3 janvier 2026

2025 🎧

 

En 2025, j'ai écouté des disques comme chaque année, une très très large partie de disques antérieurs à cette année comme d'habitude, parce que je suis un vieux crouton.
Un vieux crouton qui connaît par cœur la choré de "Hot to go" de Chappell R., parce que c'est ce que Sunny voulait que l'on fasse ensemble le plus souvent ces derniers temps, et parce que ça en vaut la peine.

Mais j'ai écouté quelques disques sortis cette année :


- Navy Blue "The Sword & The Soaring" (Freedom Sounds records).
Toujours prolifique et souvent inspiré, Navy Blue pousse le ruc et propose un rap plus introspectif, super touchant (thème principal : le deuil, les deuils, tiens donc) et cuisiné comme jamais.

- KingKlavé "Mi Deseo".
Jamais la même came, jamais le même genre pour ce producteur/instrumentiste : faut écouter les rares sorties, je ne vois que ça. Pas d'album, juste quelques titres mais qui quadrillent un terrain de jeu bien large !

- Homeboy Sandman & yeyts "Corn Hole Legend".
Le jeune producteur se retrouve à accompagner le mc new yorkais et c'est du rap qui fonctionne impec, sans fioritures ni chichi, sans trop de pose à la con non plus.

- Mac DeMarco "Dog on the rock".
Une suite de démos empilées dans la poussière et bazardée gratos parce que "why not ?" comme nous l'avait dit Mac à la sortie d'un des concerts quand on lui faisait remarquer que c'était franchement cool de partager gracieusement autant de trucs.

- India Blue "Confessions of an Imperfect Me".
Une chanteuse londonienne soulful super délicate qui place son truc tranquillement depuis le lockdown, toujours bien entourée (à ne pas confondre avec une autre chanteuse du même nom, malheureusement, comment s'y retrouver, rhââââ ?).

- Sessa "Pequina vertigem de amor".
Le jeune pluri-instrumentiste brésilien envoie un nouveau très bon disque, suave, plein d'amour, ça roule tout seul.

- jasmine.4.t "You Are The Morning" (Saddest Factory).
Folk à paillettes et envolées désarmantes, signée par une songwriteuse anglaise qui se livre à chaque mot, chanmé (via le label de Phoebe Bridgers ; bon).

- Evidence "Unlearning Vol. 2" (Rhymesayers).
Le mec ne lache pas le mic, ça déroule ce flow identifiable instantanément (Dilated Peoples depuis 92, hein) mais c'est super bien, à la hauteur du précédent, easy. Mon disque de rap favori de cette année, je crois.

- Venna "Malik" (Cashmere Thoughts recordings).
La nouvelle scène jazz anglaise n'a plus grand chose de très très nouveau mais c'est pas grave : ça fait des années que cette jeune clique occupe le terrain et même si on peut leur reprocher un certain périmètre bien reconnaissable, parfois, c'est tout de même souvent super bonnard.

- Alfa Mist "Roulette" (Sekito recordings).
Rapport au commentaire précédent : l'un des cadors de la dite scène a bien déroulé cette année !
From Coburg, Melbourne, Australie : le pluri-instrumentiste croisé sur quasi tous les projets du label College of Knowledge (il joue dans Surprise Chef, Karate Boogaloo, The Pro-Teens...) sort un énième solo, c'est cinématique et soulful, c'est gentiment pop aux entournures, bref ça déroule comme d'hab.

- Little Simz "Lotus" (AWAL recordings).
A chaque nouveau disque, la rappeuse pose un nouveau truc qui la distingue.

- Tortoise "Touch" (International Anthem).
Supérieur à la somme des expériences récentes de certains de ses membres les plus chauds (paie ton roster de pointures hein...), cet ensemble d'expériences est un généreux fourre-tout à la lisère de plein de choses. On est plus coincé dans du classique math-rock de Chicago : les types ont un peu poussé les potards ici ou là...

- Rapsody + Madlib "MadRaps" (Roc Nation).
Skeud sorti plutôt discrètement, la rappeuse souligne pourquoi elle est au dessus de la liste, et Madlib fait son Madlib : moi j'en demande pas plus.

