Il y a quelques jours, en postant au sujet du concert du siècle (EL-P au Noumatrouff de Mulhouse il y a 3 semaines, pour ceux qui suivent que dalle...), j'avais parlé de vidéos tournées notamment par le copain M le Mehdi.
Alors au final, la qualité n'est pas à tomber par terre, mais certains moments sont un peu près restitués, tant bien que mal ; j'ai découpé les morceaux ou ca partait en vrille niveau visuel, j'ai essayé de faire ce que je pouvais, c'est super rough et "monté" de manière super dégueu, mais l'important, c'était de proposer quelques moments du show, pas grand chose de plus. Alors bon, ca bouge, le son n'est pas divin, l'image n'est ni claire ni précise, mais vous vous faites une idée, quoi....
Alors ouaip, on se bouffe du "Another Emcees" et du "Stepfather Factory", mais aussi des tonnes de petite choses dignes d'intêret (checkez ce que fait Dibbs avec le "Alphabet Aerobics" de Blackalicious, notamment) ; mais l'essentiel, c'est la présence, les tripes du gros P...
Parfois, les séquences durent 5 secondes, parfois 1minute, donc le mieux est de se mater l'intégralité, niark niark niark... Puis en tout, il n'y en a qu'une bonne dizaine de minutes donc bon...
Un dernier big-up à Jay, Dav aka L'En', Bas', Narqo, Zo, Mika, Roby, Jef et Céc', Flo Ease, Alex, Mehdi (thanks again, mon gars), et une belle salve d'insultes à ceux qui auraient du faire le chemin... You know who you are ! 8)
La première partie :
La seconde :
La troisième, et dernière :
Bon, voilà pour le moment.
Ah, si : ce samedi (28 avril), Zo et moi comptons bien tout casser pour le dernier Retour du Boogie du mois d'avril. Ca va être le bordel, on est super chauds, alors hésitez pas à venir nous taper une bise à La Crèmerie, rue Pouillet, à Besac, dès 21h30, et jusqu'à 2h. The usual kind of shit.
Avant de commencer, et parce que ca n'arrive pas tous les jours, un tout petit message perso : mon pote, que dis-je, mon bro Jay s'est cassé hier mercredi pour retrouver sa promise, outre-Atlantique, pour une durée qu'on leur souhaite la plus longue possible, ce qui ne nous procure guère de souçis. Juste un peu de tristesse parce que vu l'état des finances, c'est pas tous les jours qu'on pourra aller leur taper la bise au Colorado, à Kim et lui... Alors évidemment, des tonnes de bises, et promis quand même : à bientôt, mec !
Voilà. Parce qu'on aura beau dire, ca fait quelque chose de voir "partir" un pote avec qui on a partagé ses premiers coups de coeur hip hop, ses premiers tricks de skate, ses premiers tours de rampe (remember Gevry, homies) (bon ok, mes tours à moi n'étaient guère conséquents, mais quand même), et tant d'autres choses... Ambiance nostalgico-tristouille, mais super content pour lui, bordel. Enjoy, hein ! 8)
Bon.
Mis à part ça, ca va ? Ben ici, ca va, ouaip.
Un samedi au taf comme on les aime, avec la venue du gars Christophe Gaultier, à l'occasion de la sortie du premier tome de son "Robinson Crusoe", paru chez Delcourt.
Sympathique aussi, le fait d'avoir eu droit à la petite visite d'Alexandre Clérisse (qui vient de sortir "Jazz Club", chez Dargaud), jeune auteur sympa qui était accueilli par nos confrères de la-librairie-BD-Fugue-d'en-face... Du coup, le pot en terrasse ensoleillée, le soir venu, était un moment bien sympa, vindzousss.
Alors malgré ma méfiance et mon manque d'enthousiasme quant au principe de l'adaptation en général (et sous toutes ses formes, je dois bien admettre), il y des moments où il faut savoir reconnaître la réussite là ou elle se trouve. Le gars Gaultier a déjà signé de nombreux bouquins, en solo ou accompagné, mais le temps qui passe semble lui réussir : de plus en plus personnel, de plus en plus identifiable (et ce malgré les nombreuses méthodes parmi lesquelles il sait choisir pour adapter au mieux une forme à un fond), son style sert à merveille un récit qui l'a profondément marqué par le passé, et l'amour, l'admiration qu'il porte au bouquin de Defoe respire à chaque case, à chaque dessin, à chaque dialogue (qu'il a brillament réécrit, quelle classe ce tobal).
