus ? Bref, voilà une bonne chose de faite.
Et comme la vie est bien faite, donc, j'ai eu pas mal de nouveau dans ma petite vie ces dernieres semaines, assez en tout cas pour décider de m'imposer ce qui ressemble fort à des résolutions... La première étant de mettre un peu d'ordre dans mon emploi du temps, et d'essayer de réussir là ou j'ai toujours chié à Tetris : embriquer les horaires les uns dans les autres, optimiser (on dirait un gars du marketting...) mon agenda, etc ; ca va passer par quelques choix, qui ne sont pas si hardcore que ça : prendre de la distance avec certains aspirateurs de temps sur le net (2 forums, notamment), et entreprendre une thérapie de préparation psychologique au sevrage à une (presqu')addiction télévisuelle (un vrai fléau).
Du coup, je serais peut-être un plus productif sur des trucs qui me tiennent plus à coeur que d'autres...

Vous me direz "Ju, on s'en fout", et vous aurez bien raison.
Le blog, par contre, reste un truc qui me motive encore assez ; allez savoir pourquoi... 8)

==> L'affaire du Siècle tome cinq numéro 11 sera dans toutes les bonnes crémeries courant de cette semaine ;
/edit : et normalement, il arrivera jusqu'aux parisiens, par le biais d'une bonne grosse librairie histoooorique située pas loin de Beaubourg (c'était un putain d'indice, hein !), dans la dizaine de jours... Bon, y'en aura pas 10 mille, hein !

Au sommaire, la bande habituelle, et de nouveaux contributeurs : le talentueux Suisse José Roosevelt d'une part (que je ne présenterais pas : allez donc pleurer sur son site en constatant par vous-même -si ce n'est déjà fait-, l'étendue des capacités du monsieur), et le tandem Dampremy Jack et Marshall Joe, deux zozos dont on devrait bientôt entendre parler davantage, et qui font honneur à la création belge, bordel de merde.
L'affaire s'internationalise ! La domination du monde est pour demain. Editions Dupuis, éditions Glénat, éditions Dargaud, tremblez, L'affaire arrive !

encore des belges futurs pontes de l'édition.

Concernant Dampremy Jack et Marshall Joe, "Black and Yellow" est le premier exemplaire d'une série qu'on espère longue (et qui serait bimestrielle), intitulée "Dérapa§e Comix", "20 pages noir & blanc de conneries pur jus sur un magnifique papier rose pute et couverture en bichro", dixit les auteurs... Si vous aimez le frais, la surprise graphique, Bruce Lee, l'absurde, la liberté de ton, et le metal (le courant musical, hein), tout ça jeté dans un grand shaker belge et oublié au frigo trop longtemps, alors "Black and Yellow" est pour vous.


==> Il y a de nombreuses raisons (historiques ou autre) à ce que l'auditeur français un minimum curieux trouve de quoi se satisfaire davantage dans la culture musicale anglosaxonne que dans sa propre contrée.
J'ai acheté un disque (un cd, eh oui) qui me prouve, par sa propre existence, une nouvelle fois sans équivoque que l'angleterre, pour rester dans des régions proches, n'a jamais été "inquiétée", ces dernières décennies, par les propositions françaises, ou, pour être plus précis, par l'absence d'options proposées par le paysage radiophonique français, notamment ; bon, il y a de rares tranches horaires occupées par de rares défricheurs, ok. Mais si on oublie Lenoir (qui n'est pas toujours non plus au top de la fraîcheur et de l'exploration, je crois) et quelques radios associatives émettant sur 800 mètres, on arrive difficilement à la cheville de ce qu'on peut chopper outre-Manche, c'est pas un scoop ; ok, ok, y'a le podcast, ok ; mais je cause de programmations nationales, là, et de programmes audacieux.
On me sortira l'épisode des radios libres, de l'explosion de la FM, je citerais les radios pirates, notamment londoniennes, qui furent légion et qui occupèrent longtemps une place très importante et autrement plus conséquente dans l'oreille anglaise moyenne. Attention, je ne fais pas de procès aux radios françaises : après tout, grâce à internet, notamment, on peut arrêter d'attendre je ne sais quoi, et se sustenter selon son choix, et passer à autre chose, après tout.