- The Circling sun "Orbits" (Soundway records).
Le fortiche néo-zélandais Julien Dyne pilote une nouvelle expédition cosmique, pas de surprises au vu du précédent effort, mais quelques jolis vertiges de jazz gentiment interstellaire.

- Derya Yıldırım & Grup Şimşek "Yarin Yoksa" (Big Crown Records).
La turco-allemande est toujours entourée d'une belle formation qui l'emmène dans des contrées de folk Anatolien, c'est produit sur Big Crown, et il y a un gros tube dedans. Mon meilleur concert de l'année (merci Zutique Productions), avec Laura Cahen vue à Lyon, rien à voir (encore que).

- Turnstile "Never engouh" (Roadrunner).
J'écoute pas tellement de musique énervée mais l'énergie de cette clique a été inévitable en 2025. Pas de refonte incroyable depuis le précédent, une prod un peu plus poussée et c'est parti pour sautiller dru. Unanimité des copines : à voir sur scène sans trop attendre.

- Clélya Abraham "Atacama" (Aztec Musique).
Nettoyage mental intégral avec la très belle proposition de cette chanteuse et pianiste aux progressions d'accords chanmé.

- Mac DeMarco "Guitar" (Mac's Record Label).
Trop dépouillé, trop minimal, trop peu arrangé, trop monotone ? Malgré l'aridité première, le disque recèle de pépites, de textes réussis, et surprise (?), la version live de l'album l'emmène dans des ailleurs délicieux qui permettent de saisir la portée du projet.

- Florence Adooni "A.O.E.I.U." (Philophon).
Moi si Jimi Ténor est impliqué, généralement je suis preneur. C'est réducteur ? C'est vrai, mais j'ai l'impression que tout le monde a tout dit sur ce disque, non ?

- Armand Hammer + The Alchemist "Mercy" (Backwoodz Studioz).
Allez, du rap, et pas n'importe lequel : un des tout meilleurs lyricists de ces dernières années, servi par Alc, au top de sa forme post-beatless.

- Lynn "Early Works 2019-2021" (Le Sofa).
Une jeune chanteuse estampillée nouvelle soul française se fait déjà compiler : un peu de tout, irrégulier, mais quand c'est bien, c'est vraiment bien, elle a un truc et on ne demande qu'à écouter la suite.

- Gabe Nandez + Preservation "Sortilège" (Backwoodz Studioz).
Excellent projet hip hop porté par le label le plus régulier de ces dernières années : les deux lascars sont à suivre de très très très près.

Allez, y'a évidemment eu d'autres choses mais voilà mes trucs les plus usés cette année.

30 décembre 2025

Godspeed, Michal Urbaniak, 22 janvier 1943 - 20 décembre 2025.

J'apprends tardivement la disparition de Michal Urbaniak, mort il y a une dizaine de jours.
Je ne sais pas trop quel choix opérer pour poster quelque chose ici, il y a tellement de choses auxquelles ce type, compositeur génial, instrumentiste de haute voltige, aura contribué dans sa vie haute en couleurs...

Du coup, voici une vidéo en noir et blanc, un live à Oslo datant de 72 (grande année), avec Urszula Dudziak (dont Urbaniak sera le mari durant 20 ans), juste avant qu'Urbaniak ne signe avec Columbia, où il sortira bientôt "Atma", avec une partie du même line-up (il me semble) que les têtes que l'on croise ici.
Pour sûr : Pawel Jarzebski (contrebasse), Czeslaw Bartkowski (batterie), Urszula Dudziak (voix, perdus), et Urbaniak (vi-tar, soprano). Peut-être Adam Makowicz ?
Sur disque au même moment, il y avait également Ray Mantilla (percus, congas), Dr. Max Mathews (électro-violon et autres machines), Wojciech Karolak (clavier, Rhodes, Moog, Farfisa, clavinet).

De fait, je ne sais pas trop s'il s'agit de l'ensemble Michal Urbaniak Fusion ou du Michal Urbaniak Constellation.
Bon.

Godspeed, Michal Urbaniak, 22 janvier 1943 - 20 décembre 2025. 


On se souvient de la cohorte de producteurs hip hop un brin aventureux ayant pillé le type.
Shout out, Q-Tip, Ali Shaheed Muhammad, Madlib, Dilla, etc. 