Bon, l'histoire, on la connaît (ou on croit s'en souvenir), donc une fois de plus, la réelle valeur de ce type de projet, c'est de voir comment l'auteur va s'en emparer... Et là, donc, réussite totale, il me semble. Parce que Gaultier ne vient pas de signer un travail de commande à la con, il termine actuellement le dernier tome de son Robinson (le troisième), déjà : on sent la passion, l'envie qui anime le bonhomme (mazette, c'est pas un gringalet, en plus, hein, il doit en falloir pour le mouvoir, ouaich) de s'empoigner avec une telle oeuvre ; si tout se déroule comme prévu, entre "Guerres Civiles" chez Futuro et sa reprise de "Donjon Potron-Minet", nous devrions pouvoir lire le second tome à la rentrée, et le dernier quelques mois plus tard, début 2008. Si ca c'est pas la classe, aussi...
Tiens ? Mais qu'est-ce que cette vidéo de Benny Sings fout là ?
Bizarre.
Bon, quelques autres lectures, en vrac, comme "Missing", de Will Argunas, à sortir chez KSTR. Dans le registre noir, chacun son truc : aux states, ils ont Bendis qui, après avoir dépoussieré le néopolar, se parodie lui-même jusqu'à plus soif (perso, j'ai déclaré forfait il y a déjà un moment), nous, on a KSTR, l'éditeur le plus Canada Dry de la constellation, et Arunas, qui, entre deux idées, se perd lui-même dans un fourre-tout à base d'intrigue (?) archi-vue et revue, et de flashbacks qui feraient passer Burnechouigue pour un scénariste doué. C'est pas encore sorti, mais c'est pas très grave.
...Comme les suites de parutions de versions françaises encore inédites comme "Promethea" (chez Panini, épisodes 13 à 18) de Moore et Williams ; doit-on répèter que Promethea est probablement la série la plus en roue-libre du Moore de ces dernières années, ésotérico-métaphysico-magique ? Que rarement Williams a autant donné l'impression de s'éclater, d'ailleurs un peu près autant que dans l'excellent exercice jubilatoire qu'est son "Desolation Jones" scénarisé par Ellis, rarement autant en forme ?...
...Comme "Sandman : Fables et réflexions" (chez Delcourt) comporte la suite de la classique saga, agrémentées (incroyable -bonne- idée !) des quelques pages initialement parues dans le petit collectif "Vertigo preview #1", illustrées par Kent Williams : 10 pages, pas plus, qui comptent parmi ce que Gaiman a fait de mieux, à mon goût ; dommage qu'ici, elles furent traduites avec les pieds...
...Comme "Y le dernier homme" (encore Panini, bonjour la main-mise, hein), soit les épisodes 18 à 23 d'une des meilleures séries Vertigo d'alors, ou Brian K. Vaughan affichait encore, avec succès, un talent et un imaginaire assez séduisant ; les aventures de Yorick, dernier homme encore vivant sur terre, et parachuté dans une destinée qui se précise lentement... Tout sauf un bon plan pour lui, évidemment. Même si le dessin de Pia Guerra ou de Goran Parlov n'ont pas forcément des tonnes de charme, le rythme et les ingrédients sont là, ca fonctionne, vivement la suite.
Autant de bon para-mainstream ricain, pas forcément récent ("Sandman" a tout de même pris un sacré coup de vieux niveau encrage et colorisation, ca se confirme avec cette nouvelle traduction), et encore, je parle même pas de l'arrivée de la nouvelle intégrale XMen, qui comporte la mini-mini-mini-série avec Alpha Flight (par Claremont, of course, et Paul Smith aux pinceaux, vraiment torché, on devine la commande pressante), mais aussi l'arrivée d'Arthur Adams, quand je pense qu'il ya 20 ans déjà que j'attendais comme un dingue de découvrir la suite de son boulot, entre 2 "Spécial Strange" et un "Titans" (87, hotdaaaaammit)... Et après les horribles X-Babies, l'arrivée de Rachel Summers, soit le début de la fin ; ben ouais, qui dit Rachel, dit Cable... L'horreur, quoi. Bon, à part pour l'habituelle poignée de nostalgiques, rien d'indispensable dans cette livraison de chez Marvel, hein.