Putain il a plein de potes, Peterson...

Alors ceux qui me connaissent pousseront un énième soupir lorsque je vais me mettre à ressasser tout le bien que je pense de Gilles Peterson, malgré une étiquette, chez nous, de pseudo hype, tendance lounge-cosy-voire trendy, alors que le mec mérite quand même mieux que cette éternelle image de pousseur de galettes downtempo autrichiennes, ou de créateur de tendances qui dureront au moins 8 semaines.
On peut bien en penser ce qu'on en veut, d'ailleurs, ca changera pas grand chose : ca fait maintenant au moins 10 ans que ce mec ponctue mes semaines par le biais de son programme radiophonique "Worldwide", diffusé (j'en ai déjà causé maintes et maintes fois) un peu partout dans le monde, sur plusieurs radios et choppable online un peu partout. Depuis quelques années déjà, la notoriété de Gilles a pu faire que la crème mondiale se retrouve parfois en son studio, pour de courtes sessions, pleines d'imprévus, de charme, d'inédit(s), et de gros tracks de folie furieuse, de la part de gens aussi différents que Bjork (2004), Common (2005), Plantlife (fin 2004), Beck (en septembre 2003), Roots Manuva, Zero 7 (en 2001), N*E*R*D (en 2002), pour ne citer que les plus grosses pointures ; je me souviens de la performance de Seu Jorge, incroyable, de celle de Beck, surprenante, de celle de Build an Ark, formidable.

A la base, "Worldwide" est diffusé sur la BBC, une grosse radio nationale anglaise. Et la BBC et Ether records viennent de sortir une compilation de ces instants de "live", puisqu'il s'agit de cela, des versions donc exclusives et dans l'ensemble plutôt intéressants.
En vrac et dans le désordre, Julian Buckey, Simon Askew et Chris Bowden assemblent de belle partoches pour The Heritage Orchestra, Roots Manuva balance du gros avec "Dreamy days" version light (avec la formidable Marsha Smith derrière), Peven Everett ressuscite l'hymne soulfull "Gabriel" cosigné avec Roy Davis Jr, Björk couine comme à son habitude sur une version live de "Who is it ?", avec Rahzel et sa grosse bouche, Beck couine aussi un ptit coup sur "Round the bend", Cody Chesnutt offre une superbe interprètation de son "The seed", et puis l'énorme "3am" de Plantlife, et puis The Roots, et puis Bilal, et puis Common, et puis Zero 7, et puis Amp Fiddler... Pffft, 28 morceaux au total, 2 cds, bref, de la came.

Gilles Peterson presents the BBC sessions vol.1

"Gilles Peterson presents the BBC sessions vol.1", encore une bonne sélection qui vaut le coup d'oreille. Sacré Gilles.


==> Dans 3 semaines, Jeffrey Brown effectue un petit tour des librairies, qui le font venir suite à sa présence à Angoulême une semaine plus tard (Le FIBD l'a invité à une rencontre internationale, d'où sa présence exceptionneeeeeeeeeelle dans le secteur à cette période).

afficheBESANCONbassdef

Il passera par La Bulle d'Or à Bruxelles le jeudi 19 janvier, ainsi qu'à Expérience à Lyon le vendredi 20, pour finir le weekend à Besançon. Be there : "Clumsy" sera sorti peu auparavant chez Ego Comme X.


==> Ca ne vous aura pas échappé : où que vous habitiez, les murs de nos maisons, de nos quartiers, de nos villes, se font méchamment retourner régulièrement par une saloperie de racaille de banlieue, ceux-là même, ma brave dame, qu'on espère finir dans les filets des services du ministère de l'intérieur ; jour et nuit, ces rats des villes vandalisent nos biens, détruisent en voulant laisser leurs marques, et pendant que certains osent parler de culture, je le dis bien haut, il s'agit d'injure visuelle, d'attentat pour l'oeil, de provocation pure et dure, et, il n'y a pas de secret, il faut réprimer, réprimer et encore réprimer.
Le pire, c'est que ces sinistres individus (souvent en perdition, je veux bien le reconnaître) croient étaler un génie graphique, alors qu'ils ne font que tâcher nos murs, nos stations de métro, nos commerces, voire même parfois les structures républicaines ; vous avouerez qu'on se sentirait facilement offensés par un comportement moindre.