 

29 décembre 2025

RIP Dan Moynihan 🖤

Disparu il y a une semaine, l'auteur Dan Moynihan était papa d'un enfant d'un an, et une cagnotte est montée pour contribuer à aider Ben et Cathy, sa femme.
Je relaie et j'espère que toutes celles et ceux qui ont souri un jour à la lecture de ses super petits récits se souviendront de lui. 🖤

www.gofundme.com/f/support-ben-and-cathy-after-dans-passing

(et ici une micro-chronique datant de 2011 que j'avais écrit à l'époque pour 1 Fanzine Par Jour).

22 décembre 2025

Hercule, septembre 2009 - 22 décembre 2025. 🖤

En 2009, on avait récupéré un petit chaton né dans un buisson, la bestiole s'est avérée être la plus passionnante que j'ai pu croiser dans ma vie, on l'a traîné partout pendant quinze ans, et aujourd'hui, après plusieurs mois à en chier, il est mort.
On est déjà dévastés et mon petit doigt me souffle que ça n'est que le début.

Hercule, j'écris ces mots avant que le vide conséquent, douloureux avec lequel tu nous laisses nous dépêtrer ne vienne s'installer dans notre quotidien désormais tellement triste. 

Je déteste les fins d'années.
Elles me le rendent bien.

Deux ans après Pépée.
Laisse tomber le vide dans cette maison.

Mon gros chat.

Besac.

2010, à Besac.

Fraîchement débarqué. 2009, Besançon.


2009, à Besac.


La Couarde, 2017 (de mémoire).

Idem.



Besac.



2010, Besac.




Avec Pépée, Besac, 2012.


21 décembre 2025, Chaucenne.

16 décembre 2025

Oh what a day, what a day, what a day (#53).

- Traditionnellement, chaque fin janvier, on fête la bande dessinée, non ?
Et bien ça tombe bien parce qu'en 2026, ça sera la même grâce à la clique Girlxcott un peu

Malheureusement pas à Besançon (par gros manque de temps et on le déplore, on espère que les verpentes ne nous en tiendront pas trop rigueur...
Les infos sont là, elles arriveront petit à petit et méritent qu'on s'y attarde : l'une des (nombreuses !) formes du post-Angoulême-tel-qu'on-l'a-connu commence là/maintenant, précisément !

Quelques liens que l'on vous recommande, merci aux grandes artisanes de tout cela :


- un nouveau Infesticons ! Creature, Mike Ladd, Juice Aleem, No Surrender au mic, le tout produit par Mike Ladd et No Surrender.

- un nouveau magnet à la con sur le frigo, ça c'est courtesy de ces chouettes zozos chez Shlag Lab :




8 novembre 2025

Un automne 2025. Damn !

 En ce moment, je galope un peu dans tous les sens et de fait, je manque un peu de temps pour faire preuve de pédagogie auprès des critiques qui pointent du doigt le bourbier, la sentine, le guêpier que représente la "crise" du FIBD, le fameux merdier du festival d'Angoulême. Les personnes extérieures au petit monde de la bande dessinée peuvent s'avérer un peu perplexes devant les communiquées, les annonces, les nouvelles, les réponses et les commentaires qui s'empilent dans le dossier. 🦴 🦴 🦴

Pour faire court : si une très large partie d'auteurices et autant de structures éditoriales décident de boycotter l'événement, c'est qu'il y a une raison. 💀 Si une large part des journalistes couvrant d'années en années ce rendez-vous (important pour tout le monde) décident de rendre compte de ce qui s'y trame en coulisses, c'est qu'il y a une raison. 💀 Si après des mois, des années de critiques récurrentes, l'événement "international" (*) semble tenir encore debout par un mystère qui s'explique aisément (une démission honteuse des responsabilités politiques locales, départementales, régionales, nationales, n'aide évidemment pas les acteurs concernés à se faire entendre), c'est qu'il y a une raison. 💀

La soustraction morale à l'œuvre là-bas est effarante, et si toute une industrie est en ébullition au sujet de ce bazar bien branlant, c'est pour de très bonne raisons : le degré de foutage de gueule est stratosphérique, c'est un feuilleton passionnant et terriblement représentatif de l'époque que l'on traverse, où le népotisme, l'opacité, et le foutage de gueule méprisant des sacoches en place règnent impeccablement, imperturbablement, assurément.