Ben ouais, j'ai des phases : en ce moment, je lis et relis du mainstream ricain, récent, old school, Marvel, DC... Je tente de comprendre pourquoi la franco-belge ne m'attirait pas, et ce que je pouvais trouver dans ce que les éditions Lug m'apportaient régulièrement... Autant le dire, j'ai pas encore trouvé de réponse. Tout ce que je sais, c'est qu'Adams, j'étais super fan de son dessin, mais les scènars de Claremont, à ce moment précis, me faisaient chiiiiieeeeer...
Bref.
Je pourrais déblatèrer pendant des plombes sur "comment c'était cool l'arrivée des New Mutants !", alors autant passer à autre chose, hein...
Sinon, après des mois à repousser sans cesse (quand le temps et l'envie ne sont pas là, ca fait 2 bonnes raisons de ne pas poster plus souvent, non ?), une envie de revenir sur tel ou tel bouquin frémissait dans mes petits doigts... Et ce matin, en me baladant ici et là aux confins du ouebe, je me retrouve sur le (toujours très bon) blog de l'ami Nico from XRXD, et paf : ce belge individu me devance, décidant à quelques jours près de poster sur deux des plus chouettes bouquins que j'ai lu ces derniers mois... Qu'à cela ne tienne, Nico. Tout finira par se payer, tu le sais... 8)
D'abord, merci à Fantagraphics et aux divers acteurs de l'excellente entreprise qu'est devenue la collection Ignatz.
D'abord, parce qu'elle recèle de quelques pépites, de quelques joyaux (quelques coups foireux aussi, certes).
Ensuite, parce qu'elle permet à Anders Nilsen de signer quelques unes de ses plus belles pages, sous la forme des premières qui constituent "The End" (dont la couverture chez Coconino Press semble différente de l'édition parue chez Fanta, simple erreur de mise à jour du site de Coconino ?) , et tout simplement intitulées "Since you've gone I can do whatever I want, all the time". Comme l'a déjà fait remarquer Nico, il s'agit d'une suite de bien tristes scénettes, celles-là même que semble vivre l'auteur au moment où il bossait sur ces planches, totalement anéanti depuis le décès de celle qui partageait sa vie. Inutile d'imaginer que l'auteur rend hommage à celle qu'il aime dans ce livre, car après quelques mois seulement, il semble évident qu'on en est pas encore à ce stade ; ici, l'absence, le vide, la douleur, le sentiment de perdition absolu(e), se mélangent et se répondent, et on imaginera difficilement quelque vertu thérapeutique que ce soit dans la conception de ce bouquin...
Alors voilà, à ceux qui trouvent l'autobiographie en bande dessinée souvent lacrymale, inutile de préciser qu'ils tiennent là leur pièce maîtresse. Pour ma part, la sincérité désarmante avec laquelle s'affiche l'auteur m'est apparue comme trop rare, trop précieuse, et trop universelle, pour ne pas adhèrer, totalement, à la manière de faire, car même désarmé et abbatu, Nilsen reste un auteur intelligible, et passionnant. Une fois encore, la question n'est pas de savoir comment va Anders en ce moment, ni si sa vie est toujours au début d'un préambule d'introduction d'éventuel début de reconstruction, non non non. Le fait est qu'Anders a eu mal, et qu'il l'exprime, sans donner l'impression qu'il cherche forcément une issue, ankylosé qu'il est et coincé entre la paralysie et ce sentiment de perdition, donc. La douleur en tant que trame de travail, non pas comme un appel au rebond vers d'autres thèmes, vers d'autres idées, mais comme un acte spontané et probablement nécessaire, aussi nécessaire qu'il était probablement douloureux, même si on imagine le mec assez anesthésié par l'ampleur du truc qu'il vit.