Igor est l'exemple même de ce type de parasite urbain ; on en sait peu sur lui, pour bien des raisons, mais au final, on a pas l'impression de louper grand chose.

D'abord, parce qu'il est ignare : on ne connait pas vraiment la réalité sur ses origines, mais il aurait été obligé à quitter l'école très tôt, s'étant grillé dans plusieurs académies, et ce dès l'école primaire, que ca ne surprendrait personne ; il n'aurait donc pas (ou très peu) reçu d'éducation scolaire, et son environnement familial ne l'aurait pas aidé à s'épanouir davantage. On imagine aisément des parents démissionnaires (après tout, il vient de la banlieue), et la loi de la rue remplaçant prématurément un cadre de vie digne de ce nom.
Inculte et mal éduqué, le jeune Igor n'aurait pas attendu la majorité pour se retrouver à de maintes reprises en GAV, puis, son casier judiciaire se remplissant à une grande allure, en centres de redressement judiciaire, en centre pénal, ou il aurait pu enchaîner, sans grand besoin d'imagination, de nombreuses périodes de réclusion.

Pour autant qu'on ait voulu l'aider, Igor, aujourd'hui pleinement responsable de ses actes (dites ça à la BAC...), ne semble pas faire preuve de bonne volonté, de vouloir retrouver le paisible chemin d'une existence calme et sereine. En lieu de cela, il semble passer son temps à sauvagement vandaliser toute surface plane passant sous ses yeux. Marqueur, Baranne, torche, stickers, et bien évidemment bombes de peinture composent son quotidien, et ce sauvageon, en dehors de toutes les conventions typiques aux pseudo-artistes qui se font appeler "graffeurs" ou "taggeurs", ne prend même plus la peine d'utiliser des pseudos, et signe de son propre nom. La provocation, sa provocation, n'a plus de limites.
Ses "Igor" sont donc gravés sur les vitres des métros, des bus, des vitrines, des voitures ; ils sont étalés sous forme de lettrages gigantesques sur les berges de la Seine, ou sous les ponts qui la traversent ; les rembardes du périphérique changent tous les jours de couleurs sous ses assaults répétés ; les dépôts de la SNCF, ceux de la RATP, sont constamment sous alerte, et se retrouvent régulièrement visités et vandalisés à grand renfort de Montana ; sur les trains, les brûlures se succèdent, les chromes étincellent ; de gigantesques flops défigurent les stores métalliques baissés chaque jour par d'honnêtes commercants, alors que les poteaux et autres pylônes sont recouverts de plusieurs épaisseurs de stickers "my name is Igor".
Les exemples sont légion, car Igor est partout.

Aujourd'hui, Igor sort de l'anonymat tout relatif qui était le sien, et de ce qui était son domaine d'action, pour se retrouver exposé au plus grand nombre.
Un homme préferant, pour des raisons évidentes, conserver l'anonymat, le vrai, s'est intéressé aux occupations d'Igor ; j'aurais pu dire "à son oeuvre", mais faut pas déconner, on parle d'un putain de vandale, là. Cet homme a fini par sympathiser avec le dit-vandale, et s'est pris au grand jeu du chat et de la souris, ou ceux qui courrent le plus ne sont pas toujours ceux qu'on pourrait croire ; alors que les patrouilles de police pullulent plus que jamais pour coincer le presque-criminel, son nouveau camarade de jeu, dans un but qu'on croirait autant sociologique que personnel, l'a suivi dans ses pérégrinations et en a rapporté un carnet d'instantanés, qui résume un peu le spectre d'action d'Igor.
Sobrement intitulé "Igor et moi", cet imprimé recto-verso au format presqu'A3, et tout en couleurs, restitue l'univers graphique du vandale, et, semble t'il, sera dôté d'une suite (un effrayant "numéro 1" clôt la brochure une fois repliée). Il témoigne du rythme infernal de dégradations provoquées par Igor, et de son impact néfaste sur l'environnement urbain.