#nofibd2026
et soutien à Chloé.



Mais !
Mais j'essaie de compenser ces quelques lignes déplaisantes et peu aimables par un bref communiqué constructif, AH AH AH ! 

Rendez-vous prochains :

- du vendredi 21 au dimanche 23 novembre : "Panique à Colomiers !" |

C'est le titre de l'expo consacrée au travail de Delphine Panique pour laquelle je suis crédité comme co-commissaire, alors que j'étais principalement co-commissaire à la bourre. Je vais pas en remettre une couche sur Delphine Panique : "Vieille", son dernier livre, est sorti ces derniers jours chez Misma Editions et il vous suffira d'aller compulser une ou deux pages pour comprendre pourquoi Delphine est aux manettes d'un des plus beaux parcours d'autrice inspirée, déter, audacieuse et passionnante qui soit (au passage : "Vieille", j'ai pas encore trouvé qui ne trouve pas ça super...).
Je vais pas en remettre une couche non plus sur BD Colomiers, le festival dont tout le monde connaît la teneur : probablement le festoche avec les antennes les plus affûtées sur "ce qui se trame d'intéressant dans le giron de la bande dessinée aujourd'hui", c'est désormais bien connu (cette année, plein d'expos, checkez le programme, et des rencontres avec Tom Gauld, Fanny Michaëlis, Lisa Hanawalt... et tellement d'autres trucs FOUFOUS.
Ah si, une précision, tiens : c'est un festival à 3€ l'entrée (et gratos pour les moins de 18 ans, les étudiant·es, etc), mais le pass trois jours est à 5€. C'est combien, déjà, Angoulême ? Comment ça l'offre n'est pas la même ? Ah oui okay bon bref (c'est tout vu ah ah ah !).

- le dimanche 23 novembre | BD Colomiers (31) (encore).
J'anime une rencontre avec un ricain et un canadien, ça va parler de réinvention formelle, d'innovations narratives, et de se battre pour ce qui nous semble juste, c'est avec 🚀 Anders Nilsen et 🚀 Michael DeForge, vous appelez ça comme vous voulez, moi je sais pas trop comment qualifier le truc : pour moi, ce sont deux mastodontes, auteurs de quelques-uns des plus beaux livres de ces 2 dernières décennies (tous chez Les éditions Atrabile, d'ailleurs), rien de moins. C'est à 13h30.

- mercredi 26 novembre | l'asso ChiFouMi propose une rencontre avec Anders Nilsen | Chez Canons, 🍷 Besançon (25).
A l'occasion de la sortie de "Tongues", livre indispensable de cette fin d'année (éditions Atrabile).

- jeudi 27 novembre | Rencontre avec Anders Nilsen | lieu annoncé prochainement, Mulhouse (68).
Cf ci-dessus : pareil qu'à Besac la veille, mais à peine plus au nord.

- le vendredi 28 novembre | ⚡ Rhony's Festival | Montpellier (34).
A 18h, j'anime une rencontre autour de l’exposition “Indies americans” avec Stéphane Noël (de L'employé du moi), on y parlera de quo ? Probablement d'auteurs ricains et d'indépendants, pardi. De bande dessinée passionnante et d'auteurices au top, surtout.
Ça se passera du côté de la librairie ⚡ En traits libres, lieu déjà inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, pas loin, et qui fermera ses portes prochainement : si vous êtes aux alentours de Montpellier, allez donc fouiner là-bas pour votre shopping de fin d'année, ça ne leur fera pas de mal et si une librairie le mérite en ce moment, c'est probablement celle-là.

- samedi 6 et dimanche 7 décembre | avec ChiFouMi : Le Cube \ Zone DIY, du côté de la Fête de la BD d'Audincourt (25).
L'an passé, l'ouverture au sein du festival avait été de mise avec la prise en mains de la chouette clique de Tuta Blu, pour une Off dans le IN de toute beauté. Plein de gens sympas, plein de découvertes, certes peu de bande dessinée mais pas mal d'images narratives en tout genre, grâce à Cerise La Castagne Illustratrice, Affiche Moilkan, Les éditions de la dernière chance, Mutoïd Kids, et plein d'autres !

Voilà pour la prog de cette fin de mois !
On reparle du reste très bientôt.