Nico, de son côté, imagine "Monologue for the Coming Plague" (le précedent bouquin de Nilsen) comme une somme de travail précedent la version aboutie de ce "The End". On imagine en effet assez bien la pensée et les idées de Nilsen retrouver, au fil du temps qui passe, une sorte de cohérence et une linéarité qu'on pourrait suivre, ou du moins, qu'on pourrait percevoir dans sa trame la plus abstraite ; il est vrai que "Monologue..." tenait davantage du work in progress autant graphique que psychologique, mais l'urgence du moment, du ressentiment, dictant l'acte, on tenait là, déjà, un énorme condensé, brutal et abrupt, témoignage d'un instant de la vie de l'auteur.
"The End" est taillé dans le même matériau, un tantinet plus affiné à l'égard d'un lectorat qui, s'il était rare pour "Monologue...", n'a pas du augmenter depuis, et on saurait comprendre pourquoi... Et pourtant... L'expérimental se coltine donc, une fois de plus, avec le vécu, pour un Ignatz qui me semble réussi, à plus d'un titre.
Anders Nilsen a également réalisé une illustration pour le très, très bon collectif "Beasts", sorti chez Fantagraphics (Fred, n'achète pas ce bouquin s'il te plaît, contacte Tristan plutôt), un bon gros bouquin, magnifique dans sa conception comme dans sa réalisation, avec une belle brochette d'auteurs et de créateurs s'acquittant de leur tâche (illustrer un mythe, une créature mythique, accompagnés d'un texte, afin de réaliser une sorte de bestiaire de l'imaginaire collectif et du folklore mondial), qui vaut vraiment le coup.
Anders Nilsen, ponctuellement, réalise aussi sa page pour les Sundays Services, ces updates irrégulières de la petite bande de The Holy Consumption (avec Jeffrey Brown, John Hankiewicz, et Paul Hornschemeier).
Lors de tout ce temps, on imagine assez facilement qu'Anders Nilsen, pendant qu'il fait plein d'autres trucs formidables, beaux, chiale sa race sur sa planche à dessin.
Rarement douleur n'a été aussi bien retranscrite, tous supports confondus. Je ne sais pas si je suis suffisamment éloigné du concept de voyeurisme quand je ressens cela, mais il me semble que cela tient davantage d'une sorte d'empathie, de sympathie... Que dire ? Difficile de résumer les derniers efforts de Nilsen. Peut-être faut-il juste les lire. Et lui souhaiter que l'avenir lui soit plus clément.
Pas fastoche, comme on dit.
Bon. Sinon, la claque du mois est parue, et c'est La Cerise, digne éditeur bordelais qui s'en occupe ; je voulais y revenir aussi, parce qu'il me semble qu'on ne sera pas assez à défendre ce bouquin... "Entre-deux" sera résumé ici et là comme une prouesse graphique sur fond de road-trip mouvementé, ce qui sera juste, mais toutefois vachement réducteur. Vincent Perriot, qu'on surnomme déjà le-jeune-mec-qui-énerve-tout-le-monde-avec-son-dessin-d'enculé, avec son petit trophée ramené d'Angoulême 2005 (Alph’Art Jeune Talent), avait déjà été remarqué dans Clafoutis il y a quelque temps (il avait alors 18 ans, mais parlons d'autre chose si vous le voulez bien). De voyage, il en était déjà question dans "Le passager", l'un de ses récits publiés précèdemment sur Coconino, où déjà, les prises de notes s'emballaient en un voyage à tiroirs. Ici, Perriot ajoute quelques cordes à son arc...
Récit muet s'étalant avec maestria sur environ 80 pages, "Entre-deux" est un ouvrage qui stimule, à bien des égards, la curiosité du lecteur peu farouche.
D'abord, le double parti-pris narratif, se jouant d'abord de l'utilisation de textes et de dialogues, et utilisant l'elipse comme base de travail : un dessin par page, pas plus, tantôt comme isolé de son cadre original, comme un extrait d'une situation, tantôt pleine page, laissant la virtuosité s'exprimer. Entre les deux, mais aussi entre chaque page, un lien, un fil, parfois mince, parfois moins subtil, mais toujours essentiel et qui, comme le rappelait l'ami Nico sur XRD, donne toute sa raison d'être à la bande dessinée. Les interstices, les non-dits, ce qui se trame entre les cases, c'est exactement cela dont il s'agit lorsqu'on cherche à caractériser le médium, énormément de monde semble s'accorder la-dessus. Eh bien conseillons à chacun d'aller tripoter ce bouquin de plus près...
