L’ASSO DU FIBD FAIT DE L'ESBROUFE : Transparence ou os à ronger ?
(English version below)
Depuis le dernier FIBD1 et notre pétition
appelant au boycott de la prochaine édition du festival, il y a eu
beaucoup d'agitation autour de l'organisation de la manifestation. La
dénonciation du contrat liant l'association à 9eArt+ a bien eu lieu et
derrière, un appel à projets a bien été lancé par Delphine Groux2.
Les différents rebondissements liés aux multiples rencontres opaques entre l'association du festival et l'ADBDA3 ont été relatés dans nombre d'articles de presse : calendrier lunaire de l'appel à projets, défiance du SEA4 et du SNE5, puis pression des financeurs publics. Franck Bondoux6 est même annoncé sur le départ. Nous avons entendu dire que nous aurions alors eu gain de cause.
Et
ainsi, c'est de manière détournée que nous avons appris que la
"profession" avait levé le boycott. Mais de qui parle-t-on alors qu'il n'existe pas d'élections professionnelles dans la bande dessinée
et que les réunions sous l'égide de l'ADBDA entre les différent·es
acteur·ices du festival ne font pas l'objet de compte-rendus publics ?
Et que l'association est figée dans la même configuration depuis 2017 ?
Ce ne sont ni le SNE ni le SEA, et encore moins le SNAC BD7, qui ont appelé au boycott.
Et ils n'ont pas non plus signé notre pétition. Il est alors plutôt
incroyable de lire, dans le dernier communiqué des financeurs publics du
FIBD, "que les représentants des différentes organisations syndicales
nationales, représentant l’édition, les autrices et les auteurs, ont
confirmé leur participation pour l’édition 2026".
Ni le FIBD ni l'ADBDA ne nous ont contacté·es pour échanger et écouter les revendications des 400 auteur·ices
ayant signé l'appel à boycott. La seule réaction de l'association
d'Angoulême a été faite par le biais de la presse, dans laquelle on
pouvait lire que nous n'avions qu'à postuler pour l'appel à projets si
nous n'étions pas satisfait·es du festival. Un appel à projet dont le
cahier des charges n'est accessible qu'après envoi d'une lettre de
motivation à Delphine Groux, et réservé à une "[...] structure [qui]
devra être à objet unique, dédiée à l’évènement et ne pas permettre la
distribution des bénéfices et répondre ainsi aux critères nécessaires
pour pouvoir solliciter et bénéficier de subventions publiques". Cela
implique entre autres que 9eArt+ peut se représenter, avec ou sans Franck Bondoux, ce qui est plus ou moins dit dans leur communiqué "9eArt+ et l'avenir du Festival".
De plus, Franck Bondoux étant actionnaire principal de 9eArt+, on voit
mal comment il ne resterait pas impliqué d'une manière ou d'une autre
dans la gestion du festival. Johanna Bondoux, sa fille, reprendra-t-elle sa place ?
Nous le redisons donc haut et fort : non, nous n'avons pas tous·tes confirmé notre participation, et oui, le boycott est toujours d'actualité.
Cet appel a été accueilli avec soulagement par nombre d'entre nous, et
il reste le seul moyen de pression de la profession pour exiger des
changements dans l'organisation du FIBD. Ce festival, dont le
financement est en grande partie soutenu par la collectivité, est
central dans le milieu de la bande dessinée, et il n'est pas acceptable
que les conditions d'organisation de celui-ci restent à ce point le
privilège d'une minorité qui l’accapare.
Les
syndicats de l'édition ont à cœur de défendre les intérêts économiques
du secteur, et il est difficile d'attendre d'eux de geler leur
participation à l'édition 2026 aussi tardivement dans l'année. Il n'en
est pas de même pour les auteur·ices : sans nous, pas d’expositions, de rencontres, ni de dédicaces, et donc, pas de festival.
Si nous ne comptons pas sur un appel national du SNAC BD pour mener des
actions d'envergure, nous pouvons nous appuyer sur d'autres collectifs
ou syndicats, non représentés au sein de l'ADBDA, comme le STAA CNT-SO8, MetooBD, le SNAP CGT9, le Collectif des créatrices de BD contre le sexisme, l'ABDIL10, l'ACBD11, le SNÉAD-CGT12, le Future Off13 ou le Colectivo de Autoras de Cómic. Le boycott est un levier puissant. La revendication collective en est un autre. Et ce n'est qu'en s'organisant ensemble que nous serons assez fort·es pour que notre point de vue, celui des travailleur·euses de la bande dessinée, soit enfin entendu et pris en compte.
Si
vous venez à Angoulême en janvier 2026, êtes-vous prêt·es à boycotter
les dédicaces ? Êtes-vous prêt·es à mener des actions revendicatives ?
Nous le sommes. Restons en contact.