(*) et ce, même si les propositions de médiation publiques sont essentiellement en français, et se fichent pas mal des visiteurs émanant de l'international, précisément, à leur grand dam, leur grande frustration, et leur grande tristesse.
Tiens, c'est marrant, ça voudrait dire que ce festival, malgré ses décennies d'expérience et son appétit vorace de devenir plus important qu'il ne pourrait être, pense moins à communiquer en anglais que les communiqués du ⚡ STAA CNT-SO et MeTooBD ⚡, principal lanceur d'alertes et pourvoyeurs de faits sur cette triste affaire (inscrivez-vous à leurs mails de news, toujours édifiantes : desertons_fibd@proton.me ). 🔥

ps : je sais que ça fait un moment que je l'écris mais je... je... Je travaille toujours à mon départ de fessebook, alors tous les liens utiles pour illustrer le blabla précédent sont par ici :

16 octobre 2025

Chez Canons et Compagnie.

Plein de trucs en ce moment, mais en attendant la prochaine note de blog un peu plus conséquente, un communiqué pour les plus bisontin.e.s qui me suivent ici :


Tout est sur le webflyer alors je n'ai rien à ajouter.
A vite !

29 septembre 2025

Zoom sur la bande dessinée contemporaine | mardi 7 octobre 2025 | Café International, Besançon

(Un petit forward depuis l'association ChiFouMi :)

Voici donc le premier rendez-vous de « La bande dessinée dans tous ses états », cet ensemble de propositions conçue en direction des étudiant.e.s de Besançon (et pas seulement, donc, mais on y reviendra !) durant toute l’année scolaires à venir, dans le cadre d’un partenariat avec le Crous Bourgogne Franche-Comté, l’Université Marie et Louis Pasteur et la CVEC (Contribution à la vie étudiante et de campus).


En attendant d’affûter les crayons et de régler les agrafeuses, rendez-vous donc mardi 7 octobre à 18h30 au Café International, 71 Quai Veïl Picard, à Besançon : June, de ChiFouMi, y présentera une sélection de livres, tachant d’ouvrir une fenêtre sur ce que peut être la bande dessinée aujourd’hui (à grand renforts d’images projetées et de bafouillages).
L'entrée est gratuite et ouverte à tout.e.s, mais nous vous conseillons de réserver malgré tout, en cliquant ici.

Dans les semaines et les mois à venir, nous aurons l'immense joie de recevoir notamment les auteurices/illustrateurices/fanzineux/éditeurices/et tant encore :
Charline Collette (•), Bérengère Delaporte (•), Jaunisse (•), Oriane Lassus (•), Anders Nilsen (•) et Valentin Sannier (•), qui iront tout.e.s à la rencontre de nos étudiant.e.s et que l'on croisera probablement par ailleurs à une occasion à une autre...
On en reparle bientôt !

Entrée libre | ouvert à tout.e.s.
(illustration : Pierre Ferrero)


25 septembre 2025

Bande-son de ces derniers jours : extraits choisis.

Bande-son de ces derniers jours : extraits choisis.

- "Anganica" de Luiz Carlos Vinhas, tiré de l'album "O som psicodélico", paru en 1968 sur CBS.
-  "Pendulum" de Hiromi’s Sonicwonder, avec Michelle Willis, tiré de l'album "OUT THERE", qui vient de paraître. Merci Alex Baugé pour la reco !
- "You don't know(what life is)" de Shingo Suzuki, paru l'an passé.
- "Open Your Eyes, You Can Fly" de Flora Purim. Un live télévisé ("The Midnight Special") de 1976, avec Hermeto Pascoal à la flûte, Airto Moreira aux percus, David Amaro à la guitare, et quelques autres du même tonneau. 
- "Yearning", le nouveau Atmosphere avec Yoni Wolf, tout frais aussi.
- "Returns Every Morning" de Lilys, tiré de l'album "Better can't make your life better", paru en 96 chez Primary Recordings.
- encore (encore !) un nouveau track de Earl Sweatshirt, "Live", le mec s'arrête plus.
- "Family" de Brenda, tiré de l'album "Bath time" paru le mois dernier sur College of Knowledge.
De la modern soul gentiment mélancolique comme on la produit désormais au kilomètre du côté de Coburg, Australie : Hudson Whitlock, que l'on croise du côté de tous les groupes protéiformes de Melbourne (Surprise Chef évidemment, mais aussi Karate Boogaloo ou the Pro-Teens), enchaîne les albums, et le type régale.
C'est toute la fameuse scène soul psycho-cinématique de Melbourne qui se retrouve ici et outre les musiciens avec qui Hudson traîne aux quatre coins du monde, on retrouve la désormais fameuse patte du producteur Henry Jenkins. Peu de surprises, mais une atmosphère ficelée idéale en ce début d'automne.