Le livre a bien d'autres qualités, un ouvrage jouant avec la narration ne saurait suffire, en 2007, à ce que l'on s'emballe immodérément à son sujet.
Son dessin, riche en détails, préférant les tentatives de retranscription depuis des angles peu faciles aux sempiternelles point de vue vus et revus, justement ; la justesse de la luminosité de certaines pages laissant place à une obscurité tout aussi maitrisée ; l'attrait pour des angles impossibles, compliqués, où la perspective se détend et où la beauté et l'intelligence du conteur prend le pas sur l'exactitude du rationnel ("Fuck reality", comme le dit si justement l'un des graffs posés sur une de ces merdasses d'ornements de rond-point) ; et puis un coup de crayon bluffant, une puissance évocatrice digne des plus grands, une musicalité qui fait entrer Perriot dans mon petit panthéon personnel des auteurs qui comptent, ben ouais, d'un coup d'un seul, une réelle lisibilité (il ne faut pas se contenter de feuilleter ce livre en le trouvant beau ; sa lecture, au calme et avec du temps pour savourer chaque page, s'impose vraiment.
L'histoire, quant à elle, mérite qu'on ne la dévoile pas totalement. Non pas que le bouquin soit riche de tonnes de rebondissements, non. Mais la réussite, c'est qu'en ne racontant que très peu de choses, en prenant le temps de poser quelques instantanés d'une virée à deux, Perriot nous fait le coup de la grande évasion, celle que l'on a vécu au moins une fois, celle que l'on s'est imaginé, celle que l'on a souhaité ; le bain de liberté, accompagné par son équivalent d'onirisme léger et serein, sa dose de béatitude enviée et palpable. Le pétage de plomb circontanciel, l'aventure qui commence juste la-bas, derrière le boulevard... Le trip, quoi.
Pendant que certains donnent des leçons de vie dans leurs bouquins quentinblakisés, sur le dessin, son pourquoi, son comment, Vincent Perriot, mine de rien, remet quelques pendules à l'heure, en racontant une très belle histoire, de très belle manière. Que les amateurs de dessin au sens le plus noble du terme, ainsi que les grandes gueules à la science infuse, savourent avec justesse cette ébouriffante leçon qu'est "Entre-deux".
Et sinon ?
Eh bien, mes aieux, quel temps d'enculé, hein. Ca fait 3 jours que je me balade à poil chez moi, le mercure y frisant les 28°... Alors du coup, quand on sort les disques pour des sessions outdoor, ca fait vraiment, vraiment du bien :
Dimanche dernier, et sur l'invitation de cette crapule baroudeuse qu'est le gars Voonx, réunion dominicale et musicale sous le soleil, dans le cadre du festival ElectroClique (suite et fin) : Zo, Voonx et moi-même avons passé une bonne partie de la journée à pousser quelques disques pour accompagner les skaters du skate-park de Chamars, ambiance au vert, ainsi qu'une poignée de teuffeurs en redescente de leur nuit à Micropolis (l'occasion de répondre par la négative à la sempiternelle question "eh grand, t'a pas de la tech ?"... ben nan, les gars, ben nan...). Enfin, si j'ai du vieux Detroit, tout ça, mais je sais pas si on parle du même truc. Anyway.
L'atmosphère super tranquille qui régnait nous a complètement assommé : grosse chaleur, soleil qui claque, parties de freesbee endiablées, échange de baballe au piepied, et puis passage de tonnes et de tonnes de potes... Le tout avec un bon gros son, et quelques milliards de disques, perso, moi j'en redemande... Merci donc à Voonx d'HoneyBoxxx pour l'invit, c'était dope, mec. Honeyboxxx Turbo Selektorz represent !
[merci à Sandrina et à Cécile pour les tophs]
Ah, en parlant de mouzik, j'ai une nouvelle mixtape disponible sur demande [envoyez-moi un mail à encorejune(at)gmail(dot)com ], pour celles et ceux que ca intéresserait, avec une petite pochette faite exprès, et tout. Une vingtaine de morceaux, sur 1 heure, 12 minutes, 38 secondes, des choses diverses et variées, que j'oserais qualifier de mix printanier mais un peu précoce quand même... Bref. Un peu compliqué comme idée de départ, mais n'ayons de cesse de recycler, pas vrai ?