1 Festival International de la Bande Dessinée (d'Angoulême)
2 Présidente de l'association FIBD
3 Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême
4 Syndicat des Éditeurs Alternatifs
5 Syndicat National de l'Édition
6 Délégué général du FIBD d'Angoulême depuis 2007
7 Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs, groupement BD
8 Syndicat des Travailleur·euses Artistes Auteur·ices CNT-SO
9 Syndicat National des Artistes Plasticiens CGT
10 Fédération professionnelle des Auteur·ices de la Bande dessinée et de l'Illustration
11 Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée
12 Syndicat National des Écoles d'Art et de Design CGT
13 Micropublishing festival pendant le FIBD
***
THE FIBD ASSOCIATION’S BULL TALK : Are they opting for transparency or throwing red meat ?
*
Since the last FIBD1 and
our petition calling to boycott the next edition of the festival,
there’s been a lot of agitation regarding the event's organization. The
termination of the contract (ending after the 2027 edition) between the
FIBD association and 9eART+ has been acted and further on, Delphine
Groux2 has put a call for proposals on.
Unforeseen developments due to the many non-transparent meetings between the association of the festival and the ADBDA3 have been reported through the press: the fancifulness of the call for proposals’ agenda, the distrust from the SEA4 and the SNE5, and the pressure applied by public sponsors. Franck Bondoux’s6 departure has even been announced. We’ve heard that we’d have had our way.
Thus,
it’s been implemented that the "profession" had lifted the boycott. But
who are we talking about since there are no representative elections in
the comics industry and since the meetings led by the ADBDA aren’t
subject of any whatsoever public reports ? And considering the
association’s organizational setup is still the same since 2017 ?
Neither the SNE nor the SEA, and even less the SNAC BD7 have
called for boycott. Nor did they sign our petition. It is therefore
unbelievable to read in the latest FIBD public sponsors’ report, that
"representatives of the national unions, representing publishing houses
and authors have confirmed their participation to the 2026 edition of
the festival".
Neither the
FIBD nor the ADBDA has ever contacted us in order to exchange views or
show attention to the demands of the 400 authors who have signed the
petition. The only reaction from the Angouleme’s association was through
the press, when they asserted that if we didn’t like the festival the
way it is, we could still apply to the call for proposals. A call for
proposals, whose bill of specifications is only available after sending a
cover letter to Delphine Groux, and limited to a "[…] structure [which]
has to be single-objected, dedicated to the event and cannot allow
profits’ distribution, therefore matching compulsory requirements in
order to solicit and benefit from public sponsoring". This involves,
among other things, the fact that 9eART+ may apply again, with or
without Franck Bondoux, which is more or less implied in their public
release "9eArt+ et l'avenir du Festival". Therefore, since Franck
Bondoux is the major shareholder of 9eArt+, it’s hard to imagine how he
wouldn’t keep being involved into the festival’s management, one way or
another. Will Johanna Bondoux, his daughter, take his place?
Let’s
say it again, loud and clear : no, not all of us have confirmed their
participation to the next festival, and yes, the boycott is still
relevant. That call has been greeted with much relief by many of us, and
it is still the best way for the profession of exerting pressure on the
FIBD organization and to require changes from them. This festival,
whose financing is largely sustained by the collectivity, is fundamental
for the comics' industry, and it would be unbearable that its
organization would remain, to that extent, the privilege of a
monopolizing minority.
The
publisher’s unions’ best interest is to guaranty the viability of the
industry, so we cannot expect them to freeze their participation to the
2026 edition this late in the year. It’s different for the authors:
without us, there are no exhibitions, encounters or signatures, and
consequently, no festival at all. We are not expecting the SNAC BD to
call for major actions on a national level, but we can rely on other
collectives or unions, that aren’t present within the ADBDA, such as the
STAA CNT-SO8, MetooBD, the SNAP-CGT9, the Women authors Collective against sexism, the ABDIL10, the ACBD11, the SNÉAD-CGT12, the Future Off13 or
the Colectivo de Autoras de Cómic. The boycott is a powerful tool. As
is collective action. And it’s only by organizing ourselves
collectively, that we’ll be strong enough so that our point of view, as
workers in the comics' industry, will finally be heard and taken in
consideration.
If you
come to Angoulême in January 2026, are you ready to boycott signatures ?
Are you ready to take part in collective actions ?
We are. Let’s stay in touch.
1 International Festival of comics (of Angoulême)
2 FIBD association’s president
3 Association for the Development of Comics in Angoulême
4 Alternative Publishers’ union
5 National Publishers’ union
6 FIBD executive director since 2007
7 Authors and Composers’ National Union, comics branch
8 Artists Authors workers Union, CNT-SO
9 National Artists Union, CGT
10 Professional Comics and Illustration Authors Federation
11 Comics Critics and Journalists Association
12 Art and Design Schools National Union, CGT
13 Micropublishing festival taking place during the FIBD
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