14 septembre 2025

Hermeto Pascoal, 1936-2025

Encore un peu de la beauté du monde qui s'envole.
Elle reviendra, sous une forme ou une autre.

Mais en attendant, Hermeto Pascoal n'est plus dans le coin.


4 septembre 2025

NEUVIÈME ART | Galerie Martel BXL | Exposition Collective du 13 au 27 septembre 2025

J'ai rédigé une quinzaine de petites notules pour accompagner la prochaine exposition proposée par la Galerie Martel Bruxelles, du 13 au 27 septembre 2025.
J'ignore si l'occasion se représentera d'aligner autant de petits boulots sur autant d'auteurices dingo.e.s, mais je ne boude pas mon plaisir : 

"La Galerie Martel, récemment installée à Bruxelles, présente du 13 au 27 septembre une exposition collective consacrée au Neuvième art, réunissant des figures majeures de la bande dessinée contemporaine.
Art Spiegelman, Chris Ware, Charles Burns, Lorenzo Mattotti, Brecht Evens, Emil Ferris, Gary Panter, José Muñoz, Ugo Bienvenu, Dominique Goblet & Kai Pfeiffer, Eric Lambé, Thomas Ott, Thierry Van Hasselt, Herr Seele & Kamagurka, Miroslav Sekulić-Struja, Gabriella Giandelli, Guido Crepax ou encore Fred : chacun, par son approche singulière, illustre la vitalité et la diversité d’un langage graphique en constante réinvention.
De l’introspection radicale aux fresques expérimentales, de la poésie visuelle aux explorations formelles, ces artistes – pionniers, iconoclastes ou héritiers turbulents – participent à repousser les frontières de la bande dessinée, affirmée ici comme un art à part entière.
Les textes de l’exposition sont signés par Julien June Misserey critique et commissaire d’expositions, qui accompagne ici la sélection d’un regard curatorial."

(extrait du site |
les textes en question sont sur la page dédiée du site de la galerie Martel, ici-même).

De la régalade pour les yeux, un peu moins pour le compte en banque si on se laisse un peu trop aller : une sorte de best-of en soi, quoi.
Merci à la Galerie Martel pour cette collecte vingt étoiles.


22 août 2025

Guitar.

"Guitar" est sorti ces derniers jours.

Il va évidemment falloir le réécouter et il y a déjà beaucoup à en dire, mais certains titres accrochent très rapidement l'oreille, dont ce "Terror" fascinant.
Cette sortie attendue est une bonne manière de se préparer à refermer le chapitre d'un été qui ne figurera pas, perso, dans la liste des étés les plus satisfaisants, et c'est surtout l'occasion de constater que l'orientation folk minimaliste (qui donne l'impression d'une pesanteur engluant l'auditeur d'un morceau à l'autre, dans un court espace-temps, au ralenti) prise par Mac DeMarco l'a laissé creusé une certaine nouvelle approche du songwriting.

La basse, la batterie sont anti-démonstratifs au possible, comme jamais, et ses marottes habituelles (une ligne de synthé, un travail sur la texture, un mix final tentant des trucs) sont au placard : la voix est dépouillée mais centrale ici. On pense évidemment instantanément à une suite logique au tout-instrumental (formidable) qu'était "Five Easy Hot Dogs", son dernier vrai album, il y a un peu plus de deux ans.
Mac a expliqué ici et là dans la presse que cet album tout entier reposant sur la guitare/voix sera le prétexte d'une tournée sans jouer, uniquement au chant. Ça me ferait presque regretter de ne pas avoir succombé aux dates à venir (places trop chères, vendues trop vite - ce classique), mais je me souviens qu'il n'est pas le dernier pour bazarder des vannes ou des conneries : nous verrons bien.


 L'album est chez tous les disquaires, ou sur le site de son propre label, ici-même.