Ou sont mes bombes ou sont mes bombes...

L'imprimé en question rappele directement à un blog, ouvert par le comparse d'Igor il y a déjà quelques mois ; gageons que l'égocentrisme de l'un trouve écho dans la fascination de l'autre, et prions pour que les élements dispersés tantôt sur le blog, mais aussi lors d'autres tentatives ici, ainsi que sur papier dans ces honteuses feuilles imprimées, ou encore dans des flipbooks numériques (ca existe, ici même), finissent par donner les clés nécessaires aux vaillants gardiens de l'ordre pour mettre un terme définitif aux lamentables activités d'Igor.
J'ajoute qu'en matière de pistes, on sait finalement peu de choses d'Igor et de son complice/témoin : il agît principalement dans le neuf-deux (même si on a retrouvé il y a quelques semaines quelques uns de ses blazes éclatés un peu partout en france, un peu comme dans un parcours initiatique, un peu comme dans un roadtrip démonstratif), donc il doit être du coin, ça, on en est quasi sûrs. On a retrouvé bien des bombes vides sur les lieux de ses attentats visuels, et notamment des bombes vides de marque Krylon, Sparvar, MJ Spray, ou Spray Color. Ces marques ne sont guère usitées depuis plus d'une dizaine d'années, et on imagine aisément, donc, que le dit Igor est probablement trentenaire et fauché, et qu'il termine ses fonds de bombe... Classique.


==> Bon, j'ai craqué ; il me fallait un nouveau casque pour pouvoir tripoter la MPC sans déranger le quartier, ainsi que pour remplacer les horribles écouteurs livrés avec mon IPod, et pour aller passer des disques en soirée. Historiquement, j'ai longtemps été client Seinnheiser (avec une infidélité pour un Roland RH-50, plutôt branché studio), mais avec 2 casques cassés en moins de 2 ans, j'ai décidé d'opter pour du "solide". Alors je suis allé dans ces boutiques pleins d'apprentis dj's techno ou d'apprentis turntablists, j'ai jaugé, j'ai pris la température, j'ai compulsé quelques foras dédiés, et je suis reparti avec un casque que je peux triturer dans tous les sens, qui m'a l'air plutôt super solide ; bon, il est assez moche, genre chrome et bleu éléctrique, et surtout, surtout, il y a marqué Stanton en énorme dessus. Bon. J'avais pas vu non plus qu'il y a une diode débile qui clignote quand il fonctionne ; c'est un peu l'air con, ca fait gadget débile et je m'en serais passé ; mais je l'ai pas payé des masses, mon "DJ PRO-3000" (même le nom est à hurler de rire, je sais).

Ah putain je suis parré pour Ibiza. Voire Goa.

Alors voilà. J'ai un nouveau casque et je vois pas comment l'humanité aurait pu continuer à vivre sans le savoir. Chose corrigée.


==> Le retour du retour du Boogie ! Ca a bien fonctionné en décembre, donc prolongations tous les mercredis soirs, de 20h30 à 1h, au Savana Café, quai Veil Picard à Besançon.
Si vous êtes dans le coin, feu ! Mercredi dernier, grosse visite de plein de potes pas vus depuis belle lurette, ou peu fréquentés ces derniers temps (lire = années) ; merci à ceux qui avaient fait le déplacement (malgré la neige qui tombait par wagons), genre Alcor et Manu venus depuis Dijon, Dude (venu de Dole avec Fab), Mitchum et Mo, Tom et Maud, Sto et Fab from Paname, et surtout, pas vus depuis des années, Greg (momentanément hors de London, UK, pour les fêtes) et RoOoph (idem que Greg, en remplacant "Austin, Texas" par "London, UK"). Super moment, en tout cas.
C'était presque frustrant de devoir passer autant de temps derrière les platines, mais c'était cool de vous croiser, les gens. Voilà, c'est dit.


==> On s'en fout : Mark Rae (Grand Central) à désormais un pro-model à son nom chez Etnies.


