En 2025, j'ai écouté des disques comme chaque année, une très très large partie de disques antérieurs à cette année comme d'habitude, parce que je suis un vieux crouton.
Un vieux crouton qui connaît par cœur la choré de "Hot to go" de Chappell R., parce que c'est ce que Sunny voulait que l'on fasse ensemble le plus souvent ces derniers temps, et parce que ça en vaut la peine.
Mais j'ai écouté quelques disques sortis cette année :
- Navy Blue "The Sword & The Soaring" (Freedom Sounds records).
Toujours prolifique et souvent inspiré, Navy Blue pousse le ruc et propose un rap plus introspectif, super touchant (thème principal : le deuil, les deuils, tiens donc) et cuisiné comme jamais.
- KingKlavé "Mi Deseo".
Jamais la même came, jamais le même genre pour ce producteur/instrumentiste : faut écouter les rares sorties, je ne vois que ça. Pas d'album, juste quelques titres mais qui quadrillent un terrain de jeu bien large !
- Homeboy Sandman & yeyts "Corn Hole Legend".
Le jeune producteur se retrouve à accompagner le mc new yorkais et c'est du rap qui fonctionne impec, sans fioritures ni chichi, sans trop de pose à la con non plus.
- Mac DeMarco "Dog on the rock".
Une suite de démos empilées dans la poussière et bazardée gratos parce que "why not ?" comme nous l'avait dit Mac à la sortie d'un des concerts quand on lui faisait remarquer que c'était franchement cool de partager gracieusement autant de trucs.
- India Blue "Confessions of an Imperfect Me".
Une chanteuse londonienne soulful super délicate qui place son truc tranquillement depuis le lockdown, toujours bien entourée (à ne pas confondre avec une autre chanteuse du même nom, malheureusement, comment s'y retrouver, rhââââ ?).
- Sessa "Pequina vertigem de amor".
Le jeune pluri-instrumentiste brésilien envoie un nouveau très bon disque, suave, plein d'amour, ça roule tout seul.
- jasmine.4.t "You Are The Morning" (Saddest Factory).
Folk à paillettes et envolées désarmantes, signée par une songwriteuse anglaise qui se livre à chaque mot, chanmé (via le label de Phoebe Bridgers ; bon).
- Evidence "Unlearning Vol. 2" (Rhymesayers).
Le mec ne lache pas le mic, ça déroule ce flow identifiable instantanément (Dilated Peoples depuis 92, hein) mais c'est super bien, à la hauteur du précédent, easy. Mon disque de rap favori de cette année, je crois.
- Venna "Malik" (Cashmere Thoughts recordings).
La nouvelle scène jazz anglaise n'a plus grand chose de très très nouveau mais c'est pas grave : ça fait des années que cette jeune clique occupe le terrain et même si on peut leur reprocher un certain périmètre bien reconnaissable, parfois, c'est tout de même souvent super bonnard.
- Alfa Mist "Roulette" (Sekito recordings).
Rapport au commentaire précédent : l'un des cadors de la dite scène a bien déroulé cette année !
From Coburg, Melbourne, Australie : le pluri-instrumentiste croisé sur quasi tous les projets du label College of Knowledge (il joue dans Surprise Chef, Karate Boogaloo, The Pro-Teens...) sort un énième solo, c'est cinématique et soulful, c'est gentiment pop aux entournures, bref ça déroule comme d'hab.
- Little Simz "Lotus" (AWAL recordings).
A chaque nouveau disque, la rappeuse pose un nouveau truc qui la distingue.
- Tortoise "Touch" (International Anthem).
Supérieur à la somme des expériences récentes de certains de ses membres les plus chauds (paie ton roster de pointures hein...), cet ensemble d'expériences est un généreux fourre-tout à la lisère de plein de choses. On est plus coincé dans du classique math-rock de Chicago : les types ont un peu poussé les potards ici ou là...
- Rapsody + Madlib "MadRaps" (Roc Nation).
Skeud sorti plutôt discrètement, la rappeuse souligne pourquoi elle est au dessus de la liste, et Madlib fait son Madlib : moi j'en demande pas plus.
- The Circling sun "Orbits" (Soundway records).
Le fortiche néo-zélandais Julien Dyne pilote une nouvelle expédition cosmique, pas de surprises au vu du précédent effort, mais quelques jolis vertiges de jazz gentiment interstellaire.
- Derya Yıldırım & Grup Şimşek "Yarin Yoksa" (Big Crown Records).
La turco-allemande est toujours entourée d'une belle formation qui l'emmène dans des contrées de folk Anatolien, c'est produit sur Big Crown, et il y a un gros tube dedans. Mon meilleur concert de l'année (merci Zutique Productions), avec Laura Cahen vue à Lyon, rien à voir (encore que).
- Turnstile "Never engouh" (Roadrunner).
J'écoute pas tellement de musique énervée mais l'énergie de cette clique a été inévitable en 2025. Pas de refonte incroyable depuis le précédent, une prod un peu plus poussée et c'est parti pour sautiller dru. Unanimité des copines : à voir sur scène sans trop attendre.
- Clélya Abraham "Atacama" (Aztec Musique).
Nettoyage mental intégral avec la très belle proposition de cette chanteuse et pianiste aux progressions d'accords chanmé.
- Mac DeMarco "Guitar" (Mac's Record Label).
Trop dépouillé, trop minimal, trop peu arrangé, trop monotone ? Malgré l'aridité première, le disque recèle de pépites, de textes réussis, et surprise (?), la version live de l'album l'emmène dans des ailleurs délicieux qui permettent de saisir la portée du projet.
- Florence Adooni "A.O.E.I.U." (Philophon).
Moi si Jimi Ténor est impliqué, généralement je suis preneur. C'est réducteur ? C'est vrai, mais j'ai l'impression que tout le monde a tout dit sur ce disque, non ?
- Armand Hammer + The Alchemist "Mercy" (Backwoodz Studioz).
Allez, du rap, et pas n'importe lequel : un des tout meilleurs lyricists de ces dernières années, servi par Alc, au top de sa forme post-beatless.
- Lynn "Early Works 2019-2021" (Le Sofa).
Une jeune chanteuse estampillée nouvelle soul française se fait déjà compiler : un peu de tout, irrégulier, mais quand c'est bien, c'est vraiment bien, elle a un truc et on ne demande qu'à écouter la suite.
- Gabe Nandez + Preservation "Sortilège" (Backwoodz Studioz).
Excellent projet hip hop porté par le label le plus régulier de ces dernières années : les deux lascars sont à suivre de très très très près.
Allez, y'a évidemment eu d'autres choses mais voilà mes trucs les plus usés cette année.

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