 

13 août 2025

Çà va pas là ! - un coup de main aux éditions Çà & Là !

Comme pas mal d'autres structures éditoriales indépendantes, la belle maison Çà & Là traverse une mauvaise passe, expliquée en long, en large et en travers sur cette page HelloAsso : l'opération Çà va pas là est donc orchestrée par l'association des ami-e-s de çà et là, et il reste encore un peu de temps pour contribuer à l'effort collectif. 

 

Çà & Là
est un éditeur auquel je suis attaché : je me souviens, lorsque j'étais encore libraire (vindzouss), de l'annonce de la création de cette structure exclusivement orientée sur les traductions.
Je me souviens aussi avoir été partagé, comme d'autres, en découvrant cette nouvelle.

C'était en 2005. Le petit milieu indépendant de l'époque semblait accueillir avec modération la création d'une structure éditoriale qui se "contenterait d'acheter des droits", sans miser sur la création... Dans un contexte le plus souvent précaire, les inimitiés pouvaient vite s'installer, la solidarité entre acteurs du petit milileu de l'édition étant un concept bigrement variable...
Bref. Les premiers bouquins sont sortis : on commentait la fabrication, la maquette, on émettait des hypothèses et on découvrait ce que signifiait, en France, le fait de s'intéresser à la création réellement internationale au sens le plus large possible, sans jamais donner l'impression de se caler des œillères : Serge Ewenczyk, fondateur et rouage principal de la jeune structure, avait fait un drôle de choix, mais donnait l'impression de savoir où il allait, porté par un enthousiasme et une réelle curiosité envers ce milieu qu'il découvrait au fur et à mesure que les livres publiés trouvaient, ou non, leur public, et ce notamment grâce à quelques premiers librairies plutôt motivés pour jouer le jeu.

J'aimais déjà beaucoup Peter Kuper, Liz Prince, Andi Watson que j'étais content de pouvoir désormais partager avec le lectorat français. J'avais mis de côté Judd Winick et pour lui comme pour tant d'autres, je me faisais donc une cure de rattrapage de quelques VO manquées.
En 2006/2007 (j'ai un doute), Serge nous permet d'accueillir Linda Medley à la librairie, à l'occasion de la parution de "Château l'Attente". Je me souviens aussi avoir adoré "Ma Mère était une très belle femme", de la sud-africaine Karlien de Villiers, qui reste l'un de mes livres favoris publiés chez Ça & Là. En quelques mois, on était quelques librairies à avoir essayé de contribuer à l'installation, puis à la reconnaissance de cette jeune maison.

Depuis, les années ont passé, pas mal de bouquins sont parus, Çà & Là à sorti quelques best-sellers incontournables. Je pense à l'excellent travail réalisé autour de l'œuvre de Derf Backderf : ce dernier, que j'ai eu la joie d'accueillir à plusieurs reprises, de Besançon à La Rochelle, ne tarit jamais d'éloge sur Çà & Là, et se réjouit comme au premier jour de la chance qu'il a eu d'avoir été publié là ; ou encore à "La couleur des choses" de Martin Panchaud, qui revient de loin en terme de "traduction" d'objet éditorial qui n'aurait pu jamais voir le jour sous cette forme.
Il y a beaucoup d'autres titres qui n'ont pas forcément eu les mêmes faveurs, et certains l'auraient peut-être mérité.

Dans un contexte économique où l'on sait bien ce qui préside souvent aux choix, aux orientations des structures éditoriales contemporaines, Çà & Là a récemment montré la voix du discernement et en quelque sorte, à suivi une vraie cohérence avec ce qui transparaît dans son catalogue : en 2024, la structure est devenue une SCOP, animée par ses quatres salarié.e.s que sont Serge Ewenczyk (toujours éditeur et président), Hélène Duhamel (éditrice et directrice artistique), Marie Hornain (éditrice et relation presse), Louise Fourreau (éditrice et relation libraire). La défense d'une vraie bibliodiversité passe par ce type de décisions, et parce que la maison galère en ce moment, je tenais à participer à leur appel au soutien : d''où cette modeste petite contribution à l'effort, consistant à lister quelques bouquins qui me semblent très notables, et que je conseille à chacun.e d'aller commander sans attendre auprès de leur libraire favori, qui le recevra en quelques jours si elle/il ne l'a pas déjà en rayons. 