00. >>>> june's lovely springtime - 12/04/2007.
01. Ohmega Watts "Interlude 1 : journey" (2005, Ubiquity).
02. Nick Holder "No more dating dj's" (2004, NRK Sound Division).
03. Minnie Riperton "Take a little trip" (1974, Epic).
04. Build an Ark "The blessing song" (2004, P-Vine records).
05. la Chatte Rouge "Affaires à faire" (1996, Disques Solid).
06. Leroy Hutson "It's different" (1975, Curtom).
07. Digable Planets "Dedicated" (1995, Pendulum).
08. Mozesli "Sunshine" (1997, Source records).
09. Plantlife "3 am" (2005, BBC).
10. Ronnie Foster "Mystic bounce (Madlib remix)" (2003, Blue Note).
11. One Self "BlueBird" (2005, Ninja Tune).
12. Shuggie Otis "Aht uh mi hed" (1974, CBS).
13. Cinematic Orchestra "Wheel within a wheel" (2004, Talkin' Loud).
14. Tortoise "Whitewater" (1995, Soul Static Sound).
15. Grizzly Bear "Owner of a lonely heart" (2006, Audraglint records).
16. David Axelrod "Warning talk - part. one" (2005 reimp, Blue Note).
17. Keren Ann "For you and I" (2005, Capitol).
18. Spacek "Eve" (2000, Island Blue).
19. Pyeng Threadgill "Close to me" (2006,)
20. Marc Moulin "Humpty dumpty" (1971, 2006 Counterpoint reimp).
21. Jazzanova "l.o.v.e. and you and I" (2002, JCR).
22. Benny Sings "Inconditionnal love" (2004, Kindred Spirits).
23. Lovin' Minnie Riperton outro (remember : no more dating dj's...).
Au final, un mix de choses assez molassones, assez posées, assez laidback, très downtempo, trèèèèès lowtempo. Presqu'un mix love, quoi. Non, non. Un vrai mix love. Mais pas que. Enfin bon.
Bon. Disons que cette sélection fait office de RadiojUne, hein, parce que les jours qui s'annoncent se précisent... trèèèès occupés.
Dans 3 jours, on vote, et j'avoue que j'ai pas l'ombre d'une envie d'y aller.
Bon, je vais le faire, mais avec autant d'envie que si on me proposait une raclette, hein.
Bon, le soleil cogne, c'est le printemps, la petite Lilly m'a fait plein de sourires, Alcor arrive d'une minute à l'autre, faut que je monte le barbecue, et faut encore que j'aille poser des affiches pour la soirée du boogie le weekend prochain. J'y vais, quoi.
Des bises chez vous. A bientôt, ou pas.
J'ai pas une minute à moi pour prendre le temps de blogger, mais je m'en voudrais quand même de ne pas prendre le temps d'exprimer mon enthousiasme quant à la dernière petite soirée du weekend de bargeot que l'on vient de passer...
Allez, droit au but, parce que j'ai 2546154 trucs sur le feu : après un Retour du Boogie déjà bien sympa (et des tonnes de potes, comme d'hab), nous concluons notre samedi par un after impromptu (big up LaSté !), alors que nous étions bien décidés à prendre un peu de repos avant le gros du weekend (c'est le cas de le dire), notre petite virée à Mulhouse, au Noumatrouff, où mes zozos d'Electrons Libres devaient assurer, tout comme moi, l'enrobage d'une soirée dont le point d'orgue était la venue du seul, de l'unique, du génial El P.
Alors bon, "il nous fait encore le coup de la soirée de sa vie, tout ça...", je vous vois venir, et j'oserais dire que je vous comprend, tant il est vrai qu'il y a un paquet de gens qui m'emballent dans cette grosse mélasse dégueulasse qu'est l'industrie du disque. Eh ben justement.
Des bons producteurs, il y en a quelques uns, on peut les compter (la plupart ont oublié de se renouveller où se sont mis à cachetonner avant l'heure, mais bon).