==> Pour bien commencer l'année, quelques liens absolument dispensables que vous aurez forcément déjà eu par le passé, mais bon :
- Ca soulage de le secouer.
- On a trouvé un VJ pour Coltrane (thanks to Ed Youngster)..
- Peter Parker est devenu copain avec Kamel, le prof de danse de la Star Ac.
- Ils sont djeuns, ils sont grave dans la cepla, les nouvelles technologies ne leur font pas peur, mais ils font surtout marrer (ou pitié, selon).
- Vulgarisation scientifique par l'exemple pratique pour ceux qui n'ont vraiment que ça à foutre.


==> RAPPEL :
La liste de skeuds à vendre est plus petite (pour rappel, à des prix plutot très corrects, du vinyl de Boards of Canada, UNKLE, dj Shadow, Burnt Friedmann, Cinematic Orchestra, Pan Sonic, Les Gammas, Plaid, Autechre, Plastikman, Roots Manuva, du Def Jux, du Skam, du Ninja Tune, du breakbeat, de l'electro, de la bleep, du hip hop, de la soul jazz, de l'electronica... est toujours dispo pour tous ceux qui m'en feront la demande.


==> ON air on jUneRadio :
Je vais éviter le bilan de l'année musicale 2005, m'étant vautré dans les vieilleries, pour gros manque de choses récentes réellement enthousiasmantes ; ce qui me rassure, si je suis en train de devenir un vieux con aigri, c'est que je suis pas le seul : pour en avoir parlé avec pas mal de potes, nos couleurs musicales sont désertées par la créativité qui y régnait il y a encore quelques années...

Evidemment, il y a toujours de très bonnes choses, des découvertes super enthousiasmantes, des nouveaux artistes qui déboulent avec une cargaison de fraicheur, mais les exemples sont beaucoup moins nombreux que ceux d'il y a encore, disons, 5 ans... Alors, ok, on est des vieux cons aigri, mais dans le hip hop, par exemple, puuuutain, heureusement qu'il y a eu des trucs comme le Little Brothers ("the ministrel show", sur Atlantic), ou comme le Ohmega Watts (sur Ubiquity) ; et le formidable (je pèse mes mots) album de One Self (sur Ninja Tune) mais sinon... pffff.

Les vraies petites surprises, pour ma part, ne se sont pas situés dans mon courant musical contemporain favori ; ce qui ne m'a pas posé de problèmes majeurs, ayant passé cette année à me vautrer dans de vieilles saloperies soul jazz... Ouais, quand on commence un plat, on essaie de le finir au maximum, et j'ai l'impression que plus je creuse, plus il y en a ! 8)
Les vraies suprises, donc, étaient des trucs comme Antony and the Johnsons ("I am a bird now" sur Secretly Canadian), comme le dernier Jamie Lidell ("Multiply" sur Warp, inférieur à ses précedents essais, inférieur à sa version live, mais déjà très savoureux), comme les énervés communicatifs (sur scène itou) de Konono n°1 ("Congotronics" sur Crammed), comme le Kiddus ("Inna da yard" sur Makasound), comme le toujours en forme (et plus à l'écoute que jamais) Tom Zé ("Estrudanto o Pagode" sur BMG), il y a eu la bonne surprise de la BO de "Broken Flowers" de Jarmush (qui eu le mérite de ramener les éthiopiques de Mulatu Astatqé dans nos oreilles), il y eu la tornade new-yorkaise Sharon Jones et ses DapKings, il y a eu le second Quasimoto (un des tout meilleurs LP de l'année, même si je lui préfère son précédent), il y a eu Derek Bailey ("Carpal Tunnel" sur Tzadik), il y a eu une putain de réédition de la fabuleuse Letta M'Bulu, même un nouveau Public Enemy ("New Whirl Odor"), et plein de trucs sur les labels Planet Mu, Hyperdub, Sound in color, Sound Ink, Spectral sound, et plein d'autres trucs, aussi.
Bref.
En ce moment dans l'Ipod (bientôt du podcast, promis) : les sessions de K&D, "Here's Ray Bryant" de Ray Bryant (ca tombe bien), One Self, la compilation Lifestyles de 4 Hero, et la compilation "Tender's Feelin" de chez Blue Note.

Allez, c'est reparti.
Bon début d'année à tout le monde.