Attention : tout ça est bigrement subjectif.
Vous êtes prévenu.e.s ! 


Première ligne : les gros cartons de la maison :

« La couleur des choses » de  Martin Panchaud (2022)
« Kent State, quatre morts dans l’Ohio » de Derf Backderf  (2020)
« Trashed » de Derf Backderf  (2015)
« Mon ami Dahmer » de Derf Backderf  (2013)

Deuxième ligne : des auteur.ice.s incarnant pas mal ce que Ça & Là peut proposer aussi ces dernières années :

« Bradley à Bradley’ de Connor Willumsen (2023)
« Naphtaline » de Sole Otero (2022)
« L’Epée » d’Anabel Colazo (2022)
« Ne regarde pas derrière toi » d’Anabel Colazo (2020)
« Le Centre de la Terre » d’Anneli Furmark (2013)
« Petite terrienne » de Aisha Franz (2012)

Troisième ligne : des auteur.ice.s cainri que j'étais bien content de voir publié.e.s en français :

« Victory Parade » de Leela Corman (2024)
« Déplacement, vol.1 » de Joshua Cotter (2015)
« Déplacement, vol.2 » de Joshua Cotter (2022)
« Les Gratte-Ciel du Midwest » de Joshua Cotter (2011)
« Pittsburgh » de Frank Santoro (2018)
« Storeyville » de Frank Santoro (2010)
« Tu m’aimeras encore si je fais pipi au lit ? » de Liz Prince (2006)

Quatrième et cinquième lignes : les gros classiques incontournables d’auteur.ice.s incontournables :

« My Perfect Life » de Lynda Barry (2025, dans quelque jours si je ne dis pas de conneries)
« Come over Come over » de Lynda Barry (2024)
« Mes Cent Démons ! » de Lynda Barry (2014)
« Ruines » de Peter Kupper (2015)
« Arrête d'oublier de te souvenir » de Peter Kuper (2009)
« Anthologie American Splendor, Volume 2 » de Harvey Pekar (2010)
« Anthologie American Splendor, Volume 3 » de Harvey Pekar (2011)
« Anthologie American Splendor, Volume 1 » de Harvey Pekar (2009)
« Alec, L'intégrale » de Eddie Campbell (2011)

Enfin, dernière ligne : Un petit top 5 très très personnel, bouquins remarqués ou pas mais que j’affectionne particulièrement :

« Keeping Two » de Jordan Crane (2022).
Un chef-d'œuvre d'exploration du trauma par un de mes auteurs favoris, trop rarement traduit en français. En plus d'être incroyablement touchant, le bouquin enchaîne sans en avoir l'air pas mal de prouesses formelles, des choix de narration à ceux de composition.
« Gast » de Carol Swain (2014).
Une exploration intime tout autant qu'environnementale, magnifiquement réalisée par une autrice anglaise qui aurait mérité davantage d'attention, il me semble.
« Annie Sullivan & Helen Keller » de Joseph Lambert (2013).
Formidable à plus d'un titre : d'abord parce qu'incroyablement audacieux d'un point de vue formel, le livre s'appuie sur une histoire des plus bouleversantes : il retrace la rencontre et la relation entre Helen Keller (1880-1968), gamine américaine sourde, muette et aveugle, avec sa tutrice, Anne Sullivan (1866-1936), malvoyante déterminée qui apprendra à la petite Helen à lire, écrire et parler. La bande dessinée, ici, relate des notions, des émotions, comme peu d'autres langages auraient pu le faire. 
« En mer » de Drew Weing (2011).
Allégorie poétique et inspirée, sous la forme d'un petit livre semblant relater une énième aventure maritime : ça ne ressemble à rien d'autre, et c'est tout simplement très réussi.
« Ma Mère était une très belle femme (édition augmentée) » de Karen de Villiers (2010).
Par la bande, la dépiction de la vie durant l'apartheid par une autrice sud-africaine qui enchaîne les souvenirs d'enfance, de jeunesse, avec un sens de l'à-propos, une justesse et une délicatesse comme on en lira peu.

Tous les bouquins sont décrits sur le site de l'éditeur, et sont commandables sur leur site ou dans n'importe quelle librairie digne de ce nom.