Des bons mc's, idem : si le meilleur est peut-être derniere nous (/mode aigri OFF), il demeure quelques mecs qui, une fois armés d'un micro, provoquent quelques désastres quelque part dans la crôute terrestre, ou dans nos crânes, au moins.
La-dessus, des gérants de labels, il y en a des bons, mais soit leur exigence les conduit à fermer la porte, où au moins à réduire leur activité (vous avez remarqué le nombre de disquaires qui ferment ?), soit ils se mettent à faire des sacrifices et à signer des trucs à prise de risque moindre... Alors ceux qui gardent leur indépendance, contre vents et marées, qui préferent ramer en solo parce qu'habités par une passion qu'ils ne veulent pas diluer dans "l'industrie", justement, ils sont vraiment, vraiment peu nombreux.
Dans le business du hip hop, il y a aussi un paquet de mecs sympas, mais largement davantage de tocards, qui, saisis d'un melon de la taille de la lune, affichent une mégalo à tomber par terre, ou bien encore plus de poseurs, de mecs creux, de grandes gueules, d'attitudes photocopiées, de gens affairés à encaisser sur la hype du moment (tant qu'il est temps), et surtout, surtout, d'armées de clones, se contentant de refaire, de refaire, et de refaire encore, ce que d'autres ont fait, mieux ou moins bien, mais déjà fait...
C'est très rare, les fortiches dans plus d'une catégorie.
C'est encore plus rare, ceux qui cartonnent dans toutes.
Et El P. fait partie de ceux-là. Si vous en voyez d'autres, vous me le dites, hein...
On est partis tôt de Besançon avec les zozos qui me servent de crew (Electrons Libres et l'Enigmatic, le bro Jay aux photos, quelques autres copains), on est arrivés tôt à Mulhouse, le producto attaquait sa balance, déjà, je le sentais bien, mais j'étais aux antipodes de la vérité... Je vous épargne les échanges à base de cocksucking, c'était dur de laisser l'attitude de fan de base au vestiaire, mais bon : El P, depuis les premiers Company Flow, jusqu'à son dernier album "I’ll Sleep When You’re Dead", en passant par l'énorme aventure que représente Def Jux dans le paysage du hip hop ricain indé, c'est quelqu'un pour qui j'ai énormément, énormément de respect.
Le temps de chiller sous le soleil de la terrasse du Nouma, de checker un peu le soundsystem (ah, si les gens des salles bisontines pouvaient aller faire des soirées un peu plus souvent à Mulhouse pour constater ce qu'est un vrai bon son...), de reprendre quelques toutes petites forces (dur weekend, si, si), et la soirée allait commencer.
Après un petit set devant très peu de gens, je laisse Electrons et Len faire leur show, une semaine après celui au Moulin (à Brainans), et quelques jours après une brêve apparition au cours d'une soirée au Cylindre (à Besançon) ; pour eux aussi, la semaine a été longue, mais même si la fréquentation n'est pas énorme (dimanche veille de férié, c'était pas gagné, on le savait), ils arrivent progressivement à attirer l'attention du petit public qui finit par être assez réceptif à leur vision du hip hop. Spéciale dédicace à L'Enigmatic, dont les textes et le flow n'ont de cesse de s'affiner, de se préciser, de se personnaliser pour proposer un truc vraiment très, très bon. Besançon, un vivier ? Nooooon... Le Jura, les gars, le Jura. 8)
Entre temps, les potes nous rejoignent, Cécile et Jeff, le petit Alex, Bruno et Guy, Mehdi...
Le show commence, un titre où cette raclure de Mr Dibbs donne directement le meilleur de lui-même aux platines, et où El P. donne le ton : corps déjà à moitié en transe, regard à faire se lever une armée, tellement de présence qu'il faudrait inventer un nouveau terme plus fort que "ultra-charismatique", flow à 800 à l'heure, bref, c'était déjà le bordel, malgré la faible audience.
Le premier titre se termine, et paf, la soirée commence pour de bon : El Producto invite consciencieusement tous les spectateurs (j'ai bien dit TOUS les spectateurs...) à monter sur scène pour boire un pot, indiquant des quantités de bière nous attendant gentiment sur la droite de la scène. Les raisons sont nombreuses, mais l'anniversaire de Jon, leur video-guy, semble être la raison principale de tout ce bordel. Quoiqu'il en soit, les gens commencent à envahir la scène, ambiance cool et bon enfant, et P fait le barman, allant donner des verres à un maximum de gens, avant d'attaquer un nouveau titre.
Inutile de dire que les beatheads qui étaient présents étaient aux anges, les autres aussi tant il était évident que l'opération séduction sentait plus la sinçérité que le calcul. Et puis parce que les gens n'étaient pas légion, P donne le ton : "I want all you motherfuckers to stay on stage, with us, we're all there for having a good time, so just forget about this stage thing and give up all this shit, now we'll do our thing here, okay ?". Le feu.
Les titres se succèderent, je passe sur le show de Dibbs, avec l'énergie et l'efficacité qu'on lui connait (3 litres de sueur déversés dans la mixette, clairement), et je ne saurais pas résumer celle de P. et de son homie, Quin, aux backs derrière : tout déchirer, c'était le but du jeu, aussi.
Toute la durée de leur set, des flots de folie furieuse, avec un El P qui se laisse tomber à terre alors que Dibbs envoyait les phases de scratch les plus agressives que j'ai entendu depuis belle lurette, transe totale, habité n'est plus le mot. Et quand le fat beat revient, le rouquin new yorkais a déjà réveille son audience, qui fait des bonds de cabri autour d'une scène qui semble nous menacer à chaque instant de se faire défoncer sous poids conjugués...
Un véritable bordel de gigantissime envergure, un son d'enculé, des textes à coucher l'ensemble de la planète hip hop... Entre potes, nos regards se croisaient, et sans pouvoir se parler (imagine le bordel !), on pouvait être d'accord, on le voyait : on assistait à un grand moment de hip hop, clairement.
Après un show inoubliable, avec quelques uns des plus gros hymnes de la planète Def Jux ("Stepfather factory" en guise de dernier titre, avec Jeff en guest de Quin, mortel...), il fallait bien que cela s'arrête...
J'étais sur scène juste derrière Dibbs (je pense pouvoir dire que je lui servi de mur de soutien lors de sessions vénères un peu plus marquées que les autres...), j'ai pris le temps de lui dire qu'il était hors de question que je reprenne derrière lui après CA ("...what the fuck you want me to do now !?..."), le mec était mort de rire et m'a super encouragé en me disant que j'avais joué des grosses tueries avant, inutile de préciser la taille de ma satisfaction après ça... Eh ouais, c'est aussi ça, l'attitude fan de base : se liquéfier comme une fillette devant des mecs talentueux, j'y peux rien...
Les autres ont pris le temps d'aller taper la discut' dehors (il faisait putain de BON) pendant que je j'allais tenter une fin de soirée potable, tant bien que mal. On a terminé avec le staf du Nouma et quelques gens sympas, à boire quelques coups avant de reprendre le minibus, surexcités par la soirée.
Après 2 heures de route et à peine plus de 3 heures de sommeil sur deux nuits, arrivé à la maison vers 6h du mat ; impossible de dormir, à fond dedans. J'allume les platines et je continue ma nuit de gros son jusqu'à plus de 11h du mat, où je m'étale, exténue. Bon, j'en ai profité pour faire un mix de saloperies à base de Def Jux, je tâcherais de le mettre en ligne je sais pas où.
Le dimanche après-midi, il fallait aller décompresser, gloire soit rendue au freesbee nounours : grosse session gazon/frisbee/copain/glace en Gare d'Eau, avec Tristan-du-Boogie et Jack, ses potes, Vince, Jay, Jeff, Balth... Et on était tous d'accord : dur de redescendre après ça... "Its a good year to be a jukie", dit le producto sur son blog, dès le lendemain.
C'est rien de le dire.
Si tout va bien, des vidéos et des photos arrivent tout bientôt. J'espère qu'elles vont déchirer, celles de Jay vont tout défoncer, bref... L'enthousiaste est encore là. Vivement ce soir que je retrouve les platines, bordel !
PS : Pendant ce temps-là, l'esprit est donc super-occupé, et ca tombe super bien. Merci tout le monde... 8)